L'éducation sentimale, Gustave Flaubert
Des avis pour ceux qu'ils l'ont lu ?
Je me suis enfin lancé dans : Les Frères Karamazov.
Le 30 janvier 2021 à 22:44:44 zairoiszelote a écrit :
en quoi c'est bien sabato on peut m'expliquer?
Dans Le Tunnel, ce qu'il y a d'efficace, c'est l'espèce de désincarnation de la société abstraite qui devient grise et mystérieuse sous le regard paranoïaque d'un homme qui se sent menacé mais par il ne sent pas trop quoi, qui a ce besoin d'épier même s'il a peur de ses découvertes.
Il n'y a rien de fondamentalement inédit dans ce roman mais il arrive très bien à faire la conjonction entre des ambiances aussi différentes que Zweig ou Cortazar.
L'Idiot de Dostoïevski
Pour L'éducation sentimentale: Flaubert est capable de décrire la société de manière dynamique, à un moment décisif mais finalement assez confus de l'histoire. Il choisit d'y placer un personnage effroyable d'indécision, d'immaturité, et incapable de poursuivre une destinée, jusqu'à ce que ses échecs et sa fuite en avant deviennent grotesques. C'est très détaillé, très riche, très scrupuleux. J'en garde une impression mitigée.
Pour Sabato: Au niveau formel c'est impeccablement construit, mais ça reste une histoire où on s'intéresse à un psychopathe infantile et misogyne qui va droit (comme dans un tunnel) au meurtre. Il y a peu de personnages aussi détestables en littérature.
Pour Sabato: Au niveau formel c'est impeccablement construit, mais ça reste une histoire où on s'intéresse à un psychopathe infantile et misogyne qui va droit (comme dans un tunnel) au meurtre. Il y a peu de personnages aussi détestables en littérature.
Ah c'est marrant, je garde plutôt le souvenir d'un pauvre type inadapté socialement, presque autiste ou asperger, qui dans sa folie paranoïaque finit par détruire ce qu'il aime le plus au monde sans réellement comprendre pourquoi. Le tunnel traduirait cette fatalité, l'impossibilité d'avoir un regard extérieur sur nous et donc la cruelle nécessité de persévérer obscurément dans son être, tout infâme qu'il soit.
Le 31 janvier 2021 à 18:08:34 Tonitruel a écrit :
La route des Flandres, de Claude Simon.
J'espère que tu vas te faire happer par le livre et apprécier l'expérience.
Le 31 janvier 2021 à 18:30:28 Tonitruel a écrit :
J'espère que tu vas te faire happer par le livre et apprécier l'expérience.
J'ai l'impression de regarder une couleur qui n'arrête pas d'évoluer ; je ne dirais pas que je réfléchis beaucoup, mais je suis en perpétuelle construction d'images. J'ai trouvé quelques passages éblouissants et je pense avoir accroché pour le moment. C'est très planant, non ? Ou je le prends par le mauvais bout même si j'apprécie ?
Malaise
Le 31 janvier 2021 à 18:30:28 Tonitruel a écrit :
J'espère que tu vas te faire happer par le livre et apprécier l'expérience.
J'ai l'impression de regarder une couleur qui n'arrête pas d'évoluer ; je ne dirais pas que je réfléchis beaucoup, mais je suis en perpétuelle construction d'images. J'ai trouvé quelques passages éblouissants et je pense avoir accroché pour le moment. C'est très planant, non ? Ou je le prends par le mauvais bout même si j'apprécie ?
Je me retrouve assez là-dedans, difficile d'aborder de ce livre sans tomber dans la métaphore pour traduire l'expérience, perpétuelle construction d'image ça me parle. Personnellement j'avais l'impression d'être pris et roulé dans un mouvement de flux et de reflux. Ou alors une errance dans un brouillard labyrinthique qui te ramène sans cesse sur les mêmes chemins. Enfin là je métaphorise plus puisque dans mes souvenirs le brouillard est très présent dans le roman.
Le 31 janvier 2021 à 22:21:50 E-180 a écrit :
Le 31 janvier 2021 à 18:30:28 Tonitruel a écrit :
J'espère que tu vas te faire happer par le livre et apprécier l'expérience.
J'ai l'impression de regarder une couleur qui n'arrête pas d'évoluer ; je ne dirais pas que je réfléchis beaucoup, mais je suis en perpétuelle construction d'images. J'ai trouvé quelques passages éblouissants et je pense avoir accroché pour le moment. C'est très planant, non ? Ou je le prends par le mauvais bout même si j'apprécie ?
Je me retrouve assez là-dedans, difficile d'aborder de ce livre sans tomber dans la métaphore pour traduire l'expérience, perpétuelle construction d'image ça me parle. Personnellement j'avais l'impression d'être pris et roulé dans un mouvement de flux et de reflux. Ou alors une errance dans un brouillard labyrinthique qui te ramène sans cesse sur les mêmes chemins. Enfin là je métaphorise plus puisque dans mes souvenirs le brouillard est très présent dans le roman.
Double malaise
J'ai déjà oublié le tunnel, à part quelques personnages, y a une tante aussi ou un délire du genre.
