"Évoquer" c'est un sacré euphémisme. Nabokov ne se cache pas et n'a pas de gène dont s'embarrasser. Il y met toute sa délicatesse, développe une atmosphère baroque, mais c'est un écrin pour rehausser encore la relation incestueuse. Avec encore des sentiments moraux, de l'affectation et de la préciosité, du drame.
Ce mec a écrit ce qu'il rêvait d'écrire. Ce qui est marrant c'est que son oeuvre reste appréciable même si on ne partage pas sa fantasmagorie. Je ne pense pas qu'on puisse aimer lire Ada si on se met à s'interroger sur l'inceste et comment la juger, Nabokov ne la discute pas (il n'y a pas de distance), l'inceste c'est son point de départ et d'arrivée, son kif.
J'imagine que Lolita c'est idem. L'hébéphilie assumée de Nabokov transparaît largement dans Ada aussi.
Message édité le 13 août 2018 à 11:37:44 par Everlasting