"Le président des ultra riches" de Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot.
Inutile de préciser de quel président ça parle.
J'ai fini Phèdre de Platon hier soir, ça ne m'a pas passionné, mais certains moments restaient tout de même intéressants voire constructifs (à l'échelle de 10 pages sur 100).
J'hésite entre commencer un des dialogues de Platon d'une espèce de compilation que j'ai achetée (
) ou d'entamer le Décaméron, de Boccace. Je vais probablement lire un peu des deux à la fois. ![]()
Le roman de la table ronde de Chrétien de Troyes ![]()
Etat d'urgence, de Michael Crichton.
Le 28 avril 2019 à 10:25:10 MaitreBuisson a écrit :
J'ai fini Phèdre de Platon hier soir, ça ne m'a pas passionné, mais certains moments restaient tout de même intéressants voire constructifs (à l'échelle de 10 pages sur 100).J'hésite entre commencer un des dialogues de Platon d'une espèce de compilation que j'ai achetée (
) ou d'entamer le Décaméron, de Boccace. Je vais probablement lire un peu des deux à la fois.
Tu peux avoir l'impression de te perdre en lisant un dialogue de Platon pour la première fois, voire perdre ton temps, car tu t'attendais peut-être à ce que le dialogue traite d'un sujet précis, en tire un enseignement clair, et ne s'éparpille pas en mille digressions. Mais en les relisant et rapportant les uns les autres progressivement, tu vas te rendre compte de leur richesse inouïe et de l'unité qu'ils forment (que Platon visait). Prends-ton temps et vois les nombreux mystères qui planent dans les dialogues comme autant d'incitations à réfléchir et lire le reste.
Pour t'éviter de trop grosses migraines, je te recommande quand même de t'aider des notes et commentaires des spécialistes de l'édition que tu achètes. Ils t'éviteront de te gratter la tête toutes les 5 lignes parce que tu n'as pas encore lu ses nombreux autres dialogues ou parce que tu ne connais pas les références historiques/culturelles/savantes qu'il déploie dans ses dialogues (une tonne).
Je vais prendre un exemple typique de la compilation que tu viens d'acheter chez GF : le Ménexène. Si tu n'as pas en tête le contexte de la rédaction de ce dialogue, tu ne vas rien comprendre et te tromper sur l'intention qu'avait Platon en écrivant l'oraison funèbre qui occupe les trois quarts du dialogue. Tu risques comme une flopée de commentateurs antiques (même modernes !) de croire que Platon se prend au sérieux et donne d'une manière ou d'une autre une leçon de morale "grandiose", quand il délivre une critique acerbe de la médiocrité morale et intellectuelle des politiques athéniens sous le couvert de l'ironie ; ce long discours est une pastiche de ce style qui était essentiellement une propagande publique destinée à stimuler le patriotisme de ses citoyens en son temps à Athènes, qu'il s'emploie ici à ridiculiser (avec leurs auteurs) et à en montrer les ressorts en accentuant le ton pompeux et en accumulant les contre-vérités historiques.
D'ailleurs cette compilation renferme de vieilles éditions de ces dialogues, tu ne trouveras certainement pas l'expertise colossale du texte, des doctrines de Platon et du platonisme des éditions GF récentes (en passant, j'ai cru entendre dans une interview récente de Brisson qu'ils allaient donner une révision à leur édition).
Enfin d'autres que moi te conseilleront peut-être de lire Aristote, les néo-platoniciens, des auteurs classiques, etc pour en dégager plus de choses, et ils auront sûrement raison de t'inviter à le faire, bien que je ne puisse rien dire de très intéressant à ce sujet - je ne les connais pas bien, pour ne pas dire que je n'en ai presque rien lu hors l'interprétation moderne et quelques extraits (je vais m'y atteler).
Je viens de finir L'homme dans le labyrinthe de Silverberg - autre chose à foutre de ma vie que lire des merdes de grèce antique comme certains de mes vdd -, je m'étais juré de jamais reprendre la SF américaine mais voilà les livres avec des labyrinthes c'est mon péché mignon.
