Je viens de finir une petite monographie de Paul Valéry sur Stendhal, qui était d'origine pensée pour être une préface au Lucien Leuwen, dont il ne dit rien
, et qui a été réédité notamment dans les Variétés avec quelques modifications.
Ce texte d'une soixantaine de pages est disponible depuis l'an dernier à part, chez Fario.
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Ce sont de très belles pages que nous offre Valéry dans cet Essai sur Stendhal. Je suis conquis par sa proposition de lecture d'un Beyle comme un homme de théâtre fondamentalement dont l'attrait réside dans la comédie de sincérité dans laquelle il s'empêtre parfois presque à ses dépends pour essayer de faire vrai en livrant son ton singulier, un peu fat, un peu destructeur de certains modèles sociaux, mais amoureux aussi.
Je retrouve pas mal de ce qui me plaisait intuitivement chez un Stendhal que j'ai mis longtemps à aimer - et que je développais succinctement sur un topax y a pas longtemps avec des extraits, sur la connivence, la complicité - mais Valéry a bien évidemment des mots plus ambitieux, plus justes, plus profonds pour évoquer tout ça.
Il se permet quelques pas de côté salutaires, pour expliquer notamment de façon très limpide le scandale de la foi pour l'incroyant, et il rabat ça de très habile manière sur le questionnement à propos de la sincérité auquel il procède dans le livre.
Un bien bel ouvrage qui mérite son heure de lecture et sa place dans une biblio, à côté de la fiction.