Le Désespéré, Léon Bloy
D'ailleurs si vous avez des propositions de livres avec une prose apocalyptique comme Bloy je suis preneur ![]()
Les Vanilliers de Georges Limbour.
Je viens de finir " Si c'est un homme " de Primo Levi et j'ai fini à la suite (pour rester dans le thème) " L'ami retrouvé ".
Bien aimé Lord Jim, tant par le sujet traité, assez terrible, que par les choix narratifs ; j'apprécie toujours de découvrir des compositions différentes, plus ou moins recherchées, dont la complexité n'est pour autant pas gratuite mais embrasse les difficultés qu'il y a à saisir la vie, comprendre une personnalité, etc, en soulignant les efforts d'une écriture pour le faire, mais d'ordinaire je trouve ça dans des romans plus "contemplatifs". C'est un bon exemple du décalage qui peut exister entre les faits, leur narration, leur interprétation... Les constants passages de l'après à l'avant des événements, pour ainsi dire, ne me sont pas forcément familiers et, sans que ça me parle forcément beaucoup, j'ai trouvé ça intéressant, ça nous happe pas mal. C'est une oeuvre très riche qui se crée autour d'un événement quasi anecdotique (et le fait que le navire ne coule même pas est quand même une sacrée ironie du sort) , et dont pas mal d'aspects doivent m'échapper après une seule lecture. Sinon j'ai l'impression d'avoir lu au ralenti la scène des derniers moments passés sur le Patna, tant la tension dramatique y est à son comble
) .
Pour cette année j'avais décidé de ne lire que des œuvres jamais lues, je vais faire une petite entorse à ma règle avec l'''Antigone'' de Sophocle, que j'avais lu vite fait de toutes façons.
Je vais commencer le fameux Fahrenheit 451 mais j'ai pas tant apprécié Chroniques martiennes du même auteur, c'était sympa sans plus. Pas vraiment d'affinité avec le style ou les histoires racontées. Mais bon, j'ai plus trop de bouquin et je peux pas m'en procurer d'autres, je vais me l'faire quand même, il est court !
Le 05 septembre 2020 à 02:53:44 HydreDeChambre a écrit :
Bien aimé Lord Jim, tant par le sujet traité, assez terrible, que par les choix narratifs ; j'apprécie toujours de découvrir des compositions différentes, plus ou moins recherchées, dont la complexité n'est pour autant pas gratuite mais embrasse les difficultés qu'il y a à saisir la vie, comprendre une personnalité, etc, en soulignant les efforts d'une écriture pour le faire, mais d'ordinaire je trouve ça dans des romans plus "contemplatifs". C'est un bon exemple du décalage qui peut exister entre les faits, leur narration, leur interprétation... Les constants passages de l'après à l'avant des événements, pour ainsi dire, ne me sont pas forcément familiers et, sans que ça me parle forcément beaucoup, j'ai trouvé ça intéressant, ça nous happe pas mal. C'est une oeuvre très riche qui se crée autour d'un événement quasi anecdotique (et le fait que le navire ne coule même pas est quand même une sacrée ironie du sort) , et dont pas mal d'aspects doivent m'échapper après une seule lecture. Sinon j'ai l'impression d'avoir lu au ralenti la scène des derniers moments passés sur le Patna, tant la tension dramatique y est à son comble) .
Il a une écriture très dense, j'ai du lire les premiers chapitres 2 fois avant d'aller jusqu'au bout. Puis relu une deuxième fois. C'est pas Henry James mais il a une volonté de tout montrer, de tout laisser savoir au lecteur, par la dilatation du temps, le changement de narrateur...
Nostromo est assez complexe aussi, et est à ce niveau, le plus abouti. Mais mon amour pour les deux romans avec le type de mon pseudo est plus grand.
J'ai eu plus de mal avec L'Agent secret, que je recommande pour le côté politique.
Je suis en train lire "Ça" de Stephen KING. Et franchement, même si le début ne fait que planter le décor et présenter les personnages, je suis à fond dedans.
On sent vraiment qu'il a mis toutes ses tripes dans cette histoire. Hâte de voir ce qui va arriver ensuite.
