Me revoilà !
J´admire les musiciens, puisque mon éducation se limite à deux années d´éveil et une de solfège... J´ai du mal à jouer de la flûte à bec pour mes cours au collège ( j´arrive à placer ma voix, ça compense), mais j´ai un sens aigu du rythme et des textes.
Je ne m´y commais pas en musique classique ( je sais quand même reconnaître les morceaux, rien de plus), mais je sais quand même qu´il faut trop fier pour modifier un violon de 1719, qui plus est un Stradivarius.
Pour ce qui est des parties de Tennis, je crois pas que je partirai dans le "Grand Nord" pour autre qu´une visite à Amsterdam avec ma Tendre Maman. ( "Sur le port d´Amsterdam, Y´a des maris qui boivent..."Dsl, cette chanson me vient toute seule à l´esprit)
Le club dans lequel je jouais m´a l´air bien petit tout à coup ! Juste 5 courts en terre battue, 6 rapides, dont 2 à l´intérieur.
Tu as une Fender Stratocaster 1962 ? ! Waouh ! Je suis mordue de guitare électrique, même si je n´en fais pas. Et en plus turencontré les Shadows ? Veinard ! Mon frère à justte un harmonica offert par Toots Thilemans, et un autre à 4 notes.
Je ne crois pas que le choix entre la guitare et le métier de luthier soit à regretter, tu fais autre chose que de la guitare, mais cela me semble tout aussi intéressant, sinon plus !
Cela m´a permis de rencontrer de sacrées pointures! J´ai travaillé sur le violon de Gitlis, j´ai rencontré Menuhin, Stern, Lodéon, Grumiaux, Gilels, Samson François est venu régulièrement à la maison à une époque. J´ai joué sur les genoux du chef d´orchestre Daniel Chabrun, etc... Alors oui, j´ai eu une vie passionnante, si tu comptes que j´ai eu Andrès Segovia comme prof de guitare pendant six mois lors de vacances musicales dans le sud de la France en 64...
Je crois que je suis restée bouche bée à la lecture de tes recontres !
Je te jure que je n´invente rien. C´est vrai, mon métier de luthier a toujours été considéré comme un peu secret. Devant cette idée reçue, j´ai décidé d´en parler et j´ai fait pendant un certain temps, des animations en milieu scolaire, avec diapos et du matériel, que les élèves pouvaient toucher et prendre en main... Je me suis taillé un solide succès à l´époque, et j´ai longtemps eu des correspondances avec des élèves qui n´avaient pas oublié. Ça te réchauffe le coeur...
Lorsque j´ai du arrêter à cause de mes mains, je construisais des instruments pour les enfants de 6 ans à l´adulte, des violon 1/4, 1/2, 3/4... Je les copiais de modèles Guarnerius, mon maître italien du 18e préféré, et je m´ingéniais à reproduire sur ces petits violons les fautes et les erreurs, puis je leur donnais une épaisseur proportionnelle par rapport à l´original, si bien que ces instruments sonnaient bien mieux que les violons emboutis chinois. Plusieurs ont été achetés par des conservatoires et servent pour les morceaux de concours. Il y en a même un qui a été joué lors du concours Paganini à Gênes par un jeune néerlandais et qui a eu le premier prix avec unanimité du jury pour le son du violon... Je l´avais pinaillé celui-là, c´était un 3/4, copie du Guarnerius "Eric Rose" de 1743...
Quelle carrière ! Respect !
Mais tu as une vie toute à fait passionnante !
Coit doit être une magnifique satisfaction que de voir le produit de son travail récompensé par un prix !
Mais, les luthiers ne sont-ils pas "en voie de disparition" ? Est-ce qu´on fabrique violons, altos et contrebasses à la chaîne ? Je crois que lorsque l´on joue d´un intrument, l´histoire dont il est empreint est importante, non ?
C´est une satisfaction et une frustration en même temps.
