Don Juan de Molière
Solaris de S.Lem
Le 30 novembre 2020 à 09:53:39 Tonitruel a écrit :
Vous parlez de Mauriac, vous conseilleriez quoi pour débuter ? Je ne connais que de nom. Thérèse Desqueyroux, simplement ?
Oui c'est bien pour commencer ça. La construction est originale.
Ou Nœud de vipères. Après j'ai pas lu le reste...
Du côté de chez Swann Proust
J'espère me réconcilier avec Proust. Je suis même allée le voir au cimetière.
Bouvard et Pécuchet, de Flaubert ; je viens de lire les quatre premiers chapitres mais je n'arrive pas à continuer. Ca vaut le coup de le finir ? J'ai l'impression que c'est la même soupe à chaque chapitre, simplement avec une discipline différente.
Ceci étant j'ai bien aimé le premier chapitre.
Sur les falaises de marbre d'Ernst Jünger
Cinq méditations sur la beauté de Francis Cheng. Je suis pas loin de crier à l'escroquerie, ça faisait un moment que j'avais pas lu un truc aussi confus qui sort des concepts philosophiques de sous le tapis pour les mélanger en une étrange potée à des digressions sur la Nature, l'éthique, l'Art, la pensée chinoise... Le mec convoque tout sur ça sur une centaine de pages sans rien clarifier, forcément ça se dégouline parmi très rapidement.
Et j'ai l'impression que l'escroquerie est à moitié avouée puisque dans la préface on te dit que ces méditations sont en fait 5 conférences données pour des amis et que "elles procèdent souvent par approfondissements progressifs, dans une forme de pensée en spirale où certaines répétitions, inévitables, sont en fait riches d'un neuf issu de l'échange entre le poète et ses interlocuteurs". Le pauvre avait déjà 75 ans quand il a bafouillé ces trucs, tu sens le poids des années, j'imagine que ses éditeurs ont flairé le bon coup et ont retranscrit le tout en le floquant du sceau "De l'Académie française", emballé c pesé.
Si tu deviens prof un jour tu pourras pas critiquer le spirallaire hombre c'est l'aloha et l'omega de la prnsée pédagogique moderne.
Je savais même pas que c'était une méthode pédagogique ![]()
J'ai rien contre, ça m'a l'air plutôt sensé comme approche, là ils invoquent juste un truc à la zob pour faire genre il y a une intention derrière ces élucubrations ratiocinantes d'académicien en pampers.
Mort à Crédit.
C'est pas très original je sais. ![]()
Après je pense enchainer sur Le gardien du feu, de Anatole Le Braz 
C'est la fin du monde mais en collier à fleurs. L'apocalypse à la cool.
Hier : Les dimanches de Jean Dézert, un court roman de Jean de La Ville de Mirmont.
Ce matin : La Mort d'Olivier Bécaille, une nouvelle de Zola.
Deux beaux textes.
J'entame Bleak House de Dickens.
Morceaux choisis du Zola :
Souvent le mari et la femme, couchés côte à côte, doivent frissonner du même frisson, quand la lumière est éteinte ; et ni l’un ni l’autre ne parle, car on ne parle pas de la mort, pas plus qu’on ne prononce certains mots obscènes. On a peur d’elle jusqu’à ne point la nommer, on la cache comme on cache son sexe.
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Elle m’aimait, parce que, je la promenais dans une brouette. Mais, plus tard, le matin où je la demandai en mariage, je compris, à son geste effrayé, qu’elle me trouvait affreux.
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Rêver de la vie dans la mort, tel avait toujours été mon espoir.
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Oh ! dormir comme les pierres, rentrer dans l’argile, n’être plus !
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J’eus même un sourire, en apercevant mon ombre au soleil.
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Allons ! j’étais un brave homme, d’être mort, et je ne ferais certainement pas la bêtise cruelle de ressusciter.
