[11:49:22] <MiloSpykers>
Le 20 septembre 2020 à 08:12:37 Gabjoh a écrit :
J'ai commencé la lecture de La horde du contrevent de Alain Damasio. Il a un style très intéressant et le détail poussé jusqu'au décompte des pages (la page 0 étant la dernière) pour représenter notre ascension du contrevent comme si nous faisions partie de la horde.Les 100 premières sont déroutantes mais une fois le style appréhendé, impossible d'en sortir. C'est clairement un monument !
Oui c'est ce que je constate. J'apprécie le fait qu'il n'y ait pas de narration hormis celle faite du point de vue de chaque protagonistes de la horde.
Ça nous obligé à être très attentif aux détails pour pouvoir se faire une idée de l'univers dans lequel on se trouve
Le 19 septembre 2020 à 00:20:08 CharlesMarlow a écrit :
Concernant Roth, il y a quelques éclats un peu idiots, pourquoi pas importants. Des choses qu'on fait bien de rappeler de temps à autre. Exemple :
"Chaque fille qu'il voit s'avère (tenez-vous bien) pourvue entre les jambes — d'une chatte véritable. Stupéfiant ! Époustouflant ! Il n'arrive pas encore à se débarrasser de l'idée fantastique que, lorsqu'on regarde une fille, on regarde quelqu'un qui possède, c'est absolument garanti — une chatte ! Elles ont toutes des chattes ! Juste là sous leur robe ! Des chattes — pour baiser !"
Portnoy et son complexe
Oh putain, c'est vraiment pas pour moi ![]()
J'avais essayé Portnoy et son complexe et j'ai vite compris que ce n'était pas fait pour moi dès la dixième page ![]()
Très bien Bruges-la-Morte. Je vais me relire Le Troisième Reich du Roberto tiens.
La Fin de l'homme rouge de Svetlana Alexievitch. Captivant !
J'ai arrêté Catch 22 à la moitié, c'est vraiment de la merde en fait.
Du coup je suis doublement ravi. J'ai lu le Rodenbach aujourd'hui, et j'ai voulu relancer le Joseph Heller. En fait c'était pour ça que j'avais du mal à lire. Parce que je pensais passer un bon moment et juste avoir du mal à me concentrer. En fait c'est la faute à Heller. Vraiment, pour les lecteurs exigeants et / ou de plus de 21 ans, je déconseille. Je comprends pas que quasiment tout le monde soit dithyrambique à son sujet.
Mémoires d'Hadrien fini, j'ai beaucoup apprécié. Je vais commencer Neige de printemps de Mishima. Je sais pas si je lirai la mer de la fertilité d'une traite, je verrai.
Le 21 septembre 2020 à 08:53:19 Tonitruel a écrit :
C'était mon 4ème prochain livre. Je décoche.^^
En fait c'est un peu comme L'Homme-dé, c'est la systématisation d'une découverte dont s'est enchanté l'auteur et qui est la base du roman, et du coup tout tourne autour. Peut-être que le dernier tiers est épique, et peut-être que l'épilogue est absolument génial (où l'on comprend, comme si ce n'était déjà pas assené dans chaque chapitre, que la guerre, c'est vraiment absurde
) . Tous les chapitres se ressemblent (ou presque, le Grrrrrand siège de Bologne, ça change un peu). Je comprends que ça ait été un best-seller pour la génération Vietnam, mais aujourd'hui, c'est pénible, et il y a peu de matière à penser en dehors du délire de l'''article 22'' qui donne son nom au livre. Donc bon. Ça peut plaire. Il y a beaucoup de jeunes ou moins jeunes qui le lisent encore et qui trouvent ça génial. Je souhaite pas les rencontrer.
C'est objectivement beaucoup trop long, quoi qu'il arrive.
Le 20 septembre 2020 à 16:54:52 Gabjoh a écrit :
[11:49:22] <MiloSpykers>
Le 20 septembre 2020 à 08:12:37 Gabjoh a écrit :
J'ai commencé la lecture de La horde du contrevent de Alain Damasio. Il a un style très intéressant et le détail poussé jusqu'au décompte des pages (la page 0 étant la dernière) pour représenter notre ascension du contrevent comme si nous faisions partie de la horde.Les 100 premières sont déroutantes mais une fois le style appréhendé, impossible d'en sortir. C'est clairement un monument !
Oui c'est ce que je constate. J'apprécie le fait qu'il n'y ait pas de narration hormis celle faite du point de vue de chaque protagonistes de la horde.
