[19:25:23] <JerichoTheBest>
Après le rouge est le noir et ce brave Julien Sorel je commence le Père goriot de balzac.
Tu vas te régaler ![]()
Le début m’a déjà beaucoup plu ![]()
J’ai jamais été vers Balzac. Je verrais bien le résultat ![]()
J'attaque Sodome et Gomorrhe de Proust après un petit détour par Les Saisons de Pons 
J'ai entamé Lolita de Nabokov et... ![]()
C'est assez malaisant, on va pas se le cacher. La forme et le style employés m'interpellent également. Il use et abuse d'adjectifs comme pour nous inciter à nous détourner du fond de son propos en utilisant une façon de faire style packaging.
Comme si il nous disait "Ok c'est de la pédophilie, mais bien écrite, les gars !" C'est perturbant.
C'est mon premier Nabokov. Il utilise ce même procédé dans toute sa bibliographie ?
J'ai fini La Vie est Ailleurs de Kundera. Le problème avec lui c'est souvent que ses romans ne deviennent vraiment intéressants qu'à partir des dernières parties.
Je ne peux pas dire que les pérégrinations égocentriques de Jaromil et de sa mère m'ont conquis pendant les trois premiers quarts du récit. A vrai dire, c'est tout bonnement assommant par moment.
Et pourtant, dans le dernier quart, la dimension tragique et ironique s'impose férocement à des personnages dépossédés de leurs illusions et nus face à leurs cinglants échecs. Le roman prend alors tout son sens de manière brutale. Mais que ça arrive tard...
Histoire de France de Jacques Bainville
Et
Montaillou village Occitan de Emmanuel Leroy-Ladurie
Les Deux Étendards de Rebatet
Manon Lescaut Abbé Prévost
Atala (les natchez, rené) de Chateaubriand dont j'apprécie fortement la plume.
Ayant fini Napoléon de Bainville, je pense me tourner vers une découverte de Poe avec Le Scarabée d'or. On verra bien ce que ça donnera.
Le 12 août 2018 à 23:21:50 -Zemmour- a écrit :
J'ai entamé Lolita de Nabokov et...
C'est assez malaisant, on va pas se le cacher. La forme et le style employés m'interpellent également. Il use et abuse d'adjectifs comme pour nous inciter à nous détourner du fond de son propos en utilisant une façon de faire style packaging.
Comme si il nous disait "Ok c'est de la pédophilie, mais bien écrite, les gars !" C'est perturbant.
C'est mon premier Nabokov. Il utilise ce même procédé dans toute sa bibliographie ?
Dans "Ada ou l'ardeur" il utilise le même procédé pour évoquer l'inceste.
"Évoquer" c'est un sacré euphémisme. Nabokov ne se cache pas et n'a pas de gène dont s'embarrasser. Il y met toute sa délicatesse, développe une atmosphère baroque, mais c'est un écrin pour rehausser encore la relation incestueuse. Avec encore des sentiments moraux, de l'affectation et de la préciosité, du drame.
Ce mec a écrit ce qu'il rêvait d'écrire. Ce qui est marrant c'est que son oeuvre reste appréciable même si on ne partage pas sa fantasmagorie. Je ne pense pas qu'on puisse aimer lire Ada si on se met à s'interroger sur l'inceste et comment la juger, Nabokov ne la discute pas (il n'y a pas de distance), l'inceste c'est son point de départ et d'arrivée, son kif.
J'imagine que Lolita c'est idem. L'hébéphilie assumée de Nabokov transparaît largement dans Ada aussi.
[11:35:26] <Everlasting>
"Évoquer" c'est un sacré euphémisme. Nabokov ne se cache pas et n'a pas de gène dont s'embarrasser. Il y met toute sa délicatesse, développe une atmosphère baroque, mais c'est un écrin pour rehausser encore la relation incestueuse. Avec encore des sentiments moraux, de l'affectation et de la préciosité, du drame.Ce mec a écrit ce qu'il rêvait d'écrire. Ce qui est marrant c'est que son oeuvre reste appréciable même si on ne partage pas sa fantasmagorie. Je ne pense pas qu'on puisse aimer lire Ada si on se met à s'interroger sur l'inceste et comment la juger, Nabokov ne la discute pas (il n'y a pas de distance), l'inceste c'est son point de départ et d'arrivée, son kif.
