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Quel livre êtes-vous en train de lire ?

--G--
--G--
Niveau 34
24 novembre 2025 à 20:33:14

Le Comté de Yoknapatawpha est fictif, le Wessex n'existait plus du temps de Hardy, Macando est une ville imaginaire, tout comme le Costaguana ou [Le Pays d'Afrique qui n'est jamais nommé Congo Belge] de Conrad.
Et il n'y a ni de château à Argol, ni Orsenna.

En quoi est-ce que ça diminue quoi que ce soit ?

Message édité le 24 novembre 2025 à 20:34:59 par --G--
BebertDeSorbon
BebertDeSorbon
Niveau 5
24 novembre 2025 à 21:02:02

Et la Scythie d'Hérodote, elle, est censée exister sur le papier.

Le rapport entre l'espace réel et l'espace projectif de l'imaginaire, c'est tout de même plus compliqué que c'est vrai ou pas lolilou.

--G--
--G--
Niveau 34
24 novembre 2025 à 21:09:28

Ça dépend de la rigueur de la science, c'est ça ?

Message édité le 24 novembre 2025 à 21:11:45 par --G--
theklaw93
theklaw93
Niveau 51
25 novembre 2025 à 00:20:43

Le 23 octobre 2025 à 19:32:20 :
Jacques Stephen Alexis quelqu'un a lu ? Cité dans Texaco ça a l'air banger
Haïti / les Caraïbes...

Oui l'espace d'un cillement c'est pas mal mais je préfère quand même largement Chamoiseau dans le genre

Everlasting
Everlasting
Niveau 22
25 novembre 2025 à 11:53:09

Je trouve intéressante la question de G sur ce que ça change la réalité / vérité dans la fiction. Je suis sûr qu'il y a des séminaires là-dessus. Cela concerne aussi le bouquin que je lis en ce moment: les biographies de Sebald dans Les Émigrants sont fictives, de même que dans ses autres livres, même si il travaille un matériel historique, très ancré, très détaillé. Alors évidemment, tu peux avoir différentes sortes de rapports fiction-réalité: des fictions qui sont une référence à une réalité à peine voilée, une fiction qui reprend une mosaïque d'éléments réels disparates, une base réelle augmentée par des ajouts fictionnels, une pure fantaisie. Pour dire les choses naïvement, quand c'est bien et que ça fait illusion, ça marche; dans le cas contraire, on a vite cette impression caractéristique du "qu'est-ce que j'en ai à foutre ?"

Et cette impression je l'ai eue à la lecture de Nostromo par exemple, parfois chez Faulkner, jamais chez Hardy ou García Marquez. C'est sans doute une question de présentation. Nostromo est écrit comme un roman politico-historique avec un héros révolutionnaire, dans une histoire dense et passablement compliquée. Je sais que Conrad a voyagé et a vu le colonialisme de très près. Mais je suis prêt à dire que le fait que cela se passe au Costaguana et pas dans un endroit "réel" peut être une raison de moins de s'intéresser à l'histoire. À l'inverse, une histoire similaire avec un lien réel plus direct, disons L'Or de Cendrars, c'est un plus de se dire que le général Sutter a réellement existé, tandis que Nostromo a autant de réalité que Peter Pan.

Pour revenir à Sebald, je trouve qu'on navigue entre les deux. Parfois c'est saisissant de réalisme, parfois il se perd dans des méandres alambiqués et improbables qui font que soudain on décroche. Par exemple la nouvelle avec Ambrose et Costco: tous les endroits sont réels, ultra-réels même, mais les personnages du jeune flambeur et de son majordome flegmatique sont un peu clichés, leur mystère tombe un peu à plat, et soudain leur voyage n'a plus d'intérêt, quand bien même on décrirait Deauville et Constantinople au début du siècle avec beaucoup de talent.

--G--
--G--
Niveau 34
25 novembre 2025 à 15:27:27

Alors concernant Nostromo c'est compréhensible, étant donné que Conrad n'a été que brièvement dans un port d'Amérique du Sud (moins d'une semaine).
Le reste, c'est de l'étude livresque géographique et historique de vrais pays latino-américains, depuis l'Angleterre.

Faulkner, comme Garcia Marquez, se basent sur leurs vrais lieux de vie (Comté de Lafayette Mississippi ; Aracataca).

KingOfCucks
KingOfCucks
Niveau 57
25 novembre 2025 à 21:41:14

Le 24 novembre 2025 à 13:09:32 :
Jattaque les 3 conte de flaubert https://image.noelshack.com/fichiers/2022/37/1/1663014384-ahi-pince-mais.png

Pour l'instant jai preferer le 2eme contes au premier on verras le 3eme

RungeKutta
RungeKutta
Niveau 78
25 novembre 2025 à 22:25:32

Le 24 novembre 2025 à 20:33:14 :
Le Comté de Yoknapatawpha est fictif, le Wessex n'existait plus du temps de Hardy, Macando est une ville imaginaire, tout comme le Costaguana ou [Le Pays d'Afrique qui n'est jamais nommé Congo Belge] de Conrad.
Et il n'y a ni de château à Argol, ni Orsenna.

