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J'ai commencé en même temps deux livres : L'Empire du malheur. Une histoire de la dépression de Sadowsky et c'est plutôt intéressant, bien que très factuel pour l'instant. Mon autre lecture, c'est Le Jour où mon père s'est tu de Virginie Linhart et c'est vraiment passionnant, on apprend plein de choses sur la gauche des années 70-80 et sur la relation père-enfants, etc.L'Empire du malheur. Une histoire de la dépression de Sadowsky, c'est un vrai livre d'historien de la médecine et des sensibilités, un peu comme le fait Corbin, ou alors quelque chose qui tourne plus autour de la philosophie?
Je ne connais pas du tout Corbin, mais c'est effectivement davantage un livre d'historien qu'un livre de philo, ce qui m'a dérangé un peu au début, mais je me dis que c'est pas mal d'avoir une vue d'ensemble et même des détails sur cette maladie. Après, il y a des interrogations comme "Qu'est-ce qu'une maladie ?", mais ce sont plutôt des débats scientifiques que des débats philosophiques.
Je n'en suis encore qu'au début, mais ça évoque et compte évoquer les différents traitements qui ont existé et qui existent aujourd'hui, la façon dont la dépression était et est perçue, les différents "courants" de réponse à la dépression avec, par exemple, une évocation des "antipsychiatriques". L'auteur semble, lui, favorable, à la réponse psychiatrique (moi aussi donc ça aide à entrer dans le livre). Et plein d'autres choses !Merci pour te retour. Ca pourrait me plaire alors, étant donné que j'ai beaucoup plus d'appétence pour le concret des études historiques que pour les réflexions philosophiques. Je vais le noter.
L'opinion favorable à la réponse psychiatrique ne me dérangeant pas du tout non plus.Corbin c'est un historien qui explore le champs de l'histoire des sensibilités et des mentalités. Il a travaillé sur a perception du corps, des odeurs, des phénomènes météo au cours du temps.
Il a aussi fait une histoire des pratiques de la santé qui m'avait passionné et d'où mon intérêt pour ta lecture, pour voir si il tenait de la même veine.
Au Moyen-Âge on avait une rationalité qui fonctionnait par analogies (comme Pastoureau l'explique très bien dans d'autres champs) et, par exemple, il arrivait que l'on intègre certaines pierres précieuse dans la confection de remèdes car ce qui parait pur devait par analogie pouvoir purifier le corps.Edit: Après recherche l'auteur de l'Histoire des Pratiques de Santé est Vigarello et pas Corbin! Mais c'est la même perspective de recherche et si le livre que tu lis te plait je ne peux que te conseiller d'y jeter un oeil.
J'avais lu l'Histoire du Viol de Vigarello. C'était pas mal même si le cadre annoncé du bouquin (en gros la période moderne occidentale) m'avait un peu refroidit, j'aurai aimé une étude plus large.
J'imagine que pour des périodes antérieures ca doit être difficile d'avoir des sources abondantes autres que issues d'expressions artistiques. Et comme il ne s'agit dans son cas pas de faire l'histoire de la représentation artistique du viol, ca devient compliqué.
Je suis en train de lire Les Chouans de Balzac, j'approche de la fin mais je reste sur ma faim pour l'instant.
Ça vaut le coup que je tente Le Père Goriot ensuite ? 
Oui, ça n'a presque aucun rapport pour le coup.
T'auras à la rigueur des scènes comme la scène du bal chez les émigrés qui pourront vaguement ressembler de loin, mais sinon il y a très peu de points communs.
Ça marche, je vais essayer de le lire dans ce cas ![]()
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J'ai commencé en même temps deux livres : L'Empire du malheur. Une histoire de la dépression de Sadowsky et c'est plutôt intéressant, bien que très factuel pour l'instant. Mon autre lecture, c'est Le Jour où mon père s'est tu de Virginie Linhart et c'est vraiment passionnant, on apprend plein de choses sur la gauche des années 70-80 et sur la relation père-enfants, etc.L'Empire du malheur. Une histoire de la dépression de Sadowsky, c'est un vrai livre d'historien de la médecine et des sensibilités, un peu comme le fait Corbin, ou alors quelque chose qui tourne plus autour de la philosophie?
