Marrant je l'ai lu hier. C'est sympathique, je préfère ça au baroque du premier Corneille.
Après le style espagnol je dois bien dire que ça a jamais été ma tasse de thé, en tragicomique, en nouvelles, en à peu près tout.
Je lis par curiosité pour voir un peu à quoi ressemble ce fameux siècle d'or. J'aime bien mais je vais pas approfondir c'est sur (à part peut être Numance)
Le 24 juillet 2019 à 20:22:27 HenryJames a écrit :
Je lis par curiosité pour voir un peu à quoi ressemble ce fameux siècle d'or. J'aime bien mais je vais pas approfondir c'est sur (à part peut être Numance)
La vie de Lazarillo de Tormes est très bon.
Le 23 juillet 2019 à 19:43:28 E-Hopper a écrit :
[19:21:25] <SaturneDraz>
Les conséquences politiques de la paix de Bainville. Ouvrage très intéressant.Zemmour en parlait comme d'un ouvrage prophétique quant à la 2GM. J'attends ton retour si possible une fois l'essai lu dans sa totalité
Il y a des passages absolument époustouflants comme celui-ci (il explique juste avant des détails qui montrent la non-prise en compte du sentiment national allemand depuis la création de l'Allemagne en 1870, et surtout la population allemande qui était de 60M contre 40M pour la France : "Maintenant, regardez la carte de l'Europe nouvelle, si, au moment où ce livre tombera sous vos yeux, elle n'a pas été déchirée, bouleversée en plusieurs parties."
Walden ou la vie dans les bois
De Henry David Thoreau
La Clé des vents, de Stephen King.
[22:24:12] <SaturneDraz>
Le 23 juillet 2019 à 19:43:28 E-Hopper a écrit :
[19:21:25] <SaturneDraz>
Les conséquences politiques de la paix de Bainville. Ouvrage très intéressant.Zemmour en parlait comme d'un ouvrage prophétique quant à la 2GM. J'attends ton retour si possible une fois l'essai lu dans sa totalité
Il y a des passages absolument époustouflants comme celui-ci (il explique juste avant des détails qui montrent la non-prise en compte du sentiment national allemand depuis la création de l'Allemagne en 1870, et surtout la population allemande qui était de 60M contre 40M pour la France : "Maintenant, regardez la carte de l'Europe nouvelle, si, au moment où ce livre tombera sous vos yeux, elle n'a pas été déchirée, bouleversée en plusieurs parties."
Intéressant en effet. C'est pas trop "exigeant" comme essai ? Faut-il avoir de lourdes connaissances sur la 1GM pour pouvoir véritablement le savourer ?
Je suis en train de lire Des souris et des hommes, de John Steinbeck. Plutôt court, mais assez marquant et je suis presque arrivé à la toute fin de ce dernier. ![]()
Le 25 juillet 2019 à 13:24:33 E-Hopper a écrit :
[22:24:12] <SaturneDraz>
Le 23 juillet 2019 à 19:43:28 E-Hopper a écrit :
[19:21:25] <SaturneDraz>
Les conséquences politiques de la paix de Bainville. Ouvrage très intéressant.Zemmour en parlait comme d'un ouvrage prophétique quant à la 2GM. J'attends ton retour si possible une fois l'essai lu dans sa totalité
Il y a des passages absolument époustouflants comme celui-ci (il explique juste avant des détails qui montrent la non-prise en compte du sentiment national allemand depuis la création de l'Allemagne en 1870, et surtout la population allemande qui était de 60M contre 40M pour la France : "Maintenant, regardez la carte de l'Europe nouvelle, si, au moment où ce livre tombera sous vos yeux, elle n'a pas été déchirée, bouleversée en plusieurs parties."
Intéressant en effet. C'est pas trop "exigeant" comme essai ? Faut-il avoir de lourdes connaissances sur la 1GM pour pouvoir véritablement le savourer ?
