[19:24:40] <AntresSibyllins>
Je te laisse découvrir dans ce cas, tu me donneras ton avis, je suis curieux. C'est même pas tant la misogynie qui m'a dérangé même si y a quelques passages qui m'ont fait sourire
Bon j'ai terminé la première partie consacrée à l'amour. En effet, je suis majoritairement en désaccord avec lui sur la quasi-totalité de sa thèse, surtout lorsqu'il fait de la biologie comportementaliste sur les forces qui poussent à objectiver le sujet (cf le vouloir-vivre, la volonté etc). C'est un contemporain de Darwin, et en sachant cela on peut l'excuser de ne pas avoir su ce qui nous apparaît au 21eme Siècle comme etant une évidence. Mais ce serait anachronique, et l'excuse remettrait en cause ses thèses empiriques. Trop facile.
Quand il nous dit que l'amour n'est que le masque pris par le vouloir-vivre pour prolonger l'espèce, oui et non. Je parle subjectivement car je suis en couple avec une fille que j'aime et qui m'aime (je crois, j'espère pour moi
) et nous ne voulons pas d'enfants. Or si on reprend sa thèse, cette exemple devrait s'appliquer à tous, et peu importe l'âge et l'époque. Puis quand il nous fait la distinction entre le mariage d'amour et le mariage de convenances, là aussi c'est assez creux et ne fait pas de philosophie mais de la sociologie. Et donc n'est pas globaliste mais partiel. Après Schopenhauer ne voyait pas la philosophie comme remède (outre la partie sur son hédonisme dans ses aphorismes sur la sagesse dans la vie) mais voyait ça comme un historien théoricien aurait pu le faire, il nous indique où sont les maux.
Et je passe sur ses analyses physionomiques abracadabrantesques (là aussi Arthur était passionné par le corps humain et les organes).
Bref, je continue avec la métaphysique de la mort ![]()
Rouge Brésil de Jean-Christophe Rufin
Le 07 août 2018 à 14:11:31 -Zemmour- a écrit :
[19:24:40] <AntresSibyllins>
Je te laisse découvrir dans ce cas, tu me donneras ton avis, je suis curieux. C'est même pas tant la misogynie qui m'a dérangé même si y a quelques passages qui m'ont fait sourireBon j'ai terminé la première partie consacrée à l'amour. En effet, je suis majoritairement en désaccord avec lui sur la quasi-totalité de sa thèse, surtout lorsqu'il fait de la biologie comportementaliste sur les forces qui poussent à objectiver le sujet (cf le vouloir-vivre, la volonté etc). C'est un contemporain de Darwin, et en sachant cela on peut l'excuser de ne pas avoir su ce qui nous apparaît au 21eme Siècle comme etant une évidence. Mais ce serait anachronique, et l'excuse remettrait en cause ses thèses empiriques. Trop facile.
Quand il nous dit que l'amour n'est que le masque pris par le vouloir-vivre pour prolonger l'espèce, oui et non. Je parle subjectivement car je suis en couple avec une fille que j'aime et qui m'aime (je crois, j'espère pour moi) et nous ne voulons pas d'enfants. Or si on reprend sa thèse, cette exemple devrait s'appliquer à tous, et peu importe l'âge et l'époque. Puis quand il nous fait la distinction entre le mariage d'amour et le mariage de convenances, là aussi c'est assez creux et ne fait pas de philosophie mais de la sociologie. Et donc n'est pas globaliste mais partiel. Après Schopenhauer ne voyait pas la philosophie comme remède (outre la partie sur son hédonisme dans ses aphorismes sur la sagesse dans la vie) mais voyait ça comme un historien théoricien aurait pu le faire, il nous indique où sont les maux.
Et je passe sur ses analyses physionomiques abracadabrantesques (là aussi Arthur était passionné par le corps humain et les organes).
Bref, je continue avec la métaphysique de la mort
Bon bah j'ai pas besoin de développer, t'as à peu près dit le principal ![]()
Métaphysique de la mort est beaucoup plus intéressant ![]()
J'ai terminé Samarcande de Amin Maalouf. J'entame maintenant Alamut de Vladimir Bartol. Samarcande m'a redonné gout à la lecture, que j'avais arrêté depuis 8 ans ![]()
Après le rouge est le noir et ce brave Julien Sorel je commence le Père goriot de balzac.
[19:25:23] <JerichoTheBest>
Après le rouge est le noir et ce brave Julien Sorel je commence le Père goriot de balzac.
Tu vas te régaler ![]()
Le début m’a déjà beaucoup plu ![]()
J’ai jamais été vers Balzac. Je verrais bien le résultat ![]()
J'attaque Sodome et Gomorrhe de Proust après un petit détour par Les Saisons de Pons 
J'ai entamé Lolita de Nabokov et... ![]()
C'est assez malaisant, on va pas se le cacher. La forme et le style employés m'interpellent également. Il use et abuse d'adjectifs comme pour nous inciter à nous détourner du fond de son propos en utilisant une façon de faire style packaging.
Comme si il nous disait "Ok c'est de la pédophilie, mais bien écrite, les gars !" C'est perturbant.
C'est mon premier Nabokov. Il utilise ce même procédé dans toute sa bibliographie ?
J'ai fini La Vie est Ailleurs de Kundera. Le problème avec lui c'est souvent que ses romans ne deviennent vraiment intéressants qu'à partir des dernières parties.
Je ne peux pas dire que les pérégrinations égocentriques de Jaromil et de sa mère m'ont conquis pendant les trois premiers quarts du récit. A vrai dire, c'est tout bonnement assommant par moment.
