Le 08 février 2021 à 23:42:11 E-180 a écrit :
J'ai fini hier le Mesnevi, recueil de 150 contes soufis de Rûmi.
Étant fortement intéressé par le soufisme, j'hésite entre le modeste recueil et la version intégrale en deux volumes. Est-ce que tu sais si les 150 contes sont des versions condensées ? Car à vue de nez l'ensemble doit faire dans les 400 histoires et ça pèse 3 kilos (1600 pages). Il n'y a pas vraiment d'entre-deux, donc soit je me lance (vers Dieu), soit je passe ma vie à hésiter...
J'ai lu Roberto Bolaño - Estrella Distante [Étoile Distante]. Je continue à trouver sa formule également divertissante et hypnotique, mais je suis moyennement convaincu par l'histoire de Wieder comme nazi latin-américain et sorte d'antéchrist de la poésie: l'idée du pilote qui écrit dans le ciel c'est grotesque. Les dix chapitres ressemblent un peu à dix histoires courtes - ce n'est pas pour me déplaire, mais certaines (les deux profs) sont trop clairement là juste pour le plaisir de perdre les traces de nouveaux personnages, et tout l'arrière-plan historique ne sert finalement qu'à accentuer le misérabilisme des poètes exilés. Je garde la première partie de Los Detectives comme ma référence absolue - Bolaño excellait vraiment dans les amours adolescentes d'étudiants sans-le-sou.
Je lis Kenzaburô Oé - Le Jeu du Siècle. Ben voilà, si on m'avait dit d'où viennent tous les films japonais où les personnages sont des marginaux en proie aux crises existentielles, au masochisme, et à de fulgurantes épiphanies... Je m'attendais d'abord à subir une horreur nouvelle vague à la Abe et à reculer d'effroi, mais c'est pétri de sensiibilité, Oé est foutrement talentueux, et je suis assez bien rentré dedans. C'est d'une bizarrerie cultivée mais malgré tout dans les limites du réalisme.
Le 09 février 2021 à 19:41:46 Everlasting a écrit :
Le 08 février 2021 à 23:42:11 E-180 a écrit :
J'ai fini hier le Mesnevi, recueil de 150 contes soufis de Rûmi.Étant fortement intéressé par le soufisme, j'hésite entre le modeste recueil et la version intégrale en deux volumes. Est-ce que tu sais si les 150 contes sont des versions condensées ? Car à vue de nez l'ensemble doit faire dans les 400 histoires et ça pèse 3 kilos (1600 pages). Il n'y a pas vraiment d'entre-deux, donc soit je me lance (vers Dieu), soit je passe ma vie à hésiter...
Je suis pas sûr de comprendre ce que t'entends par condensé. Ils disent qu'ils ont:
1. Gardé que les sections narratives
2. Les ont séparées pour les rendre plus claires (apparemment c'est souvent enchâssé, ça a l'air assez bordélique)
3. Ont supprimé ce qu'ils jugeaient trop lourd dans les contes ou ont ajouté des éléments lorsqu'ils le jugeaient nécessaires pour la compréhension.
C'est un recueil totalement fabriqué, présenter les contes comme ça c'est un peu comme lire des fragments d'une énorme unité, tu captes des bribes de sens, mais dans l'ensemble c'est confus et tu sens qu'il manque un liant qui lierait les parties entre elles, forcément ça laisse un goût d'inachevé.
Et sinon, pour Etoile distante, je partage assez ton avis sur Wieder. C'est un personnage d'une décevante banalité et j'avais vécu ça comme quelque chose d'assez intéressant. Ce mec qui obsède et écrase le narrateur pendant toute sa vie restera une énigme insatisfaisante, un type gris que sa fadeur rend impossible à déchiffrer, car on n'arrive pas à lui prêter des intentions, à saisir ses motifs.
Pour moi tous les personnages (principaux) de Bolano sont dans une quête de sens qui n'aboutit jamais, et Wieder c'est l'incarnation même de ce mystère insultant tant il se refuse à toute interprétation. Le narrateur construit bâtit sa vie sur la recherche de quelque chose qui dès le départ ne pourra pas recevoir de réponse. Et à cet égard la poésie écrite dans le ciel peut s'expliquer, elle est lointaine, on ne la saisit que partiellement et on ne peut finalement dire avec certitude ce qu'elle a exprimé. Et pour faire un peu dans le méta, je dirais que cet effort de comprendre les signes de l'avion répond à l'effort du lecteur essayant de trouver un sens au texte, de lui en attribuer un.
Pour les amoureux de Bolano, il y a le roman récemment paru chez Points qui s'intitule "Le roman de Bolano" de Eric Bonnargent et Gilles Marchand. C'est un roman épistolaire et metafictionnel où on un personnage de Bolano prend vie et s'insère dans la réalité et le narrateur part à sa recherche.
Méridien de sang - Cormac McCarthy.
Le 09 février 2021 à 22:57:57 Seisaku- a écrit :
Méridien de sang - Cormac McCarthy.
Un chef d’œuvre ce western métaphysique ![]()
L'Été des charognes de Simon Johannin
C'est vraiment de la merde ça. Despentes avec une paire de (petites) couilles.
Le Nabab - Alphonse Daudet
je ne sais pas pourquoi mais il me captive ![]()
Le 08 février 2021 à 12:06:08 Boiseries a écrit :
Révélations des secrets des oiseaux et des fleurs.
Cimer, je vais y jeter un oeil ![]()
J'ai attaqué "A bord de l'Etoile Matutine" aujourd'hui. Je pense que ça va me plaire. Cette réalité crue dans un livre de pirate et d'aventure, je ne peux qu'aimer.
