Le mage du Kremlin (Giuliano da Empoli).
Fini la locomotive ivre de Boulgakov.
Je m’attelle au Maître et marguerite ou les âmes mortes ; dans les deux cas, je vais beaucoup m'amuser ![]()
La Marche de Radetzky que je n'avais pas lu et qui me laisse une impression mitigée. Assez amusant d'ailleurs que ça ait été publié en 1932, date du Voyage de Céline. Les deux romans sont très différents bien sûr mais dans les deux on a cette impression à la fin d'avoir été mené en bateau tout le long, d'avoir attendu pour rien une lueur ou un coup de théâtre, et de se vautrer dans la mort qu'on nous avait promise dès le début. Trotta est un pantin dépressif qui croise des personnages tout aussi dépressifs, et heureusement que quelques scènes comiques viennent ponctuer cette chronique de malheur (je pense par exemple à cette scène où les invités avinés se mettent à danser sur la marche funèbre donnée pour l'empereur d'Autriche dont on vient d'apprendre la mort ), pour nous divertir. Après c'est sûr que la composition du roman est remarquable, surtout que Roth prend bien ses gros sabots pour sans cesse nous mettre sous le nez les parallélismes qu'il a construits, les thèmes, les variations, que ça en devient parfois lourd et infantilisant. Et 400 pages pour nous expliquer que quand une nation meurt, c'est qu'elle est morte depuis longtemps...
Lu aussi Le capital, c'est ta vie d'Hugues Jallon (le patron du Seuil)... Une vraie daube pour le coup, où la narration essaie de reproduire la crise d'angoisse pour traiter de la monstruosité du capital, qui rend fou. C'est plein de clichés, ça critique la vanité des Kardashians, ça décrit la démesure des hypermarchés, la frénésie de la finance, que des poncifs ultra complaisants. Et y a aucun effort de fait pour tisser du lien entre ce narrateur dément et cette critique attardée du néolibéralisme... Il se contente de superposer les deux comme ça, comme si ça allait de soi que si le gars est fou, c'est de la faute à Kardashian. Et ça dirige le Seuil ça.
J'ai commencé à Rebours de Huysmans pour m'attaquer à quelque chose de plus corsé. J'ai du mal à me plonger dedans mais ça va venir.
Le 16 janvier 2024 à 19:40:51 :
Plus que 15 page du Comte de monté Cristo… C'était incroyable !!!
Je vais lire Vingt Mille Lieues sous les mers et Rumpelstiltskin
Je commence le comte de monte cristo aujourd’hui. ![]()
Le 20 janvier 2024 à 19:21:53 :
J'ai commencé à Rebours de Huysmans pour m'attaquer à quelque chose de plus corsé. J'ai du mal à me plonger dedans mais ça va venir.
C'est Bouvard sans Pécuchet A rebours
Finito La Sybille de Pär Lagerkvist, que je possède depuis longtemps sans l'avoir lu et qui fait partie des rapatriés de ma biblio de province.
On retouche ici à ce qui m'avait fait assez passionnément aimer son Barabbas, l'écriture est extrêmement brutale mais avec une violence sèche et froide, comme sucer des cailloux aux arrêtes dures. Ceux un peu granuleux.
On est dans un format qu'il a beaucoup pratiqué, la réécriture moderniste de grandes traditions mythologiques ou religieuses depuis le point de vue d'un personnage qui doute, qui souffre, puis se fait broyer sans qu'il soit bien possible d'accorder la prévalence à une lecture nihiliste ou providentialiste qui sont toutes les deux convoquées avec autant de force.
C'est une sorte d'absurde qui sait toucher à la métaphysique Lagerkvist, et d'ailleurs il rappelle pas mal que l'absurde est un attribut de Dieu dans un récit où être béni et être maudit sans constamment mis en miroir.
Je ne découvre rien de neuf chez lui mais ça me plaît toujours tant, ça fait vibrer ma corde dépressive dans la retenue. A écouter avec un disque de baroque en fond, genre une suite de viole de Visée, si possible en mâchonnant un copeau de bois ou un fumant un cigare un peu âpre (en croquant dans un chocolat ou un café trop fort, genre une tablette de cacao 100% avec ce parfum terreux), c'est d'un bonheur noir tout à fait accompli.
Dommage qu'il fasse un peu trop beau aujourd'hui.
Y a une scène zoo avec un bouc qui pue en plus
Le 21 janvier 2024 à 11:07:10 :
Finito La Sybille de Pär Lagerkvist, que je possède depuis longtemps sans l'avoir lu et qui fait partie des rapatriés de ma biblio de province.On retouche ici à ce qui m'avait fait assez passionnément aimer son Barabbas, l'écriture est extrêmement brutale mais avec une violence sèche et froide, comme sucer des cailloux aux arrêtes dures. Ceux un peu granuleux.
