J'ai commencé et terminé "Et si on dansait? Eloge de la ponctuation" d'Erik Orsenna hier.
C'est tellement mauvais, je n'arrive pas à le croire. Le style est d'une pauvreté affligeante tout au long du roman, certaines expressions sont banalité absolument hallucinante ("car le plomb pèse comme un âne mort", "comme Noé arrachant au déluge les animaux menacés de la noyade" ou encore "Allons, allons, poules mouillées! Qui est-ce qui m'a donné ces mauviettes?" et j'en passe des meilleures)... L'auteur a réussi le triste exploit de réunir dans un seul et même bouquin de 130 pages toutes les expressions courantes et chiantes de la vie quotidienne, celles qu'on ne supporte plus d'entendre... Encore un passage plus que détestable:
"Les mots nous attendaient avec l'impatience caractéristique de ces petites bêtes, insupportables enfants gâtés comme vous savez.
- Enfin!
- C'est pas trop tôt!
- Pas possible ce retard! Tu t'es soûlée en ville ou quoi?
Ravalant notre envie de les baffer, nous nous sommes mis au travail
etc.etc."
Et puis surtout, Orsenna n'a pas pû s'empêcher de parler d'Harry Potter dans son bouquin...
("Soudain, une illumination me vint.
- C'est l'Ecole des Sorciers!
Je n'avais pas pû m'empêcher de crier.
- Harry Potter?
Les musiciens d'étaient arrêtés net, les uns terrifiés (cet hymne était bien celui des magiciens), les autres trop joyeux (retrouver ici, sur cette île perdue, le célebrissime petit garçon au chapeau pointu!).")
De toute façon, pour faire un bon best-seller, il faut impérativement se plier aux règles de la mode littéraire, non? Ajouté à toute cette merde une référence maladroite à Jacques Brel, quelques revendications écologistes fastidieuses et une vraie-fausse théorie sur la corrélation ponctuation-amour (comme quoi ceux qui maîtrisent bien la grammaire et la ponctuation réussiront mieux en amour, ce qu'Orsenna lui-même réfutait sur France 5 sur base de son expérience personnelle, bref...), le roman est vraiment "zéro". Dommage, car l'auteur avait commencé à parler de nègres politiques (un sujet nettement plus intéressant) et il aurait mieux fait de s'aventurer davantage sur ce terrain... Au moins je saurai, à l'avenir, que ce mec est un connard
Mon seul regret étant d'avoir contribué, en achetant son livre grand public, à l'enrichissement personnel et peu honorable de ce misérable...
Erik Orsenna est invité dans mon lycée, je lui dis ce que je pense ou je me retiens?
Parce quand même, pour un académicien, ça fait tâche cette vieille pompe à fric 