Ha ok merci, j'avoue que j'étais totalement passé à côté du fait que les comparaisons ne sont pas seulement celle du perso, alors que oui rétrospectivement le truc de la grotte à la fin rend ça assez flagrant. Faudrait que je relise.
C'est quoi les scènes qui mettent le producteur en situation de Polyphème ? (le fait qu'il soit un hôte inhospitalier en essayant de se faire la femme de l'invité ?)
Merci pour Jésus II, je note.
Faudrait que je reprenne les passages exacts pour être plus précis, ça se trouve sûrement parce que le roman est très connu mais le côté dévorant et colossal du personnage est vraiment très appuyé à de nombreuses reprises. On insiste sur sa stature, son côté massif et brusque, et finalement c'est lui dont doit triompher principalement le héros.
Après je force peut-être le parallèle, mais je dirais pas que le cinéaste allemand psychanalyste représente le même type de monstre typiquement.
Et puis le tout dans ses séductions fausses a quelque chose de très chant trompeur, d'où le héros dans la grotte et pas que en mode Calypso. J'appelais ça dans ma petite critique une sirénade parce que c'est un faux chant d'amour bizarre.
Ok pour Polyphème je vois.
Le cinéaste allemand c'est Circé ? C'est lui l'autre personnage intelligent du livre, on parle de son besoin de solitude, c'est lui que le héros doit quitter pour avancer et c'est lui qui lui donne les clés pour avancer.
Oui je viens de trouver ta critique sur Senscritique elle est chouette, je comprends mieux, ça en prend la forme et y fait appel aussi de façon non méta sans que ce soit pour coller parfaitement ou donner une autre vision.
Depuis que j'ai posté j'ai lu Le Misanthrope (Molière) qui était mon premier du sieur. L'intrigue sert de support à la bouffonnerie, mais celle-ci est habile, spirituelle, elle tape très juste, c'est "quotable" et piquant. J'enchainerai par 1-2 autres.
J'ai aussi clos mon tome des Complete Stories de Lydia Davis avec Varieties of Disturbance. Il n'était pas forcément aussi bon que le précédent, mais ça se joue à peu de choses.
Et à présent je suis sur The House on the Borderland (W.H. Hodgson). Je l'ai pris sur recommandation de gens qui ont certifié que ce n'était pas comme The Night Land - c'est pas si différent mais certainement plus digeste - et aussi parce que l'Irlande de l'Ouest on en revient. Les anglo-saxons parlent de Weird Fiction pour englober ce qui va de Lovecraft à China Miéville, et avec Hodgson on est dans les pionniers (1908). Et j'aime assez cette période où la SF, le fantastique, le mystère, et l'horreur sont encore pris dans le même magma. C'est pas un chef d'oeuvre, c'est écrit à l'instinct, ça repose entièrement sur l'ambition visionnaire, mais tu pourrais sans doute en faire un film.
Le 15 mars 2024 à 21:37:58 :
Depuis que j'ai posté j'ai lu Le Misanthrope (Molière) qui était mon premier du sieur. L'intrigue sert de support à la bouffonnerie, mais celle-ci est habile, spirituelle, elle tape très juste, c'est "quotable" et piquant. J'enchainerai par 1-2 autres.J'ai aussi clos mon tome des Complete Stories de Lydia Davis avec Varieties of Disturbance. Il n'était pas forcément aussi bon que le précédent, mais ça se joue à peu de choses.
Et à présent je suis sur The House on the Borderland (W.H. Hodgson). Je l'ai pris sur recommandation de gens qui ont certifié que ce n'était pas comme The Night Land - c'est pas si différent mais certainement plus digeste - et aussi parce que l'Irlande de l'Ouest on en revient. Les anglo-saxons parlent de Weird Fiction pour englober ce qui va de Lovecraft à China Miéville, et avec Hodgson on est dans les pionniers (1908). Et j'aime assez cette période où la SF, le fantastique, le mystère, et l'horreur sont encore pris dans le même magma. C'est pas un chef d'oeuvre, c'est écrit à l'instinct, ça repose entièrement sur l'ambition visionnaire, mais tu pourrais sans doute en faire un film.
