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Quel livre êtes-vous en train de lire ?

Hendiadys
Hendiadys
Niveau 35
30 juin 2024 à 17:45:44

Énonciativement il y a un truc sympa régulièrement en début et en fin de lai, c'est qu'elle essaie parfois de montrer une généalogie fantaisiste entre les histoires narrées, leur passage dans une tradition d'anciens Celtes qu'elle évoque et dont elle ferait en gros une réécriture contemporaine par rapport à ces événements datés et repris dans des chansons de folklore. Parfois ces transmissions sont justifiées par l'histoire même et ça crée un jeu méta sur l'objet textuel assez sympa.

Message édité le 30 juin 2024 à 17:46:01 par Hendiadys
SaintLui
SaintLui
Niveau 9
30 juin 2024 à 18:46:21

Oui, là effectivement on boucle.

Je précise simplement que j'étais évidemment pas en train de dire que Marie de France est une inconnue, loin de là, même si faut dire que ses Lais sont de loin mieux édités que ses Fables, mais peu importe.

L'exemple est intéressant dans la mesure où des éditions (notamment scolaire) ont pondu d'un coup ses Fables , et surfent sur l'argument féministe dans la promotion, puisque le texte est reçu immédiatement et presque unanimement comme ça, et que c'est l'argumentaire que les éditeurs choisissent de mettre en exergue après coup. C'est tout.

Message édité le 30 juin 2024 à 18:46:56 par SaintLui
SaintLui
SaintLui
Niveau 9
30 juin 2024 à 19:03:58

Sinon, lu La Tragédie de Monsieur Morn de Nabokov, une pièce où un bon tyran, qui a su imposer la paix et la culture dans son pays, est victime d'une conspiration motivée par des conflits personnels parasites, qui n'ont aucun horizon politique ou idéologique.

Ça m'a intéressé dans le contexte actuel, même si en fait les perspectives qui se dessinent concourent pas à mon apaisement.

Hendiadys
Hendiadys
Niveau 35
02 juillet 2024 à 22:08:02

J'ai failli l'acheter à ma dernière visite chez Gibert mais finalement j'ai sauté, je me le ferais un jour tout de même.

__________

J'étais coincé ces derniers temps sur une lecture que j'arrivais pas à tomber : une lecture de Huon de Bordeaux, en langue plus ou moins originale, car j'essaie de me renseigner au maximum en ce moment sur le personnage d'Aubéron pour un projet artistique que j'entends mener - mais avec des doutes.

Je n'avais pas lu de chanson de geste depuis un moment, surtout intégralement, peut-être depuis ma licence ou le début de mon master. C'est décidément le genre médiéval avec lequel j'ai toujours du mal. Matériellement, la destination du genre à une diffusion orale plus large que le roman lui impose certaines répétitions pour les conteurs et les publics parfois interrompus qui sont super lourdes à lire dans un contexte de diffusion comme aujourd'hui. Les valeurs nationalistes débordent tout le temps sur l'intérêt poétique et ne cessent de provoquer des rebondissements comme des traitements axiologiques des personnages qui sont super casse-couilles. La christianisation forcée et suspecte des éléments féériques est affreusement rendue dans le texte, où les personnages magiques commettent des dingueries puis lâchent une petite prière pour faire glisser le tout sans problème. Le héros est une tête à claque antipathique au possible, qui ne cesse jamais de contrevenir aux ordonnances qu'on lui délivre, mais qui demeure systématiquement aimé de tous - et surtout de toutes, il faut lire le dépit de cette Sarrasine qui se laisse battre par lui aux échecs dans l'espoir qu'il la tartine.

Pour une fois je ne fais pas d'avis organisé, je jette globalement des choses qui m'ont cassé les couilles. Ce qui me plaît dans le texte reste ce qui me plaît dans le médiéval en général, j'aime leurs techniques poétiques, j'aime leur distance avec notre société qui crée un reflet qui m'intéresse, j'ai un intérêt patrimonial et archéologique pour le truc.

