Les Mémoires et Confessions d'un pêcheur justifié de James Hogg. Je peux difficilement parler de la qualité de l'écriture puisque je le lis en anglais (et mon niveau d'anglais est assez mauvais, surtout quand il s'agit d'un anglais écossais vieux de deux siècles) mais la structure est vraiment étonnante pour un un roman écrit au tout début du XIXème siècle. La première partie du livre est assez classique mais la seconde partie, les confessions, revient sur les peripéties évoquées dans la première partie du point de vue du pêcheur. Le récit prend alors une toute autre signification et les quelques pages d'épilogue retranscrivent une lettre d'un ouvreur de tombes nommé James Hogg (c'est plutôt amusant, surtout quand le personnage parle un patois écossais incompréhensible alors que l'auteur du bouquin écrit un anglais assez classique me semble-t-il, il y a comme une dissociation, une mise en scène de son propre personnage) et le point de vue d'un personnage à part au sujet des confessions après les avoir lues. Le récit est de fait plutôt réaliste. Je ne connais pas le nom exact des procédés littéraires mis en œuvre, je pense qu'il s'agit d'une mise en abyme, entre autres. Quoi qu'il en soit, ils sont assez classiques je pense, aujourd'hui mais je ne m'attendais pas à les voir dans une œuvre de ce type et de cet âge. Agréable surprise donc !
Salut, je commence le 2eme tome de La terre des damnés : le feu des âmes de Glenn Cooper
Les frères Karamazov, tome 1 
J'ai récemment terminé Le Désespéré de Bloy. Me reste à parcourir la présentation etc. de mon édition. Avant de l'entamer je craignais de manquer de culture religieuse pour pouvoir l'apprécier au mieux, mais je pense que ça n'a pas tant appauvri ma lecture, à l'exception de certains passages.
J'ai un avis partagé, mais mes "reproches" relèvent vraiment d'une question de préférence perso plutôt que d'un point de vue critique plus objectif sur l'œuvre. Je crois que j'ai eu du mal à adhérer à cette forme, de roman "parasité" par le pamphlet (j'utilise le terme de "parasité" de façon inappropriée, pour faire état de mon impression perso sur la façon dont cela ressort, pas pour juger de ce qu'aurait dû être un contenu "pur", qui plus est du genre roman, et a fortiori de ce roman qui se veut essentiellement pamphlétaire) + Je n'ai aucun souci avec le fait de tirer la matière romanesque très directement de son propre vécu et de ses propres griefs, au point que ça en devienne une quasi autobiographie, mais je pense que dans ces cas-là je préfère lorsqu'il y a tout de même un processus de sublimation plus poussé derrière l'écriture, qui donnera par exemple à l'œuvre un aspect plus symbolique et universalisant. Au fond Le Désespéré se prête bien à cela.
J'aime bien lire ce qui tient à l'évolution (ou non) psychique etc de personnages perdus, en déréliction ; je me demande tout le long comment ils vont s'en sortir, et parfois il n'y a pas de solution. J'ai trouvé la fin un peu précipitée (le traitement de Véronique, par exemple), peut-être que j'espérais encore quelque chose. Je dis tout ça en ayant bien conscience que je ne vais pas reprocher à une œuvre de ne pas se conformer à mes préférences et attentes, bien sûr. + Dès les premières lignes j'ai accroché au style, qui fait du bien à lire.
Ici, le roman est traversé par quelque chose que j'ai à la fois trouvé invasif et intéressant, et qui fait que je suis partagée sans pour autant condamner / rejeter ce qui m'aura gênée à lecture. Je parle de cette espèce d'urgence de l'expression de la colère, du dégoût, qui m'a semblé conduire la forme de l'œuvre de façon parfois plus déséquilibrée, hérissée, qu'artistique (peut-être moins au regard du résultat esthétique que de l'effort ou de l'intention à la source de l'écriture).
D'une part, je crois que j'ai découvert que je n'aimais pas les romans à clef. À ce point-là, ça me donne l'impression d'une œuvre qui devient un simple prétexte à balancer, à se vider (je reviens là-dessus après) + le fait que les portraits-charge renvoient à des êtres particuliers contemporains de l'auteur me les rend à la fois plus et moins intéressants ; plus, parce qu'il y a ce côté curieux et amusant, voir comment untel ou untel était perçu par un autre écrivain de l'époque ; et moins, parce que j'ai l'impression que je n'ai rien d'autre à tirer d'un portrait spécifique calqué sur un être unique, surtout quand il s'agit pour beaucoup d'appréciation physique. Quand je lis untel louchait, un autre avait du psoriasis, j'apprends que untel louche, qu'un autre a des croûtes, et c'est fini. Je préfère quand le personnage démoli soit fondé comme un type, même si inspiré voire imité d'une ou de différentes personnes réelles, mais les persos à clef (ça se dit ou pas), c'est pas mon truc. De ce fait, j'ai un peu décroché à la troisième partie, alors que les deux premières me captivaient.