En tout cas, il est bien plus passionnant qu'un autre bouquin que j'avais très moyennement apprécié : "Le Temple des Derniers Jours" d'Adam NEVILLE, une histoire de secte qui me faisait décrocher assez rapidement (je me suis forcé à le finir; il y a quelques passages assez flippant et bien écrits, mais l'histoire pouvait tenir en deux fois moins de pages....)
I know why the caged bird sings (Maya Angelou) / Je sais pourquoi chante l'oiseau en cage
J'arrive sur la fin. Admirable portrait d'elle-même et de sa condition d'enfant noire grandissant dans un coin paumé d'Amérique entre la Grande Dépression et l'Après-Guerre. Dans des chapitres courts elle passe en revue les moments significatifs de sa vie avec un regard très lucide et honnête, y-compris pour recomposer ce qu'elle ne voit d'abord pas ou ne souhaite pas comprendre, suite à quoi viennent l'amertume et l'auto-dérision mais toujours avec un fond de compassion pour elle-même et d'admiration pour ces personnes et cette communauté qui ont toléré une discrimination complète. Plusieurs passages stupéfiants ou simplement vifs et frais. Je n'aurais pas dit non à encore davantage de moments poétiques, mais je vais pas bouder mon plaisir.
Allez je reprends la Recherche : Le côté de Guermantes, Proust
Le 04 septembre 2020 à 15:07:35 SueurDeSang a écrit :
Le Désespéré, Léon BloyD'ailleurs si vous avez des propositions de livres avec une prose apocalyptique comme Bloy je suis preneur
Nabe. Il vénère Bloy.
Toujours sur les frères Karamazov. Lu seulement 170 pages donc trop tôt pour donner un avis encore
Le 07 septembre 2020 à 21:07:06 [-El_Maestro-] a écrit :
Toujours sur les frères Karamazov. Lu seulement 170 pages donc trop tôt pour donner un avis encore
Bof t'en es à 10-15%
J'hésite entre deux livres de ma PAL : les yeux du dragon, de King et l'ensorcelée de Barbey d'Aurevilly.
Le premier est un cadeau, et j'ai d'assez mauvais souvenir de la fantasy, est-ce que je prends le risque de perdre mon temps ?
Le second, c'est aussi un cadeau, mais décidément mieux choisi, à mon goût du moins.
Le 08 septembre 2020 à 22:44:56 DonKoga a écrit :
J'hésite entre deux livres de ma PAL : les yeux du dragon, de King et l'ensorcelée de Barbey d'Aurevilly.Le premier est un cadeau, et j'ai d'assez mauvais souvenir de la fantasy, est-ce que je prends le risque de perdre mon temps ?
Le second, c'est aussi un cadeau, mais décidément mieux choisi, à mon goût du moins.
Aurevilly
Je vais lire Pierre et Jean de Maupassant, dans l'optique de rattraper peu à peu mon retard dans les classiques, et je me demande déjà ce que j'en penserai en comparaison de Bel-Ami, que j'avais lu un peu péniblement.
Le 05 septembre 2020 à 09:45:05 CharlesMarlow a écrit :
Le 05 septembre 2020 à 02:53:44 HydreDeChambre a écrit :
Bien aimé Lord Jim, tant par le sujet traité, assez terrible, que par les choix narratifs ; j'apprécie toujours de découvrir des compositions différentes, plus ou moins recherchées, dont la complexité n'est pour autant pas gratuite mais embrasse les difficultés qu'il y a à saisir la vie, comprendre une personnalité, etc, en soulignant les efforts d'une écriture pour le faire, mais d'ordinaire je trouve ça dans des romans plus "contemplatifs". C'est un bon exemple du décalage qui peut exister entre les faits, leur narration, leur interprétation... Les constants passages de l'après à l'avant des événements, pour ainsi dire, ne me sont pas forcément familiers et, sans que ça me parle forcément beaucoup, j'ai trouvé ça intéressant, ça nous happe pas mal. C'est une oeuvre très riche qui se crée autour d'un événement quasi anecdotique (et le fait que le navire ne coule même pas est quand même une sacrée ironie du sort) , et dont pas mal d'aspects doivent m'échapper après une seule lecture. Sinon j'ai l'impression d'avoir lu au ralenti la scène des derniers moments passés sur le Patna, tant la tension dramatique y est à son comble) .