Hier j'ai fini les fourmis de Werber et si le style de ce dernier m'a semblé lourdingue à certains moments Lors de la bataille des coquelicots notamment et très direct, j'ai adoré suivre les aventures des fourmis, découvrir leur univers et leur point de vue, leur légende etc... C'est typiquement ce qu'on imagine étant gamin. Cela se voit qu'il s'est éclaté à l'écrire. C'est presque dommage que ce ne soit pas qu'un récit sur les fourmis.
J'ai commencé les nouvelles de Jack Vance dans leur réédition chez J'ai Lu.
Et je lis aussi La Parabole du Semeur de Octavia Butler
Le 11 février 2021 à 20:51:29 batflo3012 a écrit :
J'ai commencé les nouvelles de Jack Vance dans leur réédition chez J'ai Lu.Et je lis aussi La Parabole du Semeur de Octavia Butler
Excellent ! Je n'étais pas au courant que l'intégrale des nouvelles de Vance venait d'être réédités ![]()
Le 11 février 2021 à 21:19:08 Gantz_Graf_ a écrit :
Le 11 février 2021 à 20:51:29 batflo3012 a écrit :
J'ai commencé les nouvelles de Jack Vance dans leur réédition chez J'ai Lu.Et je lis aussi La Parabole du Semeur de Octavia Butler
Excellent ! Je n'étais pas au courant que l'intégrale des nouvelles de Vance venait d'être réédités
Bonjour le forum aimerait avoir une photo de votre bibliothèque pourriez vous nous en partager une svp merci
Je viens de finir "Le gang des rêves" de Luca Di Fulvio.
Lecture vraiment mitigée. J'en parlerai plus dans une publication dédiée, mais à partir de la page 800 c'était plus un devoir qu'un plaisir de finir les 150 dernières pages.
J'y ai peut être foncé avec trop d'espoir vu les critiques dythirambiques à son sujet, mais je ne pourrais vraiment pas le qualifier de chef d'œuvre.
Pour mes prochaines lecture je pense partir sur du :
-"Souvenir d'un pas grand chose" de Charles Bukowski
Ou bien
-"La mort est mon métier" Robert Merle.
Pour le premier je suis plutôt un adepte de bukowski, c'est une valeur sûre pour moi, pour le deuxième ça serait plus une découverte.
Terminé Le Pousse-Pousse de Lao She, grand classique de la littérature chinoise du XXe.
Bildungsroman prolétaire, rêves d'ascension d'un jeune tireur de pousse-pousse qui vont se péter la gueule suite aux accidents inévitables qu'on peut imaginer dans le Pékin des années 30-40. Les deux premiers tiers sont très convenus et donc peu palpitants, on a le jeune mec plein de principes et de vitalité qui croit qu'il va pouvoir s'élever et vivre un peu mieux s'il cravache comme un chien, forcément ça tourne pas très bien et il accumule les couilles avec toujours l'espoir de se relancer. C'est du réalisme social sans drôlerie ou extravagances, perso ça m'emmerde rapidement, mais faut laisser à l'auteur une volonté de rester dans cette monotonie abrutissante, il tombe jamais dans le misérabilisme de merde, et ça soulage.
Et sur la fin j'ai été agréablement surpris, parce que là où on s'attend à une forme de martyre pour le héros, ça se termine sur une espèce de déchéance grise qui ressemble pas mal à un état dépressif post burn-out: le jeune idéaliste devient un vieux cramé amer qui s'en bat les couilles de tout, qui réalise que son rêve d'exploits individuels l'a écrasé et qu'il ne pouvait pas réussir; peu importe leurs sacrifices, les pauvres sont coincés. J'ai trouvé ça très "moderne", surtout qu'il n'y a pas derrière un appel au syndicalisme, à l'union des prolétaires ou à la révolte, il y a juste un individu brisé, seul.
Il y a un joli parallèle à faire avec l'ascenseur social en panne et la rancœur que ça peut entraîner chez des jeunes de classes populaires qui ont cru qu'ils pourraient réussir s'ils travaillaient, mais en fait non.
Gantz_Graf_ 10 février 2021 à 02:27:00
L'Été des charognes de Simon Johannin
Boiseries 10 février 2021 à 08:44:44
C'est vraiment de la merde ça. Despentes avec une paire de (petites) couilles.
Toute proportion gardée j'y ai surtout retrouvé du Baudelaire, du Lautréamont et du Genet.
C'était excellent ! Potentiel et maturité impressionnante. Auteur à suivre.
Je fonce me procurer Nino dans la nuit
Bah putain. S'il suffit de s'être bagarré à une fête de village après avoir pris la pastille pour justifier ces parallèles, je suis Baudelaire, je suis Lautréamont. Genet j'assume moi pour des raisons évidentes.
Ce roman c'est le dernier stade du fantasme de merde pour bourgeois qui a encore besoin de croire que la campagne et le périurbains sont peuplés de cannibales consanguins totalement abrutis. En soi pourquoi pas, si on veut travailler cette étiquette d'enculé moral je peux encore l'admettre ; mais dans ce roman en l'occurrence il n'y a rien. Il prend des événements banals, sans aucun lustre, et il les rédige mal pour te faire croire que c'est l'enfer sur terre. C'est ridicule. On s'est déjà tous battus, on a déjà tous vu un animal mort et on est beaucoup à s'être un peu camé en restant tout à fait standard. La pauvreté c'est pas Dante. Et sa proposition n'a rien d'audacieux ni de transmutant par rapport à l'objet dont il s'empare, il ne fait que du mensonge sensationnaliste pour que la connasse du tertiaire se sente en contact avec la Bête en le lisant.
C'est une petite crevure opportuniste. Rien à voir avec les maîtres que tu cites.
Je viens de finir les Porcs 2. Bien moins fort que le premier tome.