Et pourtant, dans le dernier quart, la dimension tragique et ironique s'impose férocement à des personnages dépossédés de leurs illusions et nus face à leurs cinglants échecs. Le roman prend alors tout son sens de manière brutale. Mais que ça arrive tard...
Histoire de France de Jacques Bainville
Et
Montaillou village Occitan de Emmanuel Leroy-Ladurie
Les Deux Étendards de Rebatet
Manon Lescaut Abbé Prévost
Atala (les natchez, rené) de Chateaubriand dont j'apprécie fortement la plume.
Ayant fini Napoléon de Bainville, je pense me tourner vers une découverte de Poe avec Le Scarabée d'or. On verra bien ce que ça donnera.
Le 12 août 2018 à 23:21:50 -Zemmour- a écrit :
J'ai entamé Lolita de Nabokov et...
C'est assez malaisant, on va pas se le cacher. La forme et le style employés m'interpellent également. Il use et abuse d'adjectifs comme pour nous inciter à nous détourner du fond de son propos en utilisant une façon de faire style packaging.
Comme si il nous disait "Ok c'est de la pédophilie, mais bien écrite, les gars !" C'est perturbant.
C'est mon premier Nabokov. Il utilise ce même procédé dans toute sa bibliographie ?
Dans "Ada ou l'ardeur" il utilise le même procédé pour évoquer l'inceste.
"Évoquer" c'est un sacré euphémisme. Nabokov ne se cache pas et n'a pas de gène dont s'embarrasser. Il y met toute sa délicatesse, développe une atmosphère baroque, mais c'est un écrin pour rehausser encore la relation incestueuse. Avec encore des sentiments moraux, de l'affectation et de la préciosité, du drame.
Ce mec a écrit ce qu'il rêvait d'écrire. Ce qui est marrant c'est que son oeuvre reste appréciable même si on ne partage pas sa fantasmagorie. Je ne pense pas qu'on puisse aimer lire Ada si on se met à s'interroger sur l'inceste et comment la juger, Nabokov ne la discute pas (il n'y a pas de distance), l'inceste c'est son point de départ et d'arrivée, son kif.
J'imagine que Lolita c'est idem. L'hébéphilie assumée de Nabokov transparaît largement dans Ada aussi.
[11:35:26] <Everlasting>
"Évoquer" c'est un sacré euphémisme. Nabokov ne se cache pas et n'a pas de gène dont s'embarrasser. Il y met toute sa délicatesse, développe une atmosphère baroque, mais c'est un écrin pour rehausser encore la relation incestueuse. Avec encore des sentiments moraux, de l'affectation et de la préciosité, du drame.Ce mec a écrit ce qu'il rêvait d'écrire. Ce qui est marrant c'est que son oeuvre reste appréciable même si on ne partage pas sa fantasmagorie. Je ne pense pas qu'on puisse aimer lire Ada si on se met à s'interroger sur l'inceste et comment la juger, Nabokov ne la discute pas (il n'y a pas de distance), l'inceste c'est son point de départ et d'arrivée, son kif.
J'imagine que Lolita c'est idem. L'hébéphilie assumée de Nabokov transparaît largement dans Ada aussi.
Oui la question de la polémique dans l'Art est un autre et vaste sujet.
Mais Nabokov a des antécédents pédophiles ? Je n'ai pas cherché, mais se poser ce genre de question est légitime car même si c'est un exercice de style, réalisé avec talent c'est sûr, l'interrogation demeure..
Je trouve pas personnellement.
Je est un autre, ça rejette d'emblée pour moi toute question de la possibilité d'attaquer une personne du vrai monde - l'individu Nabokov - sur des propos prêtés à l'écrit.
[13:16:17] <IvoireDrogba>
Je trouve pas personnellement.Je est un autre, ça rejette d'emblée pour moi toute question de la possibilité d'attaquer une personne du vrai monde - l'individu Nabokov - sur des propos prêtés à l'écrit.
J'ai tellement de mal avec la formule "Je est un autre" car on peut tout excuser sous prétexte d'Art schizophrénique. Le fait que Nabokov soit particulièrement intéressé par le sujet pose des questions qui vont au delà, pour moi, de l'exercice de style et c'est légitime.
Bien sûr, c'est très bien écrit, mais en enlevant la forme il aurait été censuré. Si Émile Louis avait écrit un roman confession de la sorte, on aurait crié au scandale. Ici, on crie au génie incompris qui a fait dans le sensationnel et la polémique.
Mais je continue ! Le style me plaît malgré tout ! Et c'est là tout le paradoxe de l'œuvre, pourquoi lit-on ? Pour le style, la forme, le fond ? Pour ça à la fois pour mon cas ; et d'ailleurs je persévérerai avec l'auteur avec Feu pâle ou Ada.
Bien sûr qu'on peut se poser la question, car "Je" est un autre sauf quand il ne l'est pas (auto ou semi-autobiographique). Nabokov est un écrivain très personnel, les sujets et passions qu'il évoque lui sont tous chers. Mais il aimait aussi la controverse et les jeux. Je n'ai jamais rien lu qui impliquait Nabokov, que ce soit avec des jeunes ou des enfants (et il a été marié toute sa vie avec sa femme depuis ses 25 ans). Je serais intéressé de savoir ce qu'il répondait quand on lui posait la question. J'ai essayé rapidement, mais je ne trouve aucune ressource ou interview. À mon avis, il avait ça en lui, ça a animé ses romans, sans qu'il ait forcément été coupable de transgression (dans les faits).
J'ajoute qu'évidemment la lecture s'en trouverait très différente si cela devait être le cas (idem pour tout autre cas: récit d'un meurtrier ou récit de meurtrier, ça heurte l'imagination différemment).