T'as le droit de faire ce que tu veux mais toutes tes propositions se voient recevoir un "c'est trop compliqué" comme fin de non-recevoir donc tu finis par faire Maupassant et Molière parce que tous les profs font ça depuis 60 ans et que du coup ils pourront pas te le reprocher.
J'abuse un peu. En gros t'as des grands thèmes à travailler, après tu te démerdes un peu comme tu veux même si parfois certains projets de groupe sont imposés au niveau de l'établissement - moi par exemple faudra que je bosse un moment sur la mine. Mais bon quand t'es stagiaire faut bien que tes tuteurs valident un peu ce que tu branles, ils t'inspectent.
Le 03 septembre 2019 à 19:12:12 Aurevilly a écrit :
J'aime bien Lolita je dois dire. Je préfère ses romans russes mais Lolita j'aime bien aussi.Ce qui rend Lolita intéressant à mon sens et pas Les Bienveillantes, c'est que le narrateur de Lolita a des failles dans lesquelles peut travailler la littérature. Il est fréquemment beaucoup plus faible que sa "victime", surtout sur la fin du roman où la domination a complètement changé de camp, il a la scène originelle de la frustration d'enfance qui permet de complexifier un peu le personnage en causalisant ses obsessions et on peut débattre autour de ses motivations parce que le texte est volontairement assez lâche dans la caractérisation pour qu'il ne soit pas certain de savoir si le narrateur est amoureux ou non. La caractérisation du personnage entre la "fin" du road trip et le moment beaucoup plus tôt où il considère le meurtre de la mère évolue beaucoup.
Le personnage de Littell par contre me fait chier parce que c'est un sur-homme monolithique et sans faiblesse - simplement il a pour champ de manoeuvre l'abjection, ou ce que l'auteur tente péniblement de nous faire passer pour tel. Je n'y trouve que de la facilité et de la convention éculée.
Mais après je peux comprendre qu'on aime pas Lolita. Simplement, je défendrais pas le livre sur son côté sulfureux personnellement mais sur son indécision, son hésitation, ses fléchissements qui le sauvent. La littérature que j'aime en général se nourrit beaucoup de ça.
Oui moi pour Lolita j’ai aimé le côté risible du personnage. Le fait d’avoir vu le film de Kubrick et la tronche déconfite de James Mason m’a pas mal aidé à l’identification à un type plutôt lamentable, plutôt métaphoriquement attiré par sa propre jeunesse (en Europe) et qui se recherche un éclat.
J’ai trouvé le personnage bien plus proche de Aschenbach dans La Mort à Venise que d’une ordure à la manipulation bien rodée (ce qu’est Quilty, en fait).
Edit : Secondaire de CharlesMarlow.
J’ai un pote qui est prof de Français non vacataire pour des CAP ventes d'ailleurs (seul avantage des REP +), et il a une grosse liberté pour les œuvres. Il me demande quelques conseils, il leur a fait lire un passage de L’Aveuglement de Saramago.
Il a une élève en échec scolaire qui a une phobie scolaire justement, et il vaut mieux ne pas lui parler. Elle passe son temps à lire en cours. Une fois, elle est venue lui parler pour lui demander son avis sur son livre préféré. C’était Lolita.
Il a une phase de séduction où il pose en manipulateur libertin singeant la littérature anglaise, dans la maison de la mère. Mais c'est intéressant de noter que déjà là il est incapable de tuer directement et que son plan s'avère somme toute assez minable. J'aime bien ce passage, c'est celui où le Nabokov prof de lettres qui faisait des cours sur Mansfield Park ressort le plus je trouve.
[20:36:15] <Aurevilly>
T'as le droit de faire ce que tu veux mais toutes tes propositions se voient recevoir un "c'est trop compliqué" comme fin de non-recevoir donc tu finis par faire Maupassant et Molière parce que tous les profs font ça depuis 60 ans et que du coup ils pourront pas te le reprocher.J'abuse un peu. En gros t'as des grands thèmes à travailler, après tu te démerdes un peu comme tu veux même si parfois certains projets de groupe sont imposés au niveau de l'établissement - moi par exemple faudra que je bosse un moment sur la mine. Mais bon quand t'es stagiaire faut bien que tes tuteurs valident un peu ce que tu branles, ils t'inspectent.
Tain ça doit être tellement frustrant de se limiter comme ça. Après tu peux leur claquer les écrits de Maupassant bien pessimiste et miso à la Schopi ![]()
Au collège, à part avec les troisièmes à la rigueur et encore, t'es censé faire des trucs vraiment bien-pensant au sens "neutre" du terme. Faut servir la soupe habituelle sur la construction de la communauté, l'individu qui trouve sa place au sein du groupe, toutes ces conneries.