Il a une écriture très dense, j'ai du lire les premiers chapitres 2 fois avant d'aller jusqu'au bout. Puis relu une deuxième fois. C'est pas Henry James mais il a une volonté de tout montrer, de tout laisser savoir au lecteur, par la dilatation du temps, le changement de narrateur...
Nostromo est assez complexe aussi, et est à ce niveau, le plus abouti. Mais mon amour pour les deux romans avec le type de mon pseudo est plus grand.
J'ai eu plus de mal avec L'Agent secret, que je recommande pour le côté politique.
En fait j'ai trouvé que ce genre de narration avait quelque chose à la fois de totalisant et de superficiel, pas au mauvais sens du terme, mais au sens où malgré les allées et venues dans le temps, le passage d'un témoin à un autre, il semble qu'on soit laissé à la surface d'un non-dit, du mystère de nombreux personnages, ou que n'est mis en relief que ce qui rend leur existence éprouvante et conduit leurs gestes, plutôt que la foule de leurs pensées, sentiments, impressions, etc... Par là le dessin du personnage de Jim m'a paru à la fois réduit et constamment sous-tendu par le drame de sa vie. C'est comme si cette espèce de patinage et de fragmentation des regards autour du perso se substituait à une descente en profondeur ; ce qui épouse la fuite en avant du personnage, son aspect difficilement saisissable. Je n'ai pas l'habitude des romans d'aventures, qui peuvent proposer comme dans Lord Jim une / des action(s) soutenues / "enrichie(s)" par une souffrance existentielle. Je regarderai pour Nostromo ![]()
D'Henry James je n'ai lu que Washington Square, et j'avais beaucoup aimé ; faut que j'en lise d'autres de lui, j'ai donc emprunté Ce que savait Maisie. Les romans comme Washington Square, Eugénie Grandet, etc, sont assez fascinants je trouve en ce qu'ils semblent embrasser l'essentiel d'une vie à travers un unique événement (il n'arrive pas d'aventures à untel, unetelle, mais cette seule (més-)aventure) : même si une vie en réalité est souvent plus compliquée et plus riche d'événements, en tout cas moins synthétisable, ces romans disent le contraire et ça donne quelque chose d'assez terrible.
Le peuple a parlé, je commence l'ensorcelée.
HydreDeChambre a écrit :
En fait j'ai trouvé que ce genre de narration avait quelque chose à la fois de totalisant et de superficiel, pas au mauvais sens du terme, mais au sens où malgré les allées et venues dans le temps, le passage d'un témoin à un autre, il semble qu'on soit laissé à la surface d'un non-dit, du mystère de nombreux personnages, ou que n'est mis en relief que ce qui rend leur existence éprouvante et conduit leurs gestes, plutôt que la foule de leurs pensées, sentiments, impressions, etc... Par là le dessin du personnage de Jim m'a paru à la fois réduit et constamment sous-tendu par le drame de sa vie. C'est comme si cette espèce de patinage et de fragmentation des regards autour du perso se substituait à une descente en profondeur ; ce qui épouse la fuite en avant du personnage, son aspect difficilement saisissable. Je n'ai pas l'habitude des romans d'aventures, qui peuvent proposer comme dans Lord Jim une / des action(s) soutenues / "enrichie(s)" par une souffrance existentielle. Je regarderai pour Nostromo
![]()
Il avait une obsession sur la maitrise de toute sa matière littéraire. Il sait aussi où placer les secrets. Il y a du superficiel, effectivement. Ça peut être lourd parfois, dans les excès de sa vision oblique. J'ai arrêté après avoir fini L'agent secret.
D'Henry James je n'ai lu que Washington Square, et j'avais beaucoup aimé ; faut que j'en lise d'autres de lui, j'ai donc emprunté Ce que savait Maisie. Les romans comme Washington Square, Eugénie Grandet, etc, sont assez fascinants je trouve en ce qu'ils semblent embrasser l'essentiel d'une vie à travers un unique événement (il n'arrive pas d'aventures à untel, unetelle, mais cette seule (més-)aventure) : même si une vie en réalité est souvent plus compliquée et plus riche d'événements, en tout cas moins synthétisable, ces romans disent le contraire et ça donne quelque chose d'assez terrible.
