Le 13 août 2019 à 15:29:44 YourHostGuru a écrit :
Je pense pas qu'on ait une idée un tant soit peu fidèle de ce qu'est le sujet du livre avant de l'avoir lu, parce que c'est certainement pas ce qu'on en résume d'ordinaire - le traditionnel triangle amoureux vaudevillesque qui ne débouche sur rien.
Oui, je suis pourtant d'accord, et je ne doute pas qu'il ne faut pas réduire ce roman à une simple intrigue sentimentale, sinon je ne me déciderais pas du tout à le lire pour le moment. C'est vrai que lorsque mes profs ont pu mentionner ce bouquin, c'était chaque fois par rapport aux mêmes scènes, et j'ai l'impression de ne pas avoir envie de lire ce genre de choses, parfois. Mais je ne veux pas me priver du reste, d'où ma lecture malgré tout.
Ce sont des états d'âme qui me parasitent bêtement, ça me passera 
Le problème c'est aussi beaucoup que le livre n'a pas vraiment de sujet et que son mode de composition unique des épisodes en question le rend à peu près impossible à résumer dans sa dynamique de manière fidèle, parce qu'elle est extrêmement lâche, c'est pas schématique comme chez Balzac ça grouille et le sens qui régit le tout est assez souterrain. Du coup quand on veut pas étudier le bouquin frontalement on s'arrête sur quelques éléments qui font sens par eux-mêmes, et c'est dommage parce que ce qui rend le livre si parfait c'est vraiment sa technique de composition, par-delà tout le reste.
J’attaque le désert des tartares de Buzzati
Le 13 août 2019 à 18:42:41 [-El_Maestro-] a écrit :
J’attaque le désert des tartares de Buzzati
Très bon. Faut attaquer Le Rivage des Syrtes de Gracq après.
Je note merci
Le 13 août 2019 à 15:59:51 YourHostGuru a écrit :
Le problème c'est aussi beaucoup que le livre n'a pas vraiment de sujet et que son mode de composition unique des épisodes en question le rend à peu près impossible à résumer dans sa dynamique de manière fidèle, parce qu'elle est extrêmement lâche, c'est pas schématique comme chez Balzac ça grouille et le sens qui régit le tout est assez souterrain. Du coup quand on veut pas étudier le bouquin frontalement on s'arrête sur quelques éléments qui font sens par eux-mêmes, et c'est dommage parce que ce qui rend le livre si parfait c'est vraiment sa technique de composition, par-delà tout le reste.
Je comprends, et cet aspect du roman devrait me plaire, au-delà des points de détails qui m'en faisaient différer la lecture.
Inferno, de Dan Brown.
L'Iliade, traduction de Paul Mazon, très agréable à lire et captivante
Le curé de Tours et ensuite Pierrette de Balzac que je viens de trouver d'occasion (merci Stoe). Par contre on en parle de ces abrutis qui te spoilent la totalité du livre en quatrième de couverture ? On peut porter plainte ou pas ? ![]()
Le 14 août 2019 à 18:13:15 E-Hopper a écrit :
Le curé de Tours et ensuite Pierrette de Balzac que je viens de trouver d'occasion (merci Stoe). Par contre on en parle de ces abrutis qui te spoilent la totalité du livre en quatrième de couverture ? On peut porter plainte ou pas ?
Gaffe aux notes de bas de page chez Balzac aussi. Ça spoil souvent.
Oui je suis habitué aux notices et autres introductions ravageuses. Mais là, dès la quatrième de couverture, c'est assez radical et sans précédent. Je viens de terminer le Curé de Tours, je l'ai adoré avec toujours cette dichotomie si singulière entre les grands et les petits. Demain c'est au tour de Pierrette ![]()
Le 11 août 2019 à 20:04:26 CharlesMarlow a écrit :
Le 11 août 2019 à 18:35:25 MaitreBuisson a écrit :
Le Mythe de Sisyphe, de Camus ; je n'en suis qu'au début, mais j'ai l'impression qu'il y a beaucoup de verbiage pour un fond finalement assez concis...C’est intéressant de lire ou regarder La femme des sables de Kobo Abe / Hiroshi Teshigahara après ça. Une adaptation dans le concret.
Je note, merci beaucoup !!
Maléfices, de Maxime Chattam.
Metro 2033 de Dimitri Glukovski.
Je viens de terminer Le Moulin de Pologne de Giono, que je ne sais plus quel forumeur m’avait recommandé.
C’était une pause entre les chapitres de L’arc-en-ciel de la Gravité de Pynchon. Je me le fais par chapitre (le 3e faisant 400 pages tout de même). C’est trop pour un seul homme sinon.
