Jean Christophe de Romain Rolland.
tome 9 de tara duncan, mais j'arrive pas trop a me mettre dedans en ce moment, je pense toujours a quelque chose d'autre quand je lis ![]()
Par curiosité, c'était quel Javier Marías ?
Un corazón tan blanco. J'avais bien aimé Los Enamoramientos, et Marias reste un psychologue assez fin, mais dans ce livre le narrateur se tortille les doigts et les méninges à justifier par le menu des sentiments intenables et misogynes (le féminicide et l'adultère). Une sorte d'éloge de l'immoralité et des désirs coupables, raconté par un solitaire sensible dans un style digressif, imbu, qui se suce les doigts de plaisir. Ca fait très 90s et ça a mal vieilli.
Le 25 septembre 2022 à 15:42:47 :
Par curiosité, c'était quel Javier Marías ?
Un corazón tan blanco. J'avais bien aimé Los Enamoramientos, et Marias reste un psychologue assez fin, mais dans ce livre le narrateur se tortille les doigts et les méninges à justifier par le menu des sentiments intenables et misogynes (le féminicide et l'adultère). Une sorte d'éloge de l'immoralité et des désirs coupables, raconté par un solitaire sensible dans un style digressif, imbu, qui se suce les doigts de plaisir. Ca fait très 90s et ça a mal vieilli.
D'accord je vois. J'ai lu ces deux-là, à commencer par Un cœur si blanc, j'en avais trouvé la composition, l'écriture et les réflexions intéressantes, mais il y a cette espèce d'évacuation facile de la question éthique qui m'avait paru gênante, un peu prétentieuse, même quand on n'attend pas d'un roman qu'il soit moral. Et à la lecture du second roman j'ai trouvé que son exploitation des citations littéraires (Shakespeare, Dumas...) devenait un peu gonflante à mes yeux, avec un côté à la fois ostentatoire et finalement assez superflu dès qu'on se lasse un peu de couper les cheveux en quatre.
J'ai fini de lire "Le désert des tartares" il y a quelques jours, une immense claque.
Pour résumer brièvement, on suit l'histoire d'un jeune homme, militaire, qui est affecté au fort Bastiani. C'est un fort où le rôle est de surveiller le désert à la frontière. Je n'en dirais pas plus afin de ne pas vous spoiler, l'importance de l'histoire réside aussi dedans.
Ce livre est très percutant, sur les notions du temps qui s'étiole, de la vie, de la mort, jeunesse et vieillesse, des rêves et l'inaction. Des espoirs vains et nocifs.
C'est même déprimant, même si il m'est arrivé de rire à la lecture de ce roman de par l'absurde de certains personnages. C'est une lecture quasi philosophique pour moi, car elle peut honnêtement servir de "choc" si vous êtes du genre à attendre et encaisser votre existence.
Je vous le conseille réellement si vous aviez des doutes, et si vous connaissez pas foncez dessus.
Je suis un peu dans les bails de psychanalyse en ce moment. Je lis Le Traître d'André Gorz et c'est vraiment instructif. En parallèle je lis Aïon, Étude sur la phénoménologie du soi de Jung ; c'est plus dense mais tout aussi intéressant. L'avantage du premier c'est qu'il y a, même si elle est ténue, une progression scénaristique ou, du moins, une certaine logique dans l'évolution du texte.
J'aimerais bien découvrir Lacan aussi, donc si vous avez des conseils... Je voulais commencer par le tome 1 de ses Écrits ou par son Séminaire sur L'Angoisse mais je ne sais pas si c'est une bonne porte d'entrée.
Si vous avez d'autres conseils je suis ouvert aussi.
Troisième lecture de Cent ans de mon côté, l'exemplaire que j'avais donné à mon père il y a des années et qu'il a oublié chez moi le jour de son accident qui s'est avéré par la suite mortel, le même exemplaire dont je cornais les pages jeune homme fraîchement émoulu du lycée sur son lit d'hôpital.
C'est assez bouleversant parce que je traverse la boucle, à travers l'objet et ses souvenirs, qui est précisément le sujet et la clé de composition du livre.
L'expérience se télescope à tous les niveaux.
J'en suis au passage de la mort du patriarche, le premier José Arcadio Buendia avec cette manière très étrange et très sudam de l'annoncer par un rêve d'une galerie de chambres infinies.
C'est confondant de beauté légère.
tu liras L'amour au temps du choléra par la suite alors
Déjà fait il y a bien long.
Il est sympa mais la lecture de Cent ans m'a un peu gâché Garcia Marquez parce que c'est clairement son point d'orgue à mon avis.
Ses contes sont assez bons malgré tout mais c'est plus mineur.
je vais lire gare aux fantomes de MC beaton, une aventure d'agatha raisin ![]()
j'avais déja lu un autre policier dans le meme style, ca m'avait bien plu, du coup je vais me faire celui la ![]()
Fini de relire Cent ans donc, dont j'ai lu grosso merdo 300 des 450 pages hier et ce soir en rentrant du taf.
