j'ai commencé : Bocuse de Gautier Battistella hier (j'aime bien cuisiner aussi)
très drôle, je ne m'attendais à tant me marrer
Exterminate all the brutes
de Raoul Peck et Sven Lindqvist
Résumé :
L'histoire a toujours été écrite par les vainqueurs, il est temps de changer de point de vue.
Dans ce récit à l'ambition peu commune, Raoul Peck adopte radicalement la position des peuples conquis, vendus, déportés, tués au long des six cents années d'entreprises coloniales européennes. Il déconstruit l'histoire officielle pour tisser un texte robuste autour de l'extermination des Indiens d'Amérique, de l'esclavage des peuples d'Afrique, des colonisations et de la Shoah.
Sous le patronage de Joseph Conrad et en compagnie de Sven Lindqvist, Roxanne Dunbar-Ortiz et Michel-Rolph Trouillot, il remonte aux origines du racisme, à l'invention du Blanc et autres fictions qui conditionnent encore notre présent.
https://www.youtube.com/watch?v=_i2qDWkLuZo
Pas mal la vidéo
La classification phylogénétique ça doit être une discipline pleine de surprises, de découvertes contre-intuitives. Par exemple j'ai lu que les faucons étaient plus proches des perroquets que des autres rapaces diurnes, ou les vaches plus proches des dauphins que des chevaux.
Récemment terminé Jusqu'à ce que les pierres deviennent plus douces que l'eau, mon premier Lobo Antunes.
J'ai trouvé que son style était un bon compromis entre l'expression de l'intériorité et la nécessité de rester un minimum intelligible, dans le cadre d'un roman. Ici il s'agit notamment de la mémoire traumatisée par l'expérience de la guerre en Angola. La relation "filiale" entre un sous-lieutenant et un enfant soustrait au massacre dont il est responsable, est superficiellement établie sur des horreurs qui restent tues. La pensée perturbée va revenir buter, tourner et se resserrer autour des souvenirs et des incompréhensions. Le temps est celui d'une tragédie, avec une prophétie donnée dès le commencement, selon laquelle l'enfant se retournera contre son "père" pour se venger et venger les siens, les Noirs. L'issue est pratiquement donnée comme fatale : le fils aime son père mais doit le tuer, le père semble partiellement se soumettre à cette destinée. On peut d'ailleurs se demander s'il avait "sauvé" l'enfant pour emporter un trophée ou bien comme une tentative de réparation après ses gestes meurtriers.
A côté de ce drame, il y a celui de la mère cancéreuse que la maladie ronge insidieusement, comme une métaphore incarnée du traumatisme et des souvenirs trop lourds à porter, pierres qui ne deviendront jamais légères comme l'eau. Et une fille évitante, soulagée par la drogue, espèce d'annonciatrice muette de la catastrophe à venir.
J'ai trouvé intéressante cette façon d'aborder l'après-guerre, avec entre autres le problème de la parole qui ne vient pas ou qui est minorée (par exemple par le psychologue qui a pour réflexe de penser que les témoignages de guerre qu'on lui rapporte sont exagérés).
Roman assez foisonnant et naturellement répétitif, à cause du sujet traité. Personnellement j'ai pu toutefois lui reprocher quelques longueurs. Lire un autre roman de l'auteur me tente bien, peut-être pour un sujet différent cependant.
Évite surtout Le Cul de Judas, le reste ça devrait aller. La Farce des damnés est pas un roman post Angola mais il a aussi ce côté chabrolien bernhard sous speed que tu voudras pas forcément retrouver direct.
Le Retour des Caravelles en soi c'est très différent typiquement.
Je retiens, merci.
