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Quel livre êtes-vous en train de lire ?

kilik75
kilik75
Niveau 2
18 janvier 2021 à 22:26:32

Le 18 janvier 2021 à 09:17:00 boiteapunaise a écrit :
J'ai lu particules élémentaires qui à été ma première (et seule pour le moment) lecture de Houellebecq et c'est un livre qui ne m'a pas profondément marqué, notamment parce que j'ai du mal à comprendre, imaginer et me mettre dans l'époque qu'il traite. C'était bien avant ma naissance et on aurait dit qu'il en faisait une caricature. J'ai mit du temps à me rendre compte que c'était un roman déprimant et très sombre. J'ai bien aimé Bruno car j'ai toujours eu un faible pour les personnages détraqués, abîmés et ravagés même. Surtout au niveau sexuel.

Cela dit je me rappelle m'être un peu fait chier parfois quand je ne savais pas ou ça allait, heureusement qu'il y avait Bruno. Une lecture particulière en tout cas.

L'époque qu'il traite c'est la notre. C'est l'époque issue de mai 1968 donc bien qu'il y est eu des évolutions, ça reste la société dans laquelle on vit actuellement. Il en fait pas une caricature mais une critique sévère, on peut ne pas y adhérer. Sinon oui c'est très sombre.

Depuis1257
Depuis1257
Niveau 8
18 janvier 2021 à 23:13:59

Il n'en finit surtout plus d'étirer son auto-portrait de minable. C'est ce qui est le plus haïssable chez lui, qu'il se prenne pour une merde d'accord mais je vois ne pas bien ce qui lui permet d'étendre ça à l'universalité de l'homme.

On est pas tous des victimes peines à jouir en soi.

CahierDeLArt
CahierDeLArt
Niveau 4
19 janvier 2021 à 09:28:39

Asensio sur le nouveau Defalvard : http://www.juanasensio.com/archive/2021/01/09/l-architecture-de-marien-defalvard.html#more

Il ne parle pas du livre pendant ses premières tartines anti-journalistes traditionnelles, j'ai donc lâché l'affaire abattu par l'indigence des répétitions et ses amphigourismes insupportables. Je suppose qu'il trouve ça bien ; il ne peut plus émettre de critique juste sur son petit chouchou...

Personnellement, j'ai abandonné ce faux-roman imbuvable et lourdissime, désincarné, plein de digressions épuisantes. Je me suis forcé pendant 45 pages. Defalvard n'a gardé que ce que j'avais trouvé mauvais dans son premier roman, et a expurgé toutes les trouvailles poétiques. Tant pis.

Message édité le 19 janvier 2021 à 09:29:32 par CahierDeLArt
CahierDeLArt
CahierDeLArt
Niveau 4
19 janvier 2021 à 09:52:43

Oui, exactement. Roman hyper-proustique avec de belles farandoles de souvenirs en cascade. On y trouvait quelques beaux paragraphes siphonnés de poésie.

CahierDeLArt
CahierDeLArt
Niveau 4
19 janvier 2021 à 13:23:18

Quelqu'un d'autre s'est penché sur le nouveau Defalvard ?

CahierDeLArt
CahierDeLArt
Niveau 4
19 janvier 2021 à 14:46:29

Je voudrais savoir si cette déconvenue est partagée.

Pseudo supprimé
Pseudo supprimé 20 janvier 2021 à 11:45:34

J'ai fini Fictions de Borges. C'est marrant parce que les gens ont une manière de le présenter qui est assez repoussante pour une part du lectorat, oui, attention, ce n'est pas pour n'importe qui, Borges est très érudit, le texte est très obscur. En fait, Borges est très universel. Si certains paragraphes seront forcément survolés en l'absence de connaissances approfondies, l'ensemble se lit assez facilement - Beaucoup plus par exemple que Le nom de la Rose de Eco, qui est un livre très populaire - et il vaut carrément le coup. Certaines idées mettent un uppercut sous le menton, je me suis retrouvé avec le même émerveillement qu'on peut avoir étant gamin, où ne connaissant rien, tout nous semble magique, sublime.

EffetDeBartsch
EffetDeBartsch
Niveau 10
20 janvier 2021 à 12:45:44

Les références chez Borges ne sont pas savantes, pas au premier degré en tout cas, parce qu'elles demeurent toujours allusives, et souvent soit fausses, soit tordues, soit très réinterprétées par son prisme personnel.

Il ne va pas lancer le nom de Schopenhauer pour que le lecteur fasse le lien avec un propos identifiable de Schopenhauer, il a une idée de Schopenhauer qui représente quelque chose pour lui et il utilise le nom pour connoter cela.

Après, le souci c'est qu'il faut déjà un degré de science minimal pour comprendre comment on subvertit ce principe de citation. Mais à 18 ans je ne l'avais pas et ça ne me gênait pas le moins du monde pour avoir ma vie bouleversée par ce livre.

