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Quel livre êtes-vous en train de lire ?

zahbout
zahbout
Niveau 18
23 février 2024 à 18:18:15

Délivrez-nous du bien (Joan Samson).

SaintLui
SaintLui
Niveau 9
23 février 2024 à 19:43:06

Lu L'après littérature de Finkielkraut. C'est du Finki tout craché, y a toutes ses marottes réagencées selon un thème qu'il travaille beaucoup aussi, l'analyse de notre époque comme post-culturelle, post-artistique, post-littéraire, post-tragique, etc. Il convoque toujours les mêmes auteurs, en particulier Roth et Kundera en qui ils voient les grands romanciers de ce tournant civilisationnel.

Bon j'ai aimé comme d'habitude parce que je suis assez sensible à cette analyse. Sans la prendre pour le fin mot de tout discours sur notre temps, je la trouve pertinente et j'aime bien suivre les différentes mises à jour que Finkielkraut fait de son analyse de pamphlet en pamphlet.

Autant il exagère peut-être sur l'idéalisation de "la France patrie littéraire", sur une société passée dont la trajectoire aurait été tracée par les grands auteurs, sur l'idéal perdu de l'école républicaine et sur tout un tas de sujets qu'ils déploient dans ses livres et ses interventions, autant je trouve son rapport à la littérature, au roman, à l'art, extrêmement sain et inspirant. Il regrette que la littérature n'ait plus droit de cité, et oppose à notre époque une autre qu'il a tendance à fantasmer, mais après tout c'est pas si grave, parce que ça lui permet de pointer des gros travers de l'actualité. Puis mon plaisir c'est aussi les citations qu'il compile et qu'il partage généreusement, sa conversation dont j'aime retrouver le style, ses nouvelles lectures analytiques. J'ai vu que dans son nouveau (Pêcheur de perles) il traitait de son rapport à la citation justement... Je le lirai sûrement très bientôt.

ProfesseurMINOS
ProfesseurMINOS
Niveau 7
23 février 2024 à 19:51:17

J'ai jamais lu du Finky parce que je trouve que le personnage est une épouvantable merde, donc je serai bien en peine de te contredire sur des analyses de ses livres mais il y a un truc que je pige pas dans ton post.

Autant il exagère peut-être sur l'idéalisation de "la France patrie littéraire", sur une société passée dont la trajectoire aurait été tracée par les grands auteurs, sur l'idéal perdu de l'école républicaine et sur tout un tas de sujets qu'ils déploient dans ses livres et ses interventions, autant je trouve son rapport à la littérature, au roman, à l'art, extrêmement sain et inspirant. Il regrette que la littérature n'ait plus droit de cité, et oppose à notre époque une autre qu'il a tendance à fantasmer, mais après tout c'est pas si grave, parce que ça lui permet de pointer des gros travers de l'actualité

Tu as l'air parfaitement conscient du fait que la lecture du passé de Finky est claquos - indépendamment de la sympathie idéologique que tu peux avoir pour, positivement je veux dire tu montres des réserves. Partant de là, comment tu peux penser que sa lecture du présent - qui est construite en réaction - peut avoir la moindre pertinence, sur de tels fondements - qui ne sont pas conçus comme leurs propres parce que je veux pas le mettre en colère en évoquant les hommes du XVIIIe - ?

C'est quoi, très concrètement, la littérature qui a eu droit de cité un jour pour toi ? Et je pose pas la question de manière polémique encore une fois mais avec une vraie curiosité parce que personnellement c'est un truc auquel je croyais beaucoup à un moment (au point d'avoir essayé d'écrire dessus en master recherche quelques 200 pages et des poussières) et qui me semble maintenant vraiment bidon.

