Tain que j'aime bien Anouilh, j'ai dévoré les deux dernières pièces baroques du recueil. Merci Stoe, qu'est-ce que j'ai apprécié !
J'ai encore rien lu de Beckett et ayant écouté quelques podcasts et connaissant un peu l'animal par ci par là j'aurais aimé avoir votre avis sur cet iconoclaste ? En attendant Godot ? Une autre ? Merci ![]()
Le 04 décembre 2019 à 13:14:07 -Zemmour- a écrit :
Tain que j'aime bien Anouilh, j'ai dévoré les deux dernières pièces baroques du recueil. Merci Stoe, qu'est-ce que j'ai apprécié !
J'ai encore rien lu de Beckett et ayant écouté quelques podcasts et connaissant un peu l'animal par ci par là j'aurais aimé avoir votre avis sur cet iconoclaste ? En attendant Godot ? Une autre ? Merci
Personnellement j’ai préféré Fin de partie. Et sa trilogie romanesque est extraordinaire (Molloy, Malone meurt, L’innommable)
[13:16:15] <CharlesMarlow>
Le 04 décembre 2019 à 13:14:07 -Zemmour- a écrit :
Tain que j'aime bien Anouilh, j'ai dévoré les deux dernières pièces baroques du recueil. Merci Stoe, qu'est-ce que j'ai apprécié !
J'ai encore rien lu de Beckett et ayant écouté quelques podcasts et connaissant un peu l'animal par ci par là j'aurais aimé avoir votre avis sur cet iconoclaste ? En attendant Godot ? Une autre ? MerciPersonnellement j’ai préféré Fin de partie. Et sa trilogie romanesque est extraordinaire (Molloy, Malone meurt, L’innommable)
Je note, merci. Oui souvent Molloy est cité, pourquoi pas commencer par ça je l'avais vu à la médiathèque. Il y a un ordre à suivre ?
Sinon, Noël avant l'heure je viens de m'acheter le théâtre complet de Racine aux éditions Classiques Jaunes, quel régal ! Vous aimez cette édition ?
Le 04 décembre 2019 à 13:23:18 -Zemmour- a écrit :
[13:16:15] <CharlesMarlow>
Le 04 décembre 2019 à 13:14:07 -Zemmour- a écrit :
Tain que j'aime bien Anouilh, j'ai dévoré les deux dernières pièces baroques du recueil. Merci Stoe, qu'est-ce que j'ai apprécié !
J'ai encore rien lu de Beckett et ayant écouté quelques podcasts et connaissant un peu l'animal par ci par là j'aurais aimé avoir votre avis sur cet iconoclaste ? En attendant Godot ? Une autre ? MerciPersonnellement j’ai préféré Fin de partie. Et sa trilogie romanesque est extraordinaire (Molloy, Malone meurt, L’innommable)
Je note, merci. Oui souvent Molloy est cité, pourquoi pas commencer par ça je l'avais vu à la médiathèque. Il y a un ordre à suivre ?
Oui il y a un ordre. Molloy, c'est quelqu'un qui n'a pas le droit de vivre, Malone Meurt c'est comme le Port-Salut, et L'innommable c'est un quasi-cadavre qui cause. Pour simplifier à l'extrême.
Et une des plus belles phrases de Beckett, dans L'innommable : "Moi, dont je ne sais rien, je sais que j'ai les yeux ouverts, à cause des larmes qui coulent sans cesse".
[13:26:03] <CharlesMarlow>
Le 04 décembre 2019 à 13:23:18 -Zemmour- a écrit :
[13:16:15] <CharlesMarlow>
Le 04 décembre 2019 à 13:14:07 -Zemmour- a écrit :
Tain que j'aime bien Anouilh, j'ai dévoré les deux dernières pièces baroques du recueil. Merci Stoe, qu'est-ce que j'ai apprécié !
J'ai encore rien lu de Beckett et ayant écouté quelques podcasts et connaissant un peu l'animal par ci par là j'aurais aimé avoir votre avis sur cet iconoclaste ? En attendant Godot ? Une autre ? MerciPersonnellement j’ai préféré Fin de partie. Et sa trilogie romanesque est extraordinaire (Molloy, Malone meurt, L’innommable)
Je note, merci. Oui souvent Molloy est cité, pourquoi pas commencer par ça je l'avais vu à la médiathèque. Il y a un ordre à suivre ?
