Le 15 octobre 2022 à 13:53:13 :
Par hasard, vous savez pourquoi je ne parviens pas à changer mes informations de compte sur SensCritique ? Quand je clique sur "Enregistrer", il y a écrit "Erreur"...
codé avec le cul par des stagiaires
quelqu'un a lu Rodrigo Fresan ?
Je viens de terminer Les Années avec Laura Diàz de Fuentes. C'était un très beau roman qui, d'une certaine manière, m'a beaucoup fait penser à Anna Karenine. Si quelqu'un souhaite lire un roman latino américain, je trouve que c'est une bonne porte d'entrée
Le parallèle est appelé oui, mais au-delà de Tolstoï en particulier on est dans toute cette tendance très dix-neuvièmisante finalement qui fait du portrait de femme l'espèce d'allégorie des évolutions d'une époque.
J'aime beaucoup Laura Diaz en tout cas, cet aspect errance dans une campagne junglesque au début qui se transforme en même temps que le Mexique se remplit, de ses locaux, de ses émigrés successifs, de ses métisses, de son histoire politique et de ses artistes en goguette.
Ca a un grand souffle, et l'utilisation encadrante de Detroit au début et de mémoire à la fin est intéressante.
Je suis entrain de lire Sapiens de Yuval Noah Harari, la descendance de l'homme et la sélection sexuelle de Darwin, un livre sur le système judiciaire et un recueil de lettres venant du front de guerres de 1914 à aujourd'hui
Le 22 octobre 2022 à 11:01:04 :
Le parallèle est appelé oui, mais au-delà de Tolstoï en particulier on est dans toute cette tendance très dix-neuvièmisante finalement qui fait du portrait de femme l'espèce d'allégorie des évolutions d'une époque.J'aime beaucoup Laura Diaz en tout cas, cet aspect errance dans une campagne junglesque au début qui se transforme en même temps que le Mexique se remplit, de ses locaux, de ses émigrés successifs, de ses métisses, de son histoire politique et de ses artistes en goguette.
Ca a un grand souffle, et l'utilisation encadrante de Detroit au début et de mémoire à la fin est intéressante.
Je me trompe sans doute, mais Laura Diàz m'a paru comme l'antithèse d'''Anna Karenine''. Bien sûr, à chaque fois, le portrait de la femme est une allégorie de l'évolution d'une époque et peut-être aussi d'une nation, aussi bien dans sa chaire que dans son esprit. Mais là où ''Anna Karenine'' m'a paru être un texte condamnant sa protagoniste, faisant de sa liberté une sorte de mirage plein de contradictions - Anna, contrairement à Laura, subit ses relations amoureuses et finit par se suicider . Au contraire de Tolstoï, Fuentes avec son personnage, célèbre la liberté et davantage, l'indépendance.
Au fond, je trouve que les deux textes partagent une forme de mélancolie, proposent de réfléchir à la question de la réalisation de soi dans la relation à l'autre, en proposant deux conclusions différentes. Peut-être qu'Anna cherche davantage l'absolu dans l'amour, refusant à Vronski un jardin secret.
Bref, beaucoup de mots pour dire que Fuentes est beaucoup moins lugubre que Tolstoï. Mais cela dit, il suffit de connaître un peu la biographie du vieux Léon pour s'en apercevoir ![]()
Je commence Jude l'obscur, ce sera mon premier Thomas Hardy.
Mon sentiment au sujet des Fenêtres murées de Vona est un peu complexe : c'est une œuvre que j'ai beaucoup aimée, sans vraiment de réserve même, à laquelle je ne trouve pas de reproche particulier à faire, et qui me donne en même temps l'impression de ne pas l'avoir tout à fait comprise, d'avoir eu une fenêtre
de lecture trop étroite ou des attentes / préjugés qui m'auront peut-être fait passer à côté du dessin.
Peu importe, j'ai envie de dire, parce que ça a été une très bonne expérience de lecture. L'écriture est claire et belle, au service d'un propos relativement obscur qui a rendu souvent précaire mon jugement sur ce que je lisais, si cela tenait du réel ou de l'imagination du narrateur (ou de la mienne), de son présent ou de son passé. On passe notamment sans arrêt et abruptement du fil conducteur du récit à des remémorations qui s'y rapportent de façon plus ou moins subtile, ce qui peut dérouter au début mais on peut se faire rapidement à ce dispositif, qui ne m'a pas semblé artificiel mais au contraire convenir à l'exposition brute, mais concise et non maniérée, d'une sensibilité et, comme en ébauche, de la façon dont un être s'anime face à son environnement et certaines rencontres.