Je ne connais pas du tout Corbin, mais c'est effectivement davantage un livre d'historien qu'un livre de philo, ce qui m'a dérangé un peu au début, mais je me dis que c'est pas mal d'avoir une vue d'ensemble et même des détails sur cette maladie. Après, il y a des interrogations comme "Qu'est-ce qu'une maladie ?", mais ce sont plutôt des débats scientifiques que des débats philosophiques.
Je n'en suis encore qu'au début, mais ça évoque et compte évoquer les différents traitements qui ont existé et qui existent aujourd'hui, la façon dont la dépression était et est perçue, les différents "courants" de réponse à la dépression avec, par exemple, une évocation des "antipsychiatriques". L'auteur semble, lui, favorable, à la réponse psychiatrique (moi aussi donc ça aide à entrer dans le livre). Et plein d'autres choses !Merci pour te retour. Ca pourrait me plaire alors, étant donné que j'ai beaucoup plus d'appétence pour le concret des études historiques que pour les réflexions philosophiques. Je vais le noter.
L'opinion favorable à la réponse psychiatrique ne me dérangeant pas du tout non plus.Corbin c'est un historien qui explore le champs de l'histoire des sensibilités et des mentalités. Il a travaillé sur a perception du corps, des odeurs, des phénomènes météo au cours du temps.
Il a aussi fait une histoire des pratiques de la santé qui m'avait passionné et d'où mon intérêt pour ta lecture, pour voir si il tenait de la même veine.
Au Moyen-Âge on avait une rationalité qui fonctionnait par analogies (comme Pastoureau l'explique très bien dans d'autres champs) et, par exemple, il arrivait que l'on intègre certaines pierres précieuse dans la confection de remèdes car ce qui parait pur devait par analogie pouvoir purifier le corps.Edit: Après recherche l'auteur de l'Histoire des Pratiques de Santé est Vigarello et pas Corbin! Mais c'est la même perspective de recherche et si le livre que tu lis te plait je ne peux que te conseiller d'y jeter un oeil.
Je t'en prie ! Je l'ai un peu lâché ces derniers jours pour Le jour où mon père s'est tu mais je compte bien le reprendre très vite.
D'accord, je ne connaissais Vigarello que de nom, pour son Histoire du viol justement, que j'aimerais bien lire un jour. Merci de me l'avoir remis en tête ! Et merci pour le titre du bouquin.
C'est au Moyen-Âge également que s'est développée la théorie des humeurs, avec la bile noire comme cause de la dépression ? Je n'ai pas tout ça bien en tête.
Ça vient des textes attribués à Hippocrate pour une source documentaire mais c'est une tradition orale intraçable avant.
Je ne pensais clairement pas que c'était aussi ancien ! C'est intéressant, merci beaucoup !
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J'ai commencé en même temps deux livres : L'Empire du malheur. Une histoire de la dépression de Sadowsky et c'est plutôt intéressant, bien que très factuel pour l'instant. Mon autre lecture, c'est Le Jour où mon père s'est tu de Virginie Linhart et c'est vraiment passionnant, on apprend plein de choses sur la gauche des années 70-80 et sur la relation père-enfants, etc.L'Empire du malheur. Une histoire de la dépression de Sadowsky, c'est un vrai livre d'historien de la médecine et des sensibilités, un peu comme le fait Corbin, ou alors quelque chose qui tourne plus autour de la philosophie?
Je ne connais pas du tout Corbin, mais c'est effectivement davantage un livre d'historien qu'un livre de philo, ce qui m'a dérangé un peu au début, mais je me dis que c'est pas mal d'avoir une vue d'ensemble et même des détails sur cette maladie. Après, il y a des interrogations comme "Qu'est-ce qu'une maladie ?", mais ce sont plutôt des débats scientifiques que des débats philosophiques.
