Le 13 mars 2019 à 14:13:02 PrinceArkadi a écrit :
J'ai emprunté le premier tome de La Règle du jeu à la BU. Je n'ai pas énormément lu mais j'aime beaucoup, et je n'avais pas remarqué la beauté de son style dans L'Âge d'homme, donc je suis vraiment content.
J'adore chez Leiris la matière qu'il a de penser le monde à travers la matérialité de productions culturelles de toute sorte. Il a un style assez simple en apparence mais très travaillé sur l'élégance et la sonorité, c'est le genre de mecs que j'adore lire pour les écouter décrire des endroits et des choses, c'est un très chouette passeur culturel.
Je trouve énormément de douceur et de modestie dans son projet. C'est un gars qui s'est beaucoup auto-martyrisé dans ses écrits, dès la première page de l'âge d'homme, et il a une manière de se mettre au second plan paradoxalement en racontant les effets produits par les "oeuvres" au sens très large sur lui-même, c'est très chouette.
C'est un vrai esthète pour le coup.
Bon bon bon merci à toi pour ces mises en bouche ! Je reste perplexe pour Bolano, je ne sais pas si le fond me conviendra. Mais je vais essayer et tenter de me procurer son recueil de nouvelles
. Quant à Giono mon approche est un peu différente, quoique similaire pour mes réticences à son égard ; j'ai beaucoup de mal avec le XXe S français généralement, le style me rebute sans cesse et suis souvent déçu de l'emberlificotage que la fond prend singulièrement et me laisse habituellement pantois et transparent. Mais j'ai pas lu grand chose ! Je prends ton conseil à cœur pour Giono, et j'essayerai de me réconcilier avec ce siècle que j'ai si injustement balayé sans réellement l'avoir approfondi, ni même esquissé.
De Giono il y a deux périodes très différentes. Avant et après la Guerre (39-45). Les romans d’avant-guerre sont plus ancrés dans le rapport pur à la terre et son rapport aux hommes.
En 1939, Giono découvre Faulkner, est enfermé pour pacifisme, puis enfermé en 1945 pour collaboration (écrits dans un journal pro-Petain).
C’est très important dans sa vie. La deuxième partie de son œuvre donc (à partir de Un Roi sans divertissement, un des sommets de la littérature universelle) est plus sombre. Les individus sont entourés par la mort en permanence.
Pour la première partie de sa vie, je conseille Regain et Le Chant du Monde.
Pour la deuxième, Un Roi sans divertissement (que je mets aisément dans mes 10 romans préférés toutes époques et pays confondus) et Le Hussard sur le toit.
A savoir qu’on retrouve régulièrement une dimension philosophique très sombre, parfois Sisyphéenne dans son œuvre d'après-guerre (le meurtre comme ultime loisir, nettoyer les cadavres pour se sentir exister).
Très grand auteur, grand style mais assez inégal tout de même, surtout sur la première partie de sa carrière, où on sent poindre une sorte de Ramuz provençal amoureux de sa terre.
Ca reste mon avis.
J'aimerai savoir écrire comme vous, vous avez du vocabulaire ![]()
Le Parc Jurassique terminé, je me lance dans le septième tome de la Tour Sombre de Stephen King. Voyons ce que cela donne
Je viens de commencer la trilogie de A la croisée des mondes ![]()
Je l'avais déjà lue au collège comme ca, j'avais vraiment bcp aimé, et hier ma prof de grec a commencé à en parler parce que les daemons sont une représentation des démons de l'âge d'or d'Hesiode, ca m'a donné envie de relire ![]()
Je parcours un peu Zibaldone ces jours, assez dingue comme œuvre
J'ai commencé "Regain" de Jean Giono. J'aime beaucoup la montée progressive de la tension, dans ce décor de campagne isolée en proie au déclin, où la mort et le vide se côtoient partout.
Bon Giono s'avère être un immense troll, il m'a bien surpris le bougre le roman prend une tournure toute autre que ce à quoi il laissait supposer autour des chapitres 3 à 5.
Le 14 mars 2019 à 18:01:25 Julien-Gracq6 a écrit :
Bon Giono s'avère être un immense troll, il m'a bien surpris le bougre le roman prend une tournure toute autre que ce à quoi il laissait supposer autour des chapitres 3 à 5.
Il était encore plein d’espoir en 1930.
Un Roi sans divertissement, c’est un autre projet.
La croisière du dazzle de Jack London.
Pour l'instant c'est pas transcendant mais bon c'est son premier livre et je le lis après Martin Eden donc j'essaie de rester indulgent ![]()
Marc aurèle "pensées pour moi-même"
Le 14 mars 2019 à 18:53:00 CharlesMarlow a écrit :
Le 14 mars 2019 à 18:01:25 Julien-Gracq6 a écrit :
Bon Giono s'avère être un immense troll, il m'a bien surpris le bougre le roman prend une tournure toute autre que ce à quoi il laissait supposer autour des chapitres 3 à 5.Il était encore plein d’espoir en 1930.
Un Roi sans divertissement, c’est un autre projet.
Là je suis parti sur du Mauriac, je poursuivrai l'oeuvre de Giono une prochaine fois.
