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Quel livre êtes-vous en train de lire ?

Aurevilly
Aurevilly
Niveau 10
21 octobre 2018 à 15:40:29

J'ai fini Le Cimetière des voitures de Arrabal ce matin, mon premier contact avec le théâtre panique, et c'est une franche rencontre.

J'ai lu cet aprem La Montagne morte de la vie de Michel Bernanos. C'est bien un écrit de son temps, on retrouve cette résurgence de l'esthétique du petit si propre à tout un corpus des années 60, qui a refusé la littérature à thèse en s'humiliant stylistiquement dans le blanc et le simple, en concédant seulement à l'esthétique des emprunts discrets à l'abstraction picturale.

Ce ne sont jamais les oeuvres que je cite a posteriori comme ayant été les plus marquantes dans ma vie mais ce sont toujours celles qui me touchent le plus à la lecture, parce que le plaisir y est plus direct, plus innocent, plus dépouillé.

AntresSibyllins
AntresSibyllins
Niveau 8
21 octobre 2018 à 16:40:19

L'Histoire de France Tome 2 de Michelet. C'est vraiment pas fou. https://image.noelshack.com/fichiers/2017/13/1490886827-risibo.png
VDD, Michel a un quelconque rapport avec George?

Message édité le 21 octobre 2018 à 16:41:37 par AntresSibyllins
Aurevilly
Aurevilly
Niveau 10
21 octobre 2018 à 16:46:25

C'est un de ses fils.

-Zemmour-
-Zemmour-
Niveau 42
21 octobre 2018 à 18:41:55

[21:05:14] <Azherka>

Le 19 octobre 2018 à 22:37:02 -Zemmour- a écrit :

[19:16:00] <Azherka>

Le 19 octobre 2018 à 15:51:34 -Zemmour- a écrit :
Magnifique en vert avec la louve romaine :ouch2: bonne pioche.
Ah je pensais que tu découvrais, au temps pour moi. Mais Pierre Hadot est génial, bonne lecture :ok:

Je l'ai déniché sur une brocante par chance pour seulement 8€. J'étais ravi.
Pierre Hadot est fantastique, tu as raison. On voyage vraiment dans l'univers de la Grèce antique avec lui. Et merci !
Tu lis quoi en ce moment ?

C'est une édition illustrée en plus ? :bave:
En ce moment je lis G.Flaubert, une manière spéciale de vivre de de Biasy. (pour pas changer..) mais je lis en parallèle des écrits de Cicéron sur le Stoïcisme en Pléiade, intéressant mais parfois poussé.
Tu as lu autre chose chez les Stoïciens ?

Bien sûr !
Tu es un grand adepte de Gustave Flaubert toi, non ? C'est ton écrivain préféré ?
Intéressantes tes lectures. Concernant le stoïcisme, j'avais lu des morceaux du Manuel d’Épictète également.

Oui j'apprécie sa plume énormément :oui: et lire sa correspondance devrait être obligatoire en philo en classe de terminale :-)))
Le Stoïcisme est LE courant philosophique que je pratique quotidiennement. Ajouté à celui-ci un peu de Cynisme et voici ma vie orchestrée de cette façon :-)
Toi qui a fait des études de philo, tu as dû aborder, de près ou de loin, Sénèque également chez les Stoïciens ! Si pas, je te le conseille évidemment, quel Homme !

Azherka
Azherka
Niveau 10
22 octobre 2018 à 09:16:32

Le 21 octobre 2018 à 18:41:55 -Zemmour- a écrit :

[21:05:14] <Azherka>

Le 19 octobre 2018 à 22:37:02 -Zemmour- a écrit :

[19:16:00] <Azherka>

Le 19 octobre 2018 à 15:51:34 -Zemmour- a écrit :
Magnifique en vert avec la louve romaine :ouch2: bonne pioche.
Ah je pensais que tu découvrais, au temps pour moi. Mais Pierre Hadot est génial, bonne lecture :ok:

Je l'ai déniché sur une brocante par chance pour seulement 8€. J'étais ravi.
Pierre Hadot est fantastique, tu as raison. On voyage vraiment dans l'univers de la Grèce antique avec lui. Et merci !
Tu lis quoi en ce moment ?

C'est une édition illustrée en plus ? :bave:
En ce moment je lis G.Flaubert, une manière spéciale de vivre de de Biasy. (pour pas changer..) mais je lis en parallèle des écrits de Cicéron sur le Stoïcisme en Pléiade, intéressant mais parfois poussé.
Tu as lu autre chose chez les Stoïciens ?

