Passé les classiques immortels, c'est toujours un peu délicat de discuter quelque chose d'aussi relatif que la popularité d'un écrivain. Ça parlera peu au lecteur "moyen", à côté de ça ça reste un type sur lequel on travaille beaucoup depuis une quarantaine d'années et qui est brandi en référence par pas mal de monde - actuellement je veux dire -, au hasard par Nabe, par Moix, par Soral, qui a un certain écho au-delà des facs dans les milieux réactionnaires sur internet.
J'ai consacré mes deux mémoires à l'examen de son taf de conteur donc ouais pour moi c'est un grand
Ce qui est remarquable avec lui, c'est que c'est un des rares types qui a su pouvoir se maintenir tout le long de son activité littéraire dans une posture assez absolutiste sans en en venir à se nier malgré les changements opérés dans son art - pour ça il faut voir la préface qu'il a faite à son livre Belluaires et Porchers où il se distancie sans se trahir de ce qu'il a pu écrire dans Le Désespéré ou dans les Propos d'un entrepreneur de démolition.
C'est un type fascinant dans le sens où en-dehors de sa langue foisonnante, agressive, imagée qui est assez propre à toute une génération d'écrivains journalistes de la fin de siècle, il a établi un réel système de concordances esthétiques, philosophiques, religieuses qui circonscrivent sa pensée dans un tout complexe mais cohérent marqué par l'obsession du symbole et de sa signifiance cachée. Donc oui, l'intérêt de Bloy et son caractère unique par-delà la récupération qu'en fait la nouvelle extrême-droite sont complétement là.
Message édité le 09 août 2017 à 18:17:54 par LeSiracide