J'avais oublié beaucoup de dimensions du livre qui sont pourtant géniales - ne serait-ce que toute la phase avec les américains et la compagnie, où se retrouve bien le caractère militant de Garcia Marquez -, les fils du colonel à la croix cendrée, l'oubli des ouvriers fantômes, et certaines étapes intermédiaires de l'absurde guerre réitérative du colonel (en fait tout le côté social et politique du bouquin qui ne m'intéressait pas quand j'étais un petit chofa) ; mais fondamentalement c'est toujours la même chose qui me frappe, et dont je vois dans mon message de fin août que je me rappelais très bien.
La création d'un livre à la structure parfaitement spiralaire.
Mathématiquement c'est incroyable, aussi bien que l'espèce de suite qui se rabote de l'Education sentimentale.
Pour moi, le roman c'est l'art de la composition, de la structure parce que c'est ce qui fait sa spécificité ; donc c'est pour moi le (co-)meilleur roman jamais écrit.
C'est juste incroyable que des individus ayant vécu au XXe et XXIe siècle et qui se prétendent lettrés ne l'aient pas lu.
Il y a toujours le défi d'écriture et de lecture du quiproquo qui bloque, malgré les dizaines de millions de ventes. J'insulte à vue ceux qui ne l'ont pas lu. C'est un chef-d'oeuvre, un putain de chef-d'oeuvre. De partout. Tout est au-delà d'une maitrise absolue du langage de l'Homme.
C'est une Œuvre au rouge, un roman comme on en fait qu'une fois par millénaire. Et Dieu merci, il y en a une multiplicité. Mais celle-ci... ça va au-delà de l'entendement.
Oui c'est tout à fait incroyable.
La dialectique entre le petit et le grand est parfaite dans cette manière d'évoquer tout un siècle de bascule du monde dans son entièreté à partir d'un simple village enfermé mais pas vraiment, avec une meurtrière sur le monde, fente par laquelle l'histoire s'engouffre en petit.
Bolano dans l'infinie partie 2 des Détectives ou Fuentes avec sa Laura Diaz y arrive également mais c'est beaucoup plus fin dans Cent Ans.
arrivent *
ça donne envie, vous l'avez lu en espagnol ou une traduction ?
Le 25 septembre 2022 à 20:40:00 :
J'ai fini de lire "Le désert des tartares" il y a quelques jours, une immense claque.Pour résumer brièvement, on suit l'histoire d'un jeune homme, militaire, qui est affecté au fort Bastiani. C'est un fort où le rôle est de surveiller le désert à la frontière. Je n'en dirais pas plus afin de ne pas vous spoiler, l'importance de l'histoire réside aussi dedans.
Ce livre est très percutant, sur les notions du temps qui s'étiole, de la vie, de la mort, jeunesse et vieillesse, des rêves et l'inaction. Des espoirs vains et nocifs.
C'est même déprimant, même si il m'est arrivé de rire à la lecture de ce roman de par l'absurde de certains personnages. C'est une lecture quasi philosophique pour moi, car elle peut honnêtement servir de "choc" si vous êtes du genre à attendre et encaisser votre existence.
Je vous le conseille réellement si vous aviez des doutes, et si vous connaissez pas foncez dessus.
oui je l'ai lu l'année dernière . très très bon et percutant
Le 28 septembre 2022 à 09:59:47 :
ça donne envie, vous l'avez lu en espagnol ou une traduction ?
Traduction française, mon espagnol est malheureusement insuffisant ![]()
Les essais I de Montaigne, folio, quand je suis dans un silence complet. Le Silmarillion, traduit par Lauzon, le soir.
Quasiment fini le Maître et Markowicz
Après j'inaugure Joyce Jonathan avec Portrait de l'artiste
Suis-moi, mon lecteur, et nul autre que moi, je te le montrerai, cet amour !
Récemment j'ai terminé :
- The Book of Disquiet de Pessoa (lu en anglais parce qu'il avait également écrit en anglais, même s'il s'agit bien d'un traduction): très déçu, l'auteur ressasse les mêmes sujets à l'aide des mêmes ressorts stylistiques, sans réel profondeur même si un véritable talent d'écrivain est sous-jacent. Lire un cinquième du livre c'est le lire en entier.
- Ficciones de Borges (lu en espagnol): j'ai bien apprécié globalement même si quelques nouvelles étaient finalement assez décevante. J'aurai bien du mal à juger le style étant donné mon inexpérience de la littérature espagnole. D'ailleurs il faut que je pense à faire un topic pour des conseils de lecture courte en espagnol, tous les bouquins de ma liste étant un peu trop longs pour mon niveau actuel.
- L'Histoire de l'Afrique (2ème édition) de Lugan: très intéressant et trop précis, il tombe un peu dans le piège des ouvrages historiques généralistes qui est de citer beaucoup d'éléments qui n'apportent rien à la trame principale et ne seront jamais retenus par le lecteur. Il vaut mieux également savoir de quel côté balance Lugan politiquement pour modérer certains propos parfois un peu malhonnêtes, mais sa vision permet de contrebalancer l'extrème inverse qu'on entend bien plus souvent.
- The Citadel of the Autarch de Gene Wolfe, dernier volet du Book of the New Sun: très bonne conclusion à la série, toujours aussi particulier, même au sein du genre de Dying Earth. On reste nécessairement sur sa fin car de nombreux éléments restent flous ou inexpliqués, mais ça fait partie du sel du livre.
J'enchaine maintenant sur The Comanche Empire de Pekka Hämäläinen.