J'ai de sales souvenirs de The Night Land, c'était vraiment douloureux. ![]()
Le Coran.
Fondation
Guerilla, le jour où tout s'embrasa.
Le baron perché - Italo Calvino.
J'ai fini les deux autres (le vicomte pourfendeur et le chevalier inexistant).
Panne de roman , suite à plusieurs essai infructueux en terme de livres contemporains "primés" ( derniers en date : Veiller sur elle , et - A la lisère du monde que je qualifierais de médiocrité culturelle ) , je me suis plongé dans Un été dans la Sierra de John Muir . Et bon Dieu quel bonheur !
J'ai eu moins de disponibilité pour lire du roman ces derniers jours, mais j'ai enfin terminé Sous le soleil de Satan. Je pense ne pas avoir tout bien saisi de cette œuvre ténébreuse mais j'ai pu apprécier ce que j'ai lu. Il y a quelque chose de fiévreux et d'inquiétant dans ces personnages en proie aux manipulations perpétuelles de Satan, c'est un roman qui semble fait de violence contenue, avec une construction fractionnée comme par les accès de tension qui rompent le fil narratif, avec des personnages abandonnés et repris, repris et vaincus. Le style a quelque chose de difficilement pénétrable (on peut se demander par moment qui est "il", qui parle, que signifie cette parole...), ce qui redouble cette impression d'obscurité à fouiller, et ça fait du bien parfois d'affronter un texte, quand d'autres textes vont davantage glisser du début à la fin. Cette lecture m'a rapidement donné la motivation de retenter le Journal d'un curé de campagne du même Bernanos à l'occasion, je sais maintenant à quoi m'en tenir et la difficulté d'accroche que j'avais éprouvée à l'époque ne suffira plus pour remettre la lecture à un autre supposément meilleur moment.
Maintenant je n'ai pas encore choisi mon prochain roman. J'ai Tandis que j'agonise de Faulkner qui me tente et que je pense lire cette année de toute façon, L'Œuvre au noir de Yourcenar aussi et quelques autres. Mais pour changer j'aurais bien envie aussi de faire une relecture de tel ou tel bouquin lu il y a des dizaines d'années ou plus. Je verrai.
Avec L'Oeuvre au Noir et Tandis que j'agonise, tu tapes du très haut niveau.
Perso j'ai lu un bref recueil de nouvelles de Clarice Lispector (Bonheur clandestin), ça tournait autour d'impressions et de rituels de passage de jeunes filles dans un Brésil intemporel, et ça m'a donné envie de lire une anthologie.
Actuellement je suis sur Jonah's Gourd Vine (Zora Neale Hurston) qui est son premier roman. Le vernaculaire est pas piqué des vers, mais ça se lit. On est dans le Sud, dans les années immédiates après la capitulation. Seule ombre au tableau, pour l'instant tout sourit au personnage. À voir.
Lu hier Le Chef-d'œuvre inconnu, je suis un peu perplexe. Il est souvent vanté comme étant un grand livre de Balzac, mais je n'y ai pas vu beaucoup plus que dans ses autres nouvelles philosophiques telles qu'El Verdugo ou Un drame au bord de la mer. Même structure très simple avec une description épique (les côtes espagnoles, le littoral breton et l'atelier de Frenhofer) puis un dilemme moral, tout aussi épique. Peut-être en fallait-il un pour les représenter tous, et tant mieux que soit mise en avant cette partie pittoresque de l'œuvre de Balzac, pas forcément essentielle, mais très plaisante à lire.
On parle souvent des réflexions sur l'art révolutionnaires/avant-gardistes/etc. de la nouvelle, franchement c'est léger. Les élucubrations de Frenhofer sont prenantes, Balzac est spécialiste de ce genre de transports, mais il n'y a rien de bien théorique : l'œuvre vivante, le dévouement sans concession de l'artiste à son art, ce sont déjà plus que des lieux communs. Ça n'est pas le sujet, Balzac ne cherche pas à faire un manifeste de l'impressionnisme, voyait-il d'ailleurs vraiment la toile de Frenhofer comme un chef-d'œuvre plutôt que l'échec déraisonnable d'un artiste qui s'est perdu ? On sait que Balzac peut avoir une ironie assez cruelle (quoiqu'attendrie et compréhensive), surtout lorsque qu'il s'agit ce genre de romantisme.