C'est aussi une question de capacité à lâcher-prise, à sous-lire ces passages comme on peut sous-virer une trajectoire.

Tout le paradoxe de Borges a toujours été là, c'est d'une grande complexité d'arriver à ce niveau de simplicité.

Pseudo supprimé
Pseudo supprimé 20 janvier 2021 à 17:34:39

@Tonitruel, tu me fais bonne impression

@Effet, je veux bien que tu développes ton deuxième paragraphe. C'est à dire que le mec s'appuie sur un existant pour aller ailleurs, mais est-ce que c'est pas corrompre le propos originel d'un auteur ? :( Ou alors la déviation est déclaré dans le texte ?

-Zemmour-
-Zemmour-
Niveau 42
20 janvier 2021 à 21:34:08

Le jardin des Finzi-Contini de Bassani

Pseudo supprimé
Pseudo supprimé 20 janvier 2021 à 21:55:53

Le 20 janvier 2021 à 21:34:08 -Zemmour- a écrit :
Le jardin des Finzi-Contini de Bassani

ça parle de quoi ?

-Zemmour-
-Zemmour-
Niveau 42
21 janvier 2021 à 09:59:14

Le 20 janvier 2021 à 21:55:53 HommeToxique8 a écrit :

Le 20 janvier 2021 à 21:34:08 -Zemmour- a écrit :
Le jardin des Finzi-Contini de Bassani

ça parle de quoi ?

Du temps qui passe :-(

Aerosse
Aerosse
Niveau 26
21 janvier 2021 à 10:17:40

Le 20 janvier 2021 à 21:34:08 -Zemmour- a écrit :
Le jardin des Finzi-Contini de Bassani

Je te conseille le film de De Sica, si le livre te plait :oui:

EffetDeBartsch
EffetDeBartsch
Niveau 10
21 janvier 2021 à 10:29:40

Le 20 janvier 2021 à 17:34:39 Gramic a écrit :
@Tonitruel, tu me fais bonne impression

@Effet, je veux bien que tu développes ton deuxième paragraphe. C'est à dire que le mec s'appuie sur un existant pour aller ailleurs, mais est-ce que c'est pas corrompre le propos originel d'un auteur ? :( Ou alors la déviation est déclaré dans le texte ?

Déjà, quand tu utilises une fausse référence, la déviation est marquée. Personne n'imagine que Borges essaie sciemment de faire passer un livre qui n'existe pas pour une production de Schopenhauer. C'est simplement que Schopenhauer transporte avec son nom et ses idées, avec les expériences de lecture qu'il a pu provoquer, un certain nombre d'idées connotatives.

Est-ce que ça corrompt l'auteur ? J'ai tendance à penser que cette question n'est pas pertinente. La spécificité de la littérature par rapport à tout un tas de discours didactiques, c'est qu'elle livre le message indirectement à travers des fictions qui peuvent inspirer des choses très différentes selon la manière dont on s'en saisit. Bon tu me diras qu'on a tendance à classer Schopenhauer en philo plutôt mais ça a toujours été un cas gris, comme Nietzsche, comme Pascal, comme tout un tas de penseurs un peu trop attentifs au style, et de toute façon j'ai utilisé Schopenhauer comme exemple parce que je l'avais en tête mais les sud-am font ça tout le temps avec plein d'écrivains.

La manière qu'a Borges de se saisir de ses impressions de lecture propres pour les rendre connotatives ça ne trahit pas plus le "message original", pour peu que ça existe, de Schopenhauer, qu'une métaphore étrange ne trahit la lune en disant qu'elle est verte. C'est de la poétique, c'est comme ça que ce discours symbolique se construit. L'originalité de Borges, c'est qu'il utilise pour construire sa "poésie" non pas des éléments topiques de la nature ou de la vie courante mais des concepts, intellectuels et artistiques. Il peint, il agence avec du concept, et dans cette perspective Schopenhauer c'est un pigment. C'est pour ça que ça retourne la tête même quand on ne comprend pas tout à fait, on sent qu'il y a à comprendre même sans le maîtriser totalement et c'est très aspirant comme sensation. Rentrer dans Borges c'est une expérience de lecture vraiment très singulière à cet égard.

Autrement, je considère que tous les grands écrivains sont avant tout de grands lecteurs, mais chez Borges quand tu lis tous les à-côtés (les préfaces, les textes explicatifs, les commentaires divers) tu te rends compte que cette posture de lecteur est restée chez lui extrêmement structurante, prépondérante, oserais-je dire même qu'elle est allée au-delà de sa posture d'écrivain ? Je crois que si je l'aime tant, et que ça restera peut-être toujours mon auteur préféré, c'est pour ça, pour ce sentiment d'avoir affaire avec lui au lecteur ultime. Sa littérature est vraiment une extension de la manière qu'il a eue toute sa vie de vivre à travers la littérature et sa réflexion dessus, c'est une espèce d'excroissance de ses moments de conversations intérieures avec les livres.