Lorsque j´ai vu pour la première fois un de mes violons joué en solo dans un concerto, j´ai eu une sacrée boule au fond de la gorge et j´ai eu du mal à ne pas fondre en larmes... J´ai vraiment touché le fond de l´émotion. Pendant des semaines, j´avais travaillé, gratté, creusé, ratissé... Une vraie gestation! Et voir "mon enfant" à l´honneur, m´a fait entrevoir ce qu´une mère peut ressentir lorsque son enfant obtient un prix en fin d´année scolaire, j´avais ce même sentiment. Vendre mes instrument ont été pour moi autant de déchirements. Avais-je bien tout réussi? L´acquéreur serait-il satisfait? Le son serait-il tel que je l´avais imaginé? Allait-il bonifier en vieillissant? Autant de questions terrifiantes d´angoisse...
En analysant les travaux de mes illustres prédécesseurs, je peux à peu près arriver à déterminer certains traits de leur caractère, mais cela n´engage que moi... Je n´ai pas non plus la sience infuse. Mais je me fais une idée et je choisis alors mon modèle. Je ne fabriquais pas de violon de forme personnelle pour la bonne raison que j´ai toujours dit que cet instrument était arrivé à son apogée au 18e siècle entre les mains de Stradivarius et de Guarnerius. Jamais personne n´a réussi depuis, à en améliorere ni les formes ni les prestations. Ceux qui se ventent de l´avoir fait sont, a mes yeux, des charlots, et je ne suis pas le seul à le dire. On a créé des instruments nouveaux, de formes différentes, vois les "violons" électriques de Catherine Lara entre autres, mais on appelle pomopeusement violon des instruments qui n´en sont pas vraiment et l´amalgame est dangereux...
Je peux dire que j´en ai appris plus sur l´histoire du violon avec Toi qu´avec deux années de solfège ( bien sûr...) et 4 de musique au bahut !
Stupéfiant ! Je ne pensais pas qu´on pouvait s´attacher autant au fruit de son travail. Quoique... j´adore dessiner des cartes de voeux, et le moment où le les jettes dans la boîte st tjs empreints d´émotions, quand on dessine une carte 2-3h, on se demande quand même si elle va pas terminer chiffonée dans un coin...
Je me souviens d´un jour où qqn a dit que mon frère jouait de l´OCARINA ( il joue de l´Harmonica), j´ai bien cru que le gars allait sortir de la pièce décapité, tellement mon frère s´est nrv !
Tu vois, ça, c´est le post qui me va droit au coeur... J´ai, modestement contribué à t´éclairer sur un métier et ses débouchés. Pose-moi toutes les questions que tu désires et je me ferai un plaisir d´y répondre avec tous les détails qui t´intéresseront...
L´ocarina est un instrument basque, pas du tout commode à jouer. Mon père en possédait un, ramené de l´un de ses voyages à travers l´hexagone. Moi, j´ai eu un harmonica, un superbe, "Honner" avec les trous ronds et le bouton sur le coté pour les dièses. Je ll´ai égaré dans mes déménagements et ne l´ai jamais retrouvé... snif. J´aimais bien mais cré-bondla, que c´était difficile!
Cré-bondla !
Ahah ! ! L´expression ! J´avais encore jamais entendu celle la !
Sino , même si je ne suis pas fan , j´aime bien , parfois , lorsque je suis triste , faire entendre la langoureuse plainte d´un violon delicat . .. la musique adouscit les moeurs , c vrai , mais pas toute.
franchemet , qu´en vous etes bien enervé , installers vous et m´etez une musique rapides et qui vous prend aux tripes , si vous etes tristes , tt l´inverse ! une musique douce ou vous pourreez laisser coulé vos emotions dans l´ecrin des sons suaves d´instruments armonieux.
C´etait les conseils du doc-blabla , veuillez consultez le service apres vente pour plus de precisions !
PS : Dsl , je n´arrive pas a rester serieux quand j´ai avril lavigne a fond sur la télé . ..
wé bla tes remarques montre ke la musik est souvent la pr exacerber nos emotions , kelles kelles soient , pluto ke comme "thérapie" .
Cest également le signe évident ke svt on se plait ds la tristesse .
Ca devrait paraitre logique decouter de la musique vive et joyeuse kan on est triste non?!
et pourtant . .