En quoi est-ce que ça diminue quoi que ce soit ?

La différence c'est que l'ancêtre est écrit comme un récit autobiographique et un récit de voyage d'un explorateur. Il n'y a pas d'histoire divertissante ou d'imagination derrière, c'est raconté comme si c'était vrai mais ça ne l'est pas
Si c'était vrai ça aurait été un témoignage intéressant sur des civilisations exotiques, mais là ça sonne comme un méli mélo des récits qu'a lu l'auteur sur de telles populations

Message édité le 25 novembre 2025 à 22:30:26 par RungeKutta
Everlasting
Everlasting
Niveau 22
26 novembre 2025 à 10:19:56

Ah oui, c'est une sorte de récit anthropologique dont le seul but semble de donner une vue de l'intérieur d'une société cannibale, laissant penser que ce rite réalisé lors d'épisodes de transe collective aurait été la seule façon pour eux de survivre dans un environnement hostile et euh... pauvre en calories. Donc en filigrane il y a un discours visant à redonner une complexité ou une dignité à ces populations indigènes sur un sujet controversé. Alors peut-être que pour le public latin-américain, c'est des questions vraiment intéressantes qui relèvent de l'identité nationale. Alors que pour moi, que des peuplades se soient entre-bouffées dans la jungle après s'être massacrées, ça me fait ni chaud ni froid, et je vois pas l'intérêt de transformer ça en fable mythologique avec moult détails graphiques. Et tant pis pour mon diplôme avec mineure en anthropologie.

BennyProfane
BennyProfane
Niveau 17
28 novembre 2025 à 16:17:48

Une fois n'est pas coutûme belle découverte d'un moderniste chinois, proche de Lu Xun, etc. Yu Dafu c'est un peu le Tanizaki chinois de la même période, érotisme saphisme, language chinois vernaculaire, spectateur impuissant de la tragédie du XXe chinois et des grands bouleversements du siècle, dans une jolie plume

zahbout
zahbout
Niveau 18
01 décembre 2025 à 15:21:03

S' en aller (François Sureau).

KobeSmul
KobeSmul
Niveau 75
02 décembre 2025 à 18:22:37

La constellation du chien, Peter Heller
Une forme étonnante avec des sauts de ligne entre chaque paragraphe et un environnement apocalyptique mais il y a de l'idée

zingarou
zingarou
Niveau 51
02 décembre 2025 à 18:52:40

Mon grain de sable
De Luciano Bolis chez 10-18

Héros de guerre inoubliable, Luciano Bolis dirige la Résistance italienne jusqu'à son arrestation, en février 1945. Suivent les supplices insoutenables que lui infligent les fascistes, la lutte pour la mort contre l'instinct de survie, l'inhumain. Poignant, lucide et impartial, son témoignage appelle au réveil de nos consciences assoupies.

Everlasting
Everlasting
Niveau 22
04 décembre 2025 à 10:57:46

Le Palais de Glace (Tarjei Vesaas). J'étais intéressé de lire du scandinave au-delà de Laxness et des sagas. Je crois que bien m'en a pris. L'histoire se passe dans la Norvège rurale en période hivernale et on s'intéresse à la rencontre magnétique entre deux jeunes filles à l'entame de la puberté. Là où à mon avis ça marche, c''est que Vesaas arrive à conjuguer réalisme avec une atmosphère de l'étrange, en jouant sur les symboles, la poésie de la nature, le sens de la communauté et de l'éducation. Il y a un côté mystique très années 60, mais c'est plaisant et dépaysant. J'en suis à la moitié.