SaintLui
SaintLui
Niveau 9
23 février 2024 à 21:33:42

Justement, je crois pas que sa lecture du présent soit construite en réaction. Finkielkraut c'est un type qui rêve justement que l'écrivain (et le romancier plus que le philosophe d'ailleurs) soit le phare de l'humanité. Il croit voir dans le passé des moments où l'écrivain a réellement été phare, mais je ne crois pas que sa lecture du passé détermine sa critique du présent. Je crois plutôt que sa reconfiguration du passé est avant tout et surtout une fiction qui lui permet de critiquer le présent, une fiction qui est faite de personnages historiques mais qui occulte un peu tout ce qui pourrait permettre de nuancer la réalité - et c'est en ça que ce passé est fiction -. Quand il parle du passé, il prétend jamais être historien, et ça l'intéresse pas la démarche historique. Si on remonte, même chez Homère on retrouve cette nostalgie artificielle devant les héros, qui étaient capables de porter un gros rocher à mains nues, mais aucun hoplite n'en est alors capable et tout se perd, etc. Je veux pas faire de Finki un nouvel Homère, mais tu vois l'idée, c'est pour remonter au plus loin. Le passé recomposé c'est le lieu où on peut placer un idéal.

Je pense que Finkielkraut a pleinement conscience que le monde dont il parle n'a jamais existé, et il tripe pas sur une réalité disparue. Le problème c'est que Finkielkraut a décidé de se vautrer dans le débat public, de devenir un chroniqueur, précisément pour avoir droit de cité et se faire le porte-voix de Roth, de Kundera et des auteurs qu'il aime et qui sont eux-mêmes dans la critique de leur époque. C'est la modalité télévisuelle de son discours qui peut rebuter, et d'ailleurs il se fait souvent prendre à son propre jeu, puisqu'on lui demande de donner son avis sans parachute sur tout et n'importe quoi, d'échanger avec n'importe quel abruti qui lui pose une question à la con sur le foot féminin, sur tel fait divers, sur telle polémique autour d'un film qu'il a pas vu... C'est bien fait pour lui, en un sens.

Donc je te répondrai pas sur ta deuxième question, parce que je ne faisais que résumer le discours élégiaque de Finkielkraut (et formellement, il l'est), mais je ne cultive pas ces thèmes. C'est pas ce qui est intéressant chez lui.

Message édité le 23 février 2024 à 21:35:28 par SaintLui
ProfesseurMINOS
ProfesseurMINOS
Niveau 7
23 février 2024 à 21:54:17

Dommage, c'est plus la deuxième qui m'intéresse, et c'est surtout cet enchaînement :

autant je trouve son rapport à la littérature, au roman, à l'art, extrêmement sain et inspirant. Il regrette que la littérature n'ait plus droit de cité

Qui m'a fait penser que tu partageais l'idée. Le débat de savoir si la littérature a un jour eu un poids déterminant sur le monde est un débat intranchable, anxiogène mais incontournable pour des gros lecteurs (et a fortiori des enseignants) qui cherchent tout de même à avoir une certaine morale dans leur conduire de vie - parce qu'il est pas tout à fait légitime quand on est croyant de sacrifier sa vie à des frivolités (mais ça c'est mon côté protestant).

Mais je comprends mieux ton point de vue avec la première partie.

Après, le problème que j'ai, c'est avec le nombre de gogo qui gobent ça sans le recul que tu présentes.

SaintLui
SaintLui
Niveau 9
23 février 2024 à 22:28:18

Le 23 février 2024 à 21:54:17
Le débat de savoir si la littérature a un jour eu un poids déterminant sur le monde est un débat intranchable, anxiogène mais incontournable pour des gros lecteurs (et a fortiori des enseignants) qui cherchent tout de même à avoir une certaine morale dans leur conduire de vie

Rêver ce règne de la littérature, oui. Chercher dans le passé des moments où il serait advenu, pourquoi pas, mais je crois qu'on peut se réconcilier avec l'idée qu'elle ne détermine pas la marche du monde.

Pour boucler la boucle avec le F, une phrase (radiophonique) de Roth que Finki cite ailleurs : "Que peut la littérature ? Pas grand chose, et elle est bigrement importante. La littérature ne fait rien, et elle est bigrement importante".