J'avais récemment commencé La Coupe d'or, considéré par certains comme son chef-d’œuvre, j'ai vite arrêté. Ça m'endormait comme pas permis (ce qui est ma faute), la dilatation du temps était bien trop importante. Il s'arrête sur chaque tic, sur chaque cillement. Ce que savait Maisie, c'est plus agréable. Je recommencerai La Coupe d'or.
Le bouc émissaire de Renée Girard
Les quatre filles du docteur March de Louisa May Alcott.
Le 09 septembre 2020 à 10:57:44 CharlesMarlow a écrit :
HydreDeChambre a écrit :
En fait j'ai trouvé que ce genre de narration avait quelque chose à la fois de totalisant et de superficiel, pas au mauvais sens du terme, mais au sens où malgré les allées et venues dans le temps, le passage d'un témoin à un autre, il semble qu'on soit laissé à la surface d'un non-dit, du mystère de nombreux personnages, ou que n'est mis en relief que ce qui rend leur existence éprouvante et conduit leurs gestes, plutôt que la foule de leurs pensées, sentiments, impressions, etc... Par là le dessin du personnage de Jim m'a paru à la fois réduit et constamment sous-tendu par le drame de sa vie. C'est comme si cette espèce de patinage et de fragmentation des regards autour du perso se substituait à une descente en profondeur ; ce qui épouse la fuite en avant du personnage, son aspect difficilement saisissable. Je n'ai pas l'habitude des romans d'aventures, qui peuvent proposer comme dans Lord Jim une / des action(s) soutenues / "enrichie(s)" par une souffrance existentielle. Je regarderai pour Nostromo
![]()
Il avait une obsession sur la maitrise de toute sa matière littéraire. Il sait aussi où placer les secrets. Il y a du superficiel, effectivement. Ça peut être lourd parfois, dans les excès de sa vision oblique. J'ai arrêté après avoir fini L'agent secret.
D'Henry James je n'ai lu que Washington Square, et j'avais beaucoup aimé ; faut que j'en lise d'autres de lui, j'ai donc emprunté Ce que savait Maisie. Les romans comme Washington Square, Eugénie Grandet, etc, sont assez fascinants je trouve en ce qu'ils semblent embrasser l'essentiel d'une vie à travers un unique événement (il n'arrive pas d'aventures à untel, unetelle, mais cette seule (més-)aventure) : même si une vie en réalité est souvent plus compliquée et plus riche d'événements, en tout cas moins synthétisable, ces romans disent le contraire et ça donne quelque chose d'assez terrible.
J'avais récemment commencé La Coupe d'or, considéré par certains comme son chef-d’œuvre, j'ai vite arrêté. Ça m'endormait comme pas permis (ce qui est ma faute), la dilatation du temps était bien trop importante. Il s'arrête sur chaque tic, sur chaque cillement. Ce que savait Maisie, c'est plus agréable. Je recommencerai La Coupe d'or.
Pour Conrad, je pense pas que j'éprouverai le besoin / l'envie de lire la plupart de ses livres, mais qui sait. En tous cas il y a bien la façon dont il traite le côté "aventure(s)" qui m'intéresse ; j'ai eu rarement l'occasion d'apprécier une écriture un peu hybride, entre "psychologie" et aventure, qui interroge aussi l'héroïsme et la possibilité de faire le récit de quelque chose.
J'aime bien voir comment tel ou tel auteur se débrouille pour traiter son sujet dans le temps, ou traiter le temps pour son sujet, et comment il parvient à faire tenir le tout sans que ça se disperse. Dans l'absolu je peux avoir pas mal de curiosité pour une écriture qui va dilater le temps jusqu'à prendre en charge les minutes, le contenu des minutes, d'un jour, tout en faisant remonter l'intériorité des personnages, même si l'on risque effectivement de tomber sur quelque chose d'ennuyeux ou de maladroit quand c'est très poussé. Sinon j'ai choisi Ce que savait Maisie parce que j'avais vaguement ce (beau) titre en tête, car je me souvenais avoir jugé que ça pouvait être intéressant, puis c'était le seul roman d'Henry James actuellement dispo à la bibli avec Les Ambassadeurs. Il était à côté d'un Cinquante nuances de Grey, de quoi faire hésiter 