Ce qui m'a toujours beaucoup intéressé chez Müller c'est la manière dont il a vécu la continuité de l'enfance en Allemagne nazie jusqu'à devenir lui-même objet de persécutions de la part du communisme en RDA.
Ca donne un côté très désabusé et fataliste à son art souvent, pris en balancier entre les excès de deux systèmes aussi différents.
Ce qui est extrêmement paradoxal et génial aussi chez lui c'est qu'il a toujours écrit de manière complètement hallucinatoire et sur des sujets politiques tout en ayant jamais vraiment l'ambition de dire autre chose que ce qu'il voyait - dans une optique qu'on pourrait donc juger fondamentalement réaliste - sans pousser d'agenda politique. Et il y arrive, même si on le lit souvent bien mal.
Ouais faudrait que j’en chope j’en avais entendu parler y a quelques années. Il était utilisé comme contre-exemple à Brecht je crois.
On le classe souvent dans les post-brechtiens mais il a eu des rapports compliqués avec le berliner ensemble, et Brecht lui a reproché son espèce de cynisme dans le nivellement sauvage de toutes les idéologies auquel ses pièces procèdent, puisqu'il était lui-même (Brecht) adepte d'un théâtre extrêmement politisé.
Si on veut en rester aux faits. Après moi j'ai choisi mon camp depuis longtemps ![]()
Je conseille sa reprise de Titus pour commencer, ça reste un peu plus cadré que le reste mais on voit déjà le type de transformations qu'il essaie d'appliquer aux mythes du drame, et c'est bien énervé.
Le 11 décembre 2019 à 07:40:48 KirinIchiban a écrit :
Je conseille sa reprise de Titus pour commencer, ça reste un peu plus cadré que le reste mais on voit déjà le type de transformations qu'il essaie d'appliquer aux mythes du drame, et c'est bien énervé.
De Brecht aussi d’ailleurs je sais pas trop vers où aller. J’ai lu L’opéra d’quat’ sous et Mère courage et ses enfants (adoré, passionné par la guerre de Trente ans en plus). Je sais pas trop quoi attaquer ensuite.
Bon là je suis sur Donoso, L’obscène oiseau de la nuit je sais pas si tu as lu mais ça devrais te plaire. Très singulier, même pour du boom latino — où pourtant quasiment aucun grand auteur ne ressemble à un autre. On est pas trop loin de Bulgakov niveau alchimie des genres.
Je te dirais bien d'aller nulle part vu que les trois autres pièces que je connais de lui - Sainte Jeanne, Arturo et grandeurs et misères du troisième reich - je les déteste.
Roadmaster, de Stephen King.
Infinite Jest, terminé.
La littérature nazie en amérique, et Fictions sur la fin.
Don delillo envisagé ensuite mais son Mao II est pas si commun en français dans les bibliothèques et librairies, il faut commander via internet ou lire en démat. Cent ans de solitude sinon.
Nous n'avons jamais modernes - Bruno Latour
Le Gai Savoir - Nietzsche
L'éducation sentimentale - Flaubert
L'entendement - Hume
Je suis entrain de lire aussi L'éducation sentimentale de Flaubert. Franchement j'ai du mal à me concentrer. D'autant plus que j'ai l'impression de retrouver Rastignac à travers Frédéric. Ce qui ne devrait pas me déplaire au contraire, grand lecteur de Balzac que je suis.
Le 14 décembre 2019 à 20:53:29 Zoroastre1 a écrit :
Je suis entrain de lire aussi L'éducation sentimentale de Flaubert. Franchement j'ai du mal à me concentrer. D'autant plus que j'ai l'impression de retrouver Rastignac à travers Frédéric. Ce qui ne devrait pas me déplaire au contraire, grand lecteur de Balzac que je suis.
Il y a encore des gens pour aimer Balzac après 18 ans ? ![]()
Le 14 décembre 2019 à 22:41:53 UtaNapishtim a écrit :
Le 14 décembre 2019 à 20:53:29 Zoroastre1 a écrit :
Je suis entrain de lire aussi L'éducation sentimentale de Flaubert. Franchement j'ai du mal à me concentrer. D'autant plus que j'ai l'impression de retrouver Rastignac à travers Frédéric. Ce qui ne devrait pas me déplaire au contraire, grand lecteur de Balzac que je suis.Il y a encore des gens pour aimer Balzac après 18 ans ?
Oui, pourquoi faudrait-il ne plus aimer Balzac après 18 ans?
Aïe c’est parti.
Le 14 décembre 2019 à 22:45:46 Zoroastre1 a écrit :
Le 14 décembre 2019 à 22:41:53 UtaNapishtim a écrit :
Le 14 décembre 2019 à 20:53:29 Zoroastre1 a écrit :
Je suis entrain de lire aussi L'éducation sentimentale de Flaubert. Franchement j'ai du mal à me concentrer. D'autant plus que j'ai l'impression de retrouver Rastignac à travers Frédéric. Ce qui ne devrait pas me déplaire au contraire, grand lecteur de Balzac que je suis.Il y a encore des gens pour aimer Balzac après 18 ans ?
Oui, pourquoi faudrait-il ne plus aimer Balzac après 18 ans?
Comment dire, la forme balzacienne est tellement pusillanime d'un point de vue esthétique ; techniquement c'est une régression dans l'histoire de la littérature (et même dans l'histoire du roman, Scarron, dans son genre à lui, est plus téméraire que Balzac).
Après évidemment, on est beaucoup à avoir commencé par Balzac, moi le premier. C'est une bonne voiture-balai de la littérature, il faut lui concéder cela, il tapine bien pour les autres, mais quand on a lu les autres (ne serait-ce que du Genet, du Céline, etc.) ça me paraît étonnant de pouvoir s'y replonger avec passion. ![]()
Mordez pas s'il vous plaît, c'est déjà bien assez lourd comme ça en ce moment sans qu'on ait besoin de nourrir un éternel mythomane, qui est évidemment un type ayant déjà traîné ici son besoin de s'inventer des personnages tous plus pénibles les uns que les autres.
Le 15 décembre 2019 à 00:28:52 KirinIchiban a écrit :
Mordez pas s'il vous plaît, c'est déjà bien assez lourd comme ça en ce moment sans qu'on ait besoin de nourrir un éternel mythomane, qui est évidemment un type ayant déjà traîné ici son besoin de s'inventer des personnages tous plus pénibles les uns que les autres.
? ![]()
Détends-toi Célestin 
J’aime beaucoup les comparaisons à Genet et Céline. Très pertinent.
Plutôt Zola ou Pierre Loti ?
Le 15 décembre 2019 à 00:28:52 KirinIchiban a écrit :
Mordez pas s'il vous plaît, c'est déjà bien assez lourd comme ça en ce moment sans qu'on ait besoin de nourrir un éternel mythomane, qui est évidemment un type ayant déjà traîné ici son besoin de s'inventer des personnages tous plus pénibles les uns que les autres.
Surement un coup des protestants.
Le 15 décembre 2019 à 01:12:22 CharlesMarlow a écrit :
J’aime beaucoup les comparaisons à Genet et Céline. Très pertinent.
Plutôt Zola ou Pierre Loti ?
Kolossal 
C'est bien la peine de lire des livres pour être moins spirituel que sur le 18-25.
Vous faites bien de rester terrés ici, là-bas vous vous feriez bolosser 