Bien sûr !
Tu es un grand adepte de Gustave Flaubert toi, non ? C'est ton écrivain préféré ?
Intéressantes tes lectures. Concernant le stoïcisme, j'avais lu des morceaux du Manuel d’Épictète également.

Oui j'apprécie sa plume énormément :oui: et lire sa correspondance devrait être obligatoire en philo en classe de terminale :-)))
Le Stoïcisme est LE courant philosophique que je pratique quotidiennement. Ajouté à celui-ci un peu de Cynisme et voici ma vie orchestrée de cette façon :-)
Toi qui a fait des études de philo, tu as dû aborder, de près ou de loin, Sénèque également chez les Stoïciens ! Si pas, je te le conseille évidemment, quel Homme !

Tu as lu sa correspondance sous quelle édition ?
Je vois, c'est intéressant après tout. Je me réclamerais plutôt d'un néo-stoicisme, un peu à la manière nietzschéenne qui rétablit le corps comme unité sans distinction, à la place d'un dualisme métaphysique qui sépare le corps comme matière soumis à la nécessité et l'âme qui permettrait le libre exercice du jugement.
Je n'ai pas fini mes études de philosophie, je suis seulement en deuxième année pour le moment. Mais bien sûr, je connais Sénèque mais nous ne l'avons pas étudié plus que ça. Il y a tellement de philosophes, de philosophies différentes que c'est très compliqué de voir tout le monde, mais je complète cette culture philosophique par mes propres recherches. D'autant plus que Sénèque n'est pas un philosophe aussi majeur que Platon, Aristote, Descartes, Rousseau ou Kant par exemple dans l'histoire de la philosophie, donc j'ai beaucoup moins de chance de l'étudier fondamentalement.

-Zemmour-
-Zemmour-
Niveau 42
22 octobre 2018 à 12:46:12

[09:16:32] <Azherka>

Le 21 octobre 2018 à 18:41:55 -Zemmour- a écrit :

[21:05:14] <Azherka>

Le 19 octobre 2018 à 22:37:02 -Zemmour- a écrit :

[19:16:00] <Azherka>

> Le 19 octobre 2018 à 15:51:34 -Zemmour- a écrit :

>Magnifique en vert avec la louve romaine :ouch2: bonne pioche.

> Ah je pensais que tu découvrais, au temps pour moi. Mais Pierre Hadot est génial, bonne lecture :ok:

Je l'ai déniché sur une brocante par chance pour seulement 8€. J'étais ravi.
Pierre Hadot est fantastique, tu as raison. On voyage vraiment dans l'univers de la Grèce antique avec lui. Et merci !
Tu lis quoi en ce moment ?

C'est une édition illustrée en plus ? :bave:
En ce moment je lis G.Flaubert, une manière spéciale de vivre de de Biasy. (pour pas changer..) mais je lis en parallèle des écrits de Cicéron sur le Stoïcisme en Pléiade, intéressant mais parfois poussé.
Tu as lu autre chose chez les Stoïciens ?

Bien sûr !
Tu es un grand adepte de Gustave Flaubert toi, non ? C'est ton écrivain préféré ?
Intéressantes tes lectures. Concernant le stoïcisme, j'avais lu des morceaux du Manuel d’Épictète également.

Oui j'apprécie sa plume énormément :oui: et lire sa correspondance devrait être obligatoire en philo en classe de terminale :-)))
Le Stoïcisme est LE courant philosophique que je pratique quotidiennement. Ajouté à celui-ci un peu de Cynisme et voici ma vie orchestrée de cette façon :-)
Toi qui a fait des études de philo, tu as dû aborder, de près ou de loin, Sénèque également chez les Stoïciens ! Si pas, je te le conseille évidemment, quel Homme !

Tu as lu sa correspondance sous quelle édition ?
Je vois, c'est intéressant après tout. Je me réclamerais plutôt d'un néo-stoicisme, un peu à la manière nietzschéenne qui rétablit le corps comme unité sans distinction, à la place d'un dualisme métaphysique qui sépare le corps comme matière soumis à la nécessité et l'âme qui permettrait le libre exercice du jugement.
Je n'ai pas fini mes études de philosophie, je suis seulement en deuxième année pour le moment. Mais bien sûr, je connais Sénèque mais nous ne l'avons pas étudié plus que ça. Il y a tellement de philosophes, de philosophies différentes que c'est très compliqué de voir tout le monde, mais je complète cette culture philosophique par mes propres recherches. D'autant plus que Sénèque n'est pas un philosophe aussi majeur que Platon, Aristote, Descartes, Rousseau ou Kant par exemple dans l'histoire de la philosophie, donc j'ai beaucoup moins de chance de l'étudier fondamentalement.

