Salut les kheys,
J'ai eu du mal à m'investir dans la lecture ces derniers temps, mais je vais m'efforcer de reprendre, notamment le soir.
Parmi les derniers bouquins lus en août/septembre, rattrapage dans les classiques :
- Le Chevalier de la Charrette - Chrétien de Troyes ; sans surprise, j'ai adoré me plonger dans l'histoire, dans la langue ; je trouve que les romans de Chrétien de Troyes ont quelque chose de fascinant, non seulement grâce au merveilleux qui les travaille mais aussi par exemple à travers la mise à l'épreuve constante des valeurs, l'opposition/la réconciliation entre amour et honneur, amour et chevalerie, etc
- Au Bonheur des Dames - Zola ; bon, j'ai eu un peu de peine à le terminer, j'ai du mal à apprécier Zola (même si je n'avais pas décroché de Thérèse Raquin); j'ai bien pigé pourquoi il s'agissait du roman zolien de la joie, même si j'ai trouvé la conclusion du "conte de fée" mitigée (ce qui n'est pas forcément un point négatif en soi) ; par contre j'ai au moins pris un gros intérêt à découvrir la naissance et le fonctionnement des premiers grands magasins (le côté documentaire n'a pas été dérangeant pour moi) + les passages de lutte pour la survie des vieux commerces, même si, en me renseignant par la suite, j'ai appris que la réalité était moins contrastée que dans la fiction.
- L'Education sentimentale - Flaubert ; roman terrible et potentiellement déprimant
je pense qu'il pousse ou/et à la mélancolie, ou/et à l'action, parce que c'est l'histoire d'un ratage de compétition, et pour le peu que l'on y trouve avec sa propre vie des points communs, des risques communs...
J'aimais déjà l'écriture de Flaubert, je l'ai trouvée moins colorée et impressionnante ici que dans Madame Bovary par exemple, mais ça n'a rien d'étonnant dans un tel roman, qui m'a semblé avant tout être le roman du temps (en différentes couches : singulier, historique) qui passe, file – et donc, les "temps de pose" semblent soufflés et pris dans l'effacement des choses (d'où l'importance des souvenirs matériels, par exemple du mobilier des Arnoux, le portrait de l'enfant mort, plus ironiquement la mèche de cheveux, qui marque la fin davantage que l'incitation au souvenir...). Bref, j'ai aimé ; j''en retiens surtout la mise en scène mélancolique du "passer à côté de sa vie" (et des événements historiques) + la finesse dans l'écriture de Flaubert.
- deux Molière, dont j'apprécie toujours le génie.
- ici j'ai commencé le recueil de nouvelles La Garden-Party, de Katherine Mansfield ; j'aime beaucoup son écriture, tout en effleurement, des esquisses qui créent immédiatement une impression de profondeur.
+ quelques bouquins non fiction que je feuillette (par exemple au sujet de la litté du 17ème siècle, pour coller avec mes lectures de Molière).
Et voilà. J'aimerais lire d'autres registres aussi de temps en temps ; j'ai pioché Ubik dans la collection SF / fantasy de mon pote, car jamais lu, et je compte aussi me faire un jour La Horde du Contrevent (découvert grâce au forum).