On vend cette merde comme un classique du genre mais c'est totalement de la chiasse, ça a l'air d'avoir été écrit par un ado en rébellion - le discours du héros étalé sur trois cent pages se limite à "l'humanité m'a rejeté parce que je révélais sa conscience noire cé tro sombr" -, c'est d'une martyrologie d'une lourdeur à claquer devant le bouquin, c'est poseur pour rien - je l'imagine jouir le fils de pute sur son manuscrit en recopiant comme un bon tâcheron un bout de la tirade fameuse de Shylock sans la citer en se prenant pour un érudit de fou -, c'est de la merde putain comme toujours avec la SF.
Rendez-moi trois heures de ma vie.
Les particules élémentaires - houellebecq, j’arrive au bout, dans l’ensemble j’aime bien
Le 28 avril 2019 à 19:40:48 DonKoga a écrit :
Le roman de la table ronde de Chrétien de Troyes
Il y a cinq romans arthuriens. Lequel ?
Le 01 mai 2019 à 20:14:42 PhoqueErotique a écrit :
[...]
Merci beaucoup pour toutes ces précisions ; en un sens cela me motive, j'avais peur de rester indifférent à chaque dialogue en les prenant individuellement, sans penser nécessairement à les considérer tous dans un ensemble. Cela m'éclaire sur de nombreux points, du moins.
D'ailleurs cette compilation renferme de vieilles éditions de ces dialogues, tu ne trouveras certainement pas l'expertise colossale du texte, des doctrines de Platon et du platonisme des éditions GF récentes (en passant, j'ai cru entendre dans une interview récente de Brisson qu'ils allaient donner une révision à leur édition).
Comment cette 'expertise colossale' se manifeste-t-elle ? Je dois admettre que les commentaires d'oeuvres présentes dans un dossier à la fin m'ont toujours vaguement repoussé, probablement effet direct des cours de français du collège/lycée à vertu plutôt soporifique. ![]()
Je les envisage sans doute mal ceci dit, mais j'attendrai d'avoir lu l'ensemble des dialogues de Platon avant de m'y intéresser en détail, je pense.
Autrement, je te remercie encore pour tes conseils constructifs, je n'en attendais pas tant ! ![]()
Ayaaaaa la faute dégueu à "pastiche", ça m'a torturé toute la nuit. Je pense toujours à ces saloperies de pistaches en l'écrivant + y avait des petits nuggets de saumon pané de thiriet au menu ce soir donc je devais faire vite. ![]()
L'expertise kolossale se manifeste dans des ""présentations""/""introductions"" avoisinant la 100aine de pages, un appareil de notes faisant facilement le double/triple du dialogue, certaines s'étalant parfois sur plusieurs pages (dans une police réduite). Malheureusement ils ont dû se retenir concernant les 2 plus gros dialogues à cause de certaines nécessités matérielles. Vraiment dommage, je pense qu'il y avait encore moyen de rajouter du contenu sans atteindre le seuil critique à partir duquel le livre se serait effondré sous son propre poids pour former un trou noir. 
Mais parlant du fond, il suffit de prendre le temps de lire leurs commentaires pour saisir qu'ils ne sortent pas de nulle part et ont l'expérience requise du texte (traducteurs pour la plupart) et des interprétations passées et présentes du corpus platonicien pour en donner un exposé clair, dans les limites du possible.
j'attendrai d'avoir lu l'ensemble des dialogues de Platon avant de m'y intéresser en détail, je pense.
Je pense que tu fais bien d'attendre : tu risquerais de te noyer dans une masse informe d'érudition, s'adressant parfois à un public très restreint (les choix de traduction sont un bon exemple), et souvent nuisible pour la concentration . Quand j'ai lu l'ensemble des dialogues pour la première fois, je l'ai fait dans l'édition GF qui les contient tous en un seul livre orange compact (les pages sont grandes, les notes/annexes/présentations réduits au strict minimum).
Rendez-moi trois heures de ma vie.
Va lire la deuxième partie du Parménide ou rappelle-toi en si tu l'as déjà fait, ça t'aidera peut-être à relativiser. 
Histoire d’un amour de Roger Nimier. Très grand esprit. J’avais admiré Le hussard bleu.
Je vais enchaîner sur un roman du XXIe siècle (une première, pour moi, à part un Nothomb en lecture obligatoire en 1ère), Meursault, contre-enquête de Kamel Daoud.