J'ai sa correspondance en Pléiade.
Nietzsche est intéressant sur les questions du "corps qui pense", j'aime assez l'idée de l'éternel retour mais j'ai beaucoup de mal avec sa thèse qui consiste à dire que tout recommence à l'identique. C'est vraiment sur l'uniformité des évènements où je ne le suis pas du tout. Après Nietzsche a quand même beaucoup pris des stoïciens et épicuriens avec sa vision tragique des circonstances il en a fait quelque chose de littéralement intéressant et d'unique (le surhomme est évoqué sous d'autres termes chez Lucrèce, Marc-Aurèle par exemple).
C'est bien dommage que les études conventionnelles font l'impasse sur certains philosophes (faute de temps, bien sûr, mais pas que je crois). J'aime l'idée d'une philosophie à vivre et qui se donne comme ligne de mire une existentialité empirique. Et où les concepts obscurs sont tous noyés dans un lexique tumultueux avec pour seul objectif de brouiller l'élève dans un brouhaha interminable de mots qui filent la nausée.
Tu aimes tes cours ? Qu'est-ce qu'ils t'apportent au quotidien ?

Message édité le 22 octobre 2018 à 12:47:35 par -Zemmour-
Pseudo supprimé
Pseudo supprimé 22 octobre 2018 à 14:09:15

De quelle façon mettez vous en pratique dans votre quotidien votre philosophie ?

-Zemmour-
-Zemmour-
Niveau 42
23 octobre 2018 à 08:20:46

[14:09:15] <PegPowler>
De quelle façon mettez vous en pratique dans votre quotidien votre philosophie ?

Pour ma part, j'essaie de me rapprocher au maximum d'un idéal à suivre que je me suis dicté. J'essaie de plus en plus de me détacher sans avoir d'amertume ou de remords, à ne pas m'acharner sur les conséquences que m'inflige le "destin", à accepter mon sort sans rien attendre en retour et en vivant, de ce qui se rapproche le plus d'une vie ascétique. Ça peut paraître austère et je peux être perçu comme un être psychorigide, mais jusqu'à maintenant j'en suis vraiment conquis. Donc je persévère :-p

Ahmadeus
Ahmadeus
Niveau 49
23 octobre 2018 à 08:47:28

j'ai terminé Plateforme de Houellebecq
j'avais beaucoup aimé Extension du domaine de la lutte et Les particules élémentaires, là j'ai carrément adoré
ça va rester une de mes meilleures lectures de l'année, très clairement
la scène de l'attentat, ça m'a soufflé
quand j'ai vu sortir les terroristes de nul part j'étais totalement avec les personnages
je sentais la mort de Valérie arriver, j'étais triste

LeVraiPhoque
LeVraiPhoque
Niveau 8
23 octobre 2018 à 12:52:31

Je trouve ta critique et ton approche de ces auteurs très étrange -Zemmour-, et je me rappelle vaguement que tu as déjà dit que tu trouvais Platon inutilement compliqué, même inintéressant je crois ... Je ne pouvais pas rebondir à l'époque parce que je n'avais pas encore tout lu, mais ce temps est révolu et maintenant je relis et je comprends de mieux en mieux. Je vois une occasion de parler de quelque chose qui me chiffonne en vous lisant parfois, et qui devrait concerner aussi d'une manière ou d'une autre les autres auteurs que vous citez. :hap:

 
Je pense qu'il ne faut pas confondre la difficulté à comprendre des raisonnements particulièrement longs qui vont étape par étape vers une conclusion, sur des sujets très variés et cruciaux qui ne seront jamais évidents à discuter, avec la difficulté que toute le monde éprouve naturellement quand on fait face à une bouillie informe de mots-valises "techniques" vomie par un auteur qui a peur de toucher aux ficelles du langage ordinaire.

Platon est difficile à lire mais on ne peut pas lui reprocher d'être volontairement obscur vu son recours insistant à des métaphores/comparaisons de toutes sortes pour illustrer ses raisonnements et opinions.
Je ne devrais pas donner d'exemples tellement ce que je dis est évident même en touchant de très loin Platon, mais prenons l'exemple du Timée : il développe sur plusieurs pages 3 analogies pour faire comprendre le rôle de l'entité ("nourrice du devenir", "milieu spatial", "porte-empreinte", "réceptacle", etc) qui supporterait la naissance des objets sensibles dans sa cosmologie : la première se base sur une comparaison avec une masse d'or qui changerait continuellement de forme (au sens de figure, comme une forme de triangle, de sphère, ...), la deuxième sur le liquide inodore nécessaire dans la fabrication d'onguents parfumés, et la troisième sur une pâte à modeler qu'on étale et sur laquelle on trace des figures variées.
Et encore ce n'est qu'une petite partie du Timée, ses dialogues sont bourrés de comparaisons se basant sur des objets ou situations concrètes, de petites histoires ou des mythes pour rendre plus digestes des réflexions qui tiendraient normalement en 3 lignes. Qui se casserait le cul à s'expliquer autant si vraiment il y avait l'intention de voiler le discours ?