ProfesseurMINOS
ProfesseurMINOS
Niveau 7
03 juillet 2024 à 16:33:51

Finito Le Colonel ne dort pas d'Emilienne Malfatto, une autrice contempo que j'ai dans des listes de bac de candidats à l'oral mais que je n'avais jamais lue jusque là. Il n'y a pas de rapport entre le fait que j'ai écouté des oraux portant sur l'une de ses oeuvres et mon achat de celle-ci, c'est une bousculade de calendrier.

Dans une atmosphère grise et volontairement aréférentielle, le court roman s'intéresse au colonel, un tortionnaire opérant dans une guerre quelque part, apparemment complètement apathique devant le monde si ce n'est face à des cauchemars qui l'assaillent tous les soirs durant la crise d'une interminable insomnie sur fond de saison des pluies symbolique : les cauchemars de ses victimes changées en monstres.

Le court roman n'élaborera à peu près rien de plus d'un point de vue strictement actionnel dans la narration, puisque toute l'idée du livre est d'évoquer la situation de ces pays déchirés par des guerres civiles intestines et sans fin, répétitives dans leur nature, amenées par la décolonisation. Le gros de ce que l'histoire a à montrer passera par une colorisation très lente, par petites touches, qui viendra peu à peu glisser un doigt timide dans la faille représentée par tous les gris incessamment reconvoqué du roman.

C'est pas un mauvais objet littéraire du tout, sa prose poétique marche bien, son idée des couleurs lui donne une originalité par rapport à tout un corpus à la Philippe Claudel qu'on connaît déjà, mais le problème est là en fait. Ce délire de faire du "néo-conte", je commence à le trouver assez récurrent pour en faire presque une école, et malheureusement une fois qu'on en a lu un, les effets ont tendance à salement s'émousser.

Le livre essaie certes de toucher à une forme d'universalité en gommant ses références mais par là il manque de courage politique ; manque d'autant plus incompréhensible qu'une citation de Messmer évoquant Paul Aussaresses est mise en exergue, ce qui fait donc porter au nombre de trois les tortionnaires du roman.

Je me suis quand même laissé prendre à un passage que je partage :

Le général n’aime guère sortir de son bureau qu’il juge
confortable et approprié à un homme de son rang et de sa
corpulence. S’il se plie de bonne grâce à la revue de troupe
hebdomadaire, il évite, en dehors de ça, de frayer avec la
soldatesque. Il reste assis à son large bureau et joue parfois,
pendant des heures, des parties d’échecs solitaires contre lui-même.
On pourrait croire que le général en charge des troupes du nord et
de la Reconquête n’aurait pas le temps pour ça, mais lui si. Il le
prend. Depuis déjà plusieurs semaines, la Reconquête est de facto
passée aux mains de son subalterne direct et zélé qui n’a, lui, pas le
temps de jouer aux échecs car l’offensive s’enlise de jour en jour,
même si le général affirme le contraire à la Capitale dans des
messages confiants et exaltés.

Pourtant le général vit mal sa condition de joueur d’échecs
solitaire dans le grand Palais de marbre. Depuis quelque temps -
depuis, en fait, que son subalterne zélé a cessé de lui faire son
rapport quotidien, comme s’il s’était affranchi des rênes - le général
sent parfois monter une angoisse que même les pièces noires et
blanches ne parviennent pas à dissiper. À bien y réfléchir, et le
général aujourd’hui y réfléchit bien, c’est aussi à ce moment-là
qu’est arrivé le colonel qu’on a par la suite très peu vu au Palais, ou
alors comme une ombre si grise qu’on se demande, après, si on ne
l’a pas rêvée.

