Le 09 mars 2021 à 14:14:22 RiskiMetek a écrit :
Toujours un plaisir de lire un pléiade
Oui et j’adore leur odeur, surtout quand ils sont neufs.
Je ne me rappelle plus des lectures que j'ai rapportées ici.
Il y a quelques temps, j'ai lu Le Moine de MG Lewis. C'est un immense classique du fantastique, qui brille par sa modernité malgré les siècles, que ce soit le style élégant mais facile, les rebondissements futés. Le propos du livre n'est novateur sans doute que pour l'époque, et encore, ça raconte l'histoire d'un moine de grande réputation en Espagne, dont la rigidité, l'apparente sainteté, égalent la perdition, la luxure, l'hypocrisie dans laquelle il va plonger peu à peu. Cette partie en fait, qui est souvent clamée dans les avis et le résumé pour racoler le chaland, est, je dirais, un point de mire, mais le plus important est en fait le comment. Comment un moine dont la foi est si ancrée qu'il est né dans un monastère et a décidé très jeune de n'en jamais sortir, de toute sa vie, peut-il renoncer à l'engagement, comment peut-il jeter 40 années à la poubelle ? Au-delà de cette trame psychologique, qui je vous assure réserve des petites surprises, il y a une seconde trame, beaucoup plus dans un côté aventureux, et qui rejoint la première vers la fin. Il y a plusieurs versions de ce livre, dont une de Artaud, mais je vous conseille plutôt l'original. Et si vous lisez les critiques sur Babelio, sachez que c'est bien moins sulfureux qu'ils se plaisent à le dire, je sais pas pourquoi ils disent de la merde, l'étiquette décadent peut-être, mais ça reste toujours prude et élégant, en tout cas, la version que j'ai lue !
Sinon, j'ai lu Tartarin de Tarascogne de Daudet, roman très très facile, court, qui fait de la vantardise du sud un sujet de roman gentiment moqueur. C'est un peu le Don Quichotte français. Dans un village d'hommes forts qui tire à la carabine sur des casquettes (sacrés trophées !) un homme suscite l'admiration de tous, l'expert es orientalisme, j'ai nommé Tartarin, grand lecteur d'aventures, grand collectionneur, grand chasseur, grand homme, qui possède dans son jardin un baobab qui n'est pas plus gros qu'un navet (Baobab, étymologiquement, ça veut dire gros arbre, mais chut, la taille ne compte pas) se retrouve embringué dans une chasse aux lions, lui qui n'a jamais chassé que des chapeaux (mais très habilement !)
Voilà pour rendre un peu de la couleur de ce livre très amusant, qui lui a valu beaucoup de rancune.
J'ai lu également un recueil de Gérard de Nerval, avec la nouvelle La Main Enchantée, qui est une petite histoire fantastique habilement menée, non sans humour ! J'ai été un peu décontenancé par l'obsession de Nerval dans ses autres textes, d'une figure féminine de son enfance, qu'il superposa plus tard au visage de plusieurs femmes à qui il voua un culte jusqu'à la folie. Effectivement, il a été interné plusieurs fois, jusqu'à sa pendaison en pleine rue la nuit à Paris. La thèse du suicide est privilégiée. Nerval, c'est cet homme dont on dit qu'il vint un jour à une réunion du cénacle avec un homard en laisse.
Enfin, j'ai lu Fiction de Borges, qu'on ne présente plus, mais je tiens à dire qu'il est beaucoup plus facile d'accès qu'on ne le dit.
Le 12 mars 2021 à 16:46:45 ArsenicPussy a écrit :
Putain, ça a été compliqué de finir La Sonate à Kreutzer, Tolstoï dépeint le mariage et la femme sous un angle rétrograde assez révoltant, et pourtant je ne crache pas sur toutes les idées apportées, mais au point de mettre la femme sur un piédestal et de cracher sur les " mâles " car ils n'ont pour elles que leurs queues, en plus d'être burlesque, je trouve ça stérile.
J'en déduis que c'est un livre de gauchiste khey, y'a pas un sexe supérieur a l'autre,tous ont leurs utilités.