Deuxième chose qui a mitigé ma découverte, c'est l'intégration de nombreuses pièces rapportées, issues d'autres œuvres, d'articles, de la correspondance de Bloy, etc, qu'elles se fondent plus ou moins dans le corps romanesque. Je dis "intégration" mais je sais qu'elles font le texte, qu'elles y participent essentiellement. Cette pratique me donne le sentiment d'un roman mal digéré, ou qui n'a pas cherché à l'être, car pris dans ce besoin de vomir, de se soulager. Mais encore une fois il ne s'agit pas de lui reprocher d'avoir pris une forme pamphlétaire, et puis c'est grâce aux notes que je savais au fur et à mesure qu'il s'agissait d'extraits préexistants plus ou moins remaniés, mon jugement né de cela vise donc moins le résultat que le processus de création de l'œuvre.
Et donc, en même temps, c'est justement, de la part de l'auteur, cette espèce d'urgence à exprimer son désespoir, son dégoût et sa colère contre la médiocrité, l'injustice (et par là tout ce qui m'a "gênée" à la lecture du roman, s'il fallait le prendre comme un simple roman (c'est peut-être ce que je ne devrais pas faire)), qui me l'a rendu intéressant et touchant. Tout au long, quand apparaissait l'un des éléments susmentionnés, le portrait d'un contemporain, une reprise d'article préexistant, etc, même si je tiquais un peu je trouvais en même temps la chose compréhensible et évidente au vu de l'enragement et de la douleur de l'auteur tel que je l'imaginais, via un roman qui questionne la possibilité et la façon d'écrire dans certaines conditions (inconfort matériel, urgence morale...).
Voilà, c'était ma découverte de Bloy ; j'ai peut-être un avis encore trop informe, biaisé ou déséquilibré par des fixettes sur telle ou telle caractéristique du machin. Mais heureuse découverte malgré tout.
Je m'étonne souvent devant ce genre de bouquin, épais, impressionnant ; au début je me dis que je vais pénétrer en territoire complètement inconnu, que c'est peut-être pas fait pour moi, et pourtant tôt dans la lecture il y a toujours quelque chose, que ce soit du côté du narrateur, d'un ou des personnages, de l'histoire, qui nous parle intimement et qui donne lieu à une compréhension. Oui je redécouvre souvent la littérature ![]()
Le 19 novembre 2020 à 10:50:14 E-180 a écrit :
Sinon je suis en train de lire les contes de Perrault, ça me laisse complètement indifférent, je trouve le tout dénué de relief et de piquant. Par contre en lisant Peau d'âne je me suis rappelé qu'un de mes premiers souvenirs audiovisuels c'était le film de Jacques Demy avec Deneuve et que ça m'avait polytraumatisé.
![]()
Moi je connaissais les chansons par cœur 
Sinon je pense lire Les Trois Sœurs de Tchekhov. Je ne lis quasi jamais de théâtre.
Le mythe de Sisyphe d'Albert Camus
Elsa, Louis Aragon.
Demain je commence Les Faux Monnayeurs d'André Gide ![]()
Commencé et pratiquement arrêté dans la foulée , A rebours de Huysmans.
Beaucoup de peine à apprécier son style d’écriture. Ça m’a rappelé Kierkegaard (d’ailleurs l’auteur y est assimilé).
Je m’attarde donc pas car je sais que ça sera une lecture déplaisante pour moi. Beaucoup l’ont apprécié par ici je crois par contre ?
Nouvelles complètes I 1947-1953 de Philip K Dick et Le Horla de Maupassant
Le 22 novembre 2020 à 11:31:14 [-El_Maestro-] a écrit :
Commencé et pratiquement arrêté dans la foulée , A rebours de Huysmans.Beaucoup de peine à apprécier son style d’écriture. Ça m’a rappelé Kierkegaard (d’ailleurs l’auteur y est assimilé).
Je m’attarde donc pas car je sais que ça sera une lecture déplaisante pour moi. Beaucoup l’ont apprécié par ici je crois par contre ?
J'ai lu Là Bas que j'ai beaucoup aimé, en particulier son style. A rebours est prévu, mais je me tâte.
Illusions perdues de Balzac. Mais j'ai du mal à me fondre dans le récit... Par rapport au Père Goriot que j'avais adoré.
Regrets sans repentir de Chester Himes
les grands cimetières sous la lune , Bernanos .
Je suis le seul à préférer le Bernanos essayiste que le Bernanos romancier ?
Non pas spécialement. C'est une opinion assez répandue chez les fans du bonhomme aujourd'hui - également parce que chez toute une frange du lectorat il séduit plus grâce à ses idées - que je partage, même si ce n'est pas tellement par idéologie.
Je le trouve simplement plus à l'aise avec son je assumé que lorsqu'il doit décentrer derrière des personnages et de la fiction.
C'est une chose étrange à la fin que le monde de Jean d'Ormesson
Le 23 novembre 2020 à 22:28:54 Yonamar a écrit :
C'est une chose étrange à la fin que le monde de Jean d'Ormesson
Ses titres sont d'une pénibilité bordel. Quel clown ce mec. Il y avait une bonne petite génération d'écrivains de droite et c'est lui qu'on a retenu.
Et toi mon cœur pourquoi bats-tu je suis navré mais c'est le carton rouge sans préavis.
Je me plonge dans les journaux de Jünger écrits de 1939 à 1945. C'est un témoignage passionant.
La Philosophie comme éducation des adultes de Pierre Hadot