Le 22 février 2021 à 08:47:44 emmanuel-maczer a écrit :
Kafka sur le rivage terminé, on va partir sur les hauts de hurlevent d’emily brontë
ma première lecture "d'adulte"
enjoy khey
Le 22 février 2021 à 10:35:39 HommeToxique7 a écrit :
des avis sur De sang-froid de Capote ?
C'est un livre remarquablement maîtrisé et construit. Le premiers tiers (ou première moitié?) qui retrace les événements du jour précédant le meurtre en montrant les parcours parallèle de la famille et des meurtriers colle un suspens dingue, il y a une escalade de la tension magistrale, au point où ça devient insoutenable, rien que pour ça, ça vaut le coup.
La suite du récit s'attache plus aux tueurs et à leur parcours de vie, c'est intéressant, mais différent, il y a aussi une partie enquête qui ne m'a pas laissé de grands souvenirs.
Et de manière plus générale, c'est un objet de réflexion passionnant sur la position de l'auteur et la façon de retranscrire un fait divers. On est dans de la non-fiction sans que l'auteur se situe dans son récit et parle de son implication. Capote n'apparaît jamais dans ce livre alors que c'est finalement lui le personnage principal du récit, celui qui relie tous les éléments qu'il présente faussement comme allant de soi, il fait passer une enquête subjective où il s'est mêlé jusqu'à se détruire pour un espèce de roman avec une focalisation zéro. Ca interpelle et ça me plaît, même si c'est une problématique qui se dessine en creux.
Le 22 février 2021 à 14:30:59 E-180 a écrit :
Le 22 février 2021 à 10:35:39 HommeToxique7 a écrit :
des avis sur De sang-froid de Capote ?C'est un livre remarquablement maîtrisé et construit. Le premiers tiers (ou première moitié?) qui retrace les événements du jour précédant le meurtre en montrant les parcours parallèle de la famille et des meurtriers colle un suspens dingue, il y a une escalade de la tension magistrale, au point où ça devient insoutenable, rien que pour ça, ça vaut le coup.
La suite du récit s'attache plus aux tueurs et à leur parcours de vie, c'est intéressant, mais différent, il y a aussi une partie enquête qui ne m'a pas laissé de grands souvenirs.
Et de manière plus générale, c'est un objet de réflexion passionnant sur la position de l'auteur et la façon de retranscrire un fait divers. On est dans de la non-fiction sans que l'auteur se situe dans son récit et parle de son implication. Capote n'apparaît jamais dans ce livre alors que c'est finalement lui le personnage principal du récit, celui qui relie tous les éléments qu'il présente faussement comme allant de soi, il fait passer une enquête subjective où il s'est mêlé jusqu'à se détruire pour un espèce de roman avec une focalisation zéro. Ca interpelle et ça me plaît, même si c'est une problématique qui se dessine en creux.
![]()
Je viens de finir "La mort est mon métier" de Robert Merle.
Il raconte l'histoire d'un officier nazi , chargé de la gestion du camp de concentration d'Auswitch et de l'élimination totale des juifs.
Livre vraiment intéressant et prenant, qui mélange de la fiction ( l'auteur a rencontré le psychologue de cet officier arrêté et jugé lors du procès de Nuremberg) avec des faits réels.
Le personnage principal, Rudolf Lang, n'est autre que Rudolf Hoess.
Je recommanderai cette lecture si le sujet vous intéresse, la psychologie de Rudolf est plutôt "surprenante" si on s'attend de tout les nazis à des bêtes assoiffés de sang juif. Sans spoiler, on voit plutôt un trait de caractère forgé par un père tyrannique, une grosse crise sociale et économique qui traversa l'Allemagne après première guerre mondiale, qui amène un homme à organiser la mort de 2.5 millions de personnes.
Je vais partir sur "Demande à la poussière" de John fante.
J'ai lu il y a quelques mois le livre source de Hoess - que Merle a vraiment suivi d'assez près dans les grandes lignes - qu'il a écrit durant son incarcération pour se justifier, c'est vraiment très intéressant, je le recommande comme lecture de complément au roman - avec un peu d'espace - et même comme lecture intègre pour elle-même.
