Impression similaire pour Hodgson, c'est un ovni, il y a de l'atmosphère, mais l'histoire est simpliste, sans relief, et le style fastidieux.
Je relis pour la première fois La Montagne Magique, un de mes romans préférés. J'avais une légère appréhension après avoir pété un câble sur Dr Faustus. Il n'a pas pris une ride. L'ambiance hypnotique du sanatorium, la force théâtrale et comique des personnages, la narration qui avance par chemins détournés, la profondeur du thème corps-esprit-civilisation ou encore la recherche par Hans d'un point de balance entre les idées qui lui sont présentées comme un yin et un yang occidental. L'atmosphère est unique. À la lecture de ce bouquin j'ai parfois ce frisson au sommet de la tête comme quand quelqu'un t'accorde son attention ou te touche la tête (l'ASMR), sans doute dû aux milles précautions du narrateur, peut-être aussi à l'atmosphère surannée et précieuse, et à toutes les règles et manières de cette mini-société isolée. Je me réjouis déjà de la conversation avec Clawdia (qui m'avait paru un sommet) et de retrouver Naphta et l'inénarrable Peeperkorn. J'ai déjà Behrens et Settembrini, le médecin chef autoritaire et rentre-dedans et l'humaniste amer, tous deux burlesques.