Je pense aussi qu'écrire un dialogue permet de développer des choses sur la rhétorique qu'on ne pourrait pas facilement restituer dans un traité, comme les opinions des contradicteurs auxquels ils donnent une place importante dans le corpus en général, mais surtout comme les joutes verbales entre Socrate, les sophistes et d'autres interlocuteurs dans beaucoup de ses dialogues, par exemple l'Euthydème, le Protagoras, Gorgias, Banquet (pas de véritables joutes dans celui-ci mais vous voyez où je veux en venir), les deux Hippias, ... Certains dialogues ressemblent en effet plus à un simple monologue ou traité qu'à un véritable dialogue, mais c'est simplement pour montrer que Platon n'a pas choisi d'écrire des dialogues sur un coup de tête et qu'il se souciait beaucoup de la forme.

Il y a les problèmes habituels à la traduction d'écrits en langues archaïques qui rendent difficile la restitution parfaite du sens du texte, mais je ne suis pas traducteur donc je ne peux pas dire grand chose et je salue leur travail colossal. Je ne pense pas que Platon soit friand de l'emploi abusif de termes techniques (aussi j'ai le vague souvenir qu'il s'en moque ouvertement dans un dialogue), et certains mots qui apparaissent comme tels pour un lecteur du 21ème siècle n'étaient pas forcément des constructions savantes à l'époque. J'en parle sans développer plus, je n'ai pas les connaissances nécessaires pour le faire et donc je risquerais d'être à côté de la plaque en citant des exemples. :peur:

Si des concepts continuent de paraître obscurs malgré tout, ce n'est pas obligatoirement la faute de l'auteur ni de la complexité des sujets débattus, mais peut-être celle du lecteur qui manque d'attention, de réflexion personnelle ou ... n'a lu ou ne s'est intéressé qu'à une petite partie de son corpus, pensant qu'on peut appliquer des séparations artificielles sur les thèmes traités, qu'il est vain par exemple de s'intéresser à la politique quand on peut "simplement" parler de l'individu en soi.
Au contraire, c'est absurde de considérer qu'on peut discuter sérieusement de la vie heureuse sans parler de tout ce qui a trait à la vie en général et l'influence, comme si l'individu était une entité déconnectée de toutes les réalités qui pourtant le façonnent concrètement depuis sa naissance, dans une société, un Etat et une famille qui le prend en charge et l'éduque d'une façon ou une autre, individu qui accumule des connaissances et des opinions sur tout et n'importe quoi par le biais du langage, des mots et des notions derrière les mots, qui se dirige en fonction de celles-ci, se divertit avec, travaille avec, étudie avec, débat avec, cherche à persuader avec, donne des ordres avec, entre en conflit avec, ...
On ne peut pas se contenter d'effleurer chacun des sujets les plus importants liés à la vie de l'individu sans éprouver de l'embarras, et ainsi on se retrouve forcé, petit à petit, de s'éloigner d'une discussion centrée sur la vie heureuse, pour aborder les merveilleuses (ou abominables suivant les goûts) contrées de la politique, la rhétorique, la législation, l'histoire, la psychologie, la linguistique, l'épistémologie, la logique, l'ontologie, théologie, ...

... et ainsi on se retrouve à essayer de comprendre des problèmes et solutions sur l'être/non-être, les formes intelligibles et leur relation avec les objets sensibles dans des dialogues abscons au premier abord, qui s'avèrent couler de source une fois qu'on a compris (comme pour n'importe quoi j'ai envie de dire). https://image.noelshack.com/fichiers/2017/50/1/1513020307-risitas54transparent2b.png Bref je t'invite à prendre au sérieux les auteurs qui s'intéressent aussi à ce genre de sujets, et tant qu'on y est, si quelqu'un veut je peux essayer de lui expliquer avec mes mots des choses sur la nature des formes intelligibles chez Platon et leur intérêt.