Je n'en suis encore qu'au début, mais ça évoque et compte évoquer les différents traitements qui ont existé et qui existent aujourd'hui, la façon dont la dépression était et est perçue, les différents "courants" de réponse à la dépression avec, par exemple, une évocation des "antipsychiatriques". L'auteur semble, lui, favorable, à la réponse psychiatrique (moi aussi donc ça aide à entrer dans le livre). Et plein d'autres choses !Merci pour te retour. Ca pourrait me plaire alors, étant donné que j'ai beaucoup plus d'appétence pour le concret des études historiques que pour les réflexions philosophiques. Je vais le noter.
L'opinion favorable à la réponse psychiatrique ne me dérangeant pas du tout non plus.Corbin c'est un historien qui explore le champs de l'histoire des sensibilités et des mentalités. Il a travaillé sur a perception du corps, des odeurs, des phénomènes météo au cours du temps.
Il a aussi fait une histoire des pratiques de la santé qui m'avait passionné et d'où mon intérêt pour ta lecture, pour voir si il tenait de la même veine.
Au Moyen-Âge on avait une rationalité qui fonctionnait par analogies (comme Pastoureau l'explique très bien dans d'autres champs) et, par exemple, il arrivait que l'on intègre certaines pierres précieuse dans la confection de remèdes car ce qui parait pur devait par analogie pouvoir purifier le corps.Edit: Après recherche l'auteur de l'Histoire des Pratiques de Santé est Vigarello et pas Corbin! Mais c'est la même perspective de recherche et si le livre que tu lis te plait je ne peux que te conseiller d'y jeter un oeil.
Je t'en prie ! Je l'ai un peu lâché ces derniers jours pour Le jour où mon père s'est tu mais je compte bien le reprendre très vite.
D'accord, je ne connaissais Vigarello que de nom, pour son Histoire du viol justement, que j'aimerais bien lire un jour. Merci de me l'avoir remis en tête ! Et merci pour le titre du bouquin.
C'est au Moyen-Âge également que s'est développée la théorie des humeurs, avec la bile noire comme cause de la dépression ? Je n'ai pas tout ça bien en tête.
La théorie des humeurs date de l'Antiquité, beaucoup de peuples ont développées des théories "humorales" au sens où la santé relevait de l'équilibre de plusieurs éléments. C'est Hippocrate et Galien qui ont popularisé l'idée en médecine (en tout cas d'après les éléments qu'on possède). Pour ce qui est de la disparition de ces idées dans la médecine occidentale je crois que ça a débuté dans le XVIème siècle mais que des idées dérivées de cette théorie avaient encore cours dans le XIXème.
Fini la papeterie Tsubaki, mon avis à mi-chemin a pas changé, le roman est très homogène et monolithique même si sa dernière partie m'a malheureusement paru bien inférieure.
C'est un apprentissage du deuil qui passe par la description de gestes culinaires et scripturaux, et c'est tout.
Pour les obsédés de la culture nippone, les gens qui se pâment sur Le Maître de thé typiquement, c'est à lire, pour les autres pourquoi pas, c'est doux, facile, descriptif, on se laisse porter comme un manuel, il y a quelque chose de sensible et de mièvre qui marche bien, quelques fausses pistes sur des relations attendues qui ne se nouent pas assez astucieuses.
J'ai l'impression de quelque chose de très mineur mais qui sait le sublimer, ce qui correspond au thème du livre de décrire l'activité d'écrivain public dans un petit commerce d'une ville portuaire du Japon.
Sympa.
Le 28 août 2022 à 23:54:23 :
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>J'ai commencé en même temps deux livres : L'Empire du malheur. Une histoire de la dépression de Sadowsky et c'est plutôt intéressant, bien que très factuel pour l'instant. Mon autre lecture, c'est Le Jour où mon père s'est tu de Virginie Linhart et c'est vraiment passionnant, on apprend plein de choses sur la gauche des années 70-80 et sur la relation père-enfants, etc.
L'Empire du malheur. Une histoire de la dépression de Sadowsky, c'est un vrai livre d'historien de la médecine et des sensibilités, un peu comme le fait Corbin, ou alors quelque chose qui tourne plus autour de la philosophie?