Il décrit toute une campagne en proie à la mort, avec un Panturle qui tend à s'ensauvager dans sa solitude. On pense tout du longs de la première partie qu'il va faire une horreur... Et au final non, en plein exode rural, la campagne renaît d'un coup. Il suffit de bons grains du coin, et d'une femme habile pour faire revivre les terres. C'est assez déroutant ce revirement.
Le 16 mars 2019 à 00:04:24 hydraphy a écrit :
Marc aurèle "pensées pour moi-même"
J'ai acheté hier "Pensées pour soi". Mais en bon aspirant stoïcien ce n'est pas une lecture mais un guide ![]()
"Redrum 1 : Alexia quand nous étions morts" de Francesc Miralles
Les Arcane du chaos, de Maxime Chattam.
Christine, de Stephen King.
Le 16 mars 2019 à 00:16:30 Julien-Gracq6 a écrit :
Le 14 mars 2019 à 18:53:00 CharlesMarlow a écrit :
Le 14 mars 2019 à 18:01:25 Julien-Gracq6 a écrit :
Bon Giono s'avère être un immense troll, il m'a bien surpris le bougre le roman prend une tournure toute autre que ce à quoi il laissait supposer autour des chapitres 3 à 5.Il était encore plein d’espoir en 1930.
Un Roi sans divertissement, c’est un autre projet.Là je suis parti sur du Mauriac, je poursuivrai l'oeuvre de Giono une prochaine fois.
Il décrit toute une campagne en proie à la mort, avec un Panturle qui tend à s'ensauvager dans sa solitude. On pense tout du longs de la première partie qu'il va faire une horreur... Et au final non, en plein exode rural, la campagne renaît d'un coup. Il suffit de bons grains du coin, et d'une femme habile pour faire revivre les terres. C'est assez déroutant ce revirement.
J'en ai plusieurs de Mauriac, La Robe Prétexte, Le Baiser aux Lépreux, Le Fleuve de Feu et Plongées, je devrais commencer par quoi selon vous ? ![]()
Le 16 mars 2019 à 19:02:35 SuzyBannion a écrit :
Le 16 mars 2019 à 00:16:30 Julien-Gracq6 a écrit :
Le 14 mars 2019 à 18:53:00 CharlesMarlow a écrit :
Le 14 mars 2019 à 18:01:25 Julien-Gracq6 a écrit :
Bon Giono s'avère être un immense troll, il m'a bien surpris le bougre le roman prend une tournure toute autre que ce à quoi il laissait supposer autour des chapitres 3 à 5.Il était encore plein d’espoir en 1930.
Un Roi sans divertissement, c’est un autre projet.Là je suis parti sur du Mauriac, je poursuivrai l'oeuvre de Giono une prochaine fois.
Il décrit toute une campagne en proie à la mort, avec un Panturle qui tend à s'ensauvager dans sa solitude. On pense tout du longs de la première partie qu'il va faire une horreur... Et au final non, en plein exode rural, la campagne renaît d'un coup. Il suffit de bons grains du coin, et d'une femme habile pour faire revivre les terres. C'est assez déroutant ce revirement.
J'en ai plusieurs de Mauriac, La Robe Prétexte, Le Baiser aux Lépreux, Le Fleuve de Feu et Plongées, je devrais commencer par quoi selon vous ?
Je ne l'ai pas lu, mais ma copine a beaucoup aimé Le Baiser au Lépreux. ![]()
Un homme amoureux, Mon combat - Livre II de Karl Ove Knausgaard.
Le 16 mars 2019 à 19:02:35 SuzyBannion a écrit :
Le 16 mars 2019 à 00:16:30 Julien-Gracq6 a écrit :
Le 14 mars 2019 à 18:53:00 CharlesMarlow a écrit :
Le 14 mars 2019 à 18:01:25 Julien-Gracq6 a écrit :
Bon Giono s'avère être un immense troll, il m'a bien surpris le bougre le roman prend une tournure toute autre que ce à quoi il laissait supposer autour des chapitres 3 à 5.Il était encore plein d’espoir en 1930.
Un Roi sans divertissement, c’est un autre projet.Là je suis parti sur du Mauriac, je poursuivrai l'oeuvre de Giono une prochaine fois.
Il décrit toute une campagne en proie à la mort, avec un Panturle qui tend à s'ensauvager dans sa solitude. On pense tout du longs de la première partie qu'il va faire une horreur... Et au final non, en plein exode rural, la campagne renaît d'un coup. Il suffit de bons grains du coin, et d'une femme habile pour faire revivre les terres. C'est assez déroutant ce revirement.
J'en ai plusieurs de Mauriac, La Robe Prétexte, Le Baiser aux Lépreux, Le Fleuve de Feu et Plongées, je devrais commencer par quoi selon vous ?
Le baiser aux lépreux est l'oeuvre qui a "propulsé" Mauriac. Je ne l'ai pas encore lu, mais je suis en pleine lecture de la "Robe prétexte", donc je peux t'en dire deux mots sans gâcher la découverte : C'est un roman basé sur un fond de crise de conscience religieuse, qui raconte l'enfant qui doute par à-coups dans sa foi, qui est attiré par l'aventure et découvre un début d'intérêt pour la volupté. Le tout est dans un cadre provincial traditionnel, où l'auteur y mêle des figures de son enfance.