Une époque faite que de femme serait chaotique,et une époque fait d'homme serait triste (selon moi hein
)
Je commence le père goriot, j’en suis au tout début et il a pas l’air évident à lire
On fait vraiment lire ça en seconde ? Je lis pas mal de bouquins du 19eme et jamais eu de soucis particuliers. je me sens idiot d’un coup ![]()
Le 12 mars 2021 à 22:56:10 emmanuel-maczer a écrit :
Je commence le père goriot, j’en suis au tout début et il a pas l’air évident à lireOn fait vraiment lire ça en seconde ? Je lis pas mal de bouquins du 19eme et jamais eu de soucis particuliers. je me sens idiot d’un coup
Le début est long, mais après tu verras que les actions vont toutes se suivent! ![]()
Le 12 mars 2021 à 22:56:10 emmanuel-maczer a écrit :
Je commence le père goriot, j’en suis au tout début et il a pas l’air évident à lireOn fait vraiment lire ça en seconde ? Je lis pas mal de bouquins du 19eme et jamais eu de soucis particuliers. je me sens idiot d’un coup
Tu me diras ce que t'en pense, je compte le lire dans l'année après les Illusions Perdues ![]()
Le 13 mars 2021 à 08:48:52 ArsenicPussy a écrit :
Je pense attaquer Madame Bovary de Flaubert.La FEMME dans toute sa GRÂCE.
Je l'ai lu cette semaine, on m'a toujours dit qu'on entrait dans la tête de son personnage principal et que tout le monde s'identifiait à elle. La réalité est toute différente c'est très cocasse, perso j'ai beaucoup souri et c'est mené de main de maitre.
En tout cas personnellement la je suis en train de lire La Liberté et la mort pour l'instant je suis sous le choc on y suit la ville de Candie au bord de l'insurrection face aux tucs. Déjà pour une fois ça fait du bien de voir la situation ou les vilains oppresseurs ne sont pas les européens. Mais l'auteur tombe pas non plus dans le piège de dépeindre les turcs comme de vilains colonisateurs, ils sont des personnages importants et nuancés. Les jeunes crétois sont élevés pour tuer des turcs, la société entière est focalisé dans ce but c'est violent, épique et émouvant. Cela fait du bien d'être face à un discours et des personnages tiraillés, loin du manichéisme et du relativisme historique.
Fini la Vie de Gérard Fulmard d'Echenoz, c'était tout simplement à vomir, je suis dégoûté, je n'ai même plus envie d'ouvrir un bouquin tellement j'ai la sensation que lire et écrire n'a plus aucun sens en France en 2021.
C'est l'éternel pseudo polar déconstruit à gerber que Robbe Grillet avait déjà ringardisé y a quarante ans, et il n'y a littéralement rien de plus que ça sauf qu'en prime c'est terriblement écrit. Il y a littéralement des fautes de construction et de temps basiques à à peu près chaque chapitre.
C'est con, inutile, ridicule, complètement schizophrénique dans les choix narratifs - et pas de façon consciente, c'est juste que le gars écrit tout au fil sans se relire.
Ca ne dit rien, sur rien. C'est une des pires merdes que j'ai lues récemment et ça veut se flatter de réécrire Phèdre.
En fait lire des bouquins c'est sans intérêt quand c'est ça l'état de la littérature qui parle à la société.
Le 14 mars 2021 à 08:05:09 Aurevilly a écrit :
Fini la Vie de Gérard Fulmard d'Echenoz, c'était tout simplement à vomir, je suis dégoûté, je n'ai même plus envie d'ouvrir un bouquin tellement j'ai la sensation que lire et écrire n'a plus aucun sens en France en 2021.C'est l'éternel pseudo polar déconstruit à gerber que Robbe Grillet avait déjà ringardisé y a quarante ans, et il n'y a littéralement rien de plus que ça sauf qu'en prime c'est terriblement écrit. Il y a littéralement des fautes de construction et de temps basiques à à peu près chaque chapitre.
C'est con, inutile, ridicule, complètement schizophrénique dans les choix narratifs - et pas de façon consciente, c'est juste que le gars écrit tout au fil sans se relire.
Ca ne dit rien, sur rien. C'est une des pires merdes que j'ai lues récemment et ça veut se flatter de réécrire Phèdre.
En fait lire des bouquins c'est sans intérêt quand c'est ça l'état de la littérature qui parle à la société.
Gros coup dur pour ceux qui comptaient lire ce livre après avoir vu ta critique haha !
Je n'ai pas lu énormément de romans encore, mais quand je vois ton message, je me dis que j'ai raison d'écouter mon instinct en découvrant des lectures d'au moins du 20 èmes siècle si ce n'est moins.