Je ne connais pas du tout Corbin, mais c'est effectivement davantage un livre d'historien qu'un livre de philo, ce qui m'a dérangé un peu au début, mais je me dis que c'est pas mal d'avoir une vue d'ensemble et même des détails sur cette maladie. Après, il y a des interrogations comme "Qu'est-ce qu'une maladie ?", mais ce sont plutôt des débats scientifiques que des débats philosophiques.
Je n'en suis encore qu'au début, mais ça évoque et compte évoquer les différents traitements qui ont existé et qui existent aujourd'hui, la façon dont la dépression était et est perçue, les différents "courants" de réponse à la dépression avec, par exemple, une évocation des "antipsychiatriques". L'auteur semble, lui, favorable, à la réponse psychiatrique (moi aussi donc ça aide à entrer dans le livre). Et plein d'autres choses !Merci pour te retour. Ca pourrait me plaire alors, étant donné que j'ai beaucoup plus d'appétence pour le concret des études historiques que pour les réflexions philosophiques. Je vais le noter.
L'opinion favorable à la réponse psychiatrique ne me dérangeant pas du tout non plus.Corbin c'est un historien qui explore le champs de l'histoire des sensibilités et des mentalités. Il a travaillé sur a perception du corps, des odeurs, des phénomènes météo au cours du temps.
Il a aussi fait une histoire des pratiques de la santé qui m'avait passionné et d'où mon intérêt pour ta lecture, pour voir si il tenait de la même veine.
Au Moyen-Âge on avait une rationalité qui fonctionnait par analogies (comme Pastoureau l'explique très bien dans d'autres champs) et, par exemple, il arrivait que l'on intègre certaines pierres précieuse dans la confection de remèdes car ce qui parait pur devait par analogie pouvoir purifier le corps.Edit: Après recherche l'auteur de l'Histoire des Pratiques de Santé est Vigarello et pas Corbin! Mais c'est la même perspective de recherche et si le livre que tu lis te plait je ne peux que te conseiller d'y jeter un oeil.
Je t'en prie ! Je l'ai un peu lâché ces derniers jours pour Le jour où mon père s'est tu mais je compte bien le reprendre très vite.
D'accord, je ne connaissais Vigarello que de nom, pour son Histoire du viol justement, que j'aimerais bien lire un jour. Merci de me l'avoir remis en tête ! Et merci pour le titre du bouquin.
C'est au Moyen-Âge également que s'est développée la théorie des humeurs, avec la bile noire comme cause de la dépression ? Je n'ai pas tout ça bien en tête.
La théorie des humeurs date de l'Antiquité, beaucoup de peuples ont développées des théories "humorales" au sens où la santé relevait de l'équilibre de plusieurs éléments. C'est Hippocrate et Galien qui ont popularisé l'idée en médecine (en tout cas d'après les éléments qu'on possède). Pour ce qui est de la disparition de ces idées dans la médecine occidentale je crois que ça a débuté dans le XVIème siècle mais que des idées dérivées de cette théorie avaient encore cours dans le XIXème.
Merci pour les précisions ! ![]()
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L'Empire du malheur. Une histoire de la dépression de Sadowsky, c'est un vrai livre d'historien de la médecine et des sensibilités, un peu comme le fait Corbin, ou alors quelque chose qui tourne plus autour de la philosophie?
Je ne connais pas du tout Corbin, mais c'est effectivement davantage un livre d'historien qu'un livre de philo, ce qui m'a dérangé un peu au début, mais je me dis que c'est pas mal d'avoir une vue d'ensemble et même des détails sur cette maladie. Après, il y a des interrogations comme "Qu'est-ce qu'une maladie ?", mais ce sont plutôt des débats scientifiques que des débats philosophiques.
Je n'en suis encore qu'au début, mais ça évoque et compte évoquer les différents traitements qui ont existé et qui existent aujourd'hui, la façon dont la dépression était et est perçue, les différents "courants" de réponse à la dépression avec, par exemple, une évocation des "antipsychiatriques". L'auteur semble, lui, favorable, à la réponse psychiatrique (moi aussi donc ça aide à entrer dans le livre). Et plein d'autres choses !Merci pour te retour. Ca pourrait me plaire alors, étant donné que j'ai beaucoup plus d'appétence pour le concret des études historiques que pour les réflexions philosophiques. Je vais le noter.
