Terminé Nana.
J'ai trouvé le personnage assez surprenant, je l'imaginais plus radical et finalement il s'agit d'une figure assez ambiguë, une "bonne fille", parfois maternelle, qui agit en même temps comme une force animale délétère, aveugle et cruelle, un miasme qui s'insinue dans la bonne société, à la faveur de la faiblesse et de l'hypocrisie des hommes, la corrompant et la désintégrant. Figure solaire, Vénus blonde et grasse, c'est aussi la "Mouche d'or" qui apporte le mal et la mort sur ceux qu'elle touche, le vampire vorace qui mange la fortune de ses proies avant d'en laisser tomber l'enveloppe vidée. L'auteur lui offre une fin brutale, en quelques lignes qui disent sa déchéance : morte malade, le visage pourri, les hommes qui de son vivant s'empressaient autour d'elle refusant d'approcher son corps, le mythe ramassé dans la rumeur de diamants et autres affaires obtenus de pays étrangers. Un personnage irritant et mémorable.
Je note le talent de Zola pour décrire les milieux, les fourmillements humains, jusqu'à en faire sentir l'atmosphère étouffante, le cours des brutalités ; on a quasiment envie d'en sortir.
Comme pressenti ce ne sera pas mon Zola préféré, je l'ai trouvé un peu long à lire, la société mise en scène ne m'intéressait pas spécialement, mais ça n'a pas été une lecture désagréable ni fade pour autant.