Aussi le général, qui n’arrive pas à se concentrer sur l’échiquier,
se demande-t-il si tout ça n’est pas la faute du colonel. Si le colonel
ne porterait pas un peu (la poisse ?) avec sa silhouette trop vague,
trop silencieuse, quelque chose de morbide, comme une brume
froide qui se glisserait sous la porte. Si le colonel ne serait pas au
fond le vrai responsable de l’engluement de la Reconquête, de sa
propre humeur maussade, du mauvais temps, et même de ce
stupide cavalier noir qui menace son fou blanc - ce qui est d’autant
plus agaçant qu’il joue contre lui-même. Alors il avance son autre
fou blanc, il faut bien empêcher la poussée noire, c’est comme ici,
dans la Ville, contenir l’Ennemi le contraindre le contrôler le crever
en finir avec cette rive droite qui résiste en finir avec l’Ennemi, tous
noyés morts dans les eaux lourdes limoneuses du fleuve, sur le
plateau le cavalier noir prend le cavalier blanc, devant les yeux du
général des soldats sans visage disparaissent dans les flots, un beau
rêve, il lui semble sentir la vase des berges, une odeur de brouillard,
noyés noyés noyés anéantis sous la surface et le fou qui avance
toujours qui prend un pion noir, un pion seulement ce n’est pas
comme ça qu’on repoussera l’Ennemi les pièces de nuit les soldats
sans visage, le général se fait mat une fois deux fois il cherche la
faille dans son propre raisonnement, le sien et celui d’en face qui est
aussi le sien et toujours dans ses yeux les eaux lourdes du fleuve
par-dessus le damier et il ne sait plus ce qu’il regarde, une douleur
lancinante dans l’orbite droite comme une pique de lumière trop
vive, la pièce est sombre pourtant, et puis une porte claque quelque
part dans le grand Palais et le bruit réveille le général le tire de sa
transe l’arrache aux pièces qui le tenaient comme hypnotisé, il
contemple le plateau et ne reconnaît pas l’attaque noire, l’attaque
blanche, la partie inextricable, à l’image de cette fichue Ville se dit-il,
de cette Reconquête qui n’en finit pas, ça devrait déjà être plié. Et à
nouveau l’image brouillée du colonel s’impose à lui, à nouveau cette
idée qu’il porterait malheur.

uKite
uKite
Niveau 9
03 juillet 2024 à 20:05:32

Ce délire de faire du "néo-conte", je commence à le trouver assez récurrent pour en faire presque une école, et malheureusement une fois qu'on en a lu un, les effets ont tendance à salement s'émousser. Le livre essaie certes de toucher à une forme d'universalité en gommant ses références [...]

J'aimerais rebondir sur ce point parce que c'est aussi qqch que j'ai souvent constaté et que je n'ai à vrai dire jamais trop compris.

Chercher à faire un roman universel me paraît assez redondant. Parce que la littérature, surtout le roman, est déjà universelle. À priori elle raconte des événements qui touchent l'humain et parle de choses que tout le monde peut vivre, à sa manière évidemment.

Sauf si on veut se placer dans une création de métarécit, mais j'ai envie de dire que ce type de littérature est plus le produit de la réception du lecteur que d'un acte pensé. Les contes sont peut-être l'exception.

Finalement, avec ce genre de bouquins qui se veulent totalisant, on se retrouve avec des trucs aseptisés qui n'intéressent personne et sont impossibles à analyser ou comprendre.

Si on (tu) pouvait m'éclairer sur ce phénomène et ce que ça en dit de l'universalité de la littérature je t'en serais très redevable.

(Je sais pas si c'est exactement à ça que tu faisais référence dans ton message, j'ai peut-être surinterprété)

Message édité le 03 juillet 2024 à 20:07:12 par uKite
SaintLui
SaintLui
Niveau 9
03 juillet 2024 à 22:51:29

Lu Le Dernier des Mohicans, assez inégal avec beaucoup de scènes épiques spectaculaires pas toujours de bon goût, mais j'ai quand même aimé globalement. Je trouve sa configuration du choc des civilisations assez saine et juste, même si les Indiens de Cooper sont factices pour obéir aux codes du genre. C'est un texte avec un bel esprit qui aurait dû inspirer la décolonisation mais qui l'a pas fait hélas. Y a aussi des tentatives de mettre en valeur la poésie amérindienne, de définir ce qu'est la singularité de l'aventure américaine sur le plan thématique, et ça donne une réécriture de l'épopée qui systématiquement à tel épisode de Shakespeare, d'Homère, etc., mais en forçant la couleur locale dans une veine évidemment romantique. Donc dans une perspective patrimoniale, ça m'a intéressé aussi.