Et une dernière citation que le F consigne dans L'après littérature, de Henry James : "Nous travaillons dans les ténèbres - nous faisons ce que nous pouvons - nous donnons ce que nous avons. Notre doute est notre passion, et notre passion est notre tâche. Le reste est la folie de l'art."

Quand je disais qu'il avait un rapport sain et inspirant à la littérature, ça tient à la fois de ce rêve justement qu'il a de faire de littérature le phare de l'humanité, et à la fois de ce besoin de s'y raccrocher surtout parce qu'il n'y a pas d'existence plus souhaitable que celle qui est prolongée par la littérature, celle du lecteur qui se laisse lire par les auteurs. Y a un côté missionnaire dans son travail qui me touche.

- parce qu'il est pas tout à fait légitime quand on est croyant de sacrifier sa vie à des frivolités (mais ça c'est mon côté protestant).

Etant catholique, j'ai ce dilemme et c'est pas tout le temps facile. Là je suis dans une bonne phase, à peu près.

[CONSOMME]
[CONSOMME]
Niveau 8
25 février 2024 à 00:36:00

je lis Le Pavillon d'or de Mishima

ProfesseurMINOS
ProfesseurMINOS
Niveau 7
25 février 2024 à 09:31:28

Moi dans la mauvaise mais je souscris globalement à ta réponse.

ProfesseurMINOS
ProfesseurMINOS
Niveau 7
26 février 2024 à 14:39:17

Enfin motivé à lire le Tramway, que je crois que je n'avais pas tapé malgré un achat effectué à peu près à l'époque de l'agreg' où j'ai découvert et été complètement chamboulé par ma lecture de Claude Simon.

Je crois que je l'avais mis de côté par peur d'avoir affaire simplement à une sorte de DLC littéraire de L'Acacia qui représente déjà pour moi une perfection assez irréprochable du point de vue de la construction.

Et bien que le bouquin puisse présenter par certains aspects ce visage, il a le mérite de bien plus clairement tuer la mère et tout ce qu'elle représente - cette répugnante bourgeoisie républicano-second empire bandeuse d'armée et de colonie - que les quelques chapitres du livre à l'arbre qui lui sont plus spécifiquement consacrés, quant à sa jeunesse.

C'est un indispensable pour qui a aimé L'Acacia et la Route ; sans doute moins pour un total néophyte de l'oeuvre de Simon ou pour un amateur de sa première phase littéraire.

Mais c'est d'une maîtrise littéraire telle qu'on ne peut de toute façon que recommander la lecture de ce maître à n'importe quelle personne ayant un tant soit peu eu dans sa vie une fois une velléité d'appréciation de la littérature par la technique.

Simon - celui de la fin au moins - c'est le gars qui a terminé Proust et Balzac en même temps, et quelque part qui a su les intégrer au projet trollesque de Minuit (ce qu'un Robbe-Grillet aura jamais su dépasser jusqu'à sa mort) pour arriver à une synthèse totale et parfaite des deux grands siècles du roman - nique le XVIIIe.

C'est le boss et on le répète pas assez.

Elehall
Elehall
Niveau 6
28 février 2024 à 15:14:23

Je vous lis depuis des mois et c'est épatant votre manière de communiquer de manière très intelligente et raffinée, dirait-on, en ayant 0 idée en propre. Bravo, vous êtes des génies du trompe-l'oeil.

--G--
--G--
Niveau 34
29 février 2024 à 19:50:52

J'ai bien fait de BL Grincheux qui pense qu'on passe notre temps à lire de la théorie

SaintLui
SaintLui
Niveau 9
29 février 2024 à 23:52:51

Lu La Mort suspendue de Joe Simpson, lu par amitié pour un collègue d'E.P.S. qui me l'a conseillé et prêté après un dîner chez lui et son épouse. Archi best-seller, c'est un récit d'aventures qui raconte les péripéties de deux copains de cordée (dont le narrateur) pendant l'ascension d'un sommet des Andes, qui manquent plusieurs fois de mourir dans des conditions violentes ou atroces.