Ça nous obligé à être très attentif aux détails pour pouvoir se faire une idée de l'univers dans lequel on se trouve
De La Horde du Contrevent il me reste une dernière partie (c'est un bouquin que j'aime lire par intermittence, avec des temps de pauses parfois très longs). J'étais sceptique au début, par peur que certaines trouvailles, certains choix narratifs, ne soient trop gratuits, et finalement j'ai trouvé qu'à peu près tout participait naturellement d'un ensemble cohérent et authentique comme déjà constitué en amont, sans que cela semble laborieux ou bricolé. A propos de l'histoire, même si l'écriture, via sa dimension poétique, les jeux ou les réflexions qui prennent l'écriture ou le langage pour objets, s'y substitue beaucoup en un sens (et ça participe à l'intérêt du livre), on a droit à une grande aventure qui n'est pas parasitée par les événements secondaires, mais les brasse, les emporte avec elle (écriture très allusive par moments concernant ce qui arrive, ce qui est arrivé...), ce qui donne réellement l'impression d'une quête de grande ampleur, qui absorbe / sacrifie tout le reste, et même si certains personnages ont une importance à part, on a toujours l'impression que leur voix reste étouffée par le bruit du vent et par le mystère qui commande à leur progression. Les actions partagées par plusieurs personnages dans les scènes plus durables (combat par exemple) prennent aussitôt par la suite une coloration mélancolique, à mon sens, à cause de cette mise en narration exacerbée du temps qui passe, via une écriture elliptique. Et cette impression (ce n'est pas vraiment un spoil, je ne dévoile rien de l'intrigue) est renforcée par certaines ellipses, qui te rappellent tout à coup que oui, le machin dure des mois et des années, des années d'une persévérance à toute épreuve, d'arrachements de lieu en lieu, de ruptures et de déchirures, au sein de la horde ou avec le monde extérieur. Bref, je ne lis plus qu'exceptionnellement de la SF et de la fantasy, car généralement je n'y trouve pas mon compte, mais je trouve plaisir à lire celui-là.
Le 20 septembre 2020 à 16:52:37 -Zemmour- a écrit :
[13:34:28] <HydreDeChambre>
Bruges-la-Morte ça doit être l'un des bouquins que j'ai envie de lire depuis le plus longtemps, depuis que je m'intéresse vraiment à la littérature, sans l'avoir fait encore.Je sacrifie un peu mes lectures à des révisions de grammaire
Pendant que je lis par période il m'arrive de bloquer sur des phrases parce que je ne sais pas les analyser, et même si c'est pas important pour continuer le livre ça m'énerveJ'aurais pu écrire ce message sans changer un seul mot. (sauf les stickers
)
En plus j'ai beau revoir les bases, comme j'ai tendance à toujours douter de tout et n'importe quoi malgré moi j'ai l'impression que toute nouvelle information que j'essaie d'intégrer est automatiquement classée dans mon esprit comme "incertaine, pas faire attention, à voir plus tard", ou bien trop compliquée pour pouvoir l'appliquer de façon certaine, ou faisant partie d'un grand ensemble que je ne maîtriserai naturellement jamais, et alors je ne retiens rien, ou je n'arrive pas à utiliser spontanément ce que j'aurais pu savoir, ou je me décourage. Je me console en me disant que j'en garde toujours quelque chose 
Le 20 septembre 2020 à 17:32:11 OdolamX3 a écrit :
Le 19 septembre 2020 à 00:20:08 CharlesMarlow a écrit :
Concernant Roth, il y a quelques éclats un peu idiots, pourquoi pas importants. Des choses qu'on fait bien de rappeler de temps à autre. Exemple :
"Chaque fille qu'il voit s'avère (tenez-vous bien) pourvue entre les jambes — d'une chatte véritable. Stupéfiant ! Époustouflant ! Il n'arrive pas encore à se débarrasser de l'idée fantastique que, lorsqu'on regarde une fille, on regarde quelqu'un qui possède, c'est absolument garanti — une chatte ! Elles ont toutes des chattes ! Juste là sous leur robe ! Des chattes — pour baiser !"
Portnoy et son complexeOh putain, c'est vraiment pas pour moi
L'extrait me donne pas envie de lire le bouquin ; il me donne l'impression que l'auteur se contentait de vouloir provoquer. Mais j'ai un sentiment mitigé. Je comprends le truc, j'aime quand la littérature met des mots sur ce genre de percussion devant le réel ; le côté exclamatif pour renforcer l'effet, pourquoi pas même si faut pas en abuser. Mais je pense que je ne supporterais pas cette manière d'en parler pendant tout un livre, surtout si tel est le sujet principal du livre, comme ça semble être le cas, vu que ça ne m'intéresse pas spécialement. C'est pas la vulgarité des mots qui me rebute en soi mais plutôt peut-être le côté écriture de journal intime, trop lâche, qui manque de cette tournure qui fait que l'on se dit que l'on n'aurait pas pu trouver soi-même les mots, le dire aussi bien, de cette manière aussi puissante, au moyen par exemple de ces phrases qui semblent être des monuments de concision, ou par la dissection très précise du phénomène. Donc, dans l'idée j'aime bien ces tentatives de mettre au jour, mais faut que le style me plaise.