Il évolue dans cette confession de façon très étrange entre le désinvestissement total pour toute une frange de la cause nazie et une intransigeance rigide sur certains principes qui, de l'extérieur, n'ont presque jamais l'air d'être les plus déterminants.
Merle a très bien réinvesti ça en faisant dans son roman du personnage un monstre de froideur incapable de se sortir d'une espèce d'obsession presque autistique et glacée pour le professionnalisme.
Le 22 février 2021 à 16:51:10 hocine08 a écrit :
Je viens de finir "La mort est mon métier" de Robert Merle.Il raconte l'histoire d'un officier nazi , chargé de la gestion du camp de concentration d'Auswitch et de l'élimination totale des juifs.
Livre vraiment intéressant et prenant, qui mélange de la fiction ( l'auteur a rencontré le psychologue de cet officier arrêté et jugé lors du procès de Nuremberg) avec des faits réels.
Le personnage principal, Rudolf Lang, n'est autre que Rudolf Hoess.Je recommanderai cette lecture si le sujet vous intéresse, la psychologie de Rudolf est plutôt "surprenante" si on s'attend de tout les nazis à des bêtes assoiffés de sang juif. Sans spoiler, on voit plutôt un trait de caractère forgé par un père tyrannique, une grosse crise sociale et économique qui traversa l'Allemagne après première guerre mondiale, qui amène un homme à organiser la mort de 2.5 millions de personnes.
Je vais partir sur "Demande à la poussière" de John fante.
si ça t'intéresse go les Bienveillantes de Littell 
Lire les deux ça permet surtout de voir la différence entre un mec qui a connu le problème dont il parle et une petite provocatrice qui pense qu'enculer un polonais qui sent pas bon c'est le summum de la subversion.
Le 21 février 2021 à 19:33:11 Germme3 a écrit :
Le 21 février 2021 à 18:35:26 EcrasezLinfame a écrit :
La controverse de Valladolid – Jean-Claude Carrièretiens, je l'ai lu pour le bac récemment
Si le sujet t'intéresse, tu vas l'aimer, il est simple à lire et le débat est intéressant à suivre, tant par les procédés/types d'arguments utilisés par les deux personnages principaux, que par le fond de ceux-ci
oui je l'ai fini c'était bien. J'ai vu qu'ils le lisaient au bac des fois cette aprem x)
Le 22 février 2021 à 19:57:01 EcrasezLinfame a écrit :
Le 21 février 2021 à 19:33:11 Germme3 a écrit :
Le 21 février 2021 à 18:35:26 EcrasezLinfame a écrit :
La controverse de Valladolid – Jean-Claude Carrièretiens, je l'ai lu pour le bac récemment
Si le sujet t'intéresse, tu vas l'aimer, il est simple à lire et le débat est intéressant à suivre, tant par les procédés/types d'arguments utilisés par les deux personnages principaux, que par le fond de ceux-cioui je l'ai fini c'était bien. J'ai vu qu'ils le lisaient au bac des fois cette aprem x)
en effet, je vais devoir en parler dans mon oral de demain d'ailleurs ![]()
Le 22 février 2021 à 16:56:07 Depuis1257 a écrit :
J'ai lu il y a quelques mois le livre source de Hoess - que Merle a vraiment suivi d'assez près dans les grandes lignes - qu'il a écrit durant son incarcération pour se justifier, c'est vraiment très intéressant, je le recommande comme lecture de complément au roman - avec un peu d'espace - et même comme lecture intègre pour elle-même.Il évolue dans cette confession de façon très étrange entre le désinvestissement total pour toute une frange de la cause nazie et une intransigeance rigide sur certains principes qui, de l'extérieur, n'ont presque jamais l'air d'être les plus déterminants.
Merle a très bien réinvesti ça en faisant dans son roman du personnage un monstre de froideur incapable de se sortir d'une espèce d'obsession presque autistique et glacée pour le professionnalisme.
