Si t'affectionnes Illusions perdues autant lire Splendeur et Misères qui en constitue la suite directe - mais une lecture préalable du Père Goriot pour celui-là est sans doute payante vu l'importance dans les deux romans de Vautrin.
J'aime beaucoup La Cousine Bette qui sent la fin et la noirceur de l’œuvre balzacienne, y a une écriture intéressante qui subvertit la forme du feuilleton et qui est très théâtrale dans une enfilade de très courtes scènes marquées par des changements d'intérieurs et beaucoup de dialogues.
Le Curé de Tours est bon, bien condensé dans sa typologie de la vieille fille, méchant, grinçant aussi parce que le roman est féroce mais son enjeu est absolument dérisoire.
Le Curé de village et Le Médecin de campagne sont intéressants à parcourir, parce qu'on a dans les deux une esquisse de propositions de système social, c'est original pour un Balzac qui se fait plus volontiers descripteur critique.
Les Chouans, pour la manière dont il adapte le roman historique au registre tragique, ça fonctionne bien. Sa """suite""" Une ténébreuse affaire m'avait bien branché également, en proposant un prototype de policier sur fond d'intrigue de changement de régime.
Tu peux lire par série également, en tapant dans le fantastique par exemple ou en lisant les trois livres qui composent le livre mystique - même si Louis Lambert est parfois un peu dur à manger dans sa conceptualisation philosophique étrange.
Le Lys dans la vallée est sympa à tenter dans le sens où c'est un projet qui tente de crever de l'intérieur les clichés du romantisme, mais il les embrasse tellement par instant que ça peut laisser dubitatif au début. C'est une expérience.
J'aime beaucoup la doublette que l'on peut faire des chercheurs fous - l'un esthétique, l'autre scientifique - en lisant en parallèle Le Chef-d’œuvre Inconnu et la Recherche de l'absolu.
Les nouvelles publiées en poche dans la continuité de La Maison du Chat-qui-pelote sont assez tristes, un peu désespérantes dans leur manière de présenter via des études de mariage une société figée mais ça fonctionne très bien.
Si tu veux rester dans le milieu du journalisme, le peu cité Une fille d'Eve est assez chouette. Un poil torché mais il fait partie de ces bons morceaux de la comédie humaine sur la manière dont les tractations financières de l'après 1831 commencent à salement peser sur la France.
César Birotteau est à lire également dans un ordre d'idée proche, le grand roman balzacien sur le commerce.
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Je suis très amateur de la CH personnellement. Tout ça ce sont, pour des raisons différentes, de bons choix, j'ai jamais vraiment lu un morceau de l'ensemble qui m'a paru un mauvais livre bien que certains m'aient plus ennuyé que d'autres donc tu peux vaguement commencer par où tu veux, plus tu parcours le projet plus l'ensemble se tient de manière cohérente.
Ce qui me paraît intéressant pour Balzac c'est de lire en série, soit diégétique comme par exemple pour Goriot - Illusion - Splendeurs, soit par proximité thématique, en suivant l'évolution d'un personnage, en tentant de suivre sa classification générique propre - il a par exemple regroupé de lui-même presque tout son fantastique dans ses études philosophiques...etc.