Non pas du tout, c'est même ça qui est génial. Bainville a le mérite d'être plutôt clair dans ce qu'il écrit. Tu n'as pas besoin d'avoir de très grandes notions sur la Première Guerre mondiale. A la limite, c'est peut-être intéressant d'en savoir un minimum sur la Prusse d'avant l'Allemagne, Bismarck et l'unification allemande ainsi que des petits points du Traité de Versailles (même si Bainville les reprend donc indirectement on le comprend en lisant sa critique dessus). Mais même ça je ne dirais que ce n'est pas obligatoire mais ça te facilitera davantage la compréhension de l'ouvrage.
Et puis le style de Bainville n'est pas lourd, tu te retrouves avec ce genre de phrases par exemple :
"En partant de là, on fit ce qu'on devait faire : on lui donna la consécration du droit public qui lui manquait, on aida les centralisateurs prussiens à compléter l’œuvre de Bismarck. On nous a dit qu'une politique réaliste et pratique le voulait aussi, qu'une grande Allemagne aux rouages simplifiés, formant un tout économique, serait, pour nos réparations, un débiteur plus sûr qu'une Allemagne composée de petits États médiocrement prospères. Ce raisonnement commence à apparaître comme une des folies les plus remarquables de l'histoire moderne. Nous y avons gagné que quarante millions de français sont créanciers d'une masse de soixante millions d'allemands, et pour une créance recouvrable en trente ou quarante années."
Là on comprend bien que le gros (l'Allemagne unifiée) allait forcément finir par bouffer le petit d'à côté (la France) qui lui demandait de payer de lourdes dettes sur des dizaines d'années. Tant que l'Allemagne restait unifiée et fortement nationaliste sous la discipline prussienne, il fallait s'attendre à un renversement de situation.
[09:15:56] <SaturneDraz>
Le 25 juillet 2019 à 13:24:33 E-Hopper a écrit :
[22:24:12] <SaturneDraz>
Le 23 juillet 2019 à 19:43:28 E-Hopper a écrit :
[19:21:25] <SaturneDraz>
Les conséquences politiques de la paix de Bainville. Ouvrage très intéressant.Zemmour en parlait comme d'un ouvrage prophétique quant à la 2GM. J'attends ton retour si possible une fois l'essai lu dans sa totalité
Il y a des passages absolument époustouflants comme celui-ci (il explique juste avant des détails qui montrent la non-prise en compte du sentiment national allemand depuis la création de l'Allemagne en 1870, et surtout la population allemande qui était de 60M contre 40M pour la France : "Maintenant, regardez la carte de l'Europe nouvelle, si, au moment où ce livre tombera sous vos yeux, elle n'a pas été déchirée, bouleversée en plusieurs parties."
Intéressant en effet. C'est pas trop "exigeant" comme essai ? Faut-il avoir de lourdes connaissances sur la 1GM pour pouvoir véritablement le savourer ?
Non pas du tout, c'est même ça qui est génial. Bainville a le mérite d'être plutôt clair dans ce qu'il écrit. Tu n'as pas besoin d'avoir de très grandes notions sur la Première Guerre mondiale. A la limite, c'est peut-être intéressant d'en savoir un minimum sur la Prusse d'avant l'Allemagne, Bismarck et l'unification allemande ainsi que des petits points du Traité de Versailles (même si Bainville les reprend donc indirectement on le comprend en lisant sa critique dessus). Mais même ça je ne dirais que ce n'est pas obligatoire mais ça te facilitera davantage la compréhension de l'ouvrage.
Et puis le style de Bainville n'est pas lourd, tu te retrouves avec ce genre de phrases par exemple :"En partant de là, on fit ce qu'on devait faire : on lui donna la consécration du droit public qui lui manquait, on aida les centralisateurs prussiens à compléter l’œuvre de Bismarck. On nous a dit qu'une politique réaliste et pratique le voulait aussi, qu'une grande Allemagne aux rouages simplifiés, formant un tout économique, serait, pour nos réparations, un débiteur plus sûr qu'une Allemagne composée de petits États médiocrement prospères. Ce raisonnement commence à apparaître comme une des folies les plus remarquables de l'histoire moderne. Nous y avons gagné que quarante millions de français sont créanciers d'une masse de soixante millions d'allemands, et pour une créance recouvrable en trente ou quarante années."
