Carnaval, de Ray Celestin.
Histoire de suivre la hype du forum, je teste Paul Gadenne avec la rue profonde paru en 48. C'est une sorte de poème en prose au lyrisme mi-sérieux mi-ironique qui relate l'impossibilité de la rédaction d'un poème de style naturel, l'auteur étant constamment assailli par des sensations néo-romantiques qui le détournent de son esthétique visée.
J'en ai lu environ un tiers, pour l'instant c'est très bon.
Je ne suivrai pas votre hype, je reste sur la mienne avec Jacques Chessex. Ça c'est du underground 
https://www.senscritique.com/livre/La_Rue_profonde/critique/207170559
C'était pas top du tout finalement. Hype douchée, mais ça se lit très vite.
Le 26 novembre 2019 à 21:12:12 AsahiSuperDry a écrit :
https://www.senscritique.com/livre/La_Rue_profonde/critique/207170559C'était pas top du tout finalement. Hype douchée, mais ça se lit très vite.
C'est une œuvre mineure. Tu devrais lui redonner une chance avec un de ses classiques comme "La plage de Scheveningen" ou "Les Hauts-Quartiers".
Aucun forumeur n'a répondu à ma question : Des avis sur "Mardi" ou bien "Billy Budd, marin" de Melville ?
J'en doute pas mais de ce que je lis des résumés de ses bouquins, de quelques critiques, ça a l'air de souvent tourner autour du même registre et même si son style est fin et agréable il m'a pas du tout halluciné. A voir mais y a tellement à lire que ce sera dans un moment si ça se fait.
Pour ta question, la petite commu' qui traîne ici lit tous les messages donc si personne t'a répondu je pense que c'est par déficit de lecture. J'ai lu ceux que tu as lus, je suis très fan de Benito Cereno, mais ceux-là je ne connais pas.
La Route des Flandres de Claude Simon.
Pas hyper facile mais hautement intéressant, dans le style et le traitement des thèmes abordés.
J'avais beaucoup aimé La Route des Flandres. Je le relirai certainement.
Le 26 novembre 2019 à 21:12:12 AsahiSuperDry a écrit :
https://www.senscritique.com/livre/La_Rue_profonde/critique/207170559C'était pas top du tout finalement. Hype douchée, mais ça se lit très vite.
Merci pour ton compte-rendu de lecture (rapide). D'après ta critique et ce que je lis ailleurs, Gadenne s'attache à des thèmes qui me parlent beaucoup, et je pense lire ce livre aussi. Tant pis si leur traitement reste potentiellement superficiel ou trop attendu (le prévisible ne me dérange pas en soi). En tous cas l'écriture me plaît suffisamment pour que j'en tente d'autres par la suite.
Le prévisible me dérange pas en soi, c'est pas des effets d'intrigue qui me font aimer un roman. Ce qui me gène c'est quand, dans une oeuvre, tu as des obstacles disposés pour opacifier une situation que le contexte t'a permis de déjà identifier sans souci. Ca casse le rythme et ça freine l'empathie que l'on peut ressentir pour le personnage, puisqu'on est pas dans un cadre je crois où la disproportion de savoir entre le personnage et le lecteur est particulièrement voulue.
Un peu d'humour, d'ironie presque au début du roman vient créer ce type d'effet autour de la figure du personnage et de son pote l'autre poète - je me suis demandé un moment si on était censé en rire mais ses interventions me paraissent franchement fendardes -, mais pas tellement dans la rencontre avec la femme, et pour le coup je trouve le livre presque raté dans ses effets visés, sensation très rare pour moi en littérature.
Je viens de lire la pièce Cher Antoine ou l'Amour raté d'Anouilh et j'ai adoré. Je continuerai sous peu avec Ne réveillez pas Madame
Bon c’est d’un haut niveau littéraire La Route des Flandres, c’est même plutôt prodigieux.
Par contre j’ai envie d’aller me coucher. J’y retournerai pas dans l’immédiat chez le Claude.
Je lis rarement du joyeux mais là c’est dur.