Je fais un gros encart là-dessus parce que du coup pour moi l'éthique du lecteur ce n'est pas du tout de lire servilement un texte et d'essayer d'en capter ce qui serait l'essence cachée laissée à disposition d'un guide, c'est vraiment rentrer en contact avec une voix, celle de l'auteur, qui te dit des choses, et ensuite tu les récupères et dans ton propre creuset que tu as alimenté continument en te nourrissant d'art tu en fais autre chose, tu en récupères ce que tu en comprends, ce qui te plaît, tu le sublimes ou le transfigures. Tu te constitues ton musée imaginaire comme dirait l'autre. C'est comme ça que je lis et comprends la réflexion de Gracq sur l'indissociabilité fondamentale de l'acte de lire et de l'acte d'écrire.

Du coup, Borges ne corrompt rien ni personne. Il te dit simplement ce que lui inspire un type, il t'invite dans sa bibliothèque et il en parle.

Ce n'est pas le seul à fonctionner comme ça, chez Bolano c'est extrêmement visible, peut-être encore plus. Quand il te parle dans divers livres de ses années d'expérimentation poétique, il a souvent besoin de donner des références pour faire comprendre l'image de son vécu par l'image approchante que dégage tel ou tel auteur. Quand il veut te montrer la présence souterraine et menaçante d'une junte militaire qui part en couille, il ne te le dit pas, il fait une référence étrange à Maistre dans une scène de torture et c'est à toi de saisir la connotation, parce que du coup derrière Maistre tu as tout un imaginaire de penseurs de l'autoritarisme qui se dégage.

Borges a souvent parlé autrement de l'importance des relectures et du fait que le monde se composait de citations, c'est aussi quelque chose que l'on retrouve dans sa manière de peindre des univers imbriqués les uns dans les autres où finalement la référence devient du coup structurante de l'existence.

On apporte pas sa pierre à l'édifice pour être tout seul en haut sur une plateforme, on construit le mur pour qu'il nous dépasse et nous laisse à terme au milieu.

-Zemmour-
-Zemmour-
Niveau 42
21 janvier 2021 à 11:06:15

Le 21 janvier 2021 à 10:17:40 Aerosse a écrit :

Le 20 janvier 2021 à 21:34:08 -Zemmour- a écrit :
Le jardin des Finzi-Contini de Bassani

Je te conseille le film de De Sica, si le livre te plait :oui:

Oui, il rejoint la longue liste de films que j'ai à voir mais, hélas, "la concentration cinématographique" existe à peine chez moi :ange:

Pseudo supprimé
Pseudo supprimé 21 janvier 2021 à 11:47:47

Ok, j'avais l'intuition qu'une référence apportait d'autres choses que la chose simplement évoquée. Sur le principes, les clichés fonctionnent un peu pareil, quand je dis un elfe et un nain, ça amène plein de représentations avec lesquelles on peut jongler. Si j'ai un univers original, j'ai pas besoin d'expliquer l'histoire des nations et la politique de mon univers pour bien ancrer dans les esprits un conflit entre mon nain et mon elfe. Ma question était d'ordre plutôt éthique et épistémologique et tu y as répondu dès la première phrase. Bien sûr qu'on peut avoir une interprétation personnelle d'un texte, mais à condition de la déclarer comme telle et pas de faire dire à une source ce qu'elle n'a pas dit. Sinon, on fait dire n'importe quoi à n'importe qui et tout s'écroule. Il me semble que c'est par ce genre de procédés, sous la réécriture de sa soeur, que Nietzsche est devenu un penseur nazi après sa mort.

boiteapunaise
boiteapunaise
Niveau 9
21 janvier 2021 à 12:29:16

Après la fabrique des salauds de Chris Kraus, je commence le procès de Kafka, ça a l'air bien absurde

E-180
E-180
Niveau 31
21 janvier 2021 à 14:26:10

J'arrive gentiment au bout de La Fin de l'homme rouge de Svetlana Alexievitch. Il y avait absolument tout pour me plaire et ça a pas manqué. J'essaierai de donner un avis un peu plus long une fois que je l'aurai terminé, mais pour qui s'intéresse à l'URSS, à la Russie et aux grands drames de l'histoire relatés à hauteur d'homme ça vaut le détour.

Message édité le 21 janvier 2021 à 14:26:21 par E-180
CahierDeLArt
CahierDeLArt
Niveau 4
21 janvier 2021 à 21:10:10

Je ne sais pas si vous connaissez mais je lâche le lien ici :

http://www.fourtoutici.pro/

Grosse banque d'epub gratuits pour ceux qui ont des liseuses.

Pseudo supprimé
Pseudo supprimé 21 janvier 2021 à 23:11:22

Je lis Tartarin de Tarascogne de Alphonse Daudet. On dirait un peu OSS117 en moins lourd. Un classique comme ça, c'est rafraîchissant.

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