Etant Béotien en alpinisme, ça m'a vite fait intéressé parce que ça insiste bien sur la psyché complètement décadente des pratiquants de ce sport, masochistes et presque suicidaires (même s'ils se défendent de l'être). Le mec tremble de peur tout au long de son ascension, il en profite pour se souvenir des fois où ses amis sont partis grimper pour ne jamais revenir, ou de la fois où il a vu des Japonais dévaler un précipice fatal en hurlant d'épouvante à quelques mètres devant lui, etc.

Y a quelques paragraphes sur la beauté des montagnes, beaucoup de paragraphes de méditation sur le dépassement de soi, la résilience, le courage, etc., et évidemment, c'est le défaut qu'on peut attendre d'un livre pareil. Très complaisant sur la description du danger, avec une narration au ralenti qui s'arrête sur tous les détails, les successions d'impressions... et avec nécessairement beaucoup de répétitions d'une scène à l'autre, et un propos qui va pas très loin même dans sa psychologie de l'alpiniste, assez redondante elle aussi. Bref je suis sûrement pas le public mais j'ai fait l'effort et pourrai remercier mon collègue lundi au café.

zahbout
zahbout
Niveau 18
01 mars 2024 à 16:12:10

A l'occasion des 100 ans de sa disparition, je lis Lénine (Hélène Carrère D'Encausse).

--G--
--G--
Niveau 34
01 mars 2024 à 19:51:18

Le 01 mars 2024 à 16:12:10 :
A l'occasion des 100 ans de sa disparition, je lis Lénine (Hélène Carrère D'Encausse).

Bof t'emmerdes pas avec Carrère d'Encausse y a un résumé rapide là

https://youtu.be/d9FTM4EgqSs?si=Iq7jeP3nDfPaLfch

dontlookdown
dontlookdown
Niveau 53
03 mars 2024 à 17:14:10

L'histoire de la philosophie - Bréhier

ProfesseurMINOS
ProfesseurMINOS
Niveau 7
05 mars 2024 à 10:21:11

Finito Le Mépris de Moravia, j'ai beaucoup aimé.

Je pensais sans l'avoir lu que le roman était une sorte de drame bourgeois mais en réalité le genre est assez largement sinon refusé, du moins discuté, au profit bien plus d'une interprétation méta-textuelle de L'Odyssée et du tragique plus généralement.

Alors certes ça n'a rien de très nouveau pour qui a trempé ses pattes dans les années 50, dans toute l'Europe on aime à ressortir depuis les années 30 ces figures mythiques et les utiliser pour discuter une forme d'impuissance qui point dans le discours et les comportements d'intellectuels, d'artistes dépassés.

Mais être enfermé dans la narration interne de ce personnage dont on est amené à juger à travers ses propres yeux et ses propres auto-analyses s'il est méprisable ou non, c'est une démarche de jugement très intéressante.

Et puis le livre a du charme dans son approche de Capri.

C'était bieng.

SaintLui
SaintLui
Niveau 9
05 mars 2024 à 21:52:51

Lu Manger fantôme de Ryoko Sekiguchi, un essai sur la nourriture immatérielle assez stimulant pour peu qu'on s'intéresse à ces questions. Elle cherche ce qu'on consomme quand on mange "un repas de Noël", une viande "fumée", du "Charolais", du "halal", du "bio", tel plat exotique qu'on prend pas la peine de traduire, etc. Une manière d'aborder la nourriture contraire à l'approche anatomique d'un Brillat-Savarin, moins aristocratique, moins snob, et je crois moins affectée.

ProfesseurMINOS
ProfesseurMINOS
Niveau 7
06 mars 2024 à 06:04:57

J'avais lu Nagori qui partage des points communs avec ce que tu décris et que j'avais détesté plus idéologiquement si je puis dire que littérairement car en soi c'est tout à fait léger et agréable à lire.

