Rituels , d'Ellison Cooper
Tu n'iras pas danser, de S. Bardet.
C'est génial, l'histoire d'une geek qui va tourner super dark !!! Vivement la série TV!
Le 16 avril 2019 à 23:51:41 Sharon-Eden a écrit :
Crime et Châtiment de Dostoïevski
On me l'a offert dans une belle édition, ça vaut quoi ?
Crime et châtiment ça vaut quoi ?? Désolé mais ça fait mal de lire ça d’une telle œuvre
Le 16 avril 2019 à 18:53:34 Bierce a écrit :
Quatre-vingt-treize d'HugoSérieux il va passer tout son temps à traiter les Bretons et Chouans de beaufs tatoués, incultes, massacreurs de femmes, incapables d'appréhender le concept abstrait de liberté parce que trop cons ou il va être un peu nuancé à un moment?
Ca doit être intéressant de lire Les Chouans de Balzac en parallèle, du coup.
Perso je suis sur Henri IV de Shakespeare, deuxième pièce de sa tétralogie majeure.
Les Chouans est très sévère envers les bretons ceci dit.
A part le Marquis - et encore la critique marxiste a trouvé moyen de bien lui chier dessus - et dans une certaine mesure marche à terre (mais c'est un animal, littéralement) tous les personnages du camp des chouans sont des sauvages bouseux quand ils sont du peuple ou des ordures manipulatrices quand ce sont les nobles revenus d'émigration / le clergé clandestin.
Puis dans Quatrevingt-treize on s'en fout du contexte historique c'est qu'une métaphore.
Ah mince, je me souvenais mal du livre. ![]()
C'est une métaphore de quoi 93 ? Je ne connais pas du tout le livre.
Enfin c'est compliqué comme paramétrage. On a Marie qui est clairement l'héroïne du roman et qui joue double-jeu entre les deux camps. Le marquis est un héros romantique mais qui oeuvre pour une mauvaise cause instrumentalisant un peuple d'abrutis qui pense qu'à piller, et il finit d'une manière plutôt ambiguë. Hulot est un héros de l'armée de la République donc il oeuvre aux côtés de Corentin l'espion de Fouché, très méjugé, et dans le camp opposé aux chouans, mais pour le coup à la fin Hulot et le Marquis connaissent un rapprochement là où les deux hommes de la république sont irrémédiablement séparés.
C'est complexe au niveau des héros, mais les personnages secondaires qui composent la foule bretonne globalement c'est un peu des merdes dans le roman. Cf la scène du brûlage de pieds ou toutes les scènes avec l'abbé dissident, qui est clairement un lardon vivant aux crochets des bouseux crédules.
Quatrevingt-treize ça commence en récit de guerre mais ça tord les clichés gothiques pour finir sur une espèce de réflexion fantasmée sur une nouvelle République religieuse qu'il faudrait fonder et qui pourrait dépasser les fautes de l'ancienne, avec une espèce de référence en creux sur les événements de la commune. C'est vraiment de la merde.
Comment te souviens-tu autant de ce livre ? Tu as travaillé dessus ?
Ah je vois, personnellement je n'aime pas trop Hugo, peu importe le genre. Quoique, j'ai bien aimé Les Contemplations, enfin les poèmes que j'avais étudiés en L1. Tu aimes bien toi ?
J'aime bien le théâtre - le drame romantique, le théâtre de l'exil où il s'essaie au petit morceau ironiste c'est bof je trouve -, j'aime bien la poésie - surtout l'épique, sa satire je m'en branle et son lyrisme m'indiffère relativement -, en y incluant les travailleurs de la mer. Je déteste ses romans, y en a pas un que j'apprécie.
J'avais tafé sur les chouans vite fait en L2, j'ai haï mon prof et ses lectures de merde du roman, c'est peut-être à cause de cet antagonisme aussi fort - et explicite, j'ai publiquement remis en cause ses compétences pour juger de balzac - que le bouquin s'est bien imprimé. Mais j'adore la comédie humaine en général donc bon.
Ouais effectivement j'ai écrit le message à chaud juste après la troisième partie qui est foncièrement dégueulasse. Ça m'a carrément rappelé le Tableau de la France très manichéen de Michelet dans son deuxième tome de l'''Histoire de France'' qui oppose le nord et le sud du pays. ![]()
Ce sont quelles pièces le théâtre de l'exil ?
Le 16 avril 2019 à 18:53:34 Bierce a écrit :
Quatre-vingt-treize d'HugoSérieux il va passer tout son temps à traiter les Bretons et Chouans de beaufs tatoués, incultes, massacreurs de femmes, incapables d'appréhender le concept abstrait de liberté parce que trop cons ou il va être un peu nuancé à un moment?
Il nuance à aucun moment, il laisse littéralement explosé la haine de sa Vendée natale dans cet ouvrage.
