On l´appelait le Nürburg... C´était la grande boucle, " le circuit aux mille virages", de 27 kms de longueur. On accomplissait un tour en 9 minutes sur une berlinette 1800 et en 7.30 sur une GT 40 ou une Lola T70...Ça aussi, c´était une belle voiture. J´ai pu essayer, à l´époque la Porsche 917 de Helmut Marko, victorieuse au Mans 1971. C´était alors le team John Wyer/Gulf qui faisait la loi sur les circuits... Moi, j´ai eu en mains la GT-40 nº 1046 à culasses Weslake, de 4,9 litres, à quatre carbus double-corps Weber, 550CV, 0 à 150 Kms en 1ère en 5 secondes, 350 kmh en pointe à 7000 tours, un couple de plus de 85mkg à 3000 tours... Autant dire que ça poussait fort pour l´époque. Aujourd´hui, une telle voiture serait littéralement " déposée" par une F1, et aurait l´air d´un joujou pour dame patronesse... Quant à la Daytona, je l´ai pilotée pour remplacer un copain au sein de l´écurie américaine du NART...
J´aimais bien le circuit d´Hockenheim, très rapide, mais j´ai eu un faible pour le Nürburg et pour Spa. Spa est un circuit technique où la concentration ne doit jamais se relacher, contrairement à Hockenheim, où, sur les deux grandes lignes droites de l´ancien circuit, tu peux un peu respirer, sans pour autant commencer à gamberger.
C´était une époque où les courses ne se gagnaient pas dans les stands ou sur le tapis vert, mais à la sueur de son front et, parfois, au prix de lourds tributs... J´ai vu Stommelen et sa Porsche sortir devant moi, et, vu l´état de la voiture, j´ai eu la frayeur... Cette fois-là il en est sorti, mais quelques temps plus tard, il y est resté, comme mon copain Siffert. Ce furent des moments douloureux. Puis, comme j´étais étudiant, j´ai repris mes études et j´ai abandonné fin 73, bien que je me sois fait quelques petits plaisirs en courses de côte, sur l´Alpine 1800 proto d´un copain.