Mais j'ai le sentiment désagréable que depuis quelques temps on a une politique d'édition française des Japonais qui est très Marie Kondo-isante. De temps en temps je vais prendre en photo le rayon Asie à Gibert ou dans les fnacs (je l'ai peut-être même posté ici une fois) et t'as quarante bouquins sur les chats et du Ito Ogawa ; donc une image du Japon qui serait une espèce de mauvais cliché de L'Empire des signes de Barthes, une image d'un Japon cosy obsédé par le raffinement dans le petit et le fait de nommer le micro-détail.

Avec elle s'ajoute le problème de son identité, puisque traductrice et résidente fréquente en France, elle doit jongler avec une double identité qui n'allège pas le problème. Avec Nagori se triplait le souci du fait que c'est un livre opportuniste rédigé à la va-vite précisément fait pour gratter sur une résidence d'écrivain qui est la pire arnaque de l'élite bourgeoise de la littérature actuellement.

Sur le papier j'avais même pas trouvé le livre mauvais et celui que tu décris donne un peu envie également, parce que la réflexion me parle. Mais j'ai un réel souci d'image avec ce que l'édition française fait de la littérature japonaise contemporaine.

ProfesseurMINOS
ProfesseurMINOS
Niveau 7
06 mars 2024 à 06:13:04

Par contre, je me rappelle que ce côté très sémiologique de son approche de la bouffe que je crois reconnaître dans ce que tu décris - je sais pas à quoi tu penses en opposant à une "approche anatomique" qui serait contraire, j'ai pas lu Brillat-Savarin - j'avais trouvé ça pour le coup d'un snobisme assez épouvantable justement.

Mais c'est un problème auquel on a toujours du mal à échapper plus globalement quand on s'intéresse à l'art et à l'analyse d'un point de vue plus général.

Analyser c'est un truc de branleur fondamentalement parce que c'est une découpe du réel qui n'est permise qu'à ceux qui ont le luxe de pouvoir mettre l'expérience sur pause.

Je suis pas ou veux pas être dans une espèce d'exaltation hypocrite et idéalisante d'une posture phénoménologique mais c'est un sujet qui me taraude pas mal depuis des années maintenant. C'est aussi pour ça que je privilégie la poésie qui est la plus à même de saisir une expérience sur le vif en synchronicité face à toutes les autres formes d'art.

SaintLui
SaintLui
Niveau 9
06 mars 2024 à 18:00:06

A cause de ça j'imagine tous les Japonais bloqués sur ces questions. Je fais pas assez d'excursions à l'est.

C'est paradoxal mais je trouve justement l'angle sémiologique beaucoup moins snob que l'angle physiologique (j'ai dit anatomique un peu vite mais je sais pas quel mot il faut). Le goûteur physiologique, c'est un vrai branleur pour le coup qui feint de travailler à éduquer son goût pour atteindre une sorte de vérité gustative au sommet de laquelle il se permet de traiter comme des sous-merdes les gueux qui commettent selon lui des hérésies. Je lis toute l'entreprise d'un Brillat-Savarin comme une entreprise d'auto-anoblissement... Et "Brillat de Savarin" a eu une postérité énorme, qui a trouvé là une manière de cultiver sa noblesse acquise, alors que je les soupçonne tous d'affecter l'extase. Si t'as pas lu ce gros cochon, t'as peut-être dans tes connaissances un type qui lui ressemble.

Si j'ai autant de sympathie pour Sekiguchi, c'est parce qu'elle déconstruit indirectement tout ce système-là. J'y vois une alternative qui a pour mérite principal de fonder ailleurs le goût, sans cet aspect initiatique et terroriste qui me débecte. Son approche est sans doute contre-intuitive, mais elle me semble plus démocratique et plus authentique, doublement stimulant. Et comme tu l'as dit, le ton est assez léger, et c'est cohérent parce que c'est une expérience qui se veut accessible. Y a rien de polémique dans son essai évidemment, c'est un peu moi qui force l'opposition, tant ces gens ont pu m'énerver. Du coup, j'ai du mal à voir où tu l'as trouvée snob.

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