On est dans un format qu'il a beaucoup pratiqué, la réécriture moderniste de grandes traditions mythologiques ou religieuses depuis le point de vue d'un personnage qui doute, qui souffre, puis se fait broyer sans qu'il soit bien possible d'accorder la prévalence à une lecture nihiliste ou providentialiste qui sont toutes les deux convoquées avec autant de force.
C'est une sorte d'absurde qui sait toucher à la métaphysique Lagerkvist, et d'ailleurs il rappelle pas mal que l'absurde est un attribut de Dieu dans un récit où être béni et être maudit sans constamment mis en miroir.
Je ne découvre rien de neuf chez lui mais ça me plaît toujours tant, ça fait vibrer ma corde dépressive dans la retenue. A écouter avec un disque de baroque en fond, genre une suite de viole de Visée, si possible en mâchonnant un copeau de bois ou un fumant un cigare un peu âpre (en croquant dans un chocolat ou un café trop fort, genre une tablette de cacao 100% avec ce parfum terreux), c'est d'un bonheur noir tout à fait accompli.
Dommage qu'il fasse un peu trop beau aujourd'hui.
Tu vends extraordinairement bien les livres que tu aimes et et le descriptif est très drôle et inventif (comme d'autres sur ce topic d'ailleurs)
J'adore lire/écouter des personnes qui aiment et connaissent leurs sujets donc, merci à toi et aux autres (G et rhizome, parmi ceux qui me reviennent). J'ai jamais eu autant le sentiment de l'inépuisabilité de la littérature.
Merci de ton retour et on t'en prie ![]()
Finito le Palais de glace de Tarjei Vesaas, un romancier / poète norvégien qui a développé à la fin de sa carrière littéraire dans les années 50 60 un style symboliste très intéressant.
Dans une aréférentialité volontaire de conte, on ne sait ni trop où ni trop quand se déroule le roman, à part qu'il prend place dans un cadre plutôt rural. La protagoniste, Siss, est une jeune fille qui va s'éprendre de sa nouvelle voisine, Unn, mais celle-ci va disparaître au cours d'un voyage dans le "palais de glace", une sorte d'ensemble de cavités gelées formé par la glaciation d'une grande cascade durant l'hiver.
Le roman va, en cent cinquante pages à peu près, traiter des effets de cette disparition sur la psyché de l'héroïne qui est fascinée par l'inconnaissable bizarre de la grotte de glace.
C'est excellent, encore un bouquin que j'ai acheté voilà des années d'occase chez book off durant mes années à paname et que je n'avais pas touché. La manière dont le mystère s'épaissit tout le long de la lecture en construisant une fascination qui a quelque d'incompréhensible et de frustrant par là est passionnante.
Les descriptions du palais qui donne son titre à l'ouvrage, sorte de frontière vers un autre-monde infigurable situé en plein milieu d'une rivière jamais tant vivante que lorsqu'elle gèle sont exceptionnelles.
C'est un peu la rencontre entre les Villes de Calvino, la poésie symboliste et le film Morse. Un zeste de Dhôtel ou de Daumal dans le délire mais en plus sombre, froid et polaire ou polarisant.
C'est un auteur que je compte bien continuer d'explorer cette année.
Le mal dans la, peaude Mia Sheridan
Finalement je suis reparti sans le Maître et marguerite en raison de l'absence de recommandations pour l'une ou l'autre des trois traductions (je suis trop prudent en cette matière) mais avec 2666 dont j'attendais les réimpressions/la diminution des prix.
Je suis sur la fin de la partie des critiques et c'est jusqu'ici plutôt emmerdifiant mais pas au point de me faire lâcher le bouquin ce qui est plutôt bon signe. Il y a une belle progression, lente comme un puzzle dont on voit s’emboîter les pièces ou une accumulation d'indices. J'ignore si le triangle amoureux ou le trouple que forment les trois protagonistes aura un quelconque intérêt dans la suite de l'intrigue. Il y a de belles descriptions des rêves de chacun, aspect littéraire que je n'avais pas supposé de la part de l'écrivain.
J'adore lire/écouter des personnes qui aiment et connaissent leurs sujets donc, merci à toi et aux autres (G et rhizome, parmi ceux qui me reviennent)
Et un bon annif à notre lettre préférée d'ailleurs
Cimer chef. Très mauvais anniversaire pour le G mais on s'accroche
Joyeux anniv malgré tout en dépit de.
Merci.
Et rien de grave, encore une merde professionnelle à cause d'une personne qui ne connaît pas mon métier (une RH, les plus infâmes pustules du privé au XXIe siècle)
Bon Anniversaire ![]()
Joyeux anniversaire Charles Marlow !
Très bon Le mage du Kremlin, je rejoins les avis dithyrambiques.
Sinon ce soir, je commence Anthropologie du point de vue pragmatique (Kant).
Dieu, la science, les preuves (Michel-Yves Bolloré de la famille de vincent ? Olivier Bonnassies).