Et donc avec les troisièmes tu peux sortir des cours un peu plus "polémiques" si tu le souhaites ?
Le 03 septembre 2019 à 21:28:19 Aurevilly a écrit :
Au collège, à part avec les troisièmes à la rigueur et encore, t'es censé faire des trucs vraiment bien-pensant au sens "neutre" du terme. Faut servir la soupe habituelle sur la construction de la communauté, l'individu qui trouve sa place au sein du groupe, toutes ces conneries.
Putain alors moi je me rappelle de la Genèse en 6eme (college public pourtant, imagine le tollé aujourd’hui),
Le Roman de Renart et Vendredi ou la vie sauvage en 5ème.
Montaigne en 4e.
Balzac et la petite tailleuse Chinoise de Dai Sijie et Cyrano de Bergerac en 3ème.
Collège public assez moyen entre 2000 et 2004.
La plupart j’avais adoré. Même si c’était pas ma matière préférée.
Et surtout, pas de Balzac, Stendhal ou Flaubert au lycée. Du coup ça m’a pas dégoûté et j’ai découvert à 26 ans la profondeur de la chose.
Faire lire Le Rouge et le Noir ou Madame Bovary à des lycéens, c’est un crime contre ses auteurs.
[21:34:39] <CharlesMarlow>
Le 03 septembre 2019 à 21:28:19 Aurevilly a écrit :
Au collège, à part avec les troisièmes à la rigueur et encore, t'es censé faire des trucs vraiment bien-pensant au sens "neutre" du terme. Faut servir la soupe habituelle sur la construction de la communauté, l'individu qui trouve sa place au sein du groupe, toutes ces conneries.Putain alors moi je me rappelle de la Genèse en 6eme (college public pourtant, imagine le tollé aujourd’hui),
Le Roman de Renart et Vendredi ou la vie sauvage en 5ème.
Montaigne en 4e.
Balzac et la petite tailleuse Chinoise de Dai Sijie et Cyrano de Bergerac en 3ème.
Collège public assez moyen entre 2000 et 2004.
La plupart j’avais adoré. Même si c’était pas ma matière préférée.Et surtout, pas de Balzac, Stendhal ou Flaubert au lycée. Du coup ça m’a pas dégoûté et j’ai découvert à 26 ans la profondeur de la chose.
Exactement la même conclusion. J'ai réellement appris à lire qu'après avoir quitté le milieu scolaire.
[21:37:32] <CharlesMarlow>
Faire lire Le Rouge et le Noir ou Madame Bovary à des lycéens, c’est un crime contre ses auteurs.
Les découvrir après les études ![]()
Le 03 septembre 2019 à 21:38:53 -Zemmour- a écrit :
[21:34:39] <CharlesMarlow>
Le 03 septembre 2019 à 21:28:19 Aurevilly a écrit :
Au collège, à part avec les troisièmes à la rigueur et encore, t'es censé faire des trucs vraiment bien-pensant au sens "neutre" du terme. Faut servir la soupe habituelle sur la construction de la communauté, l'individu qui trouve sa place au sein du groupe, toutes ces conneries.Putain alors moi je me rappelle de la Genèse en 6eme (college public pourtant, imagine le tollé aujourd’hui),
Le Roman de Renart et Vendredi ou la vie sauvage en 5ème.
Montaigne en 4e.
Balzac et la petite tailleuse Chinoise de Dai Sijie et Cyrano de Bergerac en 3ème.
Collège public assez moyen entre 2000 et 2004.
La plupart j’avais adoré. Même si c’était pas ma matière préférée.Et surtout, pas de Balzac, Stendhal ou Flaubert au lycée. Du coup ça m’a pas dégoûté et j’ai découvert à 26 ans la profondeur de la chose.
Exactement la même conclusion. J'ai réellement appris à lire qu'après avoir quitté le milieu scolaire.
J’ai commencé à lire du sérieux en Terminale (plus de Français).
Au début j’étais Beat Generation, (on est pas sérieux quand on a 17ans) dont je ne garde que Burroughs.
A la fac, Dostoievski, Gombrowicz, Mann, Pynchon, Bulgakov, entre autres. J’étais en Histoire donc rien à voir.
Le 03 septembre 2019 à 21:40:31 -Zemmour- a écrit :
[21:37:32] <CharlesMarlow>
Faire lire Le Rouge et le Noir ou Madame Bovary à des lycéens, c’est un crime contre ses auteurs.Les découvrir après les études
Et qu’est-ce qu’un lycéen peut comprendre à l’ennui et à la médiocrité. Faites-leur lire Salinger. Comme ça on a la médiocrité arrogante du lycéen. Pas celle de Homais ou de Mme de Rénal.