HacheTague00
HacheTague00
Niveau 30
04 juillet 2024 à 00:40:46

Le 03 juillet 2024 à 22:51:29 :
Lu Le Dernier des Mohicans, assez inégal avec beaucoup de scènes épiques spectaculaires pas toujours de bon goût, mais j'ai quand même aimé globalement. Je trouve sa configuration du choc des civilisations assez saine et juste, même si les Indiens de Cooper sont factices pour obéir aux codes du genre. C'est un texte avec un bel esprit qui aurait dû inspirer la décolonisation mais qui l'a pas fait hélas. Y a aussi des tentatives de mettre en valeur la poésie amérindienne, de définir ce qu'est la singularité de l'aventure américaine sur le plan thématique, et ça donne une réécriture de l'épopée qui systématiquement à tel épisode de Shakespeare, d'Homère, etc., mais en forçant la couleur locale dans une veine évidemment romantique. Donc dans une perspective patrimoniale, ça m'a intéressé aussi.

Sur le sujet des indiens d'Amérique je te conseille The Comanche Empire de Pekka Hämäläinen, je crois qu'il a été traduit en français. Il est particulièrement intéressant parce qu'il introduit un nouveau regard sur cette population, moins misérabiliste (qui a souvent le travers au final de voir les indiens être vu comme des spectateurs un peu débile de l'histoire, ce qui n'est pas le cas, sans aller dans l'extrême inverse de bêtes assoiffées de sang) que la plupart des ouvrages sur le sujet. J'avais aussi lu Bury my Heart at Wounded Knee de Dee Brown mais je l'avais trouvé beaucoup moins intéressant.

ProfesseurMINOS
ProfesseurMINOS
Niveau 7
04 juillet 2024 à 18:20:37

Sauf si on veut se placer dans une création de métarécit, mais j'ai envie de dire que ce type de littérature est plus le produit de la réception du lecteur que d'un acte pensé

Je ne sais pas ce que tu entends par là précisément mais je pense que l'idée que la littérature soit construite à peu près autant par son créateur que son récepteur, qui a une grosse cinquantaine d'années dans l'histoire des idées théoriques, est maintenant assez normalisée et que donc les nouveaux écrivains qui produisent aujourd'hui sont familiers avec elle, qu'elle occupe chez eux plus franchement un arrière-plan solide lors de la conception.

Je pense que ces gens sont aussi les héritiers du nouveau roman qui constitue aujourd'hui un classicisme contemporain qui n'est plus provoquant comme à sa parution mais qui a fait école, et peut donc servir de sous-basement parfois inconscient à l'exercice de création. Il n'y a pas besoin d'avoir lu Robbe-Grillet pour avoir été influencé par la marque qu'il a laissée sur la littérature contempo', et d'ailleurs beaucoup de gars de chez Minuit ont pas réussi à tuer le père puisqu'ils ressassent en boucle les mêmes techniques, kikou Echenoz.

Ce que les auteurs des années 70 reprochaient au roman balzacien, dans une démarche volontairement agressive et donc en partie surjouée, c'était de faire du roman décoratif où les marques de l'époque se voulaient toujours sursignifiées pour s'inscrire dans un cadre déterminé (la mutation du commerce sous la Restauration sur fond de libéralisation de l'organe médiatique c'est vrai que c'est plutôt spécifique comme délire). Je peux comprendre la logique de s'être dit qu'en gommant au maximum tout cadre référentiel, on allait s'assurer un contact plus brut parce que moins médié avec l'idée de cœur à toucher par son écrit. C'est un voeu pieux d'abstraction et d'essentialisme quelque part, démarche qui bien sûr était caduque puisque le roman sémiologique à la Perec au hasard - que j'aime beaucoup au demeurant - pue son époque par tous les pores.

Ce sont aussi des littératures qui prennent place dans tout un cadre réflexif sur l'indicible qui s'est beaucoup développé dans l'après-45, et je crois qu'on a mis longtemps (et qu'on ne s'est pas encore totalement remis) d'une idée qui voulait que face à des grandes douleurs (historiques, politiques, psychologiques etc) il fallait détruire les références du langage et du monde pour les évoquer par le vide, par le creux, parce que parole une parole n'était jugé plus possible.