ça m'a fait un peu mal au coeur de lire un écrivain renier à ce point son pays d'enfance, surtout à un âge si avancé.
Le 17 avril 2019 à 21:35:19 Teichoscopie a écrit :
Les Chouans est très sévère envers les bretons ceci dit.A part le Marquis - et encore la critique marxiste a trouvé moyen de bien lui chier dessus - et dans une certaine mesure marche à terre (mais c'est un animal, littéralement) tous les personnages du camp des chouans sont des sauvages bouseux quand ils sont du peuple ou des ordures manipulatrices quand ce sont les nobles revenus d'émigration / le clergé clandestin.
Puis dans Quatrevingt-treize on s'en fout du contexte historique c'est qu'une métaphore.
Je trouve ça un peu excessif de dire qu'on s'en fout du contexte historique dans une oeuvre d'Hugo, quand on sait qu'il avait très à coeur de retranscrire de manière crédible l'époque et les paysages décrits, si l'on en croit les longues descriptions de bâtiments et territoires dans ses romans, ainsi que la documentation assez vaste qu'il étudiait toujours avant d'entamer un roman comme Quatre-vingt-treize.
« Je viens de lire Notre-Dame — ce n'est pas de M. Victor Hugo auteur de quelques bonnes odes, c'est de M. Hugo auteur d'Hernani — deux belles scènes, trois mots, le tout invraisemblable, deux descriptions, la belle et la bête, et un déluge de mauvais goût — une fable sans possibilité et par-dessus tout un ouvrage ennuyeux, vide, plein de prétention architecturale — voilà où nous mène l'amour-propre excessif. »
Honoré de Balzac
C’est à peu près ce que je pense des velléités descriptives de Hugo. Qui a un très beau sens de la formule, agréable sur ses poèmes et certaines pièces, empesées dans ses romans. Sans parler des personnages stéréotypés.
Ceci-dit, Balzac n’est pas le dernier à s’embourber dans ses descriptions, mais la force vitale jaillit d’une source autrement plus vraie — et malgré cela pas forcément réelle.
Par-là j’entends que dans son obsession du passé, Hugo déconstruit et reconstruit des archétypes en modifiant le style. Tel un coloriste. La table rase de Balzac, Hugo aurait aimé la produire.
Or il était obsédé par l’idée d’être LE grand écrivain national, et non pas humblement un génie inclassable — ce qu’était Balzac. Hugo reste académique dans le fond.
Quatrevingt-treize n'est absolument pas un roman crédible globalement. Ca finit - peut-être pas strictement mais vers la fin globalement - sur une scène de procès qui verse dans la symbolique pure et qui est absolument pas compréhensible autrement, et des scènes comme celles de l'incendie du château, du canon qui se décroche dans la tempête et j'en passe recyclent les pires clichés vomitifs du romantisme noir. Je vois pas comment on peut lire des personnages comme Cimourdain autrement que de manière analogique.
Alors oui y a une part de Quatrevingt-treize, comme dans tous les romans de Hugo qui sont à destination du peuple et qui ont une visée didactique, qui concentre des descriptions encyclopédiques à chier, de la flore de Bretagne par exemple dont le monde entier se fout éperdument parce qu'on lit pas un roman pour réviser son cap horticulture. Mais je crois vraiment pas que ce prisme soit utile pour penser le livre.
J'ai relu La Mère Coupable après quelques années.
C'est plus du drame bourgeois que de la tragédie, contrairement à ce que je prétendais ici l'autre fois, mais on y retrouve bien le schéma aristotélicien attendu avec le noeud et le coup de théâtre en retournement, avec une esthétique alambiquée de dilemme.
C'est moyen mais j'aime la manière dont l'histoire classique de la comédie, la jeune promise, le mariage, le vieux rival, qui est l'histoire du Barbier de Séville même, est reprise encore une fois mais corrigée par le prisme économique et les différences sociétales entre l'Espagne et une France qui vient d'entrer dans la Révolution - on en sort pas décidément sur le topic. Le fait par Beaumarchais de reprendre ses personnages clichés d'espagnolade et de les décaler dans ce contexte donne du piquant un peu noir à la pièce.
C'est un peu nul en somme mais la façon dont ça fait suite au Barbier et au Mariage, eux-mêmes très différents d'un point de vue générique, est intéressante, et ça permet de nuancer beaucoup les lectures de Figaro comme figure de pré-révolutionnaire.
Anna Karénine, je voulais découvrir Tolstoï, je ne suis pas déçu.
Histoire de la folie à l'âge classique, de Michel Foucault.
Commencé hier, sa taille me fait un peu peur cela dit. ![]()
Je trouve ça super chiant pour l'instant (je n'en suis qu'à la page 50, cela dit).
C'est moi ou le style de Foucault est excessivement lourd, et qu'il ne fait presque que parler sans rien dire réellement, se contentant de partir dans un verbiage hyper superficiel ?