J'imagine que Lolita c'est idem. L'hébéphilie assumée de Nabokov transparaît largement dans Ada aussi.
Oui la question de la polémique dans l'Art est un autre et vaste sujet.
Mais Nabokov a des antécédents pédophiles ? Je n'ai pas cherché, mais se poser ce genre de question est légitime car même si c'est un exercice de style, réalisé avec talent c'est sûr, l'interrogation demeure..
Je trouve pas personnellement.
Je est un autre, ça rejette d'emblée pour moi toute question de la possibilité d'attaquer une personne du vrai monde - l'individu Nabokov - sur des propos prêtés à l'écrit.
[13:16:17] <IvoireDrogba>
Je trouve pas personnellement.Je est un autre, ça rejette d'emblée pour moi toute question de la possibilité d'attaquer une personne du vrai monde - l'individu Nabokov - sur des propos prêtés à l'écrit.
J'ai tellement de mal avec la formule "Je est un autre" car on peut tout excuser sous prétexte d'Art schizophrénique. Le fait que Nabokov soit particulièrement intéressé par le sujet pose des questions qui vont au delà, pour moi, de l'exercice de style et c'est légitime.
Bien sûr, c'est très bien écrit, mais en enlevant la forme il aurait été censuré. Si Émile Louis avait écrit un roman confession de la sorte, on aurait crié au scandale. Ici, on crie au génie incompris qui a fait dans le sensationnel et la polémique.
Mais je continue ! Le style me plaît malgré tout ! Et c'est là tout le paradoxe de l'œuvre, pourquoi lit-on ? Pour le style, la forme, le fond ? Pour ça à la fois pour mon cas ; et d'ailleurs je persévérerai avec l'auteur avec Feu pâle ou Ada.
Bien sûr qu'on peut se poser la question, car "Je" est un autre sauf quand il ne l'est pas (auto ou semi-autobiographique). Nabokov est un écrivain très personnel, les sujets et passions qu'il évoque lui sont tous chers. Mais il aimait aussi la controverse et les jeux. Je n'ai jamais rien lu qui impliquait Nabokov, que ce soit avec des jeunes ou des enfants (et il a été marié toute sa vie avec sa femme depuis ses 25 ans). Je serais intéressé de savoir ce qu'il répondait quand on lui posait la question. J'ai essayé rapidement, mais je ne trouve aucune ressource ou interview. À mon avis, il avait ça en lui, ça a animé ses romans, sans qu'il ait forcément été coupable de transgression (dans les faits).
J'ajoute qu'évidemment la lecture s'en trouverait très différente si cela devait être le cas (idem pour tout autre cas: récit d'un meurtrier ou récit de meurtrier, ça heurte l'imagination différemment).
On peut. Tout excuser j'entends.
Et d'ailleurs c'est encore plus vrai dans le cas de Nabokov où le doute porte très souvent sur la fiabilité des narrateurs.
Le 13 août 2018 à 05:43:37 LivreurDeSushi a écrit :
Les Deux Étendards de Rebatet
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Moi je suis sur La Guerre et la Paix de Tolstoï et les Lettres de Van Gogh à son frère.
J'ajoute qu'évidemment la lecture s'en trouverait très différente si cela devait être le cas (idem pour tout autre cas: récit d'un meurtrier ou récit de meurtrier, ça heurte l'imagination différemment).
Que le texte ait un sens autobiographique fort n'exclue pas je pense toutes les interprétations qui se tiennent que l'on peut en faire sans avoir l'info.
Après y'a des théoriciens qui ont dû sa casser la tête sur cette question mais on a tous eu affaire à des textes compris «de travers» par rapport à ce que voulait dire l'auteur faute de bien connaître sa vie.
Enfin ça me paraît bizarre de ramener toute oeuvre d'art à l'artiste.
Idem, j'aime pas trop faire de la psychanalyse de comptoir quand je lis et pis encore quand j'écris.
L'usage du monde de Nicolas Bouvier