Lu_Ludens
Lu_Ludens
Niveau 10
23 octobre 2018 à 13:17:56

Le recueil " Le cauchemar d'Innsmouth ", de H.P. Lovecraft, aux éditions J'ai Lu

LeBeauChatNoir
LeBeauChatNoir
Niveau 22
23 octobre 2018 à 15:35:13

J'ai lu Étier, de Guillevic, et je commence Connaissance par les gouffres de Michaux.

zahbout
zahbout
Niveau 17
23 octobre 2018 à 22:47:24

Pensées - Le Spicilège de Montesquieu, d'abord la longue introduction, peut être ne lirais je que les pensées...

-Zemmour-
-Zemmour-
Niveau 42
24 octobre 2018 à 09:25:04

[12:52:31] <LeVraiPhoque>
Je trouve ta critique et ton approche de ces auteurs très étrange -Zemmour-, et je me rappelle vaguement que tu as déjà dit que tu trouvais Platon inutilement compliqué, même inintéressant je crois ... Je ne pouvais pas rebondir à l'époque parce que je n'avais pas encore tout lu, mais ce temps est révolu et maintenant je relis et je comprends de mieux en mieux. Je vois une occasion de parler de quelque chose qui me chiffonne en vous lisant parfois, et qui devrait concerner aussi d'une manière ou d'une autre les autres auteurs que vous citez. :hap:

 
Je pense qu'il ne faut pas confondre la difficulté à comprendre des raisonnements particulièrement longs qui vont étape par étape vers une conclusion, sur des sujets très variés et cruciaux qui ne seront jamais évidents à discuter, avec la difficulté que toute le monde éprouve naturellement quand on fait face à une bouillie informe de mots-valises "techniques" vomie par un auteur qui a peur de toucher aux ficelles du langage ordinaire.

Platon est difficile à lire mais on ne peut pas lui reprocher d'être volontairement obscur vu son recours insistant à des métaphores/comparaisons de toutes sortes pour illustrer ses raisonnements et opinions.
Je ne devrais pas donner d'exemples tellement ce que je dis est évident même en touchant de très loin Platon, mais prenons l'exemple du Timée : il développe sur plusieurs pages 3 analogies pour faire comprendre le rôle de l'entité ("nourrice du devenir", "milieu spatial", "porte-empreinte", "réceptacle", etc) qui supporterait la naissance des objets sensibles dans sa cosmologie : la première se base sur une comparaison avec une masse d'or qui changerait continuellement de forme (au sens de figure, comme une forme de triangle, de sphère, ...), la deuxième sur le liquide inodore nécessaire dans la fabrication d'onguents parfumés, et la troisième sur une pâte à modeler qu'on étale et sur laquelle on trace des figures variées.
Et encore ce n'est qu'une petite partie du Timée, ses dialogues sont bourrés de comparaisons se basant sur des objets ou situations concrètes, de petites histoires ou des mythes pour rendre plus digestes des réflexions qui tiendraient normalement en 3 lignes. Qui se casserait le cul à s'expliquer autant si vraiment il y avait l'intention de voiler le discours ?

Je pense aussi qu'écrire un dialogue permet de développer des choses sur la rhétorique qu'on ne pourrait pas facilement restituer dans un traité, comme les opinions des contradicteurs auxquels ils donnent une place importante dans le corpus en général, mais surtout comme les joutes verbales entre Socrate, les sophistes et d'autres interlocuteurs dans beaucoup de ses dialogues, par exemple l'Euthydème, le Protagoras, Gorgias, Banquet (pas de véritables joutes dans celui-ci mais vous voyez où je veux en venir), les deux Hippias, ... Certains dialogues ressemblent en effet plus à un simple monologue ou traité qu'à un véritable dialogue, mais c'est simplement pour montrer que Platon n'a pas choisi d'écrire des dialogues sur un coup de tête et qu'il se souciait beaucoup de la forme.

Il y a les problèmes habituels à la traduction d'écrits en langues archaïques qui rendent difficile la restitution parfaite du sens du texte, mais je ne suis pas traducteur donc je ne peux pas dire grand chose et je salue leur travail colossal. Je ne pense pas que Platon soit friand de l'emploi abusif de termes techniques (aussi j'ai le vague souvenir qu'il s'en moque ouvertement dans un dialogue), et certains mots qui apparaissent comme tels pour un lecteur du 21ème siècle n'étaient pas forcément des constructions savantes à l'époque. J'en parle sans développer plus, je n'ai pas les connaissances nécessaires pour le faire et donc je risquerais d'être à côté de la plaque en citant des exemples. :peur:

Si des concepts continuent de paraître obscurs malgré tout, ce n'est pas obligatoirement la faute de l'auteur ni de la complexité des sujets débattus, mais peut-être celle du lecteur qui manque d'attention, de réflexion personnelle ou ... n'a lu ou ne s'est intéressé qu'à une petite partie de son corpus, pensant qu'on peut appliquer des séparations artificielles sur les thèmes traités, qu'il est vain par exemple de s'intéresser à la politique quand on peut "simplement" parler de l'individu en soi.
Au contraire, c'est absurde de considérer qu'on peut discuter sérieusement de la vie heureuse sans parler de tout ce qui a trait à la vie en général et l'influence, comme si l'individu était une entité déconnectée de toutes les réalités qui pourtant le façonnent concrètement depuis sa naissance, dans une société, un Etat et une famille qui le prend en charge et l'éduque d'une façon ou une autre, individu qui accumule des connaissances et des opinions sur tout et n'importe quoi par le biais du langage, des mots et des notions derrière les mots, qui se dirige en fonction de celles-ci, se divertit avec, travaille avec, étudie avec, débat avec, cherche à persuader avec, donne des ordres avec, entre en conflit avec, ...
On ne peut pas se contenter d'effleurer chacun des sujets les plus importants liés à la vie de l'individu sans éprouver de l'embarras, et ainsi on se retrouve forcé, petit à petit, de s'éloigner d'une discussion centrée sur la vie heureuse, pour aborder les merveilleuses (ou abominables suivant les goûts) contrées de la politique, la rhétorique, la législation, l'histoire, la psychologie, la linguistique, l'épistémologie, la logique, l'ontologie, théologie, ...

... et ainsi on se retrouve à essayer de comprendre des problèmes et solutions sur l'être/non-être, les formes intelligibles et leur relation avec les objets sensibles dans des dialogues abscons au premier abord, qui s'avèrent couler de source une fois qu'on a compris (comme pour n'importe quoi j'ai envie de dire). https://image.noelshack.com/fichiers/2017/50/1/1513020307-risitas54transparent2b.png Bref je t'invite à prendre au sérieux les auteurs qui s'intéressent aussi à ce genre de sujets, et tant qu'on y est, si quelqu'un veut je peux essayer de lui expliquer avec mes mots des choses sur la nature des formes intelligibles chez Platon et leur intérêt.

Je n'ai jamais dit que Platon était difficile à lire ou obscur et sans intérêt, ce que j'apprécie moins chez lui c'est surtout son idée de monisme idéaliste. Platon nous dit que les idées constituent à elles seules, la seule et vraie réalité. C'est un peu court pour moi et je préfère les philosophes qui nous parlent d'immanence façon Spinoza, que de l'idée d'une transcendance qui suppose un arrière monde inatteignable aux communs des mortels. Platon plaît au monde occidental car ses doctrines se rapprochent fondamentalement de nos religions (le monde transcendental et intelligible, son monisme idéaliste, son optimisme etc). Je préfère la distinction que Descartes en fera en nous disant qu'il y a matière ET esprit.
Je ne dis pas qu'il ne faut pas le lire, je n'ai pas cette prétention ni de connaissances si aiguisées que cela pour incarner un tel culot, Platon est très intéressant et est, évidemment, à lire mais, on peut apprécier un philosophe et aussi décortiquer sa philosophie, la recontextualiser et en faire l'exégèse en la comparant avec notre époque.
L'immanence intelligible et empirique me botte plus, et je préfère le monisme neutre. Là où je préfère également parler de sujet schopenhauerien plutôt que l'objet platonicien.
La philosophie existentielle m'interpelle plus car elle a, pour le coup, une subjectivité à nous offrir contrairement aux autres qui en font abstraction totalement.

Azherka
Azherka
Niveau 10
24 octobre 2018 à 13:09:38

Le 22 octobre 2018 à 12:46:12 -Zemmour- a écrit :

[09:16:32] <Azherka>

Le 21 octobre 2018 à 18:41:55 -Zemmour- a écrit :

[21:05:14] <Azherka>

Le 19 octobre 2018 à 22:37:02 -Zemmour- a écrit :

>[19:16:00] <Azherka>

>> Le 19 octobre 2018 à 15:51:34 -Zemmour- a écrit :

>>Magnifique en vert avec la louve romaine :ouch2: bonne pioche.

>> Ah je pensais que tu découvrais, au temps pour moi. Mais Pierre Hadot est génial, bonne lecture :ok:

>

>Je l'ai déniché sur une brocante par chance pour seulement 8€. J'étais ravi.

>Pierre Hadot est fantastique, tu as raison. On voyage vraiment dans l'univers de la Grèce antique avec lui. Et merci !