Finito Le Secret de Wilkie Collins, dans lequel j'ai retrouvé certaines des caractéristiques de Pierre de lune. Une petite galerie de portraits assez contrastés, qui se croisent ici non plus autour de la disparition d'une pierre, mais de l'enfouissement d'un secret, dont la détention tout comme la potentielle révélation fait le tourment de celle qui le garde. Les circonstances ont fait que le secret en question, matérialisé par son inscription, a été caché quelque part dans une certaine chambre, et personnellement j'aime assez lorsqu'on fait ainsi participer l'espace. Le roman ne tient pas à grand chose mais il est cependant long et plutôt bavard, il faut apprécier la peinture des déchirements moraux, des hésitations et des démonstrations affectives répétées. Je pense que j'aurai envie de revenir à cet auteur de temps en temps.
Ici je pense m'atteler à quelque chose de moins long, ce sera probablement le tome 5 des Rois maudits.
L'intégrale (ou quasi intégrale) des nouvelles de Cortazar
Il y a du très bon et du moins bon
Les nouvelles très courtes ou très absurdes m'intéressent pas trop, je les saute souvent. Celles de plus de 10 pages en général sont de qualité
Je retiens notamment celle appelée "L'homme à l'affut"
En pause sur Platon, je reprendrais dans quelques semaines car là je sature.
Je commence Plaidoyer pour le bonheur (Matthieu Ricard). Bon cela fait un peu développement personnel mais cela passe, quelque chose d'un peu léger et pas trop long.
Le 23 février 2026 à 15:34:17 :
L'intégrale (ou quasi intégrale) des nouvelles de Cortazar
Il y a du très bon et du moins bon
Les nouvelles très courtes ou très absurdes m'intéressent pas trop, je les saute souvent. Celles de plus de 10 pages en général sont de qualité
Je retiens notamment celle appelée "L'homme à l'affut"
Meilleure chose jamais écrite sur le Jazz ça, ça a été écrit avant et après la mort de Parker (c'est dans le recueil Les Armes secrètes, comme Les fils de la vierge - qui deviendra Blow Up, Conversation secrète, Blow Out etc.)
Elle qui chevauche les tempêtes.
J'étais curieux de lire un livre de GRR Martin qui ne se déroule pas dans l'univers de Westeros (même s'il s'agit plus exactement d'un livre qu'il a co-écrit avec Lisa Tuttle) et j'ai été enchanté par l'histoire.
On découvre la vie de Mariss, une jeune fille qui n'était pas prédestinée à avoir le privilège de faire partie de la caste des aériens, ceux qui possèdent des ailes, et qui va lutter pour qu'elle et d'autres puissent réaliser leur rêve de voler.
Je me suis très vite attaché à elle car il est facile de s'imaginer le plaisir que l'on pourrait ressentir à voler dans le ciel.
Ce plaisir qui devient pour les aériens une raison d'être et une fierté.
C'est l'histoire d'une révolution, d'une caste enfermée dans ses traditions et qui va devoir gérer l'arrivée de parvenus.
Si l'univers n'est pas développée en profondeur, les liens entre les différentes couches de la population sont traités de façon crédible et donne du poids aux actions de Mariss.
Un coup de coeur qui m'incite à continuer d'explorer la bibliographie de cet auteur.
Le 23 février 2026 à 15:34:17 :
L'intégrale (ou quasi intégrale) des nouvelles de Cortazar
Il y a du très bon et du moins bon
Les nouvelles très courtes ou très absurdes m'intéressent pas trop, je les saute souvent. Celles de plus de 10 pages en général sont de qualité
Je retiens notamment celle appelée "L'homme à l'affut"
Les intégrales c'est toujours un manège de bon et de moins bon, j'ai lu récemment La grande bonace des Antilles de Calvino, un recueil de nouvelles piochées pendant toute sa vie. Une (micro)nouvelle tirée du recueil (début de sa carrière en l'occurrence) :
Contentement passe richesse
Il y avait un pays où tout était interdit. Or seul le jeu du bâtonnet n’était pas interdit, et les sujets qui s’y adonnaient se réunissaient sur certains prés à la lisière du village et y passaient leurs journées, en jouant au bâtonnet. Et comme les interdictions étaient venues progressivement, toujours avec des raisons et des justifications, il n’y avait personne qui y trouvât à redire ou ne sût s’adapter.Les années passèrent. Un jour, les connétables s’aperçurent qu’il n’y avait plus de raison à ce que tout fût interdit et ils envoyèrent des messagers pour avertir leurs sujets qu’ils pouvaient faire ce qu’ils voulaient. Les messagers s’en allèrent aux endroits où les sujets avaient l’habitude de se réunir.