Depuis ce temps, j’ai beaucoup voyagé, j’ai vécu un peu partout. Je suis un homme médiocre, qui a travaillé et mangé comme tout le monde. La mort ne m’effraie plus ; mais elle ne semble pas vouloir de moi, à présent que je n’ai aucune raison de vivre, et je crains qu’elle ne m’oublie.
Le 01 décembre 2020 à 07:31:46 Depuis1257 a écrit :
C'est la fin du monde mais en collier à fleurs. L'apocalypse à la cool.
D'ailleurs il y a des gens qui auraient des livres où on assiste à une fin du monde inéluctable sans aucun espoir de survie? J'aime bien cette ambiance un peu cliché où on attend la fin en essayant de boucler les comptes, de s'amuser un dernier coup ou juste de contempler l'anéantissement sans ciller, avec une curiosité amusée.
Le personnage de La Ville de Mirmont fait - hasard des lectures - écho à celui de Zola :
Puis il releva le collet de son pardessus et rentra se coucher, car cela même, un suicide, lui semblait inutile, se sachant de nature interchangeable dans la foule et vraiment incapable de mourir tout à fait.
Le 01 décembre 2020 à 15:14:50 E-180 a écrit :
Le 01 décembre 2020 à 07:31:46 Depuis1257 a écrit :
C'est la fin du monde mais en collier à fleurs. L'apocalypse à la cool.D'ailleurs il y a des gens qui auraient des livres où on assiste à une fin du monde inéluctable sans aucun espoir de survie? J'aime bien cette ambiance un peu cliché où on attend la fin en essayant de boucler les comptes, de s'amuser un dernier coup ou juste de contempler l'anéantissement sans ciller, avec une curiosité amusée.
Je vais répondre à côté, en te proposant un film : 4h44, Last Day On Earth, d'Abel Ferrara.
Une fin du monde arty.
L'interprétation du rêve de Sigmund Freud
Le 01 décembre 2020 à 15:23:02 peterwarne a écrit :
Le 01 décembre 2020 à 15:14:50 E-180 a écrit :
Le 01 décembre 2020 à 07:31:46 Depuis1257 a écrit :
C'est la fin du monde mais en collier à fleurs. L'apocalypse à la cool.D'ailleurs il y a des gens qui auraient des livres où on assiste à une fin du monde inéluctable sans aucun espoir de survie? J'aime bien cette ambiance un peu cliché où on attend la fin en essayant de boucler les comptes, de s'amuser un dernier coup ou juste de contempler l'anéantissement sans ciller, avec une curiosité amusée.
Je vais répondre à côté, en te proposant un film : 4h44, Last Day On Earth, d'Abel Ferrara.
Une fin du monde arty.
Merci je regarderai peut-être.
Le 01 décembre 2020 à 16:15:22 Tonitruel a écrit :
Pareil, je vais te citer deux films :Melancholia, de Lars Von Trier. (Je n'ai pas spécialement aimé)
These Final Hours, de Zak Hilditch. (Pas un foudre d'originalité mais le traitement était tout à fait divertissant, voire immersif de par sa prétention mesurée, quelques années après, je songe encore à cette mise en image plutôt réussie de nos clichés "Et si c'était ton dernier jour ?" qu'on a tous eus...)
Oui, mon intérêt a été éveillé notamment par ces deux films. J'aime bien These final hours aussi, je trouve assez immersif aussi, et il y a un malaise et une angoisse assez pesantes. Je sais que le filtre jaune pipi c'est rédhibitoire pour beaucoup, mais ici je trouve que ça marche bien.
Je verrais bien ça en théâtre, et j'ai la conviction d'avoir lu ça quelque part mais j'arrive pas à me rappeler où, c'est très frustrant. Peut-être chez Arrabal.
Sinon y a tout ce qui est Décaméron / Canterbury et pompage, pas une attente de fin du monde stricte - même si dans le jardin des sept crépuscules il y a de ça - mais il y a quelque chose de la veillée avant la mort, avant la fin, et du récit qui dilue ça.