Et kan on est surexcité , une petit musik calme devrait simposer . .. mais nan
cest kler kon ne cherche pas a vivre la vie ds la médiocrité des sentiments ou des émotions .
Tant qu´ a etre triste ou heureux , autant le faire ds des conditions ki rendront linstant plus boeau ou plus "envoutant " . . ( ?)
Voilà la première question à laquelle je voudrais que tu répondes, je vais les poser une par une, parce que c´est au compte goutte qu´elles me viennent, et en plus, je compte sur toi pour me donner un max de détails !
Combien Stradivarius et Guarnerius ont-ils créés de modèles différents ?
Stradivarius, de son vrai nom Antonio Stradivari, est né à Crémone en 1644 et y est mort en 1737. Elève de Nicolo Amati(1596-1684).
On lui connaît, à ce jour à peu près un millier d´instruments, répartis en violons, les plus nombreux, en altos, et en violoncelles. On lui attribue trois grandes périodes. La première, un peu indéfinie dans les dates, irait de 1660 à 1700, où il a construit des violons, dits "Amatisés", car ils ressemblaient aux instruments de son maître, ou "Longuets", à cause de leur longueur inusitée(parfois plus de 36cms de long pour la caisse, la mesure normale est de 35.3 à 35.6). Moins recherchés que les instruments de la deuxième période, dite "d´Or", où le Maître va donner au violon une forme et un équilibre quasi parfaits. Les vernis sont d´une teinte du plus bel effet, fluides, doux, transparents comme du cristal. Les formes harmonieuses se complètent à merveille dans les courbes, les bois sont d´une grande qualité et les érables, utilisés pour le dos et les flancs sont chatoyants et admirables de beauté... Après 1721, on dit de cette dernière période, que c´est celle du déclin. Il se fait vieux, et, si ses instruments conservent leur aura, les mains fournissent un travail moins habile. On a donné au dernier violon qu´il aurait créé, le nom: "Le chant du Cygne", construit en 1744, quelques semaines avant sa mort.
Stradivari était un pinailleur, ne laissant aucun répit à ses mains et son esprit, ni à ses apprentis. Je le soupçonne d´avoir été un être pingre et imbu de lui... Je m´appuie sur les formes de ses instruments, très bien finies, presque trop parfaites comme empruntes d´une certaine obséquiosité. Strad, comme lnous l´appelons, nous, luthiers, travaillait avant tout pour les riches. Il était bien vu, dans les Cours Royales européennes de l´époque, de posséder son quatuor signé Stradivarius... A savoir: deux violons, un alto, et un violoncelle. Aucune Basse ne lui est connue.
A l´encontre, Guarnerius, qui s´appelait Bartolomeo Giuseppe Guarneri, est né à Crémone en 1698, et y est mort en 1744, ce qui était jeune, malgré tout, à l´époque. On est moins bien instruit de sa vie. Elle est plus... secrète. On le suppose avoir été élève de son père, Giuseppe Guarneri.
Certains lui attribuent son premier violon en 1727. Je pense personnellement que ses premiers instrument datent de 1717 à 1720, pérode de formation chez son père et celui-ci aurait, me semble-t´il, apposé sa griffe dans les instruments sortant de son atelier, sans distinction entre père, fils et apprentis...
Seulement 200 violons sont référencés comme étant de la main de Giuseppe Guarneri. On ne lui connaît ni altos ni violoncelles. On se perd en conjectures sur sa vie d´enfant et d´adolescent. Certains disent qu´il aurait assassiné quelque client récalcitrant au moment du règlement de l´une de ses oeuvres et qu´il aurait séjourné en prison, fabriquant là des violons de basse qualité, appelés "violons de la servante" parce qu´une soubrette des environs lui aurait apporté des morceaux de bois et quelque canifs...Cette assertion ne tient pas la route, car il faut des meubles stables pour fabriquer un violon, et je conteste cette version quelque peu romancée de sa vie.
A l´encontre, je suis persuadé qu´il a fréquenté une institution jésuite. J´en veux pour preuve le signe cabalistique inscrit sur ses étiquettes, libellées comme suit:
Joseph Guarnerius fecit
Cremone anno 17..