Alejandra ou héros et tombes c'était une purge et là j'ai le dernier que j'avais acheté trop tôt. Mais bon faut le lire pour les stats
Cioran, les cimes du désespoir
Pas facile a lire, et ce que j'arrive a comprendre, ca donne envie d'aller acheter une corde a bricomarche
Le gone du Chaâba d'Azouz Begag
Vie à vendre, de Mishima
Le 31 janvier 2021 à 09:57:44 ArsenicPussy a écrit :
[09:40:35] <Azherkame>
Je me suis enfin lancé dans : Les Frères Karamazov.Quelle traduction ?
Tu avais déjà lu un Dostoïevski avant ?
Henri Mongault. Ce n'est pas Markowicz chez Babel, mais je trouve la traduction très agréable à lire.
Oui bien sûr, j'ai déjà lu Les Pauvres Gens ; Le Double ; Les Carnets du sous-sol ; Les Nuits Blanches ; Le Joueur ; Souvenirs de la maison des morts ; Crime et Châtiment ; L'Idiot ; Les Démons.
Le 31 janvier 2021 à 23:30:12 ZairoisBdh a écrit :
J'ai déjà oublié le tunnel, à part quelques personnages, y a une tante aussi ou un délire du genre.Alejandra ou héros et tombes c'était une purge et là j'ai le dernier que j'avais acheté trop tôt. Mais bon faut le lire pour les stats
J'ai pas encore poussé plus loin que le Tunnel mais t'es dur.
Je me souviens pas de tout, loin de là, mais y a deux trois trucs qui m'ont arrêté. La description de la rue et de la ville - avec cette compagnie T - ça a quelque chose de kafkaïen mais en mieux, je ne sais plus vraiment pourquoi mais je m'imagine vraiment ça quelque part entre les délires de Calvino, l'architecture brutaliste, ou les pires délires des "nouveaux" centres brésiliens. Quelque chose de très géométrique et désincarné qui désoriente le héros, dans la peinture de la rue au début il a l'air d'être vissé à un tapis roulant.
Y a tout un jeu de regardant regardé avec une utilisation des fenêtres à plusieurs moments, notamment dans la propriété vers la fin, qui est vraiment intéressant, un peu néo-roman dans le délire mais avec une incarnation qui le fait sortir de la simple branlette conceptuelle type la jalousie.
Et les sentiments du narrateur sont bien rendus, tu sens la douleur de la dépossession qu'il somatise limite tellement ça le rend malade, c'est pas si évident que ça à rendre dans un bouquin. C'est l'aspect le moins original du roman sans doute mais techniquement c'est efficace, c'est un truc que la fin de Lolita fait également assez bien mais c'est moins cérébral chez Sabato.
Y a du corps et y a de la ville dans le Tunnel. C'est déjà beaucoup.
J'ai lu 100 pages du roman "Le gang des rêves" de Luca Di Fulvio. 100 pages sur 944,c'est, faut le dire, un bon pavé.
Pour mes premières impressions de lecture c'est plutôt violent faut le reconnaître. C'est l'histoire d'une jeune fille, italienne, qui se fait violer. De ce viol elle donnera naissance à un enfant, Christmas. Pour contextualiser, l'histoire se passe début du 20 ème siècle (1910-1920). Elle va partir seule, avec son enfant, aux États Unis pour vivre le "rêve américain". Je n'en dirais pas plus c'est les premières bases.
Je ferais peut être un compte rendu de lecture à la moitié du livre et à la fin. Pour l'instant il faut avouer que j'ai plutôt déroulé les 100 premières pages. L'auteur fait pour l'instant bien vivre l'histoire.
J'en suis qu'au début, j'ai dis qu'il y avait déjà certaines scènes violentes, et pourtant l'histoire a pas encore vraiment démarré étant donné que j'en suis au début . Ça rejoint plusieurs avis (plutôt en négatif) qui disaient que l'écrivain s'en donne à cœur joie dans des détails "glauques", je verrais ça.
Pour conclure, pour l'instant c'est globalement positif et encourageant.
Le 01 février 2021 à 15:45:47 DevantJerusalem a écrit :
Le 31 janvier 2021 à 23:30:12 ZairoisBdh a écrit :
J'ai déjà oublié le tunnel, à part quelques personnages, y a une tante aussi ou un délire du genre.Alejandra ou héros et tombes c'était une purge et là j'ai le dernier que j'avais acheté trop tôt. Mais bon faut le lire pour les stats
J'ai pas encore poussé plus loin que le Tunnel mais t'es dur.
Je me souviens pas de tout, loin de là, mais y a deux trois trucs qui m'ont arrêté. La description de la rue et de la ville - avec cette compagnie T - ça a quelque chose de kafkaïen mais en mieux, je ne sais plus vraiment pourquoi mais je m'imagine vraiment ça quelque part entre les délires de Calvino, l'architecture brutaliste, ou les pires délires des "nouveaux" centres brésiliens. Quelque chose de très géométrique et désincarné qui désoriente le héros, dans la peinture de la rue au début il a l'air d'être vissé à un tapis roulant.
