Mais bon c'est envisager Bloy par le plus petit bout de la lorgnette, et encore c'est presque erroné. Il y a beaucoup à voir chez lui par-delà le constat de l'Apocalypse de la modernité, rien ne l'exaspérait plus que le fait qu'on veuille le réduire à un pamphlétaire - il abhorrait pas mal l'expression - et il y a toute une attente du meilleur à venir, une réjouissance dans la foi au-delà de l'inquiétude, un espoir de l'après qui rend Bloy bien plus complexe que son agressivité de surface.
Il y a de la douceur même dans ses plaintes, et son propre ethos entretenu de gueulard lui pesait. C'est aussi un type qui a baigné dans tout un climat, au chat noir et après, d'innovations esthétiques, qui a été proche de plusieurs avant-gardistes et des poètes du symbolisme - je pense d'ailleurs qu'on peut le ranger à sa manière sous l'étiquette -, il n'est jamais complétement réductible à une posture réellement anti-moderne.
Ne serait-ce au moins que parce que sa croyance en l'après le sauve du nihilisme et de la stérilité de l'amertume.