Bon allez: De quel livre est tiré ce passage:
"C´était la même enfant - les mêmes épaules graciles aux reflets de miel, le même dos souple et soyeux et nu, la même chevelure châtaine. Le foulard noir à pois qui ceignait son torse cachait à mes yeux de simien sénescent, mais non point aux regards d´une mémoire toujours vivace, les seins juvéniles que j´avais caressés un jour immortel. Et, telle la nourrice d´une petite princesse de conte de fées ( disparue, enlevée et découverte enfin, dans des haillons de bohémienne à travers lesquels sa nudité sourit au roi et à ses lévriers), je reconnus sur son flanc le signe bistre d´un minuscule grain de beauté. Hagard et extasié ( le roi pleurant de bonheur, les trompes sonnant en fanfare, la nourrice ivre morte), je revis l´adorable courbe rétractile de son abdomen, où s´étaient jadis recueillies mes lèvres descendantes, et ces hanches enfantines où j´avais embrassé l´empreinte crénelée laissée par l´élastique de son short - dans la fièvre de cette ultime et impérissable journée, derrière les Roches Roses. Les vingt-quatre années que j´avais vécues depuis se fondirent jusqu´à n´être plus qu´une flammèche imperceptible, qui palpita un instant et s´éteignit."