Et, à droite de ce libellé, une croix fleurdelissée sous lesquelles trois lettres majuscules: IHS
Certaines étiquettes qu´on lui attribue sont fausses. Le mot Cremone s´écrit ainsi. Les faux sont libellés comme suit: Cremonae. Cet accord du génitif latin prouve un faux...
Les violons de Guarn. comme on l´appelle, sont également répartis sur trois périodes. La première le voit, de 1725 à 1733, chercher sa voie. Les instruments, taillés de manière brute, sont tout de même jolis, les voûtes assez hautes, un certain élan, et surtout un vernis très mou, à la pâte fine et d´une transparence inégalée, allant du jaune clair au brun-rouge le plus profond. le son est déjà remarquable. Puis, jusqu´en 1740, c´est l´apothéose! Les violons acquièrent une forme puissante, large, les ƒƒ sont découpés comme deux cicatrices dans la table, les courbes sont d´une beauté fracassante, tout en force et se rejoignent dans des coins courts, charpentés. Les filets sont fins et altiers, suivant les bords avec une perfection rare. Son travail égale celui de Strad, mais, surtout, le son est d´une force, d´une puissance et d´une clarté que jamais un autre luthier ne pourra lui contester.
A partir de 1740, son travail est moins soigné, comme s´il sentait arriver l´échéance. Les bois sont moins beaux, encore qu´il n´ait jamais attaché d´importance au paraître comme Strad.
Ses plus beaux violons ont été joués par Menuhin, Grumiaux, actuellement par Kyung Wha Chung...
Ouf... Je vais faire dodo
Je continuerai tout à l´heure...
@+
Merci d´avoir aussi bien éclairé ma lanterne !
Question suivante :
De quand datent les premiers violons ?
L´origine du violon n´est pas vraiment connue...
Il est, pense-t-on, le descendant du rebec, instrument à trois cordes, joué par les ménestrels et les troubadours du Moyen-Âge. Ce rebec était lui-même une extrapolation du rebab, instrument arabe, amené par les Maures en Espagne, puis jusqu´en France en 700.
La première gravure que l´on connaît d´un instrument ressemblant fortement à un violon, orne le portrait du luthier germano-français Gaspard Duiffoprugar, connu en Allemagne sous le nom de Kaspar Tiefenbrucker. Ce Maître exerçait à Lyon vers 1550, et aurait péri, dans la misère, en 1571.
Parallèlement, Le fondateur de l´Ecole de Crémone, Andrea Amati, né semble-t´il en 1505, mort vers 1580, a construit des violons dont la forme était déjà aboutie. La légende selon laquelle Le luthier Gasparo da Salo aurait construit le premier violon est fausse. Da Salo est né après l´apparition des premiers violons d´Andrea Amati.
Son petit-fils, Nicolo, sera le µaître de Stradivarius et du fondateur de l´Eecole allemande en Bavière: Mathias Klotz.
Fichtre!!!
Les fautes de frappe...
La honte!
: .(((
OK ! Merci, c´est enregistré ! : -D
C´est dingue, le prénom Andrea est masculin en Italie et féminin en Allemagne, et je sais ce que je dis...
Serait-ce ton prénom?
Oh le vilain indiscret...
Si tu désires d´autres renseignements, demnade et je serai toujours là pour te répondre. D´ailleurs, je vais demander à un copain, de me prêter son account pour faire un tour-visite chez un luthier... Photos à l´appui...
"Serait-ce ton prénom?" hm... Ma foi, je dirai que si ça ne l´est pas, il faut me prévenir tout de suite, parce que j´ai vécu dans l´erreur pendant 14 ans !
Pour l´instant, je digère ce que tu m´as dit, et je poserai ensuite des questions à partir de là !
OK!!!
Rendez-vous est pris...
Pardonne mon indiscrétion...
Pour que tu sois quitte, je te donne quelques indices sur le mien:
Prénom de roi de France, porté beau, colosse mais poète et luthiste de talent, Cognac...
Doc : t´inquiètes ; "Andrea" est un joli prénom ; )
On va pouvoir te surnommer "Dédé" maintenant : /