« Sachez, annoncèrent-ils, que plus rien n’est interdit. » Les autres continuaient à jouer au bâtonnet.
« Avez-vous compris ? insistèrent les messagers. Vous êtes libres de faire ce que vous voulez.
« Très bien répondirent les sujets. Nous, nous jouons au bâtonnet. »
Les messagers s’évertuèrent à leur rappeler combien d’occupations belles et utiles ils avaient eues dans le passé et pourraient avoir de nouveau à partir de maintenant. Mais les autres ne les écoutaient pas et continuaient de jouer au bâtonnet, un coup après l’autre, sans reprendre haleine.
Ayant vu que leurs tentatives étaient vaines, les messagers revinrent le dire aux connétables. « Ça va être vite fait, répondirent les connétables. Interdisons le jeu du bâtonnet. » Ce fut alors que le peuple fit la révolution et les tua tous. Puis, sans perdre de temps, il recommença à jouer au bâtonnet.
Elle marche bien.
Si j'avais fait la Boétie au taf ça aurait été un complément intéressant.
Tellement ébloui par le génie du Vaisseau des morts (ma meilleure lecture 2025 dans le temps aditionnel) que je creuse (comme Dobbs)
Tchicaya c'était un poète Congolais, comparé à une forme de Rimbaud local. Mais post-Lumumba. Très grand.
Je lis le livre d'un ami. Il retrace la vie de sa grande tante, arrêtée pour le meurtre de son employeur alors qu'elle travaillait comme gouvernante dans le sud de la France dans les années 60. Il fait un retour sur ce qu'a pu être la vie de cette femme née ici dans la région, et ce qui a pu l'amener à un tel acte. Dans le style, on est quelque part entre Camus, Ramuz, Michon.
Au final c'est pas si compliqué de lire le livre de qqun qui nous est proche. Il y a des défauts sans doute, mais aussi des choses à louer.
le chant du bourreau
Mémoires, Les champs de braises (Hélie de Saint Marc). Les camps de concentration, la guerre d'Algérie, la guerre d'Indochine. Peut on encore garder foi en l'humanité après tout cela ? Avec ce qui se passe en ce moment, cela ne finira jamais...Le chaos dans le monde. L' enfer sur Terre.
Vous saviez qu'il y avait des peuples de Sibérie qui consommaient des champignons hallucinogenes, l'amanite tue-mouche et que les prolos qui pouvaient pas s'en payer attendaient que les consommateurs aillent pisser pour boire un bol de pisse et profiter de ces substances ![]()
Le 24 février 2026 à 19:31:57 :
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Tellement ébloui par le génie du Vaisseau des morts (ma meilleure lecture 2025 dans le temps aditionnel) que je creuse (comme Dobbs)
Tchicaya c'était un poète Congolais, comparé à une forme de Rimbaud local. Mais post-Lumumba. Très grand.
merci!
ça donne envie
pas pu m'empêcher de voir Swann Arlaud dans Anatomie d'une chute lors de la plaidoirie de Fétoukovitch dans Les frères Karamazov
En ce moment je lis différentes choses à la fois ; là j'ai commencé L'Ile mystérieuse - J. Verne, je lis aussi le tome 5 des Rois maudits, je feuillette un bouquin sur ma ville, ainsi qu'un livre sur la nature 