Enfin bon je suis content de l'avoir lu, mais je vais jouer à Dragon Quest ce soir je crois.
Ca passe, y a pire.
T'aurais peut-être dû lire L'Acacia du coup, puisque sans spoiler la conclusion de toute cette aventure - et d'autres non relatées dans La Route - s'avère toute autre, et c'est accessoirement l'une des meilleures fermetures de roman de l'histoire de la littérature française ![]()
Le 28 novembre 2019 à 19:47:22 AsahiSuperDry a écrit :
Ca passe, y a pire.T'aurais peut-être dû lire L'Acacia du coup, puisque sans spoiler la conclusion de toute cette aventure - et d'autres non relatées dans La Route - s'avère toute autre, et c'est accessoirement l'une des meilleures fermetures de roman de l'histoire de la littérature française
Ah oui ça tourne un peu autour des mêmes sujets c’est bien ça ?
L'Acacia ça parle tour à tour de la guerre de Claude Simon (du narrateur disons) et du fameux épisode de l'attaque de la colonne de cavaliers par les avions, de son enfance alors qu'il cherche avec sa mère le cadavre de son père, de la guerre de son père (la première), de l'enfance et de la formation de ses deux parents, du stalag quand il est capturé, de ce que devient Simon immédiatement après sa libération, de sa jeunesse d'étudiant en voyage, brièvement du fameux ancêtre au portrait.
Donc ça recoupe partiellement les événements narrés dans La Route, on retrouve des scènes, des personnages - ne serait-ce que l'Italien et le Juif, le colonel fou, les prostituées et d'autres -, mais livrée de manière assez différente.
Et quand tout ce fatras finit par se ranger à peu près, on aboutit à une conclusion au lyrisme tout à fait particulier qui évoque seulement à ce moment-là autre chose et qui donne un tour très particulier à la composition du livre. Mais je préfère ne pas expliciter.
C'est également moins pénible à lire, au sens premier et non péjoratif du terme, parce que plus séquencé au niveau de l'organisation. Elle est remarquable d'ailleurs, il remplace la chronologie par des effets de sens logique qui créent une impression terrible, c'est une merveille de composition. Un chapitre sur le fils, sur CS, sur le point de se faire latter la gueule s'interrompra ainsi pour passer dans le suivant sur la mort du père, avec un symbolisme assez évident sur la substitution d'une figure par l'autre mais qui est très bonne à la lecture. La mort du père est d'ailleurs réévoquée avec une brièveté super brutale à la suite d'un très long exposé de sa vie et de sa formation, contribuant à rendre assez cruel et dérisoire tout ce récit de formation d'un pur républicain à qui on ne demande finalement que d'être là sur la trajectoire d'une balle, pour paraphraser le livre.
On a d'excellents jeux d'ironie mordante de ce type sur la manière de casser les clichés de représentation, notamment du récit patriotique.
Enfin on pourrait parler des plombes de L'Acacia c'est immense. Et du fait de l'âge comme de la carrière de CS quand il l'écrit, c'est plus méta que La Route, et quand un écrivain est excellent c'est toujours bon de le voir réfléchir à sa pratique en l'illustrant.
J’ai tendance à apprécier les artistes qui jouent sur des variations, type Oe en litté, Mizoguchi où Fassbinder en ciné.
Du coup j’y retournerai, plus tard. Ça donne envie.
Il suffit juste de faire de beaux dodos en attendant (bon c’est pas Le feu follet non plus hein qu’on s’entende bien)
1Q84 : Livre 2, de Haruki Murakami.
Le 29 novembre 2019 à 17:30:00 M_Rollin a écrit :
1Q84 : Livre 2, de Haruki Murakami.
J’admire ton obstination à poster chacune de tes lectures depuis des mois, nombreuses au demeurant, même lorsque personne ne les commente.
Si je ne répond pas, c’est que je ne lis pas les mêmes.
Sinon, Pan de Knut Hamsun. Un type absolument admirable, si on excepte sa phase nazie (ils avaient pensé à lui retirer le Nobel)
Comment ça, "si on excepte"...