Le 02 juin 2020 à 20:11:25 Macgeek a écrit :
J'ai lu Vice caché de Pynchon :forumlivres:
J'en ai profité pour revoir le film.
J'arrive pas à dire lequel je préfère. Chez paul thomas anderson je trouve que the master est peut etre meilleur.
J'aime bien la complémentarité des deux. L'histoire est beaucoup plus claire dans le livre, c'est comme si Anderson avait enlevé la brume de los angeles pour la foutre dans son scénario qui fait encore plus éclaté au chanvre que chez Pynchon. Je me souviens qu'avec le nazi et adrian prussia à la fin j'avais vraiment rien compris.
J'aime les espèces d'incursions fantastiques dans le livre, les trip sous acid, les références à Lémurie (je sortais des premiers corto maltese en plus), le bateau qui disparait à la fin... Les différences physiques entre le LA tentaculaire sous le smog et la plage, l'endroit encore un peu lumineux et pur...
C'était drôle, très joli par moments et ça m'a fait regretter de pas le lire en VO mais je sais pas si j'ai le niveau.
J'enchaine avec Heart of Darkness cette fois en vo, pareil après avoir revu apocalypse now.
J'ai pas commenté ton activité sur SC par hasard ?
Sinon je trouve le film proprement extraordinaire, et d'ailleurs PTA a admis avoir retrouvé un souffle à la lecture de Pynchon. Ce dernier a admis avoir adoré le film. Surtout que ça se passe à une époque charnière de l'Occident (l'année 1969 : la fin de la parenthèse enchantée, des beats/hippies, échec du Printemps de Prague, de Mai 68 -- la jeunesse était déjà là avec la culture Pop toussa--, retour à l'ordre avec Nixon, Pompidou, les conséquences de l'affaire Manson, etc.)
Un mouvement historiographique sur l'année 1979 et ce qui s'ensuit (jusqu'à Daesh) est en cours (via Christian Ingrao en France, notamment), c'est assez stimulant.
L'année 1969 est aussi une année charnière, et le cinéma était un bon angle via la musique, le son, le matériau filmé et sa saturation, la voix OFF d'une néo-hippie, et ce malgré le fait que Pynchon lui-même amène toujours la Pop Culture dans l'équation -- Can't Buy Me Love etc.
C'est bien plus intéressant que le dernier Tarantino, qui n'a encore une fois rien compris à la fracture de ce moment.
Concernant l’œuvre de PTA, son dernier est son aboutissement avec Inherent Vice pour moi (The Master était à la fois un peu trop démonstratif -- son habitude depuis Magnolia -- et trop cryptique -- le secret inhérent à tous ses films étant trop vaporeux).
PS : Inherent Vice est à voir plusieurs fois. J'en suis à 5 fois et je ressens à chaque fois autre chose qu'à la vision précédente, comme un danger innommable qui point à l'horizon.
Je n'ai lu le roman qu'une fois, après avoir vu le film par contre (V. et Gravity's Rainbow, deux fois)