>Tu lis quoi en ce moment ?

C'est une édition illustrée en plus ? :bave:
En ce moment je lis G.Flaubert, une manière spéciale de vivre de de Biasy. (pour pas changer..) mais je lis en parallèle des écrits de Cicéron sur le Stoïcisme en Pléiade, intéressant mais parfois poussé.
Tu as lu autre chose chez les Stoïciens ?

Bien sûr !
Tu es un grand adepte de Gustave Flaubert toi, non ? C'est ton écrivain préféré ?
Intéressantes tes lectures. Concernant le stoïcisme, j'avais lu des morceaux du Manuel d’Épictète également.

Oui j'apprécie sa plume énormément :oui: et lire sa correspondance devrait être obligatoire en philo en classe de terminale :-)))
Le Stoïcisme est LE courant philosophique que je pratique quotidiennement. Ajouté à celui-ci un peu de Cynisme et voici ma vie orchestrée de cette façon :-)
Toi qui a fait des études de philo, tu as dû aborder, de près ou de loin, Sénèque également chez les Stoïciens ! Si pas, je te le conseille évidemment, quel Homme !

Tu as lu sa correspondance sous quelle édition ?
Je vois, c'est intéressant après tout. Je me réclamerais plutôt d'un néo-stoicisme, un peu à la manière nietzschéenne qui rétablit le corps comme unité sans distinction, à la place d'un dualisme métaphysique qui sépare le corps comme matière soumis à la nécessité et l'âme qui permettrait le libre exercice du jugement.
Je n'ai pas fini mes études de philosophie, je suis seulement en deuxième année pour le moment. Mais bien sûr, je connais Sénèque mais nous ne l'avons pas étudié plus que ça. Il y a tellement de philosophes, de philosophies différentes que c'est très compliqué de voir tout le monde, mais je complète cette culture philosophique par mes propres recherches. D'autant plus que Sénèque n'est pas un philosophe aussi majeur que Platon, Aristote, Descartes, Rousseau ou Kant par exemple dans l'histoire de la philosophie, donc j'ai beaucoup moins de chance de l'étudier fondamentalement.

J'ai sa correspondance en Pléiade.
Nietzsche est intéressant sur les questions du "corps qui pense", j'aime assez l'idée de l'éternel retour mais j'ai beaucoup de mal avec sa thèse qui consiste à dire que tout recommence à l'identique. C'est vraiment sur l'uniformité des évènements où je ne le suis pas du tout. Après Nietzsche a quand même beaucoup pris des stoïciens et épicuriens avec sa vision tragique des circonstances il en a fait quelque chose de littéralement intéressant et d'unique (le surhomme est évoqué sous d'autres termes chez Lucrèce, Marc-Aurèle par exemple).
C'est bien dommage que les études conventionnelles font l'impasse sur certains philosophes (faute de temps, bien sûr, mais pas que je crois). J'aime l'idée d'une philosophie à vivre et qui se donne comme ligne de mire une existentialité empirique. Et où les concepts obscurs sont tous noyés dans un lexique tumultueux avec pour seul objectif de brouiller l'élève dans un brouhaha interminable de mots qui filent la nausée.
Tu aimes tes cours ? Qu'est-ce qu'ils t'apportent au quotidien ?

Chez Nietzsche, l'éternel retour est plutôt une proposition éthique qu'une réelle hypothèse métaphysique. D'ailleurs, ce n'est pas vraiment un concept ou une idée cruciale dans son œuvre comme certains ont voulu nous le faire croire. C'est d'ailleurs plutôt chez certains stoïciens que tu retrouves l'idée d'un cosmos pris dans un grand embrasement pour ensuite aboutir à un éternel retour du même.
L'idée du surhumain chez Nietzsche est quand même vraiment propre à lui, je ne lui trouve pas vraiment de comparaison à faire avec les stoïciens de ce côté-ci.

Dans ce cas, d'après ce que tu me dis, tu trouveras ton bonheur dans la philosophie grecque et romaine, dans laquelle il est vraiment question d'une aspiration à la sagesse qu'on ne peut atteindre réellement mais qui est posée comme idéal à suivre.
Je suis plutôt d'accord avec toi mais il faut savoir que c'est ta propre manière de percevoir la philosophie, et ce n'est pas le cas pour tout le monde. Les platoniciens, kantiens, hégéliens, etc. n'auront jamais une vision du monde comme la tienne et pourtant, ce sont bien des philosophies intéressantes à étudier tout de même (selon moi), même si l'on adhère pas à leurs différentes théories.
Oui j'aime bien mes cours. Ils m'apportent une réflexion personnelle sur un tas de sujets différents. Mais bien sûr, je les complète avec des lectures et des apports critiques.

