J'ai tapé mon premier Graham Greene, prêté. C'est un auteur que je n'avais jamais approché, parce que j'avais toujours une vague suspicion assez peu justifiée - peut-être due à la longueur de la bibliographie - d'auteur mineur.
Lu La Saison des pluies, donc. Un mystérieux étranger arrive d'Europe pour rejoindre une léproserie paumée au milieu des marécages du Congo, dans les années 60. Ici, il va être confronté à un personnel dramatique assez habituel de ce genre de bouquins, des prêtres thomistes plus ou moins barrés, un vieux docteur athée cynique, un bourgeois directeur d'usine insupportable ou un journaliste anglais manipulateur. On va découvrir au fur et à mesure du roman pourquoi cet étranger, Querry, s'est planqué au Congo et ce qu'il cherche à fuir dans une lutte existentialiste assez classique qui mêle combat intérieur et extérieur, combat rationnel et spirituel.
C'est au carrefour exact entre Camus, Malraux, Pascal et Conrad, sans être au niveau de rien de cela.
Ca se lit bien, les personnages sont efficaces et bien brossés, chacun dans son délire, la quête de Querry est intéressante à suivre. Mais le milieu du bouquin s'encroûte un poil. L'ouverture et la fermeture sont très conventionnelles dans leur mise en scène mais marchent bien.
C'est un peu le problème de cette Saison au fond. Il n'y a pas grand chose à lui reprocher en soi mais ça ressemble à beaucoup de choses qui sont déjà biens.
Ca a une gueule de truc qui serait très sympa filmé par Clouzot, Verneuil, Corneau ou les ritals de la bonne époque.