L'intérêt a jamais été, je pense, pour les réflexions artistiques sur la ligne et la couleur contenues dans la nouvelle en elle-même mais plutôt pour ce que sa réception aujourd'hui, maintenant que l'histoire s'est écoulée, reçoit comme sens nouveau. Le chef d'œuvre inconnu est pas un manifeste de l'abstraction mais aujourd'hui qu'on sait la postérité qu'a eu la démarche, la nouvelle se pare rétrospectivement d'une intuition visionnaire.
Et pour le coup c'est à mettre au crédit d'une oeuvre de pouvoir toucher des choses assez fondamentales pour dialoguer après son contexte d'émission. Peut-être que c'est un pur coup de chatte mais le texte s'appelle tout de même le Chef d'oeuvre inconnu et pas Le Peintre fou. Et puis ce cri, il y a une femme là-dessous. Et un pied qui reste.
Après, même en mettant ça de côté, la nouvelle brasse quand même des thématiques qui sont intéressantes. Il perfectionnera ça dans Pons mais on a déjà un écrit qui s'intéresse d'assez prêt à l'abstraction plus représentative mais économique des oeuvres, et tout le débat entre les deux peintres c'est de savoir ce qui donne son prix à l'art. Et c'est d'autant plus intéressant - et noir - quand on prétend mettre en balance comme valeur de référence réelle la vraie femme...sur fond d'un tableau qui parle d'une sainte prostituée.
Et là pour le coup ce ne sont pas des élucubrations a posteriori, c'est dans le livre.
voyait-il d'ailleurs vraiment la toile de Frenhofer comme un chef-d'œuvre plutôt que l'échec déraisonnable d'un artiste qui s'est perdu ?
L'intelligence de l'artiste c'est de laisser peser le voile là-dessus.
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Je suis toujours sur mon explo de Hwang Sok-Yong perso. Toujours sur Le Vieux jardin - c'est un peu long - et j'ai fini M. Han entre temps. Deux livres intéressants parce qu'ils jettent chacun un regard sans concession sur les Corées, à la fois comme enfer communiste et comme enfer capitaliste et le miroir est particulièrement saisissant - ou triste.
Fini rapidement L'Eveil du printemps de Wedekind prêtée par une collègue, que je pensais détester puisque c'était vendu comme une pièce psychanalytique mais elle a un charme certain dans sa représentation de destinées adolescentes bouleversées par leur découverte des sexualités. On paie un tribut bienvenue à Shakespeare dans une utilisation sympa des fantômes et le tout a quelque chose de séduisant dans son caractère en fleurs qui n'est pas sans rappeler les bons romans d'école.
Ouais bien sûr, je critique un discours au mieux naïf au pire malhonnête qu'on entend souvent aujourd'hui, pas la nouvelle en elle-même.
Retour à Reims (Didier Eribon).
Le compliqué avec les discours sur la réception c'est qu'il faut doser quoi. A part quelques gogolos barthésiens dans les années 70 qui le faisaient eux-mêmes largement par bravade, je suis pas sûr que quiconque ait réellement un jour cru à cette espèce de rêve d'achronologie, d'anhistoricité de l'art détaché de tout.
J'imagine que la plupart des discours critiques qui veulent faire de la lecture du livre un précurseur ne s'imaginent pas réellement que Balzac ait déployé des espèces de pouvoir de divination, mais qu'ils formulent simplement un peu mal leur idée.
C'est pas une lecture que j'ai vue dans la recherche ou dans l'université, c'était par un moyen plus mondain, comme France Culture ou un truc bourgeois superficiellement cultivé. Ou alors j'invente des cons ![]()
Le 26 mars 2024 à 20:14:06 :
Avec L'Oeuvre au Noir et Tandis que j'agonise, tu tapes du très haut niveau.
J'ai commencé Tandis que j'agonise.
Bientôt un topic Le livre et son poisson