C'est exactement ce que j'ai ressenti dans ce livre. Au final il a peu d'engouement pour la politique nazi dans le roman, c'est surtout qu'il est depuis petit dans une obéissance à l'extrême et un refus profond de décevoir l'autorité au dessus de lui ( d'abord son père, ensuite à l'armée, ensuite avec Himmler). Je n'ai pas lu son livre, mais ça m'intéresse pour voir son point de vue direct, mais j'ai senti une profonde douleur quand Himmler se suicide justement, il a du à ce moment se sentir totalement perdu et trahit dans sa construction psychologique).
Ce qui est bien avec ce roman, d'après la préface de l'auteur au début du livre, c'est que l'écrivain s'est renseigné auprès de son psychologue pour cerner sa personnalité. Là où dans ses écrits Rudolf Hoess aurait pu se donner un "bon rôle" selon des situations.
C'est assez particulier de définir le ton de Hoess dans sa confession.
Il n'a aucune illusion, il sait qu'il va être condamné à mort. Il est là pour travailler sa mémoire bien plus que pour faire une défense de son cas qu'il sait paraître indéfendable. Il finit le texte sur cette très étrange exclamation, tant elle peut paraître "infantile" au vu des enjeux : "ils ne comprendront jamais que, moi aussi, j'avais un coeur", comme si c'était le problème.
Il ne cherche pas vraiment à se déresponsabiliser de ce qu'il a fait mais, comme dans le roman, il insiste toujours sur son caractère intermédiaire selon lui dans la chaîne de commandement. Il explique aussi qu'il y a une sorte d'esprit allemand qui a comme terreur le fait d'être pris en défaut d'exécution de sa responsabilité, quelle qu'elle soit.
A côté de ça, il peut être assez provocant en expliquant qu'en tant que soldat il n'y a pas de différence fondamentale entre ce qu'il fait et les bombardements sur l'Allemagne des aviateurs alliés, ou en disant que les lois antijuives du Reich n'étaient parfois pas appropriées parce qu'elles nuisaient à ce que lui appelle "l'antisémitisme sérieux".
Un moment il explique même que la Shoah a été une erreur...parce que ça a permis de donner une excuse au monde pour écraser l'Allemagne.
C'est déconcertant à lire dans l'ensemble mais c'est pas du tout en tout cas une complainte ininterrompue ou un brûlot nazi unilatéral. Comme dans le roman, il parle de l'époque où il a été agriculteur Artaman, et il regrette presque avec mélancolie de pas être resté petit cultivateur dans sa communauté de tondus. Un moment il part dans un délire à faire une espèce d'essai sur l'administration des prisons.
Enfin fini La Pierre Et le Sabre de Yoshikawa.
Franchement, 850 pages pour ça, passez votre chemin.
Y a 400 pages de trop, certes l'histoire est extrêmement dense en péripéties mais celles-ci ont rarement beaucoup d'impact, et sont rarement l'occasion d'illustrer de nouvelles idées ou messages (même des poncifs manga-esques j'aurais été preneur). Pire, y a un tome 2 avec autant de pages, et le tome 1 n'offre même pas de conclusion un brin satisfaisante.
J'enchaîne avec Le Roi en Jaune.
Le 22 février 2021 à 20:17:44 Tonitruel a écrit :
Le 22 février 2021 à 17:26:14 Depuis1257 a écrit :
Lire les deux ça permet surtout de voir la différence entre un mec qui a connu le problème dont il parle et une petite provocatrice qui pense qu'enculer un polonais qui sent pas bon c'est le summum de la subversion.Je le sens tellement mal, ce roman. J'ai beau me le voir recommandé par-ci, par-là, je sens l'arnaque.
Je lis "To the Lighthouse" de Virginia Woolf. J'ai du mal à accrocher.
J'ai fini "La Route des Flandres", de Claude Simon, que je suis en train de digérer, "Le Phare du bout du monde", de Verne, pas son meilleur, mais c'était léger, "L'établi" de Robert Linhart qui m'a bien plongé dans une usine post-68.
Vous parlez de Littell là ? 
Player_Zero
22 février 2021 à 21:18:12
Alerte
Enfin fini La Pierre Et le Sabre de Yoshikawa.
Franchement, 850 pages pour ça, passez votre chemin.