Sinon, je trouve que ç'aurait pu être un post du 18-25.
Le 21 septembre 2020 à 10:35:36 Aerosse a écrit :
Mémoires d'Hadrien fini, j'ai beaucoup apprécié. Je vais commencer Neige de printemps de Mishima. Je sais pas si je lirai la mer de la fertilité d'une traite, je verrai.
J'ai prévu de lire le Yourcenar d'ici peu, il attend sagement sur ma table de nuit avec justement en autre Les Pensées de Marc Aurèle. Je lis beaucoup les stoïciens en ce môment et je me rends très vite compte que leur façon de voir et d'enseigner la sagesse est très proche de mon ressenti et caractère personnel, c'est une philosophie qui me parle et me touche énormement. A coup sur je vais apprécié les Mémoires d'Hadrien.
[13:41:56] <HydreDeChambre>
Le 20 septembre 2020 à 16:54:52 Gabjoh a écrit :
[11:49:22] <MiloSpykers>
Le 20 septembre 2020 à 08:12:37 Gabjoh a écrit :
J'ai commencé la lecture de La horde du contrevent de Alain Damasio. Il a un style très intéressant et le détail poussé jusqu'au décompte des pages (la page 0 étant la dernière) pour représenter notre ascension du contrevent comme si nous faisions partie de la horde.Les 100 premières sont déroutantes mais une fois le style appréhendé, impossible d'en sortir. C'est clairement un monument !
Oui c'est ce que je constate. J'apprécie le fait qu'il n'y ait pas de narration hormis celle faite du point de vue de chaque protagonistes de la horde.
Ça nous obligé à être très attentif aux détails pour pouvoir se faire une idée de l'univers dans lequel on se trouveDe La Horde du Contrevent il me reste une dernière partie (c'est un bouquin que j'aime lire par intermittence, avec des temps de pauses parfois très longs). J'étais sceptique au début, par peur que certaines trouvailles, certains choix narratifs, ne soient trop gratuits, et finalement j'ai trouvé qu'à peu près tout participait naturellement d'un ensemble cohérent et authentique comme déjà constitué en amont, sans que cela semble laborieux ou bricolé. A propos de l'histoire, même si l'écriture, via sa dimension poétique, les jeux ou les réflexions qui prennent l'écriture ou le langage pour objets, s'y substitue beaucoup en un sens (et ça participe à l'intérêt du livre), on a droit à une grande aventure qui n'est pas parasitée par les événements secondaires, mais les brasse, les emporte avec elle (écriture très allusive par moments concernant ce qui arrive, ce qui est arrivé...), ce qui donne réellement l'impression d'une quête de grande ampleur, qui absorbe / sacrifie tout le reste, et même si certains personnages ont une importance à part, on a toujours l'impression que leur voix reste étouffée par le bruit du vent et par le mystère qui commande à leur progression. Les actions partagées par plusieurs personnages dans les scènes plus durables (combat par exemple) prennent aussitôt par la suite une coloration mélancolique, à mon sens, à cause de cette mise en narration exacerbée du temps qui passe, via une écriture elliptique. Et cette impression (ce n'est pas vraiment un spoil, je ne dévoile rien de l'intrigue) est renforcée par certaines ellipses, qui te rappellent tout à coup que oui, le machin dure des mois et des années, des années d'une persévérance à toute épreuve, d'arrachements de lieu en lieu, de ruptures et de déchirures, au sein de la horde ou avec le monde extérieur. Bref, je ne lis plus qu'exceptionnellement de la SF et de la fantasy, car généralement je n'y trouve pas mon compte, mais je trouve plaisir à lire celui-là.
Le 20 septembre 2020 à 16:52:37 -Zemmour- a écrit :
[13:34:28] <HydreDeChambre>
Bruges-la-Morte ça doit être l'un des bouquins que j'ai envie de lire depuis le plus longtemps, depuis que je m'intéresse vraiment à la littérature, sans l'avoir fait encore.Je sacrifie un peu mes lectures à des révisions de grammaire
Pendant que je lis par période il m'arrive de bloquer sur des phrases parce que je ne sais pas les analyser, et même si c'est pas important pour continuer le livre ça m'énerveJ'aurais pu écrire ce message sans changer un seul mot. (sauf les stickers
)
En plus j'ai beau revoir les bases, comme j'ai tendance à toujours douter de tout et n'importe quoi malgré moi j'ai l'impression que toute nouvelle information que j'essaie d'intégrer est automatiquement classée dans mon esprit comme "incertaine, pas faire attention, à voir plus tard", ou bien trop compliquée pour pouvoir l'appliquer de façon certaine, ou faisant partie d'un grand ensemble que je ne maîtriserai naturellement jamais, et alors je ne retiens rien, ou je n'arrive pas à utiliser spontanément ce que j'aurais pu savoir, ou je me décourage. Je me console en me disant que j'en garde toujours quelque chose
Le 20 septembre 2020 à 17:32:11 OdolamX3 a écrit :
Le 19 septembre 2020 à 00:20:08 CharlesMarlow a écrit :
Concernant Roth, il y a quelques éclats un peu idiots, pourquoi pas importants. Des choses qu'on fait bien de rappeler de temps à autre. Exemple :
"Chaque fille qu'il voit s'avère (tenez-vous bien) pourvue entre les jambes — d'une chatte véritable. Stupéfiant ! Époustouflant ! Il n'arrive pas encore à se débarrasser de l'idée fantastique que, lorsqu'on regarde une fille, on regarde quelqu'un qui possède, c'est absolument garanti — une chatte ! Elles ont toutes des chattes ! Juste là sous leur robe ! Des chattes — pour baiser !"
