Le 29 novembre 2021 à 13:50:43 [R]andall a écrit :
Anna KarenineJ'adore quand ça parle de Anna mais dès qu'on entre dans la philosophie agricole de Levine ça m'emmerde mais d'une force
Ayya je l'ai lu la semaine dernière ![]()
Ca se lit bien mais je l'ai trouvé un poil long quand même, notamment les passages politiques sur la fin
Le 30 novembre 2021 à 10:44:34 :
La plus secrète mémoires des hommes, de Mohamed Mbougar Sarr, le dernier prix Goncourt. J'en suis au quart, j'ai assez peu de temps pour lire ces jours-ci, mais les chapitres courts et très identifiables car sous forme de journal permettent une lecture hachée.
premier boomer.
Le 30 novembre 2021 à 10:44:34 :
La plus secrète mémoires des hommes, de Mohamed Mbougar Sarr, le dernier prix Goncourt. J'en suis au quart, j'ai assez peu de temps pour lire ces jours-ci, mais les chapitres courts et très identifiables car sous forme de journal permettent une lecture hachée.
Je l'ai fini il y a quelques semaines, c'est excellent. J'ai dû lire deux Goncourt de ces 30 dernières années mais là ça m'intéressait fort.
Ça peut sembler poseur, un peu type jeu d'esquive mais ça prend plus d'ampleur quand ça éclot de partout.
J'en suis à la moitié c'est clair que ça ouvre des portes. Ça a une manière typiquement en partie I de refuser le pittoresque africain qui est complètement niée en partie II avec l'ontologie de la famille, du motif de l'aveugle et du saurien.
Faudra voir à la fin, pour l'instant je trouve ça trop maîtrisé et trop conscient pour être complètement honnête.
Mais c'est intéressant à réfléchir, indéniablement.
Je commence Au bord de la vaste mer de Strindberg.
Les Montagnes hallucinées, de Howard Phillips Lovecraft.
Je suis toujours sur l'''Histoire de l'alimentation'', ouvrage collectif dirigé par Florent Quellier.
Et, en parallèle, ''21 leçons pour le XXIe siècle'' de Yuval Noah Harari
Cent ans de solitude
C'est un grand livre mais je me sens floué car le livre correspond pas du tout au titre ![]()
je m'attendais à un livre qui raconte les misères d'un village isolé et au final non seulement il est pas isolé mais c'est un livre plus fantastique que réaliste
Le 02 décembre 2021 à 21:07:28 :
Cent ans de solitude
C'est un grand livre mais je me sens floué car le livre correspond pas du tout au titre
je m'attendais à un livre qui raconte les misères d'un village isolé et au final non seulement il est pas isolé mais c'est un livre plus fantastique que réaliste
A la différence du Fantastique, le Réalisme magique prend place dans un univers réaliste où le surnaturel n'étonne personne.
Les tapis volants dans Cent ans de solitude (comme Oscar qui ne grandit pas dans Le Tambour ou la langue des serpents dans le roman quasi-éponyme) ne sont pas à assimiler au Conte Vlad Taepes qui s'envole la nuit venue.
Il s'agit plus d'une couleur locale, d'une forme de rabelaisianisme qui serait métaphorique, souvent secondaire, et non pas le seul possible d'une avancée narrative.
Le 02 décembre 2021 à 21:41:04 :
Le 02 décembre 2021 à 21:07:28 :
Cent ans de solitude
C'est un grand livre mais je me sens floué car le livre correspond pas du tout au titre
je m'attendais à un livre qui raconte les misères d'un village isolé et au final non seulement il est pas isolé mais c'est un livre plus fantastique que réalisteA la différence du Fantastique, le Réalisme magique prend place dans un univers réaliste où le surnaturel n'étonne personne.
Les tapis volants dans Cent ans de solitude (comme Oscar qui ne grandit pas dans Le Tambour ou la langue des serpents dans le roman quasi-éponyme) ne sont pas à assimiler au Conte Vlad Taepes qui s'envole la nuit venue.