Il y a aussi certainement une idée derrière de réactualiser une universalité "morale", dans une espèce de croyance que les valeurs du bobo français de la littérature sont ce que l'esprit humain peut avoir de plus pur (au sens presque chimique du terme) à apporter au monde : un gloubi-boulga de tolérance sauce libérale en gros, qui pourrait viser l'émancipation par l'individu de n'importe qui, n'importe quand, n'importe où. Il est évident que c'est une profession de foi qui s'ignore et qui se pense norme.

Bon, faire ça en 202x c'est assez et déjà suranné.

C'est une réflexion sans support tangible, basée sur mes lectures et pas sur de l'analyse critique rigoureuse.

SaintLui
SaintLui
Niveau 9
06 juillet 2024 à 10:38:57

Lus les poèmes de Thomas Gray (milieu XVIIIe, Angleterre), un type complètement désespéré, hanté par l'horreur de la guerre et l'angoisse de la mort, qui a pondu des élégies pour nous rappeler qu'on allait tous y passer. Il a une sympathie particulière pour le pauvre et l'humble, précisément parce qu'ils ne contribuent pas à ajouter du malheur au monde, ne tenant pas le glaive et ne jouissant pas du pouvoir qui soumet et détruit. Il préfère célébrer le pauvre type, en en faisant un héros pré-romantique, souffrant de sa mélancolie amoureuse dans la contemplation solitaire de la nature - nature dont il est plus proche que le plus glorieux des rois -.

La méditation m'a intéressé ponctuellement, et puis il est un chaînon un peu mal connu dans la généalogie de cette sensibilité romantique. Traduit par Pierre-Marie Chénier, et très difficile de trouver des traductions plus récentes.

Message édité le 06 juillet 2024 à 10:39:53 par SaintLui
SaintLui
SaintLui
Niveau 9
07 juillet 2024 à 17:48:53

Lu Le Palais des rêves d'Ismaïl Kadaré, où un fonctionnaire se retrouve pris dans une machine administrative infernale, qui traite les rêves des citoyens pour traquer dans l'inconscient collectif les traces d'une potentielle chute de l'empire ottoman. C'est bien sûr politique, et pointe de l'intérieur la monstruosité de l'appareil politique totalitaire, qui dénonce d'abord l'administration d'Enver Hodja.

Le texte s'attache à décrire l'angoisse du personnage principal qui perd complètement ses prises sur le réel, et son goût du réel, tant il fréquente les songes et tant déploie un discours sec et politique sur la réalité qu'il n'occupe plus.

Message édité le 07 juillet 2024 à 17:49:27 par SaintLui
--G--
--G--
Niveau 34
07 juillet 2024 à 18:46:51

C'est celui que j'ai le moins aimé des cinq ou six que j'ai lus de lui pour le moment.

Il est mort cette semaine Kadare d'ailleurs https://image.noelshack.com/fichiers/2024/27/7/1720370805-full-7-5.png

Message édité le 07 juillet 2024 à 18:48:03 par --G--
RungeKutta
RungeKutta
Niveau 78
09 juillet 2024 à 10:52:41

Ça fait un mois que je lis "Pavillons lointains", un pavé de 1000 pages, j'en suis qu'à la 500ème page

Je sais même pas pourquoi je m'inflige ça, le style d'écriture est très mainstream et les péripéties sont vraiment décevantes. Les reviews laissaient entendre un roman épique sur l'Inde britannique, mouais...

Message édité le 09 juillet 2024 à 10:52:53 par RungeKutta
CotesDePorc
CotesDePorc
Niveau 32
09 juillet 2024 à 11:18:52

Ah marrant je l'ai trouvé dans une boîte à livre y a pas longtemps, et j'ai failli le commencer hier par curiosité. Mais rien que la dédicace en exergue m'a fait me demander si c'était pas une affreuse soupe romanticisante qui pourrait presque être drôle à lire au second degré.

RungeKutta
RungeKutta
Niveau 78
09 juillet 2024 à 11:24:00

Le 09 juillet 2024 à 11:18:52 :
Ah marrant je l'ai trouvé dans une boîte à livre y a pas longtemps, et j'ai failli le commencer hier par curiosité. Mais rien que la dédicace en exergue m'a fait me demander si c'était pas une affreuse soupe romanticisante qui pourrait presque être drôle à lire au second degré.