Message édité le 24 octobre 2018 à 13:11:04 par Azherka
M_Rollin
M_Rollin
Niveau 23
24 octobre 2018 à 18:12:25

La Tour sombre : Les trois cartes, de Stephen King.

LeVraiPhoque
LeVraiPhoque
Niveau 8
24 octobre 2018 à 19:24:04

-Zemmour- je rédige depuis ce matin ma réponse mais je ne peux pas encore la poster, il manque une petite partie pour que mon pavé sur les formes intelligibles soit complet. Je refuse de bâcler mon l'explication sur les problèmes majeurs de l'assimilation des formes intelligibles à des concepts en 3 misérables lignes quand j'ai déjà pondu depuis plusieurs heures un énorme morceau pour justifier la nature réelle et paradigmatique des formes intelligibles de Platon, il serait incomplet. Le coeur de l'argumentation se base sur le Parménide. Demain je l'aurai certainement fini, je ne sais pas si vous allez le piger ou même le lire mais osef, ça pourra servir les intéressés sur JVC (je fais l'effort de synthétiser dans un langage courant, vous ne verrez pas d'anglicismes comme "self-predication" par exemple ou de symboles logiques et autres). :hap:

Pour l'instant je me contente de te dire que "l'idée d'une transcendance qui suppose un arrière monde inatteignable aux communs des mortels" n'est pas de Platon, demain tu auras l'explication complète. :ok:

Message édité le 24 octobre 2018 à 19:26:22 par LeVraiPhoque
-Zemmour-
-Zemmour-
Niveau 42
25 octobre 2018 à 02:11:51

[19:24:04] <LeVraiPhoque>
-Zemmour- je rédige depuis ce matin ma réponse mais je ne peux pas encore la poster, il manque une petite partie pour que mon pavé sur les formes intelligibles soit complet. Je refuse de bâcler mon l'explication sur les problèmes majeurs de l'assimilation des formes intelligibles à des concepts en 3 misérables lignes quand j'ai déjà pondu depuis plusieurs heures un énorme morceau pour justifier la nature réelle et paradigmatique des formes intelligibles de Platon, il serait incomplet. Le coeur de l'argumentation se base sur le Parménide. Demain je l'aurai certainement fini, je ne sais pas si vous allez le piger ou même le lire mais osef, ça pourra servir les intéressés sur JVC (je fais l'effort de synthétiser dans un langage courant, vous ne verrez pas d'anglicismes comme "self-predication" par exemple ou de symboles logiques et autres). :hap:

Pour l'instant je me contente de te dire que "l'idée d'une transcendance qui suppose un arrière monde inatteignable aux communs des mortels" n'est pas de Platon, demain tu auras l'explication complète. :ok:

Ah non mais je ne m'attaque pas à proprement parler à Platon et consorts ! Je n'ai rien contre sa philosophie, c'est juste comme dit Azherka au dessus, que je ne suis pas sensible à ses doctrines (bien que j'apprécie Schopenhauer, qui s'est inspiré de Platon pour le monde comme Représentation par exemple..). Je n'ai pas fait d'études de philo, ni même de littérature d'ailleurs ; je suis intéressé par tout, tout en étant passionné par rien :noel:
Ce que j'aime chez les Stoïciens c'est surtout le pragmatisme et l'idée de pouvoir vivre sa philosophie au sens littéral du terme (comme chez les épicuriens ou cyniques). Azherka vise juste encore une fois en précisant que c'est la recherche de la Sagesse qui est intéressante.
Mais je suis tout impatient de lire ton exégèse sur Platon, c'est toujours agréable de vous lire à tous :ok:
Je pense que tu me diras qu'à l'origine, on retrouvait déjà chez les présocratiques l'idée de l'arrière monde et en pouvant même remonter jusqu'aux polythéistes greco-romains.
Bonne rédaction Monsieur Phoque :rire:

Message édité le 25 octobre 2018 à 02:12:36 par -Zemmour-
LeVraiPhoque
LeVraiPhoque
Niveau 8
25 octobre 2018 à 19:23:26
Furfur_
Furfur_
Niveau 8
29 octobre 2018 à 18:00:04

Juste une ombre

J'adore son cote ,qui nous plonge dans la peau de la personne et qui devient parano,commence a flipper pour tout.Rarement un roman ma autant fait ressentir la peur, qu'eprouve le personnage principal.

Fort !

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