Le 24 novembre 2020 à 10:27:44 Tonitruel a écrit :
Le 24 novembre 2020 à 07:58:50 Depuis1257 a écrit :
Et toi mon cœur pourquoi bats-tu je suis navré mais c'est le carton rouge sans préavis.

Mon cerveau l'a ignoré celui-ci.
Le 24 novembre 2020 à 10:24:06 Tmobile_2006 a écrit :
Je me plonge dans les journaux de Jünger écrits de 1939 à 1945. C'est un témoignage passionant.
Il adopte quel angle ?
Pour l'instant je ne l'ai lu que jusqu'à la fin de la campagne de France. Pour moi c'est d'abord le point de vu d'un militaire qui brûle d'envie d'être envoyé à l'action et dont le vœu ne sera pas exaucé, même si la frustration n'imprègne pas ses notes. On retrouve par cet aspect le jeune Jünger d'Orages d'Acier et de Jeux Africains.
Le début de 1939 et la "drôle de guerre" qu'il passe sur la ligne Siegfried est l'occasion pour lui d'étayer ses opinions sur son art, de décrire la prise en main de sa troupe et développer son sens de la nature, qui deviendra un point prépondérant du personnage après-guerre.
Pendant la campagne de France il ne sera jamais confronté au feu, mais il livre un témoignage sur l'avance de l'infanterie à l'arrière, à pied et à dos de cheval (une petite partie seulement de la Wehrmacht était mécanisée en 1940). Les anecdotes sur les réfugiés de guerre, les traces de batailles et les caves pillées sont nombreuses. C'est aussi un francophile avertit, amoureux de la langue, des paysages et du patrimoine de ce pays. Son rapport avec les français varie entre la fraternité quand il croise des vétérans de 14, la compassion envers ceux qui voient s'effondrer leur patrie et une forme de dégoût pour le désordre de la défaite, la reddition des soldats ou celles chez qui l'esprit volage reprend rapidement le dessus (réflexion sur des femmes françaises qui se maquillent dès le lendemain de l'armistice par exemple).
Quand il eut à sa charge une centaine de prisonniers qu'il s'étonnait de pouvoir garder avec une seule sentinelle, il nota quelque chose du genre: "Combien ce seul poilu qui lança cette grenade vers moi était plus redoutable que cette centaine de prisonnier, cela me conforte dans ma résolution de ne jamais me laisser prendre vivant." en mieux écrit bien sûr
Ca résume bien le noyau dur du type.
Beaucoup de considérations sur la marche de l'histoire, la mécanisation de la guerre et la part du rôle de l'individu dans ce grand mouvement.
J'ai peur de ne pas lui faire honneur. En gros c'est un journal intéressant car protéiforme, qui établit un témoignage limpide et lucide sur son temps et qui est tenu par un personnage complexe, résistant aux caricatures.
Message édité le 24 novembre 2020 à 18:11:31 par Tmobile_2006