Et, ça et là, le Manuel d’Epictète, après avoir plus ou moins achevé (ça ne se termine jamais vraiment) les Pensées pour moi-même de Marc-Aurele. Il n’y a que les stoïciens qui m’intéressent réellement en Philosophie, Camus compris.
[17:44:06] <CharlesMarlow>
Histoire d’un amour de Roger Nimier. Très grand esprit. J’avais admiré Le hussard bleu.
Je vais enchaîner sur un roman du XXIe siècle (une première, pour moi, à part un Nothomb en lecture obligatoire en 1ère), Meursault, contre-enquête de Kamel Daoud.
Et, ça et là, le Manuel d’Epictète, après avoir plus ou moins achevé (ça ne se termine jamais vraiment) les Pensées pour moi-même de Marc-Aurele. Il n’y a que les stoïciens qui m’intéressent réellement en Philosophie, Camus compris.
Tu devrais essayer de lire "Introduction aux pensées de Marc Aurèle" de Pierre Hadot. C'est un très bon complément pour saisir davantage le stoïcisme impérial. Tu as lu du Sénèque et Cicéron ? C'est d'une beauté également.. passe par les Entretiens d'Epictète aussi à l'occasion ![]()
Le 02 mai 2019 à 17:51:24 -Zemmour- a écrit :
[17:44:06] <CharlesMarlow>
Histoire d’un amour de Roger Nimier. Très grand esprit. J’avais admiré Le hussard bleu.
Je vais enchaîner sur un roman du XXIe siècle (une première, pour moi, à part un Nothomb en lecture obligatoire en 1ère), Meursault, contre-enquête de Kamel Daoud.
Et, ça et là, le Manuel d’Epictète, après avoir plus ou moins achevé (ça ne se termine jamais vraiment) les Pensées pour moi-même de Marc-Aurele. Il n’y a que les stoïciens qui m’intéressent réellement en Philosophie, Camus compris.Tu devrais essayer de lire "Introduction aux pensées de Marc Aurèle" de Pierre Hadot. C'est un très bon complément pour saisir davantage le stoïcisme impérial. Tu as lu du Sénèque et Cicéron ? C'est d'une beauté également.. passe par les Entretiens d'Epictète aussi à l'occasion
Seneque un peu oui. Pas entièrement mais beaucoup de La vie heureuse. Cicéron pas touché pour le moment.
Je note les Entretiens ![]()
Epicète, j'arrive à le lire contrairement à Marc aurèle.
J'ai fini hier un livre d'entretiens entre Roger-Martin Allemand et Robe-Grillet qui était excellent, je vais essayer de me motiver à aller acheter La Reprise ce matin, du second, que la lecture du livre m'a très bien vendu.
Pourquoi cette haine de la SF ?
[10:41:01] <Murong>
Epicète, j'arrive à le lire contrairement à Marc aurèle.
C'est plus délicat Marc-Aurèle si on enlève ses courts aphorismes. Il est plus lyrique et métaphorique que les autres stoïciens, d'où une certaine incompréhension qui peut émaner car le lecteur souhaite une phrase percutante pour qu'il puisse en retirer une réelle leçon de vie. Il est essentiel d'être, au préalable initié à son style avant de vouloir s'imprégner de la totalité de ses Pensées. Lire une introduction n'est vraiment pas à négliger.
Un vieux manuel de mathématiques pour l'agrégation, c'est là qu'on se rend compte à quel point le niveau demandé a chuté de nos jours... ![]()
Le 03 mai 2019 à 13:30:05 PauvreLelian a écrit :
Pourquoi cette haine de la SF ?
Je trouve qu'à peu près immanquablement c'est de la merde sur des points ultra basiques de la mise en intrigue, sur la réflexion philosophique, sans même rentrer dans la problématique centrale de l'absence de style presque systématique.
La seule SF que j'apprécie finalement c'est quand un écrivain qui n'en fait pas procède à un petit écart et emprunte localement cette esthétique pour en faire quelque chose.
J'ai lu Nadja, en un jet.
Ce culte idolâtre rendu tout le temps à la contingence chez Breton m'a toujours un peu agacé dans sa puérilité mais c'est très fort.