Portnoy et son complexeOh putain, c'est vraiment pas pour moi
L'extrait me donne pas envie de lire le bouquin ; il me donne l'impression que l'auteur se contentait de vouloir provoquer. Mais j'ai un sentiment mitigé. Je comprends le truc, j'aime quand la littérature met des mots sur ce genre de percussion devant le réel ; le côté exclamatif pour renforcer l'effet, pourquoi pas même si faut pas en abuser. Mais je pense que je ne supporterais pas cette manière d'en parler pendant tout un livre, surtout si tel est le sujet principal du livre, comme ça semble être le cas, vu que ça ne m'intéresse pas spécialement. C'est pas la vulgarité des mots qui me rebute en soi mais plutôt peut-être le côté écriture de journal intime, trop lâche, qui manque de cette tournure qui fait que l'on se dit que l'on n'aurait pas pu trouver soi-même les mots, le dire aussi bien, de cette manière aussi puissante, au moyen par exemple de ces phrases qui semblent être des monuments de concision, ou par la dissection très précise du phénomène. Donc, dans l'idée j'aime bien ces tentatives de mettre au jour, mais faut que le style me plaise.
Sinon, je trouve que ç'aurait pu être un post du 18-25.
je te comprends tellement c'est effrayant (sur ta réponse à mon post mais aussi sur l'attirance style/histoire pour Portnoy et à plus forte raison en littérature)
Encore sur les frères Karamazov
Me reste 500 pages des 1400. Ça commence à rentrer dans le vif du sujet.
Bonjour ![]()
"Le joueur d'échecs" se lit tout seul, c'est impressionnant de fulgurance dans la façon d'écrire qui sait aussi bien narrer que décrire. De Stefan Zweig je n'avais lu que "Amok" et ici on retrouve une histoire tout aussi envoutante, ce qui pour une nouvelle est primordiale à mes yeux.
J'ai commencé "Être sans destin" d'Imre Kertész (auteur hongrois Nobel de littérature en 2002) et le livre s'annonce prometteur ![]()
J'enchaine les lectures de qualités, il n'y a guère que le lénifiant "Zombies" de Bret Easton Ellis qui m'ait laissé indifférent tant l'auteur se plait à émettre toujours la même critique dans chacun de ses ouvrages (troisième livre lu de lui après "American Psycho" et "Les lois de l'attraction")
La cathédrale, de Huysmans
Le tome 1 du Comte de Monte-Cristo d'Alexandre Dumas
Lewis et Irène de Paul Morand
Tome 2 - Le Cycle des Robots d'Isaac Asimov
Le Concours du Millénaire 2 : A Faust, à Faust et demi, de Roger Zelazny & Robert Sheckley.
Silo : Générations, de Hugh Howey.
A Grain of Wheat (Ngũgĩ wa Thiong'o). Je lis ce classique qui concerne la période qui va de la déclaration de l'Emergency et de l'arrestation de Kenyatta (1952), à l'écrasement des guerillas de libération Mau Mau (1960) et l'indépendance des Anglais (1964). L'intrigue tourne autour des hommes et femmes qui ont conduit cette rébellion, la répression anglais et les camps de concentration, et l'homme qui a trahi le héros révolutionnaire (Kimathi). On passe de l'histoire de l'un à l'autre. J'aime pas trop la manière dont il dépeint la psychologie de ses personnages, mais ça reste poignant, et bien meilleur que la longue farce satirique the Wizard of the Crow que j'avais décidé d'abandonner il y a quelques années - le seul d'ailleurs, quelque part je répare.
ça a l'air bath, mais je me permets de douter du terme "classique". Pour la version française en tout cas visiblement, c'est même pas référencé sur Babelio.
Question subsidiaire. C'est long ? Je comptais me faire un Africain après L'acacia et pourquoi pas Barabbas (très court). Le feu des origines de Dongala, c'était l'idée.