Fini Le secret c'est de tout dire, un roman d'un avocat italien publié au début des années 80 (anonymement) qui s'est inspiré de l'histoire d'un de ses clients.
En gros, c'est un type qui a réussi à "escroquer" ses employeurs en abusant du système de protection des salariés du droit italien de l'époque, sa technique c'était de se faire embaucher, de jouer l'employé modèle pendant l'essai puis de foutre la merde en sabotant le travail et en pinaillant sur chaque détail légal de normes ou autre, tout en se maintenant à la limite de la faute lui-même, pour convaincre ses patrons de le virer en échange d'une indemnité négociée.
Etrangement, ce postulat censé être niché au coeur du roman intervient vraiment tardivement (dans le dernier tiers limite) et avant ça on suit "la vie d'avant" du héros inspiré par ce type qui ressemble à un personnage de Traven, mi bandit mi feignant qui échoue sur les bateaux après quelques larcins et qui vit de combines foireuses.
L'ensemble est très chouette à lire, léger (à part un épisode un peu glauque de la première partie qui paraît assez hors ton), ironique, bien porté par une première personne assez mordante et spirituelle mais qui n'en fait pas des caisses sur la gouaille argotique. Le milieu ouvrier italien ,dans toutes ses étrangetés des années de plomb est assez bien reconstitué, il y a tout une phase autour de l'occupation d'un immeuble qui fait penser à du Ettore Scola.
Mais l'ensemble demeure bizarrement rangé. Les événements à la fin s'enfilent à un rythme de mitrailleuse, et le tout manque d'un plan d'ensemble un peu carré.
Chouette à lire pour ceux qui aiment bien la littérature anarchiste en général. Pas à en tomber par terre mais vraiment sympa.