L'opinion favorable à la réponse psychiatrique ne me dérangeant pas du tout non plus.Corbin c'est un historien qui explore le champs de l'histoire des sensibilités et des mentalités. Il a travaillé sur a perception du corps, des odeurs, des phénomènes météo au cours du temps.
Il a aussi fait une histoire des pratiques de la santé qui m'avait passionné et d'où mon intérêt pour ta lecture, pour voir si il tenait de la même veine.
Au Moyen-Âge on avait une rationalité qui fonctionnait par analogies (comme Pastoureau l'explique très bien dans d'autres champs) et, par exemple, il arrivait que l'on intègre certaines pierres précieuse dans la confection de remèdes car ce qui parait pur devait par analogie pouvoir purifier le corps.Edit: Après recherche l'auteur de l'Histoire des Pratiques de Santé est Vigarello et pas Corbin! Mais c'est la même perspective de recherche et si le livre que tu lis te plait je ne peux que te conseiller d'y jeter un oeil.
Je t'en prie ! Je l'ai un peu lâché ces derniers jours pour Le jour où mon père s'est tu mais je compte bien le reprendre très vite.
D'accord, je ne connaissais Vigarello que de nom, pour son Histoire du viol justement, que j'aimerais bien lire un jour. Merci de me l'avoir remis en tête ! Et merci pour le titre du bouquin.
C'est au Moyen-Âge également que s'est développée la théorie des humeurs, avec la bile noire comme cause de la dépression ? Je n'ai pas tout ça bien en tête.
La théorie des humeurs date de l'Antiquité, beaucoup de peuples ont développées des théories "humorales" au sens où la santé relevait de l'équilibre de plusieurs éléments. C'est Hippocrate et Galien qui ont popularisé l'idée en médecine (en tout cas d'après les éléments qu'on possède). Pour ce qui est de la disparition de ces idées dans la médecine occidentale je crois que ça a débuté dans le XVIème siècle mais que des idées dérivées de cette théorie avaient encore cours dans le XIXème.
Non, elle était encore très en vogue au XVIIe siècle et même au XIXe. Lorsque William Harvey découvrit la circulation sanguine dans les années 1620, en France on le traita de charlatan. Riolan le jeune et son successeur Guy Patin se foutaient ouvertement de sa gueule. Ils ont maintenu la pratique de la saignée, qui repose bien évidement sur la théorie humorale.
Au XIXe siècle, des médecins réputés, comme François Broussais continuaient de traiter leurs patients selon la théorie des humeurs, et la saignée était encore le traitement de prédilection des inflammations et donc de la phtisie qui était très courante à l'époque.
A tel point que lorsque Pierre-Charles-Alexandre Louis découvrit l’inutilité totale de la saignée, il écrivit en 1834 :
Le résultat de mes recherches sur les effets de la saignée dans les inflammations, est si peu d’accord avec l’opinion commune, que ce n’est pas sans une sorte d’hésitation que je me décide à les publier. Après avoir analysé une première fois les faits qui y sont relatifs, j’ai cru m’être trompé, et j’ai recommencé mon travail ; mais les résultats de cette nouvelle analyse restant les mêmes, il ne m’a plus été possible de mettre en doute leur exactitude ; et je vais les exposer tels que la première me les avait donnés.
Si vous voulez de plus amples détails je vous invite à consulter les œuvres du Docteur Mirko Grmek ![]()
Le 29 août 2022 à 23:04:02 :
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> Le 24 août 2022 à 23:35:42 :
>> Le 24 août 2022 à 15:09:52 :
> >J'ai commencé en même temps deux livres : L'Empire du malheur. Une histoire de la dépression de Sadowsky et c'est plutôt intéressant, bien que très factuel pour l'instant. Mon autre lecture, c'est Le Jour où mon père s'est tu de Virginie Linhart et c'est vraiment passionnant, on apprend plein de choses sur la gauche des années 70-80 et sur la relation père-enfants, etc.
