Je retrouve tout de même ça très souvent avec lui.
Là typiquement je lis Le Château des destins croisés parce que je ferais bien faire l'exercice conceptuel à mes élèves, mais pareil je lis la première histoire je me dis c'est génial et puis rendu à la quatrième où le narrateur commence à lire n'importe comment ça me fatigue.
Le 31 août 2019 à 19:44:52 Aurevilly a écrit :
Je retrouve tout de même ça très souvent avec lui.Là typiquement je lis Le Château des destins croisés parce que je ferais bien faire l'exercice conceptuel à mes élèves, mais pareil je lis la première histoire je me dis c'est génial et puis rendu à la quatrième où le narrateur commence à lire n'importe comment ça me fatigue.
C’est celui où il cause taromancie ? Il faut connaître un peu ou ça aide justement. Je connais le nom des cartes mais pas en profondeur. Pas lu les traités de Jodorowsky sur le sujet.
Je connais pas le tarot mais à la vue du texte je doute fortement que cette connaissance soit un préalable nécessaire.
Le tarot est un pur prétexte à un jeu de réflexion sur le décryptage du signe - il aurait pu faire ça avec n'importe quel système de figuration symbolique non verbal - et il hésite pas à sortir des cartes qui ressemblent pas complètement à celle du tarot conventionnel quand ça l'arrange.
Le problème d'ailleurs c'est pas celui d'une incompréhension du code par le lecteur ici mais de la répétition d'une structure où c'est le narrateur censé décoder qui s'exhibe en mauvais interprète.
Le 31 août 2019 à 21:27:36 Aurevilly a écrit :
Je connais pas le tarot mais à la vue du texte je doute fortement que cette connaissance soit un préalable nécessaire.Le tarot est un pur prétexte à un jeu de réflexion sur le décryptage du signe - il aurait pu faire ça avec n'importe quel système de figuration symbolique non verbal - et il hésite pas à sortir des cartes qui ressemblent pas complètement à celle du tarot conventionnel quand ça l'arrange.
Le problème d'ailleurs c'est pas celui d'une incompréhension du code par le lecteur ici mais de la répétition d'une structure où c'est le narrateur censé décoder qui s'exhibe en mauvais interprète.
J’ai pas eu ce problème avec Calvino, étant donné que je n’ai qu’un élève. Quand ça ne m'intéresse plus dans la structure ou parce que je sens que le projet est limité, j'arrête de lire.
J’ai des livres dont je sais très bien que leur lecture ne se fera sûrement jamais (La mort de Virgile, La Route des Flandres pour ne citer qu’eux)
Je l'ai fini hier soir, la fin pour le coup part vraiment bien en couille. Il se met à dériver salement à raconter ce qu'il pense des représentations de St Jérôme et de St George au milieu d'une réflexion sur sa propre pratique d'écrivain qui se mêle à des résumés structuralistes de quelques figures qui l'intéressent : les principaux héros de Shakespeare, Justine de Sade, les Labdacides.
Le concept de base du roman permet de justifier n'importe quel délire - les personnages muets qui se racontent utilisent tous le même jeu de tarot qui se développe sur la table comme un scrabble lisible dans n'importe quel sens - mais le côté mosaïque pas maîtrisée est vraiment pète-bonbon.
Je trouve ça décidément pas à la hauteur de son génial concept et de son génial début.
Fin c'est con parce qu'un scrabble se lit que dans un sens vous me direz. Comme des dominos auxquels on aurait affecté des narrèmes plutôt.
Le 02 septembre 2019 à 07:34:05 Aurevilly a écrit :
Fin c'est con parce qu'un scrabble se lit que dans un sens vous me direz. Comme des dominos auxquels on aurait affecté des narrèmes plutôt.
Sauf si tu fais un scrabble avec que des palindromes ![]()
Kayak 32 points, et toi ? 
Le 02 septembre 2019 à 11:35:18 W_Wenders a écrit :
Le 02 septembre 2019 à 07:34:05 Aurevilly a écrit :
Fin c'est con parce qu'un scrabble se lit que dans un sens vous me direz. Comme des dominos auxquels on aurait affecté des narrèmes plutôt.Sauf si tu fais un scrabble avec que des palindromes
Certes
Conspiration, de Giacometti & Ravenne.
Vladimir ou le vol arrêté, M. Vlady
Les Bienveillantes de Littell. J'ai du mal avec le style, quelqu'un l'a lu? Putain les phases de Shoah par balle sont quand même sacrément lourdes et la construction du récit pour l'instant me rappelle un scénario mal fagoté 
Je trouve que c'est de la merde et j'ai du mal à m'empêcher de mépriser les gens qui trouvent ça génial de décrire la sodomie d'un ouvrier polak qui pue, même si je sais très bien que c'est débile de juger les gens sur leurs lectures. Mais c'est pour dire à quel point ce livre m'insupporte il me fait entrer en état de rejet viscéral, pas parce que je suis heurté par l'écriture mais le même genre de rejet que je peux avoir devant Bukowski. Une espèce de rage contre les coprolithes.
