Finito Les suicidés du bout du monde, de Leila Guerriero, que je pensais être un roman en l'achetant sans vraiment lire la quatrième et qui est en réalité un ouvrage proche du journalisme gonzo.
Ca cause d'une vague de suicides survenue au tournant du millénaire dans une petite ville pétrolière et glauque de Patagonie, touchant principalement les jeunes.
Le principe du bouquin est assez sec et brutal, il s'agit d'enchaîner les portraits de morts en les confrontant avec des témoignages de leurs proches, tout en listant des causes explicatives possibles qui seront toutes battues en brèche, au moins partiellement.
L'autrice ne cherche pas à nous blouser, cet empilement de victimes est surtout une réaction spontanée et autoréalisatrice à l'étouffement des marges dans un capitalisme cracra qui désespère organiquement ses périphéries.
C'est assez noir mais ça sait rester digne, et l'atmosphère de la chose est tout à fait intéressante.
Je recommande, ça m'a fait penser à la partie des crimes de 2666 - mais c'est naturel puisque cette dernière joue précisément avec les codes de ce journalisme-là.