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> L'Empire du malheur. Une histoire de la dépression de Sadowsky, c'est un vrai livre d'historien de la médecine et des sensibilités, un peu comme le fait Corbin, ou alors quelque chose qui tourne plus autour de la philosophie?
Je ne connais pas du tout Corbin, mais c'est effectivement davantage un livre d'historien qu'un livre de philo, ce qui m'a dérangé un peu au début, mais je me dis que c'est pas mal d'avoir une vue d'ensemble et même des détails sur cette maladie. Après, il y a des interrogations comme "Qu'est-ce qu'une maladie ?", mais ce sont plutôt des débats scientifiques que des débats philosophiques.
Je n'en suis encore qu'au début, mais ça évoque et compte évoquer les différents traitements qui ont existé et qui existent aujourd'hui, la façon dont la dépression était et est perçue, les différents "courants" de réponse à la dépression avec, par exemple, une évocation des "antipsychiatriques". L'auteur semble, lui, favorable, à la réponse psychiatrique (moi aussi donc ça aide à entrer dans le livre). Et plein d'autres choses !Merci pour te retour. Ca pourrait me plaire alors, étant donné que j'ai beaucoup plus d'appétence pour le concret des études historiques que pour les réflexions philosophiques. Je vais le noter.
L'opinion favorable à la réponse psychiatrique ne me dérangeant pas du tout non plus.Corbin c'est un historien qui explore le champs de l'histoire des sensibilités et des mentalités. Il a travaillé sur a perception du corps, des odeurs, des phénomènes météo au cours du temps.
Il a aussi fait une histoire des pratiques de la santé qui m'avait passionné et d'où mon intérêt pour ta lecture, pour voir si il tenait de la même veine.
Au Moyen-Âge on avait une rationalité qui fonctionnait par analogies (comme Pastoureau l'explique très bien dans d'autres champs) et, par exemple, il arrivait que l'on intègre certaines pierres précieuse dans la confection de remèdes car ce qui parait pur devait par analogie pouvoir purifier le corps.Edit: Après recherche l'auteur de l'Histoire des Pratiques de Santé est Vigarello et pas Corbin! Mais c'est la même perspective de recherche et si le livre que tu lis te plait je ne peux que te conseiller d'y jeter un oeil.
Je t'en prie ! Je l'ai un peu lâché ces derniers jours pour Le jour où mon père s'est tu mais je compte bien le reprendre très vite.
D'accord, je ne connaissais Vigarello que de nom, pour son Histoire du viol justement, que j'aimerais bien lire un jour. Merci de me l'avoir remis en tête ! Et merci pour le titre du bouquin.
C'est au Moyen-Âge également que s'est développée la théorie des humeurs, avec la bile noire comme cause de la dépression ? Je n'ai pas tout ça bien en tête.
La théorie des humeurs date de l'Antiquité, beaucoup de peuples ont développées des théories "humorales" au sens où la santé relevait de l'équilibre de plusieurs éléments. C'est Hippocrate et Galien qui ont popularisé l'idée en médecine (en tout cas d'après les éléments qu'on possède). Pour ce qui est de la disparition de ces idées dans la médecine occidentale je crois que ça a débuté dans le XVIème siècle mais que des idées dérivées de cette théorie avaient encore cours dans le XIXème.
Non, elle était encore très en vogue au XVIIe siècle et même au XIXe. Lorsque William Harvey découvrit la circulation sanguine dans les années 1620, en France on le traita de charlatan. Riolan le jeune et son successeur Guy Patin se foutaient ouvertement de sa gueule. Ils ont maintenu la pratique de la saignée, qui repose bien évidement sur la théorie humorale.
Au XIXe siècle, des médecins réputés, comme François Broussais continuaient de traiter leurs patients selon la théorie des humeurs, et la saignée était encore le traitement de prédilection des inflammations et donc de la phtisie qui était très courante à l'époque.