Y a tout un jeu de regardant regardé avec une utilisation des fenêtres à plusieurs moments, notamment dans la propriété vers la fin, qui est vraiment intéressant, un peu néo-roman dans le délire mais avec une incarnation qui le fait sortir de la simple branlette conceptuelle type la jalousie.
Et les sentiments du narrateur sont bien rendus, tu sens la douleur de la dépossession qu'il somatise limite tellement ça le rend malade, c'est pas si évident que ça à rendre dans un bouquin. C'est l'aspect le moins original du roman sans doute mais techniquement c'est efficace, c'est un truc que la fin de Lolita fait également assez bien mais c'est moins cérébral chez Sabato.
Y a du corps et y a de la ville dans le Tunnel. C'est déjà beaucoup.
Alors en effet il déploie une géométrie singulière, ça s'accentue dans ses autres livres avec toujours cette paranoïa.
Ce qui me pose problème c'est l'incarnation dont tu parles. Les incarnations chez Sabato m'apparaissent grossières je pense, j'ai un problème avec ses personnages et leurs intentions. Et encore plus dans Alejandra que je trouve très creux, à la limite du travers de la branlette fantasmagorique (mais c'était pas le cas dans le tunnel), mais déjà dans le tunnel j'ai le souvenir d'un bouquin dont la constellation de signes et de décisions, d'événements, de personnages ne signifient pas grand chose, dans l'avancement du livre l'action va se déplacer d'un point à un autre, d'une société à une autre et je ne voyais pas l'influence de tels changements sur le personnage ou l'histoire en gros.
Je me disais que j'avais pas été assez attentif mais à la lecture du deuxième bouquin je pense que c'est l'auteur qui m'échappe.
Ca fait trop long que j'ai lu le bouquin pour rebondir plus précisément,, je t'avoue qu'à part le début et la fin je ne me souviens pas vraiment de la structure globale.
J'ai des vagues souvenirs de poursuites - je pense que c'est ça aussi qui a provoqué intuitivement le rapprochement avec Nabokov - et de ville, un peu dans un délire néo-noir, mais rien de plus.
Le 01 février 2021 à 19:29:05 hocine08 a écrit :
J'ai lu 100 pages du roman "Le gang des rêves" de Luca Di Fulvio. 100 pages sur 944,c'est, faut le dire, un bon pavé.Pour mes premières impressions de lecture c'est plutôt violent faut le reconnaître. C'est l'histoire d'une jeune fille, italienne, qui se fait violer. De ce viol elle donnera naissance à un enfant, Christmas. Pour contextualiser, l'histoire se passe début du 20 ème siècle (1910-1920). Elle va partir seule, avec son enfant, aux États Unis pour vivre le "rêve américain". Je n'en dirais pas plus c'est les premières bases.
Je ferais peut être un compte rendu de lecture à la moitié du livre et à la fin. Pour l'instant il faut avouer que j'ai plutôt déroulé les 100 premières pages. L'auteur fait pour l'instant bien vivre l'histoire.
J'en suis qu'au début, j'ai dis qu'il y avait déjà certaines scènes violentes, et pourtant l'histoire a pas encore vraiment démarré étant donné que j'en suis au début . Ça rejoint plusieurs avis (plutôt en négatif) qui disaient que l'écrivain s'en donne à cœur joie dans des détails "glauques", je verrais ça.
Pour conclure, pour l'instant c'est globalement positif et encourageant.
Je vais noter le titre, ça m'a l'air super intéressant
Le 01 février 2021 à 20:49:22 Germme3 a écrit :
Le 01 février 2021 à 19:29:05 hocine08 a écrit :
J'ai lu 100 pages du roman "Le gang des rêves" de Luca Di Fulvio. 100 pages sur 944,c'est, faut le dire, un bon pavé.Pour mes premières impressions de lecture c'est plutôt violent faut le reconnaître. C'est l'histoire d'une jeune fille, italienne, qui se fait violer. De ce viol elle donnera naissance à un enfant, Christmas. Pour contextualiser, l'histoire se passe début du 20 ème siècle (1910-1920). Elle va partir seule, avec son enfant, aux États Unis pour vivre le "rêve américain". Je n'en dirais pas plus c'est les premières bases.
Je ferais peut être un compte rendu de lecture à la moitié du livre et à la fin. Pour l'instant il faut avouer que j'ai plutôt déroulé les 100 premières pages. L'auteur fait pour l'instant bien vivre l'histoire.
J'en suis qu'au début, j'ai dis qu'il y avait déjà certaines scènes violentes, et pourtant l'histoire a pas encore vraiment démarré étant donné que j'en suis au début . Ça rejoint plusieurs avis (plutôt en négatif) qui disaient que l'écrivain s'en donne à cœur joie dans des détails "glauques", je verrais ça.
Pour conclure, pour l'instant c'est globalement positif et encourageant.
Je vais noter le titre, ça m'a l'air super intéressant
Nickel si ça te motive, en espérant que le reste du livre soit bon bien sûr !
En tout cas sur plusieurs sites différents j'ai quasiment vu que du positif. Même si on peut se méfier des livres populaires parfois..