Bon pour les amateurs de Postmodernisme, je recommande plus que fortement et froidement (sic, c'est littéralement hallucinant, difficile et dévorant) L'Obscène oiseau de la nuit de José Donoso.
Je ne pense pas l'oublier de si tôt.
Le 19 décembre 2019 à 19:18:28 CharlesMarlow a écrit :
Bon pour les amateurs de Postmodernisme, je recommande plus que fortement et froidement (sic, c'est littéralement hallucinant, difficile et dévorant) L'Obscène oiseau de la nuit de José Donoso.
Je ne pense pas l'oublier de si tôt.
Est-ce que Les Bienveillantes de Littell se rattachent au post-modernisme de par sa construction selon toi ? J'avais lu ça quelque part mais j'ai l'impression qu'on appose ce qualificatif à tous les bouquins qui ne sont pas des romans du XIXe et qui datent d'après 1970.
La condition AND m'échappe. Si un roman date d'après 1970, il exclut de toute façon le XIXe.
1870 ?
Je sais pas pour Littell mais oui, le terme est galvaudé comme pas permis.
Bon avec Donoso on est dans la remise en cause totale de tout ce qui est écrit, dit et par qui, et pourquoi. Je n'hésite donc pas à y apposer le terme.
Pour des écrivains type Bolano, c'est pas toujours évident. Si c'est la métafiction et l'intertextualité qui joue, comme chez certains Borges, je sais pas si c'est suffisant. Le Quichotte est un roman postmoderne dans ce cas.
Le 19 décembre 2019 à 19:24:34 Diei a écrit :
La condition AND m'échappe. Si un roman date d'après 1970, il exclut de toute façon le XIXe.1870 ?
Tu fais référence à mon post ? Désolé à partir de ces heures-là j'écris vraiment à l'arrache. Le boulot me flingue mine de rien.
Le 19 décembre 2019 à 19:24:50 CharlesMarlow a écrit :
Je sais pas pour Littell mais oui, le terme est galvaudé comme pas permis.
Bon avec Donoso on est dans la remise en cause totale de tout ce qui est écrit, dit et par qui, et pourquoi. Je n'hésite donc pas à y apposer le terme.
Pour des écrivains type Bolano, c'est pas toujours évident. Si c'est la métafiction et l'intertextualité qui joue, comme chez certains Borges, je sais pas si c'est suffisant. Le Quichotte est un roman postmoderne dans ce cas.
Jacques le Fataliste et son maître aussi non ? ![]()
C'est très vague. Je l'envisage comme une théorie du roman qui part du postulat que le jeu littéraire est tout ce qui reste à l'écrivain comme idéalisme esthétique, où le narrateur est remis en question, et se remet en question.
Oui voilà, ou Tristam Shandy.
y a même des petits dessins chez Sterne
Le 19 décembre 2019 à 19:27:17 CharlesMarlow a écrit :
C'est très vague. Je l'envisage comme une théorie du roman qui part du postulat que le jeu littéraire est tout ce qui reste à l'écrivain comme idéalisme esthétique, où le narrateur est remis en question, et se remet en question.
Ah ça nous ramène à la remarque de Kirichiban sur la façon de lire Robbe-Grillet, c'est-à-dire comme un théoricien qui ne veut pas l'être, ou alors seulement pour se moquer de l’exercice tout en respectant l'art qu'il contient.
Après entre Beckett (minimalisme) et Pynchon (maximalisme), il y a un monde. Donc ça peut regrouper à beaucoup près toute la littérature dite ambitieuse d'après 1945 (Shoah, bombe atomique etc.). Tout ce qui veut montrer une représentation du monde, de l'Homme d'après-Guerre. Ce qui fausse tout encore une fois.
Bref. Donoso, Pynchon, Beckett, j'appelle ça du Postmodernisme. Pas Garcia Marquez, pas les héritiers du surréalisme (Français, Perses, Africains), pas etc.
Le bordel.
Le souk littéraire, sah quel plaisir ![]()
J'aimerais me lancer dans un pavé bientôt, certains d'entre vous ont-ils lu Le Don paisible de Cholokhov ?
Je lis pas les pavés, ce sont les pavés qui me lisent.
Le 19 décembre 2019 à 19:44:13 CharlesMarlow a écrit :
Je lis pas les pavés, ce sont les pavés qui me lisent.
Quoi qu'il dit ? 
Référence à Tropic Thunder
Connais pas Cholokhov.
Le 19 décembre 2019 à 19:52:13 CharlesMarlow a écrit :
Référence à Tropic Thunder
Connais pas Cholokhov.
Connais pô Tropiques Tinder, ça nous fait quittes 
édit : ah si je l'avais vu, bon nanar qui parodie d'autres nanars.
C'est très drôle. C'est un film de Ben Stiller.
Le 19 décembre 2019 à 19:21:06 PongeFrancis4 a écrit :
Le 19 décembre 2019 à 19:18:28 CharlesMarlow a écrit :
Bon pour les amateurs de Postmodernisme, je recommande plus que fortement et froidement (sic, c'est littéralement hallucinant, difficile et dévorant) L'Obscène oiseau de la nuit de José Donoso.
Je ne pense pas l'oublier de si tôt.Est-ce que Les Bienveillantes de Littell se rattachent au post-modernisme de par sa construction selon toi ? J'avais lu ça quelque part mais j'ai l'impression qu'on appose ce qualificatif à tous les bouquins qui ne sont pas des romans du XIXe et qui datent d'après 1970.
Et finalement pourquoi pas. Certes il y a eu du postmodernisme avant le postmodernisme, tout comme il y a eu du réalisme avant qu'on en fasse une école, comment en serait-il autrement ? On peut pas inventer des techniques de toute pièce ni un style qui ne s'inscrirait dans aucune tradition. Et le contexte a bien son importance: les années 60-70 s'y prêtaient particulièrement, et ça donne forcément une autre résonance (lire Don Quichotte ou Sterne ou lire Crying of Lot 49, il y a un gouffre). D'ailleurs, on voit bien qu'à présent, 40-50 ans plus tard, c'est plus la même chose, et on parle moins de postmodernisme, quand bien même il reste des imitateurs. Je suis pas sûr d'avoir lu un vrai machin postmoderne plus récent qu'Infinite Jest.
Le 19 décembre 2019 à 19:21:06 PongeFrancis4 a écrit :
Le 19 décembre 2019 à 19:18:28 CharlesMarlow a écrit :
Bon pour les amateurs de Postmodernisme, je recommande plus que fortement et froidement (sic, c'est littéralement hallucinant, difficile et dévorant) L'Obscène oiseau de la nuit de José Donoso.
Je ne pense pas l'oublier de si tôt.Est-ce que Les Bienveillantes de Littell se rattachent au post-modernisme de par sa construction selon toi ? J'avais lu ça quelque part mais j'ai l'impression qu'on appose ce qualificatif à tous les bouquins qui ne sont pas des romans du XIXe et qui datent d'après 1970.
Ce serait insultant franchement. La construction des Bienveillantes est au mieux risible d'un point de vue littéraire, au pire extrêmement classique - et c'est péjoratif - d'un point de vue dramaturgique, c'est une succession de tableaux mal raccordés entre eux. Le roman en soi est loin d'être un chef d'oeuvre à mon sens, mais la construction sent bon l'amateurisme et le degré 0 de recherche. Ça essaye d'ailleurs de singer à moitié les codes de l'épopée homérique mais c'est souvent, bien trop souvent raté.
Sans déconner tu peux même en faire un synopsis de mauvais film en te penchant sur la structure.