Oui il y a un ordre. Molloy, c'est quelqu'un qui n'a pas le droit de vivre, Malone Meurt c'est comme le Port-Salut, et L'innommable c'est un quasi-cadavre qui cause. Pour simplifier à l'extrême.
Et une des plus belles phrases de Beckett, dans L'innommable : "Moi, dont je ne sais rien, je sais que j'ai les yeux ouverts, à cause des larmes qui coulent sans cesse".
Oh ça me plaît bien. Il y aura un Samuel sous mon sapin.
Il sort aussi des grossièretés extrêmement drôles. Niveau style, c'est une entreprise de dégoupillage de toutes ses assertions, exemple : « Malheureusement ce n’est pas de cela qu’il s’agit mais de celle qui me donna le jour, par le trou de son cul si j’ai bonne mémoire. Premier emmerdement. […] / Ma mère me voyait volontiers, c’est-à-dire qu’elle me recevait volontiers, car il y avait belle lurette qu’elle ne voyait plus rien. Je m’efforcerai d’en parler avec calme. Nous étions si vieux, elle et moi, elle m’avait eu si jeune, que cela faisait comme un couple de vieux compères, sans sexe, sans parenté, avec les mêmes souvenirs, les mêmes rancunes, la même expectative. Elle ne m’appelait jamais fils, d’ailleurs je ne l’aurais pas supporté, mais Dan, je ne sais pourquoi, je ne m’appelle pas Dan. » dans Molloy
Ce n'est pas un spoil du récit hein, je prends juste des précautions.
[13:34:35] <CharlesMarlow>
Il sort aussi des grossièretés extrêmement drôles. Niveau style, c'est une entreprise de dégoupillage de toutes ses assertions, exemple : « Malheureusement ce n’est pas de cela qu’il s’agit mais de celle qui me donna le jour, par le trou de son cul si j’ai bonne mémoire. Premier emmerdement. […] / Ma mère me voyait volontiers, c’est-à-dire qu’elle me recevait volontiers, car il y avait belle lurette qu’elle ne voyait plus rien. Je m’efforcerai d’en parler avec calme. Nous étions si vieux, elle et moi, elle m’avait eu si jeune, que cela faisait comme un couple de vieux compères, sans sexe, sans parenté, avec les mêmes souvenirs, les mêmes rancunes, la même expectative. Elle ne m’appelait jamais fils, d’ailleurs je ne l’aurais pas supporté, mais Dan, je ne sais pourquoi, je ne m’appelle pas Dan. » dans MolloyCe n'est pas un spoil du récit hein, je prends juste des précautions.
Ah, la fin de l'extrait avait été lu sur le podcast. J'ai trouvé la tirade extrêmement profonde. Je me souviens exactement ce que je faisais et où j'étais.
Il y a des passages comme ça, qui me marquent sans que je puisse correctement en définir la cause.
Merci encore pour ton précieux conseil et qui donne, toujours envie d'en savoir plus ![]()
En fait je tiens Beckett pour l'auteur qui provoque le plus de réflexes cérébraux, avec Borges. On se sent perdu, puis on comprend qu'on ne comprend pas, et pourquoi, et pourquoi Beckett cherche à comprendre l'incompréhensible. Et on ressort plus intelligent.
J'ai beaucoup de mal à lire des classiques aujourd'hui à cause de ce genre de génies modernistes ou postmodernistes (encore une fois, pour le post, la définition reste à cloisonner un minimum). Bon, c'est une période.
[23:03:15] <KirinIchiban>
Moi ma scène préférée je pense que c'est Frédéric qui pleure au lit la première fois qu'il nique avec la Maréchale. Et les deux phrases que j'oublierai jamais, je l'ai déjà dit, et qui me font mourir de rire à chaque fois, sont complètement anecdotiques. C'est celle sur le citoyen plein de plâtre qui se plaint qu'on critique les maçons et c'est Pélerin qui trouve les tigres supérieur aux femmes dans l'ordre esthétique.
Une scène qui me tue systématiquement c'est quand le patriote catalan intervient et que tout devient absurde car exagéré et inaudible
on dirait le passage dans les Inconnus avec le cinéma amateur et Teresa qui fait un monologue où les sous-titres ne suivent plus.
