C'est un peu ce qui m'a débloqué d'ailleurs perso d'un point de vue artistique.
Le mouvement heure zéro et ce que Bolano en a retranscrit en perso de fiction m'a libéré de l'influence néfaste du roman à construction.
Ca m'a appris que rédiger un poème d'un jet sur un sujet bizarre et trivial (bizarre parce que trivial ou trivial parce que bizarre) sans me dire que c'était de la merde parce que ça passait pas quinze heures de gueuloir de Flaubert (ce qui est génial aussi, simplement perso ça me parle pas niveau pratique perso, la survie au jour le jour est trop forte pour épouser ce rythme).
C'est ce qui m'a permis de comprendre la beauté du jazz, du cubisme, /de l'écriture automatique ou de bien autre chose - ça et le battle rap.
A 18 ans je crois que je croyais qu'il fallait faire un monument pour valoir quelque chose.
Aujourd'hui, je trouve l'idée qu'on puisse acheter des roses dans une station service assez antithétique et riche pour créer quelque chose de marquant.
"Et en même temps, Bolano c'est la grande histoire de l'impénétrabilité du signe"
Ceci. Cette force d'un éboueur / gardien de camping Catalan d'adoption qui remet en doute en permanence la question du signifiant et des signifié, sans effets, dans une forme de prosaïsme qui lamine ce qu'il a déjà digéré.
Alors oui, la poésie. Celle de l'enfer de Ciudad Juarez qui aurait pu être Dantesque mais qui ne l'est pas stylistiquement ET celle d'un ivrogne au bar du coin qui se noie dans le souvenir du cri d'un musicien de rue et qui y voit non pas l'infini, mais le cœur de l'âme du Monde.
(J'ai tout de même des souvenirs plutôt vagues des Détectives Sauvages, qui est probablement un grand roman mais qui hésite encore à lâcher totalement les rênes, à s'abandonner dans une geste sans rime ni raison autre que celles dont elle est le point de départ - si départ il y a - et d'arrivée - id. - dépendent uniquement de la volonté de l'auteur en moribond)
Mon avis sur les détectives par rapport à ce que tu en évoques c'est que ni le début ni la fin n'en sont les plus pleinement signifiants en étant anti-signifiants.
La partie 2 va te foutre une demi-centaine de narrateurs sur cinquante ans qui vivent les expériences les plus diverses.
Le mystère insoluble et intéressant parce qu'on sent un peu de solubilité dans son insolubilité est là, dans ce coeur centrifuge dégeu, dans le meilleur trou noir que la littérature nous ait offert.
Il faudra que je le relise, clairement. Mais j'en ai les fumigations d'un roman qui s'attache encore à des modèles Beat / Pynchonesques (oui, il y a cette forme de matière noire dévorante, grouillante, exterminatrice et pourtant d'une titanesque poésie d'un possible quotidien dans le Pynchon des 60s-70s, similaire - toutes proportions gardées - à ce qu'a accompli Lynch avec le retour de Twin Peaks en 2017).
Une chanson idiote passée à l'envi, en filigranes d'un interdit point de jonction (pas une référence au roman ; pas lu) est plus souveraine qu'un récit en fin de conte indéfinissable.
Bon je vais devoir m'y mettre à force d'en voir toujours parler ici, j'ai chopé le Troisième Reich récemment. Ça me parle bien cette idée d'une poésie qui n'est pas cantonée à la littérature, qui n'aurait même pas plus de valeur par ce moyen. C'est quand même une question qui hante toujours - pas vraiment en mal.
J'espère que ça me fera un déclic sur l'écriture aussi, je me suis rendu compte récemment que je suis encore beaucoup trop pollué par Proust. Va falloir se mettre au pastiche, si ça marchait pour lui ça pourrait aider ses otages.
J'ai fini " Le vieil homme et la mer " j'ai bien aimé les prises de conscience et la remise en question et tant d'autres choses.
Je lis aussi en parallèle :
- addiction de Blake Nelson
- Harry Potter et le prisonnier d'Azkaban
-1984 de Georges Orwell
Non, j'ai rien de montrable
Le 10 novembre 2023 à 20:53:42 :
Mon avis sur les détectives par rapport à ce que tu en évoques c'est que ni le début ni la fin n'en sont les plus pleinement signifiants en étant anti-signifiants.La partie 2 va te foutre une demi-centaine de narrateurs sur cinquante ans qui vivent les expériences les plus diverses.
Le mystère insoluble et intéressant parce qu'on sent un peu de solubilité dans son insolubilité est là, dans ce coeur centrifuge dégeu, dans le meilleur trou noir que la littérature nous ait offert.
Putain ça veut absolument rien dire. Mais je suis sûr que dans ma tête au moment où j'ai écrit ça ça avait du sens.
Faut arrêter le mélange sky anti-allergènes distractifs, ça fait n'imp niveau résultats.
J'ai commencé Bolano, il n'y va pas de main morte ce sagouin, il frappe tout, c'est le Nabe chilien ce type
Moi je lirais "le carré magique palindrome et ses secrets occultes" de Geerts Christian.
Oui on a compris Christian.
Demain je commence Guerre (Louis-Ferdinand Céline).
Permanent Midnight (Jerry Stahl). Héritier de Hunter T. Thompson et Hubert Selby Jr, excusé du peu.
Finito Le Fusil de chasse, un roman japonais que je me suis demandé un moment si j'avais pas déjà lu, et je crois finalement que non mais pris dans l'épouvantable boucle des écrivains japonais des années 40 50 qui parlent de romances mortifères sous fond de description de la couleur de la pluie, je les assimile tous.
C'est bien mais sans grand relief par rapport à son genre, malgré une forme intéressante. (Trois lettres de trois femmes recomposent en puzzle le portrait du personnage étudié du dehors).
écrivain à infusion verveine citronnelle le Bolano
Nabe chilien
Nabe chilien
Nabe chilien
Le 18 novembre 2023 à 19:33:08 :
Nabe chilienNabe chilien
Nabe chilien
Tiens t'as fait le dernier Monkey Island d'ailleurs ? Il est beaucoup trop bien.
J'ai jamais touché à un seul de la série, ça fait partie de mes lacunes en classiques, mais je doute pas que ce soit très cool et je le taperai à l'occase.
J'avais eu une petite phase remise au point y a deux trois ans je crois, j'avais eu un vrai bon coup de coeur pour Thimbleweed même si certains ont pas apprécié la fin.
D'ailleurs Grim qui a inspiré ce pseudo mélangé à mes délires montres (car le pseudo complet était déjà pris) je l'ai fait pour la première fois cette année où l'année passée.
j'ai acheté le vol 4 chez l'Olivier de Bolognaise
C'est à lire avec une infusion de thé
Le 18 novembre 2023 à 19:48:29 :
J'ai jamais touché à un seul de la série, ça fait partie de mes lacunes en classiques, mais je doute pas que ce soit très cool et je le taperai à l'occase.J'avais eu une petite phase remise au point y a deux trois ans je crois, j'avais eu un vrai bon coup de coeur pour Thimbleweed même si certains ont pas apprécié la fin.
D'ailleurs Grim qui a inspiré ce pseudo mélangé à mes délires montres (car le pseudo complet était déjà pris) je l'ai fait pour la première fois cette année où l'année passée.
Oui pas mal du tout Thimbleweed Park mais une fois que tous les persos sont débloqués c'est pas d'un intérêt ludique prodigieux d'avoir toute cette galerie à disposition, à part sur le middle-end game.
Mais ouais je recommande les deux premiers Monkey Island et le dernier.
Day Of The Tentacle est excellent mais trop farfelu dans les énigmes.