OpiumRedbull
OpiumRedbull
Niveau 20
04 décembre 2025 à 17:47:05

American Psycho de Bret Easton Ellis en VO, je l'avais déjà lu une fois, mais maintenant de manière bien plus éclairée.
Il est fascinant de savoir que l'auteur a fréquenté lui-même ces milieux de jeunes riches new-yorkais dont il est question (les yuppies, "young urban professionals" qui bossent à Wall Street), et à travers le regard de Patrick Bateman, qui seul par la narration confesse progressivement son dénuement total d'âme et de réelle personnalité, on a une fenêtre grande ouverte sur cette société mondaine de l'entre-soi, où toute intégration et validation passe par le spectacle d'une apparence soignée reposant sur de la pure marchandise (que ce soit le style vestimentaire, la coiffure, le soin de la peau et du teint, le régime alimentaire et les compléments etc. et les marques qui vont avec). Pour ces personnages masculins (cocasses et immatures) il s'agit de socialiser à travers des dîners dans les restaurants réputés au gré de la mode du jour et ce qu'on en dit les critiques journalistiques, le tout autour de beaucoup de verres et pots-de-vin (où les marques d'alcool et leur renommée seront toujours un beau prétexte), les passages aux toilettes entre-temps pour se repoudrer le nez et la question de leur fiabilité.
Les dialogues très expressifs et déchaînés, toujours dans la surenchère, étalent la crasse hypocrisie d'hommes notoirement misogynes, racistes, homophobes et crachant leur mépris de classe, médisant sur leurs propres connaissances une fois leur dos tourné (sur fond de jalousie), confondant à chaque fois un collègue avec un autre, ce qui de manière hilarante révèle la superficialité factice et l'interchangeabilité de tous ces gens qui finalement ne se mettent en avant que par le mimétisme.
Les femmes, systématiquement sexualisées et méprisées, sont le sujet de leur haine et de leur frustration qui devient une belle forme de complicité et de camaraderie.
Quant à leur travail, seul prétexte à leur opulence et preuve de réussite, ils sont bien conscients qu'ils le haïssent et n'y font d'ailleurs absolument rien d'utile derrière leur discret bureau.
Ce fameux sujet du livre de vacuité existentielle et d'état "psychopathique" n'est donc pas du tout exclusif à Bateman, mais est un triste état de ce que deviennent ces individus pourris gâtés et ne connaissant rien d'authentique, de sincère dans leurs relations.
Lorsque Bateman défoule finalement toute cette haine, frustration et ses pulsions sales réprimées par le masque parfait et propre qu'il doit porter, ce n'est toujours que de manière occulte à ses semblables, contre tous les autres, qu'ils soient jalousés, au contraire inférieurs ou marginaux, trouvant ici réponse à tout complexe d'infériorité, manquement à son image de réussite toujours à parfaire et jamais satisfaite.
Ce qui le rend particulièrement intéressant (voire bizarrement "attachant") c'est toute sa passion raffinée pour cette culture bourgeoise dans sa virtuosité, son seul idéal malgré lui, le triste espoir de toujours plus s'y distinguer, ce qui fait de lui un brillant critique musical, y trouvant moyen d'avoir toute la compréhension nécessaire des aspirations affichées de son milieu.
N'arrivant jamais à se comprendre lui-même derrière son étiquette, à trouver en son for intérieur quoi que ce soit de certain, sa conclusion apporte une clairvoyance sur le monde dans lequel il vit.

zahbout
zahbout
Niveau 18
06 décembre 2025 à 13:51:39

Entretiens avec Gustave Thibon (Philippe Barthelet).

Elite22Arbiter
Elite22Arbiter
Niveau 45
07 décembre 2025 à 01:22:43

Sang-Pitié, de Michel Robert.
Soit le troisième tome de la saga.

Rhizomes
Rhizomes
Niveau 43
07 décembre 2025 à 12:59:32

Enfin finito L'Enchanteur de Bleachcoffee que j'ai un peu galéré à pousser jusqu'au bout, bien que j'aimasse la lecture très régulièrement tout le long.

Globalement, je lui reproche son usage incessant du cul pour structurer l'histoire, tout en trouvant que c'est une assez unique compilation de matière de Bretagne. Et puis la littérature médiévale, c'est en fait un truc de gooner, et gooner c'est de droite depuis mille ans, donc c'est cohérent. Plus de détails ici :d)

https://www.senscritique.com/livre/l_enchanteur/critique/333208374

Je crois que je vais enchaîner sur Quel petit vélo à guidon chromé au fond de la cour ?

FoqueEnStock
FoqueEnStock
Niveau 4
08 décembre 2025 à 18:32:22

Le 07 décembre 2025 à 12:59:32 :
Enfin finito L'Enchanteur de Bleachcoffee que j'ai un peu galéré à pousser jusqu'au bout, bien que j'aimasse la lecture très régulièrement tout le long.

Globalement, je lui reproche son usage incessant du cul pour structurer l'histoire, tout en trouvant que c'est une assez unique compilation de matière de Bretagne. Et puis la littérature médiévale, c'est en fait un truc de gooner, et gooner c'est de droite depuis mille ans, donc c'est cohérent. Plus de détails ici :d)

https://www.senscritique.com/livre/l_enchanteur/critique/333208374

Je crois que je vais enchaîner sur Quel petit vélo à guidon chromé au fond de la cour ?

Critique faite dans les règles du lard. https://image.noelshack.com/fichiers/2016/38/1474719466-img5.png

BennyProfane
BennyProfane
Niveau 17
08 décembre 2025 à 21:18:20

Barjavel, notre littérature nationale pulp, kitsch, les rares souvenirs que j'ai ne sont pas tous mauvais

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