[21:41:01] <CharlesMarlow>
Le 03 septembre 2019 à 21:38:53 -Zemmour- a écrit :
[21:34:39] <CharlesMarlow>
Le 03 septembre 2019 à 21:28:19 Aurevilly a écrit :
Au collège, à part avec les troisièmes à la rigueur et encore, t'es censé faire des trucs vraiment bien-pensant au sens "neutre" du terme. Faut servir la soupe habituelle sur la construction de la communauté, l'individu qui trouve sa place au sein du groupe, toutes ces conneries.Putain alors moi je me rappelle de la Genèse en 6eme (college public pourtant, imagine le tollé aujourd’hui),
Le Roman de Renart et Vendredi ou la vie sauvage en 5ème.
Montaigne en 4e.
Balzac et la petite tailleuse Chinoise de Dai Sijie et Cyrano de Bergerac en 3ème.
Collège public assez moyen entre 2000 et 2004.
La plupart j’avais adoré. Même si c’était pas ma matière préférée.Et surtout, pas de Balzac, Stendhal ou Flaubert au lycée. Du coup ça m’a pas dégoûté et j’ai découvert à 26 ans la profondeur de la chose.
Exactement la même conclusion. J'ai réellement appris à lire qu'après avoir quitté le milieu scolaire.
J’ai commencé à lire du sérieux en Terminale (plus de Français).
Au début j’étais Beat Generation, (on est pas sérieux quand on a 17ans) dont je ne garde que Burroughs.
A la fac, Dostoievski, Gombrowicz, Mann, Pynchon, Bulgakov, entre autres. J’étais en Histoire donc rien à voir.
J'ai toujours plus ou moins lu depuis toujours mais avec un gros passage à vide au collège/lycée (à part BD et magazines). Puis j'ai commencé avec Kerouac et surtout les petites péripéties de Bryson qui m'ont tuées de rire. Ensuite le passage d'el famoso Étranger pour ensuite taper un peu partout, surtout XIXe. Dans le contempo j'ai du mal, je trouve pas mes marques.
[21:44:23] <CharlesMarlow>
Le 03 septembre 2019 à 21:40:31 -Zemmour- a écrit :
[21:37:32] <CharlesMarlow>
Faire lire Le Rouge et le Noir ou Madame Bovary à des lycéens, c’est un crime contre ses auteurs.Les découvrir après les études
Et qu’est-ce qu’un lycéen peut comprendre à l’ennui et à la médiocrité. Faites-leur lire Salinger. Comme ça on a la médiocrité arrogante du lycéen. Pas celle de Homais ou de Mme de Rénal.
Totalement. Stoe soit ce type de prof stp, tes élèves ne t'oublieront jamais.
En 6e y avait un programme obligatoire sur la bible qui s'est transformé en un thème plus général sur les cosmogonies. Ou alors ça aussi ça a été supprimé je ne sais même plus. Trop de réforme je me préoccupe que de ce qui me concerne directement pour l'instant.
Et donc avec les troisièmes tu peux sortir des cours un peu plus "polémiques" si tu le souhaites ?
Bof. Mais déjà t'as un peu plus droit à la négativité et au tragique, plus qu'au polémique. Après Anouilh est un grand classique de collège typiquement alors que ses valeurs me paraissent bien loin des préoccupations ordinaires de ce que l'état français souhaite donner comme image.
Mais on enseigne que Antigone en faisant mine de croire qu'Anouilh était pour elle, alors que quand on l'a un peu lu on se rend bien compte que son personnage favorisé...c'est Créon. Tout le théâtre d'Anouilh parle toujours, surtout dans les années 50, de patriarches impuissants qui tentent de continuer à faire tourner la machine.
L'an prochain quand je serai sous statut je me lâcherai. Là je dois faire le gentil pour la titularisation.
Le 03 septembre 2019 à 21:47:11 -Zemmour- a écrit :
[21:41:01] <CharlesMarlow>
Le 03 septembre 2019 à 21:38:53 -Zemmour- a écrit :
[21:34:39] <CharlesMarlow>
Le 03 septembre 2019 à 21:28:19 Aurevilly a écrit :
Au collège, à part avec les troisièmes à la rigueur et encore, t'es censé faire des trucs vraiment bien-pensant au sens "neutre" du terme. Faut servir la soupe habituelle sur la construction de la communauté, l'individu qui trouve sa place au sein du groupe, toutes ces conneries.Putain alors moi je me rappelle de la Genèse en 6eme (college public pourtant, imagine le tollé aujourd’hui),
Le Roman de Renart et Vendredi ou la vie sauvage en 5ème.
Montaigne en 4e.