Là on comprend bien que le gros (l'Allemagne unifiée) allait forcément finir par bouffer le petit d'à côté (la France) qui lui demandait de payer de lourdes dettes sur des dizaines d'années. Tant que l'Allemagne restait unifiée et fortement nationaliste sous la discipline prussienne, il fallait s'attendre à un renversement de situation.
J'avais lu son Histoire de France il y a longtemps. C'était sympa et abordable car justement la synthèse était, pour le coup, concise et claire. Je m'y pencherai plus tard sur ce bouquin qui me donne envie depuis que j'ai vu Naulleau et Zemmour parler d'une seule voix et en faire l'éloge. Chose rare chez le binôme.
Merci bien ![]()
Climats d'André Maurois.
Rousseau en général, là je suis sûr Les Confessions + La Nouvelle-Héloïse. ![]()
Les Égarements du cœur et de l'esprit, de Crébillon fils. ![]()
Je viens de finir La grande peur dans la montagne de Ramuz.
Déception, je me suis bien emmerdé et je trouve le roman assez mal foutu. Le style de Ramuz, volontairement lourd et bourré de répétitions, ça casse les couilles après 20 pages, avec en plus un jeu vain sur la focalisation pour créer de l'étrange à deux sous. Je m'attendais à une sorte de huis-clos très oppressant à la tonalité apocalyptique, pesante, mais ça vire à l’anecdotique et au forçage très rapidement.
Aline m'avait pourtant plu, j'attaquerai Derborence à l'occase, je vais pas enterrer notre écrivain national comme ça non plus. ![]()
Le 29 juillet 2019 à 22:57:27 E-180 a écrit :
Je viens de finir La grande peur dans la montagne de Ramuz.Déception, je me suis bien emmerdé et je trouve le roman assez mal foutu. Le style de Ramuz, volontairement lourd et bourré de répétitions, ça casse les couilles après 20 pages, avec en plus un jeu vain sur la focalisation pour créer de l'étrange à deux sous. Je m'attendais à une sorte de huis-clos très oppressant à la tonalité apocalyptique, pesante, mais ça vire à l’anecdotique et au forçage très rapidement.
Aline m'avait pourtant plu, j'attaquerai Derborence à l'occase, je vais pas enterrer notre écrivain national comme ça non plus.
J’ai un ami qui en a lu pas mal (je n’ai lu que La Grande peur dans la Montagne que j’ai adoré — je suis né de l’autre côté du lac), et son préféré est La vie de Samuel Belet, et La beauté sur la terre.
Le 30 juillet 2019 à 00:07:56 CharlesMarlow a écrit :
Le 29 juillet 2019 à 22:57:27 E-180 a écrit :
Je viens de finir La grande peur dans la montagne de Ramuz.Déception, je me suis bien emmerdé et je trouve le roman assez mal foutu. Le style de Ramuz, volontairement lourd et bourré de répétitions, ça casse les couilles après 20 pages, avec en plus un jeu vain sur la focalisation pour créer de l'étrange à deux sous. Je m'attendais à une sorte de huis-clos très oppressant à la tonalité apocalyptique, pesante, mais ça vire à l’anecdotique et au forçage très rapidement.
Aline m'avait pourtant plu, j'attaquerai Derborence à l'occase, je vais pas enterrer notre écrivain national comme ça non plus.
J’ai un ami qui en a lu pas mal (je n’ai lu que La Grande peur dans la Montagne que j’ai adoré — je suis né de l’autre côté du lac), et son préféré est La vie de Samuel Belet, et La beauté sur la terre.
Tous les romands n'habitent pas au bord du Léman tu sais ![]()
Blague à part, je me demandais justement si ça se lisait en France. En Suisse il me semble que c'est un peu tombé en désuétude, peut-être en réaction à une volonté un peu trop marqué d'en faire LE représentant de la littérature romande (il y a quand même sa tronche sur nos billets de 200) au XXème siècle.
D'accord pour les titres, on m'a offert ses oeuvres en Pléiade donc j'ai loisir de piocher, l'avantage c'est que c'est toujours relativement court.