Le 16 août 2019 à 18:42:49 CharlesMarlow a écrit :
Je viens de terminer Le Moulin de Pologne de Giono, que je ne sais plus quel forumeur m’avait recommandé.
C’était une pause entre les chapitres de L’arc-en-ciel de la Gravité de Pynchon. Je me le fais par chapitre (le 3e faisant 400 pages tout de même). C’est trop pour un seul homme sinon.
Comment est la prose de Pynchon ? Il y a beaucoup de personnages ? C'est vrai que c'est un gros bordel d'informations sur des sujets hétéroclites ?
Le 16 août 2019 à 19:01:18 PauvreLelian a écrit :
Le 16 août 2019 à 18:42:49 CharlesMarlow a écrit :
Je viens de terminer Le Moulin de Pologne de Giono, que je ne sais plus quel forumeur m’avait recommandé.
C’était une pause entre les chapitres de L’arc-en-ciel de la Gravité de Pynchon. Je me le fais par chapitre (le 3e faisant 400 pages tout de même). C’est trop pour un seul homme sinon.Comment est la prose de Pynchon ? Il y a beaucoup de personnages ? C'est vrai que c'est un gros bordel d'informations sur des sujets hétéroclites ?
Absolument. J’avais lu V. , Inherent Vice et Vente à la criée sur le lot 49 et c'était déjà gratiné.
Là c’est son plus nébuleux. Par contre, une petite dizaine de personnages sur 400 sont importants dans Gravity Rainbow.
Comme pour Ulysse, on peut lire certains passages sans forcément comprendre tous les tenants et aboutissants. C’est quand les personnages et évènements reviennent qu’il faut s’y plonger un peu plus.
Tous les écrivains qui se réclament du Post-Modernisme avouent qu’ils se sentent bête en lisant le Maître.
Reste que c’est extrêmement jouissif. L’auteur se moque du lecteur — gentiment — et de ses personnages — plus méchamment — en les plaçant dans des situations improbables. Entre érections fulgurantes, banana’s breakfast, complots nazis allemands, hollandais, Yankees et Anglais défoncés, avec des références à Pavlov et autres sciences comportementales, voire Vaudou urbain.
C’est prodigieux, quoi qu’il arrive.
La difficulté est surtout qu’il commence parfois ses paragraphes ou sous-chapitres par des « Il » ou « Elle », et compte sur le lecteur pour démêler la chose.
Il faut se plonger dedans sans trop réfléchir. Au risque de s’y perdre, justement. A moins d’avoir des connaissances pointues en mathématiques, ingénierie militaire, comportementalisme, béhaviorisme et cognitivisme.
Il faut accepter de ne pas tout comprendre
Une bonne porte d’entrée est l’adaptation de Inherent Vice par Paul Thomas Anderson. A voir plusieurs fois pour déceler le jus de l’œuvre de Pynchon : à savoir que l’Homme est mort après les guerres mondiales et que la partition jouée ensuite n’est que camouflet. C’est un écrivain des ruptures de civilisations, qui, en lieu et place de proposer des solutions, propose une esthétique, sorte de danse macabre sur la tombe de l’humain. Un Fandango qui accélère et décélère sans préavis, qui passe d’une porte de grenier à un sous-marin sans préavis.
Et, malgré ce qui peut sembler logique après avoir appréhendé tout ça, ce n’est pas une lecture déprimante. C’est un joyeux souk eschatologique, paranoïaque, mais un peu comme Le Festin Nu.
Concernant les sujets hétéroclites abordés, oui, c’est le bordel. Après, il est supérieurement intelligent. Pas de doute. Pas un Dieu, mais un génie à sa manière.
Il y a eu de plus grands écrivains, mais, de son doigt boueux, il touche au sublime.
Merci pour vos recommandations concernant Balzac
Maintenant je lis Le côté des Guermantes, je comprends mieux pourquoi certains l’aiment moins malgré de très beaux passages (notamment dans la première partie ou La maladie très émouvante et la mort de la grand-mère ) ou d’autres plus amusants comme le portrait des Guermantes. J’en parle pour rebondir sur les spoilers dans les éditions. Celle-là est assez cocasse: la deuxième partie est divisée en deux chapitres, et au début de chaque chapitre, en chapeau, il y a un résumé succinct, sous forme de titres, écrit en italique ! Si je comprends l’idée, c’est quand même malvenu, d’autant que visuellement les yeux sont obligés de passer dessus... j’ai rarement vu pire (même si certaines éditions ont des 4e de couverture proprement scandaleuse)
Le phénomène humain de Pierre Teilhard de Chardin.
Les Fleurs du Mal - Baudelaire
Tous les hommes sont menteurs - Alberto Manguel