Balzac et la petite tailleuse Chinoise de Dai Sijie et Cyrano de Bergerac en 3ème.
Collège public assez moyen entre 2000 et 2004.
La plupart j’avais adoré. Même si c’était pas ma matière préférée.Et surtout, pas de Balzac, Stendhal ou Flaubert au lycée. Du coup ça m’a pas dégoûté et j’ai découvert à 26 ans la profondeur de la chose.
Exactement la même conclusion. J'ai réellement appris à lire qu'après avoir quitté le milieu scolaire.
J’ai commencé à lire du sérieux en Terminale (plus de Français).
Au début j’étais Beat Generation, (on est pas sérieux quand on a 17ans) dont je ne garde que Burroughs.
A la fac, Dostoievski, Gombrowicz, Mann, Pynchon, Bulgakov, entre autres. J’étais en Histoire donc rien à voir.J'ai toujours plus ou moins lu depuis toujours mais avec un gros passage à vide au collège/lycée (à part BD et magazines). Puis j'ai commencé avec Kerouac et surtout les petites péripéties de Bryson qui m'ont tuées de rire. Ensuite le passage d'el famoso Étranger pour ensuite taper un peu partout, surtout XIXe. Dans le contempo j'ai du mal, je trouve pas mes marques.
Moi c’était l’inverse. J’ai commencé par lire du Modernisme. La forme m’attirait beaucoup. La petite musique de Céline, le stream of consciousness de Faulkner, Joyce, etc. Quasiment que des étrangers d’ailleurs.
J’ai vraiment découvert la Littérature XIXeiste à 27 ans.
[21:49:23] <Aurevilly>
L'an prochain quand je serai sous statut je me lâcherai. Là je dois faire le gentil pour la titularisation.
ce 410 en puissance, j'ai hâte de voir du Bloy en 5ème.
[21:50:33] <CharlesMarlow>
Le 03 septembre 2019 à 21:47:11 -Zemmour- a écrit :
[21:41:01] <CharlesMarlow>
Le 03 septembre 2019 à 21:38:53 -Zemmour- a écrit :
[21:34:39] <CharlesMarlow>
> Le 03 septembre 2019 à 21:28:19 Aurevilly a écrit :
>Au collège, à part avec les troisièmes à la rigueur et encore, t'es censé faire des trucs vraiment bien-pensant au sens "neutre" du terme. Faut servir la soupe habituelle sur la construction de la communauté, l'individu qui trouve sa place au sein du groupe, toutes ces conneries.
Putain alors moi je me rappelle de la Genèse en 6eme (college public pourtant, imagine le tollé aujourd’hui),
Le Roman de Renart et Vendredi ou la vie sauvage en 5ème.
Montaigne en 4e.
Balzac et la petite tailleuse Chinoise de Dai Sijie et Cyrano de Bergerac en 3ème.
Collège public assez moyen entre 2000 et 2004.
La plupart j’avais adoré. Même si c’était pas ma matière préférée.Et surtout, pas de Balzac, Stendhal ou Flaubert au lycée. Du coup ça m’a pas dégoûté et j’ai découvert à 26 ans la profondeur de la chose.
Exactement la même conclusion. J'ai réellement appris à lire qu'après avoir quitté le milieu scolaire.
J’ai commencé à lire du sérieux en Terminale (plus de Français).
Au début j’étais Beat Generation, (on est pas sérieux quand on a 17ans) dont je ne garde que Burroughs.
A la fac, Dostoievski, Gombrowicz, Mann, Pynchon, Bulgakov, entre autres. J’étais en Histoire donc rien à voir.J'ai toujours plus ou moins lu depuis toujours mais avec un gros passage à vide au collège/lycée (à part BD et magazines). Puis j'ai commencé avec Kerouac et surtout les petites péripéties de Bryson qui m'ont tuées de rire. Ensuite le passage d'el famoso Étranger pour ensuite taper un peu partout, surtout XIXe. Dans le contempo j'ai du mal, je trouve pas mes marques.
Moi c’était l’inverse. J’ai commencé par lire du Modernisme. La forme m’attirait beaucoup. La petite musique de Céline, le stream of consciousness de Faulkner, Joyce, etc. Quasiment que des étrangers d’ailleurs.
J’ai vraiment découvert la Littérature XIXeiste à 27 ans.
Par contre grâce à vous j'ai découvert les sud-américains et je marche à mort. J'ai un peu de difficulté à tout bien saisir chez Borges pas contre, mais j'aime bien l'univers, j'admets ne pas tout comprendre et pour la première fois j'aime bien cette frustration.
j'admets ne pas tout comprendre et pour la première fois j'aime bien cette frustration.
En l'occurrence c'est bien c'est que ça commence à venir.