Le 30 juillet 2019 à 00:25:56 E-180 a écrit :
Le 30 juillet 2019 à 00:07:56 CharlesMarlow a écrit :
Le 29 juillet 2019 à 22:57:27 E-180 a écrit :
Je viens de finir La grande peur dans la montagne de Ramuz.Déception, je me suis bien emmerdé et je trouve le roman assez mal foutu. Le style de Ramuz, volontairement lourd et bourré de répétitions, ça casse les couilles après 20 pages, avec en plus un jeu vain sur la focalisation pour créer de l'étrange à deux sous. Je m'attendais à une sorte de huis-clos très oppressant à la tonalité apocalyptique, pesante, mais ça vire à l’anecdotique et au forçage très rapidement.
Aline m'avait pourtant plu, j'attaquerai Derborence à l'occase, je vais pas enterrer notre écrivain national comme ça non plus.
J’ai un ami qui en a lu pas mal (je n’ai lu que La Grande peur dans la Montagne que j’ai adoré — je suis né de l’autre côté du lac), et son préféré est La vie de Samuel Belet, et La beauté sur la terre.
Tous les romands n'habitent pas au bord du Léman tu sais
Blague à part, je me demandais justement si ça se lisait en France. En Suisse il me semble que c'est un peu tombé en désuétude, peut-être en réaction à une volonté un peu trop marqué d'en faire LE représentant de la littérature romande (il y a quand même sa tronche sur nos billets de 200) au XXème siècle.
D'accord pour les titres, on m'a offert ses oeuvres en Pléiade donc j'ai loisir de piocher, l'avantage c'est que c'est toujours relativement court.
La médiathèque d’Evian-les-Bains s’appelle Médiathèque Charles-Ferdinand Ramuz.
Mais ça se lit peu. Je suis de vers la montagne au-dessus de TLB et mes parents en avaient un ou deux. Mais ils le trouvaient « réac ». Peu le connaissent aujourd’hui. J’en ai trouvé à Lyon ceci-dit. Par hasard.
En Romand il y a Albert Cohen (que je n’ai toujours pas lu par ailleurs).
Édit : Valaisan ?
D’ailleurs beaucoup de grands écrivains sont enterrés en Suisse. Borges et Musil à Genève, Nabokov à Montreux, Thomas Mann à Zurich. Entre autres.
Malheureusement, les tombes protestantes ne sont pas de toute beauté.
Je n'ai rien lu de Cohen et je ne compte pas pallier ce manque dans les prochaines années, mais j'ai un peu de la peine à le considérer comme suisse, à la limite genevois. Je suis pas spécialement versé dans la pensée identitaire, mais Cohen s'apparente plus à une sorte d'internationaliste qui aurait posé ses valises à Genève un moment sans vraiment devenir culturellement suisse. Il bossait à la SDN et s'est surtout impliqué dans l'Europe, le judaïsme et le sionisme. Je ne considère pas que les genevois sont des semi-suisses, mais la ville a un statut particulier. Par exemple Rousseau, on insiste toujours sur le fait qu'il soit genevois, pas suisse, et à raison.
C'est un peu le problème d'une littérature de "minorité". Pour te différencier du "dominant", la recherche de distinctions devient le mot d'ordre. Ramuz incarne parfaitement cela. Même s'il n'a sûrement pas directement pensé de cette manière, son style et ses thèmes ont été brandis comme représentatifs de la Suisse. Le danger évident de ces démarches c'est de tomber dans un régionalisme bas du front.
Oui, la Suisse a accueilli beaucoup de grands artistes, elle en a malheureusement produit très peu.
Non, fribourgeois, mais j'aime bien les montagnes.
[00:34:12] <CharlesMarlow>
D’ailleurs beaucoup de grands écrivains sont enterrés en Suisse. Borges et Musil à Genève, Nabokov à Montreux, Thomas Mann à Zurich. Entre autres.
Malheureusement, les tombes protestantes ne sont pas de toute beauté.
N'oublie pas Hesse malheureux ![]()