Y a 400 pages de trop, certes l'histoire est extrêmement dense en péripéties mais celles-ci ont rarement beaucoup d'impact, et sont rarement l'occasion d'illustrer de nouvelles idées ou messages (même des poncifs manga-esques j'aurais été preneur). Pire, y a un tome 2 avec autant de pages, et le tome 1 n'offre même pas de conclusion un brin satisfaisante.
J'enchaîne avec Le Roi en Jaune.
J’avais l’intention de le lire cette année, je vais privilégier d’autres lectures du coup ahah
Le 22 février 2021 à 21:10:32 Depuis1257 a écrit :
C'est assez particulier de définir le ton de Hoess dans sa confession.Il n'a aucune illusion, il sait qu'il va être condamné à mort. Il est là pour travailler sa mémoire bien plus que pour faire une défense de son cas qu'il sait paraître indéfendable. Il finit le texte sur cette très étrange exclamation, tant elle peut paraître "infantile" au vu des enjeux : "ils ne comprendront jamais que, moi aussi, j'avais un coeur", comme si c'était le problème.
Il ne cherche pas vraiment à se déresponsabiliser de ce qu'il a fait mais, comme dans le roman, il insiste toujours sur son caractère intermédiaire selon lui dans la chaîne de commandement. Il explique aussi qu'il y a une sorte d'esprit allemand qui a comme terreur le fait d'être pris en défaut d'exécution de sa responsabilité, quelle qu'elle soit.
A côté de ça, il peut être assez provocant en expliquant qu'en tant que soldat il n'y a pas de différence fondamentale entre ce qu'il fait et les bombardements sur l'Allemagne des aviateurs alliés, ou en disant que les lois antijuives du Reich n'étaient parfois pas appropriées parce qu'elles nuisaient à ce que lui appelle "l'antisémitisme sérieux".
Un moment il explique même que la Shoah a été une erreur...parce que ça a permis de donner une excuse au monde pour écraser l'Allemagne.
C'est déconcertant à lire dans l'ensemble mais c'est pas du tout en tout cas une complainte ininterrompue ou un brûlot nazi unilatéral. Comme dans le roman, il parle de l'époque où il a été agriculteur Artaman, et il regrette presque avec mélancolie de pas être resté petit cultivateur dans sa communauté de tondus. Un moment il part dans un délire à faire une espèce d'essai sur l'administration des prisons.
C'est vrai qu'il y a une grosse complexité dans ce personnage. Après oui même dans ses écrits à mon avis il a été honnête sur ses intentions, il savait comme tu dis qu'il était destiné à une exécution. De plus quand on voit ses réponses lors de son procès, il essayait pas justement de se "défiler" il avait l'air d'assumer ses actes sans s'en venter. Il fallait obéir aux ordres et c'est tout. Désobéir c'est pire que la mort. D'ailleurs quand il apprend que Himmler se suicide, il se sent plus triste que lors de sa capture ou de sa condamnation à mort.
Après ce que j'ai aimé, c'est qu'on est pas tombé dans la facilité où l'écrivain l'aurait juste défini comme un monstre en insistant sur les 2.5 millions de morts qu'il a causé + des détails sordides.
Dans "la mort est mon métier" en terme de proportion on est beaucoup plus basé sur son passé et sa galère.
C'est vrai qu'il y a ce côté mélancolique quand il vit à la ferme avec sa femme et ses enfants, à s'occuper de ses animaux, de la terre etc.. Il a même cette tentation d'y rester quand on lui propose de bouger, mais il ne veut pas décevoir. Il substitue sa personne au détriment de ses chefs, et là où on lui dit qu'il serait utile, il y reste. Même si il a pu avoir d'autres aspirations.
Northanger Abbey (VO), Jane Austen
Adolphe, Benjamin Constant.
Règne animal de Jean-Baptiste Del Amo
Voilà , terminé A l’est d’Eden .. purée 😭
Œuvre absolument incroyable , il rentre dans mon top 5 tout de suite.
On passe par tous les sentiments avec ce livre et Steinbeck nous offre une profondeur psychologique de ces personnages aussi pointue qu’un Dostoïevski
Le genre de livre qui me restera marqué
La Bête et la Belle de Thierry Jonquet
Cela faisait bien longtemps que je n'avais pas eu entre les mains un aussi bon roman noir ![]()