Il s'agit plus d'une couleur locale, d'une forme de rabelaisianisme qui serait métaphorique, souvent secondaire, et non pas le seul possible d'une avancée narrative.
merci de l'explication, même si je saisis pas trop et connais pas les références ![]()
Mais sinon pourquoi le livre a ce titre? (pas de spoil si ça prend du sens vers la fin du livre)
Le 03 décembre 2021 à 20:02:10 :
Le 02 décembre 2021 à 21:41:04 :
Le 02 décembre 2021 à 21:07:28 :
Cent ans de solitude
C'est un grand livre mais je me sens floué car le livre correspond pas du tout au titre
je m'attendais à un livre qui raconte les misères d'un village isolé et au final non seulement il est pas isolé mais c'est un livre plus fantastique que réalisteA la différence du Fantastique, le Réalisme magique prend place dans un univers réaliste où le surnaturel n'étonne personne.
Les tapis volants dans Cent ans de solitude (comme Oscar qui ne grandit pas dans Le Tambour ou la langue des serpents dans le roman quasi-éponyme) ne sont pas à assimiler au Conte Vlad Taepes qui s'envole la nuit venue.
Il s'agit plus d'une couleur locale, d'une forme de rabelaisianisme qui serait métaphorique, souvent secondaire, et non pas le seul possible d'une avancée narrative.merci de l'explication, même si je saisis pas trop et connais pas les références
Mais sinon pourquoi le livre a ce titre? (pas de spoil si ça prend du sens vers la fin du livre)
Ils sont assez tôt dans le roman "condamnés à cent ans de solitude". C'est Pilar qui vit tout le roman quasiment, si je me souviens bien.
Le 04 décembre 2021 à 11:04:48 :
Ils sont assez tôt dans le roman "condamnés à cent ans de solitude". C'est Pilar qui vit tout le roman quasiment, si je me souviens bien.
Tu catégorises bien, j'aurais été incapable de me souvenir de ça.^^
C'est le cerveau qui fait le tri. Je suis incapable de me souvenir de l'intrigue de Eugénie Grandet (pas que je ne l'ai pas apprécié) ou de Hécate et ses chiens, lus bien après. Pilar => pilier dans ma tête je suppose (il se peut que ce soit tout à fait faux)
Mais sinon pourquoi le livre a ce titre?
Parce que c'est un joli titre et que l'histoire se déroule sur plusieurs générations (comme tu l'auras compris).
Ça peut sembler poseur, un peu type jeu d'esquive mais ça prend plus d'ampleur quand ça éclot de partout.
J'ai fini la lecture hier soir ; c'est assez poseur effectivement, mais ce n'est pas pour cacher du vide, du coup j'ai trouvé ça plus agréable et fluide qu'affecté.^^
On va dire qu'avoir un auteur contemporain ambitieux, qui propose des réflexions et lance des ponts, dans un type de littérature-monde qui a déjà touché juste et démontré l'importance des pointillés et des échos depuis 60 ans, c'est quelque chose de très, très agréable. Sans qu'il fasse appel à la flatterie ou à la jalousie, on se sent un peu moins isolé, et ça redonne espoir.
A confirmer pour Mbougar Sarr, il peut s'agir d'un hapax, tant ça y ressemble.
Même en ne prenant pas en compte la contemporanéité de l’œuvre (pas un critère esthétique), c'est une excellente lecture que je recommanderais quasiment à tous, il fournit un beau trousseau de clés en plus pour ceux qui désirent retourner sur ses références, citées telles quelles ou à mots couverts ("leur aventure mortellement ambiguë" pour Cheikh Hamidou Kane, au hasard)
Hiver à Sokcho d'Elisa Shua Dusapin.
Morphine, Mikhaïl Boulgakov
Excellente nouvelle sur la dépendance tragique, à la morphine d'un médecin russe du début du XXème siècle.
Moi aussi j'ai donc fini le Sarr.