Dégraissez-moi ça !, de Michael Moore.
Bon ça date de 1996, mais c'est intéressant de voir ça avec le recul des années.
[17:22:05] <Aurevilly>
Je trouve que c'est de la merde et j'ai du mal à m'empêcher de mépriser les gens qui trouvent ça génial de décrire la sodomie d'un ouvrier polak qui pue, même si je sais très bien que c'est débile de juger les gens sur leurs lectures. Mais c'est pour dire à quel point ce livre m'insupporte il me fait entrer en état de rejet viscéral, pas parce que je suis heurté par l'écriture mais le même genre de rejet que je peux avoir devant Bukowski. Une espèce de rage contre les coprolithes.
On dirait ma critique que j'ai pu faire de Lolita de l'autre pédo. Insupportable les gens qui trouvent ça génial car "l'Art c fé pour provokhey". Le livre est ignoble, les phrases sont usées jusqu'à la moelle pour que le lecteur s'essouffle et s'empêche de donner une morale ignominieuse à chaque démonstration.
J'aime bien Lolita je dois dire. Je préfère ses romans russes mais Lolita j'aime bien aussi.
Ce qui rend Lolita intéressant à mon sens et pas Les Bienveillantes, c'est que le narrateur de Lolita a des failles dans lesquelles peut travailler la littérature. Il est fréquemment beaucoup plus faible que sa "victime", surtout sur la fin du roman où la domination a complètement changé de camp, il a la scène originelle de la frustration d'enfance qui permet de complexifier un peu le personnage en causalisant ses obsessions et on peut débattre autour de ses motivations parce que le texte est volontairement assez lâche dans la caractérisation pour qu'il ne soit pas certain de savoir si le narrateur est amoureux ou non. La caractérisation du personnage entre la "fin" du road trip et le moment beaucoup plus tôt où il considère le meurtre de la mère évolue beaucoup.
Le personnage de Littell par contre me fait chier parce que c'est un sur-homme monolithique et sans faiblesse - simplement il a pour champ de manoeuvre l'abjection, ou ce que l'auteur tente péniblement de nous faire passer pour tel. Je n'y trouve que de la facilité et de la convention éculée.
Mais après je peux comprendre qu'on aime pas Lolita. Simplement, je défendrais pas le livre sur son côté sulfureux personnellement mais sur son indécision, son hésitation, ses fléchissements qui le sauvent. La littérature que j'aime en général se nourrit beaucoup de ça.
Pour ma part j'ai ressenti une impression tout autre. On sent l'ambiguïté toute faite sur chaque phrase, en sorte que le lecteur se doit d'amoraliser les propos tenus par le narrateur - si bien sur on fait abstraction du style -. La forme est, je l'admets réussie, c'est peut être ce qui sauve l'ensemble et met de côté la morale plaquée en premier plan qui est alors dissimulée par un artifice complètement téléphoné. J'ai détesté cette perturbation qui est d'un vulgaire abjecte pour un style qui n'a alors, pas pu me marquer durement.
Sinon cette rentrée ? Tu t'es présenté devant tes élèves tout neufs ? ![]()
J'ai eu mes deux classes cet aprem, ça m'a un peu niqué le moral en plus des réunions avec ma tutrice.
Le niveau est extrêmement bas en lecture, en culture, en écriture au collège et je suis pas censé faire autre chose que présenter des idées très générales sur les figures les plus incontournables de la littérature tout en faisant travailler la grammaire et en posant des questions de compréhension ultra basiques. Il n'y a aucune dimension proprement littéraire à l'exercice et je sens que ça va me foutre un sale bourdon, je craignais fortement d'être affecté à un collège et c'est pire que ce à quoi je m'attendais.
Les 4e sont plutôt pénibles, c'est le mauvais âge, ils essaient beaucoup de te tester faut les pousser au cul pour les faire bosser et ils y vont avec mauvaise volonté. Les 5e ils sont...petits. Vraiment. C'est pas loin d'être un public infantile. J'ai pas la vocation pour ça, du coup j'ai énormément de mal à préparer mes cours, à me mettre au niveau.
Je compatis. Ton message est d'une tristesse
mais je pense que c'est comme tout, on s'y fait par la force plus que par la volonté parfois. Il faut que tu prennes tes marques et que tu oublies ta façon d'être et de faire pour t'habituer à nouveau processus et rythme. Quelles sont les livres au programme ? T'as un peu de liberté quand même dans les propositions de textes et extraits, ou c'est tout tracé ? Courage.