Les personnages sont très caricaturaux et des péripéties à base d'histoires d'amour surdramatisées et de complots hyper prévisibles
Et puis l'auteur utilise plusieurs fois le ressort "ce choix allait avoir un impact inattendu et aux conséquences immenses sur la vie de machin". Et au final ces conséquences sont inintéressantes :hap:

SaintLui
SaintLui
Niveau 9
09 juillet 2024 à 11:31:49

Le 07 juillet 2024 à 18:46:51 :
C'est celui que j'ai le moins aimé des cinq ou six que j'ai lus de lui pour le moment.

Il est mort cette semaine Kadare d'ailleurs https://image.noelshack.com/fichiers/2024/27/7/1720370805-full-7-5.png

Je l'ai trouvé intéressant moi à plein d'égards, notamment dans sa manière d'envisager la fiction, comme subversion, fédération, émancipation, mais aussi en tension douloureuse avec la réalité la plus sérieuse et austère. Y a un dégoût du réel qui s'instille. C'est bien fait, en peu de pages, la rencontre s'est faite.

Après si t'as des titres à me conseiller en priorité, je suis preneur.

RIP. J'ai lu un bel hommage de Naulleau dans le JDD (pafacho, je lis tout).

Message édité le 09 juillet 2024 à 11:35:48 par SaintLui
SaintLui
SaintLui
Niveau 9
09 juillet 2024 à 11:34:35

Sinon, relu Britannicus. Décidément, Racine c'est une planète impeccable, à chaque fois c'est fou. La préface où il insulte et humilie Corneille avec les formes...

--G--
--G--
Niveau 34
09 juillet 2024 à 12:51:14

Le 09 juillet 2024 à 11:31:49 :

Le 07 juillet 2024 à 18:46:51 :
C'est celui que j'ai le moins aimé des cinq ou six que j'ai lus de lui pour le moment.

Il est mort cette semaine Kadare d'ailleurs https://image.noelshack.com/fichiers/2024/27/7/1720370805-full-7-5.png

Je l'ai trouvé intéressant moi à plein d'égards, notamment dans sa manière d'envisager la fiction, comme subversion, fédération, émancipation, mais aussi en tension douloureuse avec la réalité la plus sérieuse et austère. Y a un dégoût du réel qui s'instille. C'est bien fait, en peu de pages, la rencontre s'est faite.

Après si t'as des titres à me conseiller en priorité, je suis preneur.

RIP. J'ai lu un bel hommage de Naulleau dans le JDD (pafacho, je lis tout).

Il est connaisseur en littérature des pays de l'est, on peut pas lui enlever.

Avril Brisé, Les Tambours de la pluie, Le Général de l'armée morte et Chroniques de la ville de pierre (sur Gjirokastër, ville natale de Kadare ET de Enver Hodja) sont tous des grands romans.

J'ai un amour particulier pour Avril Brisé (un homme qui doit être tué suite à une reprise de sang de vendetta et erre avec son foulard rouge sur le bras et qui a un mois de répit - d'où le titre)

SaintLui
SaintLui
Niveau 9
09 juillet 2024 à 13:41:59

Ok super je note.
Je pense au moins me taper Le Général et Avril brisé cette année.

Everlasting
Everlasting
Niveau 22
09 juillet 2024 à 16:08:59

Je le classerais pas non plus dans les meilleurs mais j'ai bien aimé Le Palais des Rêves, qui semble mélanger Kafka, la fable, le mythe, le surréalisme onirique, la destinée, l'esprit national, la guerre fraternelle... en même temps il sort du lot, en même temps c'est un condensé de ses influences et thématiques fétiches.

J'en ai lu quatre entre celui-ci, le Général de l'armée morte (mon premier, m'a paru énigmatique et profond), les Tambours de la pluie (mon préféré, dans un style éclatant et limpide), et le Pont aux trois arches (pas mal, mais un peu comme un fragment ou un épilogue d'une histoire plus large), et j'aurais tendance à penser qu'il n'y a pas de mauvais Kadaré.

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