Ca m'a fortement déplu sur la fin - mais pas que -, et c'est un livre difficile parce que du fait de sa construction, l'ensemble ne ressemble pas tellement à la somme de ses parties, qui sont mouvantes et présentent des discours contradictoires dans lesquels j'ai infiniment plus envie de me reconnaître que dans celui porté par le narrateur principal.
Globalement, malgré toute la diversité vers laquelle le roman veut tendre en utilisant bien la technique de la digression qui est consubstantielle au genre selon moi, une idée reste super-structurante, c'est une idée qui postule d'une séparation entre la littérature et le monde assez forte, et c'est une idée qui m'agace souverainement ces derniers temps, peut-être parce que je me reproche de l'avoir portée un moment.
Si la littérature est ce qu'en dit l'auteur, sa mémoire devrait rester secrète et il ne mérite pas la publication. En cela, on ne décolle pas de cette vision fondamentalement égocentrique que je vomis dans la littérature contemporaine (mais qui a des héritages bien plus anciens, Huysmans a jamais été foutu de faire autre chose et aujourd'hui il aurait son rond de serviette au flore), même si de fait c'est beaucoup mieux fait que quand ça l'est moins Nénesse.
Oui c'est souvent agréable et agile - même s'il a repris dans Bolano entre autres tout ce qui fonctionne le mieux chez lui - mais dans le fond c'est pareil.
Et merde, quel affreux bounty ce Sarr. Il anticipe la critique dans son roman en mettant en scène par exemple ces débats qu'ils échangent dans la diaspora, son retour au bled ou les critiques facebook mais ça suffit pas à lever le reproche. Il écrit comme le petit bourge apatride biberonné à la culture qu'il est.
Et j'ai l'impression qu'on se laisse avoir parce que pour une fois c'est une culture qu'on aime et qu'on valorise. Mais on se fait enfiler pareil.
Je lis pas assez de littérature contemporaine pour ces raisons environ.
J'aurais pas de point de comparaison, et oui, la posture désincarnée de Sarr est ce qui m'empêche de trouver ça plus que très bon / excellent.
Et surtout comme je le disais, c'est fort possible que ce soit un hapax, je le vois mal sortir un véritable roman qui ne soit pas du sous Bolano après celui-ci.
Et avec le recul (au départ je voulais en faire une critique d'ailleurs, tant il y a un manque de conception littéraires dans les critiques de ce roman), je suis passé par plusieurs étapes pour rester sur une idée d'un roman très bien foutu, intelligent, réflexif mais où l'auteur ne rentre jamais vraiment. Simplement, et ça m'a suffi.
Mais j'entends bien tes arguments, même si parler de séduction du lecteur exigeant par des artifices me parait un peu excessif, sans être totalement faux comme je disais aussi y a quelques jours.
Oui pour la fin je voulais pas en causer mais ça se finit un peu en queue de poisson
Il y a le problème de la réception qui va être distinct de celui de la qualité du roman en soi, mais ce qui me ferait un peu chier typiquement c'est qu'on voit les discours déjà présents du style "enfin un Goncourt avec un vrai projet !" s'imposer. Parce que ça me paraît être une approche dangereuse.
Le 06 décembre 2021 à 13:59:25 :
Il y a le problème de la réception qui va être distinct de celui de la qualité du roman en soi, mais ce qui me ferait un peu chier typiquement c'est qu'on voit les discours déjà présents du style "enfin un Goncourt avec un vrai projet !" s'imposer. Parce que ça me paraît être une approche dangereuse.
Oui ben le truc habituel qui revient c'est "une déclaration d'amour à la littérature". C'est pas suffisant effectivement. Ou alors pour continuer sur Huysmans (je sais pas), "une déclaration d'amour au mobilier d'intérieur" ce serait un chouette résumé pour donner envie de lire A rebours (sans exagération aucune évidemment
)
Ca suffit pas mais on aura pas mieux.
Fini La littérature et le Mal de Bataille il n'y pas longtemps et fini Les nuits blanches de Dostoïevski hier soir (bon très court celui là). J'attaque Baudelaire, l'irréductible d'Antoine Compagnon ![]()