Une œuvre qui peut laisser perplexe mais que je conseillerais à qui aime les textes qui tendent à l'onirique sans sacrifier à l'absurde (il y a du kafkaïen dedans mais ce n'est pas le moteur essentiel), et d'une certaine opacité sous la clarté d'une écriture agréable et poétique.
Je viens de finir Gravity's Rainbow de Pynchon et j'ai beaucoup aimé même si le livre a le don pour nous égarer lors de ses nombreuses et parfois longues digressions, et l'apparition souvent inopinée de moments absurdes (je pense par exemple à Byron the Bulb
) qui pourtant se connectent à l'ensemble. Bien difficile d'être certain du (des) propos que tient l'auteur dans le bouquin même si certains thèmes sont évidents, en particulier le dernier chapitre a de nombreux passages très obscurs.
Finalement ce n'était pas une lecture difficile, les seules difficultés résident dans le fait que l'intrigue est très flou pendant la première partie, et dans la capacité du lecteur à se laisser perdre dans le texte, qui a son don pour nous entrainer un peu partout sans qu'on sache vraiment où on est rendu avant un moment.
J'enchaine sur le Le Propre et le Sale de Vigarello.
en particulier le dernier chapitre a de nombreux passages très obscurs.
C'est formidable la narration qui se désagrège et qui s'effondre sur elle-même je trouve
And now everybody ~
______
Abdellatif Laâbi vous en pensez quoi ?
Il fait pas le moine.
Le 26 octobre 2022 à 00:32:42 :
en particulier le dernier chapitre a de nombreux passages très obscurs.
C'est formidable la narration qui se désagrège et qui s'effondre sur elle-même je trouve
And now everybody ~
______
Abdellatif Laâbi vous en pensez quoi ?
C'est vraiment très sympa, j'ai vu que certains interprétaient ça comme le morcellement final de la personnalité de Slothtrop. Je ne sais pas trop si j'accroche entièrement à cette théorie. Mais c'est je pense une très belle fin pour venir contrecarrer les trois précédents chapitres où tout les éléments s'intercalent progressivement et parfaitement.
Je me demande aussi si Slothtrop est un jeu de mot en référence à Northrop.
https://twitter.com/JAsensio/status/1584989463247085568
Ouin ouin
Le 26 octobre 2022 à 11:30:07 :
https://twitter.com/JAsensio/status/1584989463247085568
Ouin ouin
Je regrette systématiquement d'avoir cliqué sur tes liens alors que je vois bien de qui vient le tweet...
En plus j'aime bien Dieu mais je peine à saisir comment on peut trouver ça exaltant.
Tout l'intérêt de sa littérature, c'est que c'est émasculé pour refléter le doute qui pèse sur l'auteur à son époque face à ses événements intimes et historiques confondus.
Le 26 octobre 2022 à 18:38:32 :
En plus j'aime bien Dieu mais je peine à saisir comment on peut trouver ça exaltant.
Oof le mauvais calviniste
J'aime bien Drieu mais le préfère Dieu et lui il est pas chiant du tout.
Le t9 je l'aime autant que Marie Ndiaye et Julia Deck qui écrivent à trois mains.
Mais oui je vois pas une universalité gigantesque chez le Drieu de Gilles.
Faut dire que l'axiome principal de l'autre andouille c'est que la littérature est morte, que la société est malade, et que les seuls auteurs actuels qui sont intéressants c'est ses potes qui violent leur dictionnaire et font effectivement des périphrases insupportables, infatués de leur gargantuesque et arrogante érudition sur des sujets tenant autant de la physique quantique que de la vilaine poétique d'un bossu au pied-bot qui déclame la haine de son prochain sans sommation.
Bloy a fait du mal â cette génération. Parce qu'ils ont pas compris qu'autour de sa préciosité relou il y avait une poétique qui l'encadrait et la justifiait.
On prend les sujets qu'on a sous la main et on en fait des thèmes éternels.
Chez San Juan de la Puta, le "wokisme" et le succès de Erneaux c'est dans la ligne de la déchristianisation chez Bloy et du succès de Zola.
Mais là c'est pas du soufre, c'est souffreteux. Un petit crachin pour les déclassés de la culture (même pas de l'art, ou alors avec un d)
Récemment les petits mongolo-fachos de VA (auquel Asensio a participé, je viens de le découvrir) se sont approprié Chesterton, c'est rigolo, Nimier aussi d'ailleurs.
Chesty pourtant c'est un sacré gaucho, tellement gaucho qu'il a dû se demander comment christianiser le socialisme pour se le rendre idéologiquement acceptable.
C'est dire où il en était.