Sinon ma phrase préférée, que j'ai vécue intensément il y a quelques années et qui me hantera toute ma vie : "Tous les deux ne trouvaient plus rien à se dire. Il y a un moment dans les séparations, où la personne aimée n’est déjà plus avec nous". Ultra connue mais si magnifiquement exprimée, profondément blessante, phonétiquement parfaite.
[13:47:33] <CharlesMarlow>
J'ai beaucoup de mal à lire des classiques aujourd'hui à cause de ce genre de génies modernistes ou postmodernistes (encore une fois, pour le post, la définition reste à cloisonner un minimum). Bon, c'est une période.
C'est délicat car Borges je l'aime sans comprendre ce que j'aime chez lui. C'est aussi ça je pense la littérature, s'empêcher de comprendre qu'il n'y a pas grand chose à comprendre. Beckett est sensiblement du même univers ?
C'est très différent, c'est minimaliste Beckett.
Borges on est dans la profusion d'images, de lieux, d'auteurs, morts, vivants, ou inexistants. En ça, Bolano peut s'en approcher.
Beckett, c'est sur des petites assertions courtes que ça touche. C'est du culotté, du "et pourquoi pas", à la limite du "je vous emmerde". Très peu de pitié pour ses personnages et le lecteur. Mais quand elle arrive sans crier gare sur le personnage, la pitié, elle est empalante (néologisme moche, mais je trouve rien de plus juste).
PS : pas lu L'éducation sentimentale d'ailleurs. Madame Bovary, Salammbo, Bouvard et Pécuchet, Un cœur simple mais pas l'ES.
PPS : très bon le sketch Théréza, je connaissais pas
[14:12:26] <CharlesMarlow>
C'est très différent, c'est minimaliste Beckett.
Borges on est dans la profusion d'images, de lieux, d'auteurs, morts, vivants, ou inexistants. En ça, Bolano peut s'en approcher.
Beckett, c'est sur des petites assertions courtes que ça touche. C'est du culotté, du "et pourquoi pas", à la limite du "je vous emmerde". Très peu de pitié pour ses personnages et le lecteur. Mais quand elle arrive sans crier gare sur le personnage, la pitié, elle est empalante (néologisme moche, mais je trouve rien de plus juste).PS : pas lu L'éducation sentimentale d'ailleurs. Madame Bovary, Salammbo, Bouvard et Pécuchet, Un cœur simple mais pas l'ES.
PPS : très bon le sketch Théréza, je connaissais pas
Très belle analyse, ça s'annonce prometteur. Par contre il faudra lire l'ES mon cher, pourquoi cette absence ? Je t'ai suivi sur Giono, à ton tour ![]()
De rien pour anouilh c'est important qu'il soit plus lu et pas que pour antigone en collège lycée c'est un dramaturge important d'une période très importante pour le théâtre et on le met trop de coté. Je suis d'accord sinon pour Fin de partie.
Je fais breve je suis sur phone
Pour l'anecdote meme si j'ai ete très passionné par Créon dans sa version - c'est le pur perso anouilhien - en terminale j'ai vraiment reďécouvert anouilh avec la grotte, une réécriture de pirandello sous forme de parodie de policier, et c'est excellent
J'ai lu ca par hasard je sais plus trop pourquoi vers la L1 ou la L2 une bonne claque
J'ai littéralement adoré je fouille sur le net des éléments de sa biographie, correspondance, essai (c'est automatique chez moi). Faudra que je pioche aussi dans ses pièces grinçantes alors. Mais prochainement TouRacine m'attend. Des adorateurs de ce génie, je suppose ?
Des adorateurs de ce génie, je suppose ?
J'ai même hésité à prendre un buste de l'homme mais je suis trop pauvre pour ces coquetteries de conservateurs.
Pour le coup Racine ça se rapproche chez moi de ce dont on discutait l'autre fois sur la perfection. C'est impossible de pas aimer Racine quand t'as un minimum conscience des possibilités de la langue mais c'est vrai que c'est une oeuvre qui peut quelquefois avoir quelque chose de sec dans sa sévérité monumentale.
J'adore mais j'ai du mal à pas le lire aujourd'hui en cliché de protestant, même si c'est guère à la mode dans les lectures contemporaines du gars.
Vous m'avez donné envie de lire la trilogie de Beckett, ce seront mes suivants ![]()
Sinon je relis les Fictions de Borges, et je voulais entamer ce soir Pedro Paramo, que je n'ai jamais lu lui.