J'imagine qu'il doit rester à l'heure actuelle quelques pépites, mais je ne suis pas sûr que notre époque favorise l'apparition de très très bons écrivains.
Bref en tout cas j'ai eu une déception à peu près semblable avec "Le gang des rêves" qui n'est pas très vieux, encensé par énormément de personnes, qui au final s'est révélé trop facile et incohérent sur l'écriture des personnages, l'histoire etc... 900 pages et des regrets.
Toujours envie de lire Échenoz, on m'avait recommandé Je m'en vais.
Là je suis sur Charles Maturin - Melmoth the Wanderer [Melmoth ou l'Homme errant] et je galère. C'est un roman gothique, une histoire de démon avec des longs récits enchassés. Il partait bien, la scène d'ouverture de la mort de l'oncle - un pingre irlandais - est vraiment hilarante. Mais là ça fait 110 pages que je suis sur le récit de l'espagnol (qui rappelle fortement The Monk) et ça n'avance pas, l'auteur est comme bloqué sur la cruauté des ordres monastiques à l'ère de l'Inquisition, et son héros ne finit pas d'en souffrir, là j'attends juste qu'il en sorte. Les phrases ampoulées caractéristiques du genre ralentissent le rythme, et je perds patience.
Toi oui tu peux foncer ça t'ira bien.
Yvain ou le Chevalier au Lion / Lancelot ou le Chevalier de la Charrette, Chrétien De Troyes.
Y a des merdes qui peuvent avoir de la splendeur dans leur ratage. Il y a des très mauvais livres qui impriment autant et plus que des bons. J'oublierais sûrement jamais des bouquins comme Arcadie ou La Fille sans qualités parce que ce sont des sommes de ce qu'il ne faut pas faire en littérature.
Là c'est pas pareil c'est révoltant parce que tout le monde en dit du bien alors que c'est de la merde super médiocre déjà vue mille fois en mieux.
Arcadie quelque part c'est un projet plus radical dans le n'importe quoi : c'est un roman pornographique flirtant à dessein avec les limites de la promotion de la pédophilie depuis les bases d'un libertarianisme qui vient reprocher à la vieille gauche libertaire de plus l'être assez.
C'est haïssable idéologiquement et littérairement mais au moins ça a un minimum de personnalité, bien que ca puisse apparaître comme un délavé un peu néo-bobo de Despentes.
Echenoz y a rien c'est une daube. C'est une mauvaise introduction à la déconstruction pour les gens qui n'ont jamais lu et qui ne connaissent ni le minuit des années 70 ni le post-moderne.
Je suis néophyte en lecture, je viens de finir le volume 1 des misérables et je viens d'acheter le 2 (joli pavé de 1900 pages le deuxième
) ![]()
Le chevalier des Touches de Barbey d'Aurevilly
Le 15 mars 2021 à 15:12:59 BonEnParis a écrit :
Je suis néophyte en lecture, je viens de finir le volume 1 des misérables et je viens d'acheter le 2 (joli pavé de 1900 pages le deuxième)
bon courage ![]()
c'est un des trucs qui me repoussent dans sa lecture, c'est le genre de livre que tu lis presque en en faisant un projet de lecture ![]()
Absalon, Absalon ! Et c'est pas ce qu'il y a de plus facile à lire.
C'est du mauvais porno écrit avec les pieds. Les personnages n'ont pas une once de caractérisation crédible passée leur fonction unique dans le roman - les parents c'est une honte d'écrire des ectoplasmes comme ça, la grand-mère est un cliché à vomir qu'on osait même pas utiliser dans les années 90 pour se moquer des fans de Mylène Farmer, son meilleur pote le pédé exubérant et forcément gentil parce qu'il est libre est d'un ridicule hallucinant, l'immigré a 0 écriture, forcément ça l'intéresse pas cette connasse elle préfère se regarder le nombril -, les scènes de cul provoquent le malaise tant elles sont banales et laides, il n'y a ni syntaxe ni vocabulaire, on surcharge de dialogues plats et nuls - j'inclus dans cette dynamique la narration introspective de merde full littérature contemporaine qu'on se tape depuis Sarraute et qui est, linguistiquement parlant, tributaire des techniques du dialogue - sans action dramatique et sans description évidement.
Mais ce n'est même pas tributaire à cette conne, on peut faire le reproche à presque n'importe quel roman de femme qui sort aujourd'hui. C'est un livre d'époque de ce point de vue.
Par contre je fais le rapprochement avec Despentes sur le fond, pas sur la forme.