A tel point que lorsque Pierre-Charles-Alexandre Louis découvrit l’inutilité totale de la saignée, il écrivit en 1834 :
Le résultat de mes recherches sur les effets de la saignée dans les inflammations, est si peu d’accord avec l’opinion commune, que ce n’est pas sans une sorte d’hésitation que je me décide à les publier. Après avoir analysé une première fois les faits qui y sont relatifs, j’ai cru m’être trompé, et j’ai recommencé mon travail ; mais les résultats de cette nouvelle analyse restant les mêmes, il ne m’a plus été possible de mettre en doute leur exactitude ; et je vais les exposer tels que la première me les avait donnés.
Si vous voulez de plus amples détails je vous invite à consulter les œuvres du Docteur Mirko Grmek
J'ai pas dit que ça avait disparu au XVIème, mais que des idées contraires commencaient à venir attaquer cette théorie. On est d'accord sur tout je pense
. Par contre j'ai toujours eu du mal à voir où se situait la mort de la théorie et celle des pratiques associées. Je sais que les saignées et autres traitements purgatifs étaient encore largement utilisées au XIXème, mais est-ce que ses pratiquants pensaient réellement que l'efficacité supposée était sous-tendue par la théorie des humeurs antique (et médiévale)?
J'ai terminé Le Canard Siffleur Mexicain de James Crumley.
Je n'avais encore jamais lu Le Dahlia Noir, de James Ellroy, donc je l'ai commencé, j'aime beaucoup.
Sinon je relis les classiques enquêtes de Philip Marlowe, de Chandler.
Finito L'homme qui marchait sur la lune, de Howard McCord, un bouquin publié apparemment dans une collection qui fait du nature writing mais qui s'intéresse concrètement à un habitué de la survie aux réflexions déconcertantes qui marche, ou qui erre, dans la montagne dans le Nevada, alors qu'il semble poursuivi par un type qui veut lui nuire.
On comprend peu à peu en parcourant le court roman que ce mec est un ancien assassin pour le compte de la CIA qui semble être pris dans un délire étrange impliquant la mythologie celtique / courtoise.
C'est claqué. On a déjà vu ça un milliard de fois chez tous les auteurs de noir du monde, on dirait un bouquin de robot qui essaie d'imiter du Manchette, et on rajoute simplement par-dessus une couche mysticos prétentieuse absconse et insignifiante qui ne porte aucun discours.
En plus c'est vulgaire par instants.
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> > L'Empire du malheur. Une histoire de la dépression de Sadowsky, c'est un vrai livre d'historien de la médecine et des sensibilités, un peu comme le fait Corbin, ou alors quelque chose qui tourne plus autour de la philosophie?
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> Je ne connais pas du tout Corbin, mais c'est effectivement davantage un livre d'historien qu'un livre de philo, ce qui m'a dérangé un peu au début, mais je me dis que c'est pas mal d'avoir une vue d'ensemble et même des détails sur cette maladie. Après, il y a des interrogations comme "Qu'est-ce qu'une maladie ?", mais ce sont plutôt des débats scientifiques que des débats philosophiques.
> Je n'en suis encore qu'au début, mais ça évoque et compte évoquer les différents traitements qui ont existé et qui existent aujourd'hui, la façon dont la dépression était et est perçue, les différents "courants" de réponse à la dépression avec, par exemple, une évocation des "antipsychiatriques". L'auteur semble, lui, favorable, à la réponse psychiatrique (moi aussi donc ça aide à entrer dans le livre). Et plein d'autres choses !
Merci pour te retour. Ca pourrait me plaire alors, étant donné que j'ai beaucoup plus d'appétence pour le concret des études historiques que pour les réflexions philosophiques. Je vais le noter.
L'opinion favorable à la réponse psychiatrique ne me dérangeant pas du tout non plus.Corbin c'est un historien qui explore le champs de l'histoire des sensibilités et des mentalités. Il a travaillé sur a perception du corps, des odeurs, des phénomènes météo au cours du temps.
Il a aussi fait une histoire des pratiques de la santé qui m'avait passionné et d'où mon intérêt pour ta lecture, pour voir si il tenait de la même veine.
Au Moyen-Âge on avait une rationalité qui fonctionnait par analogies (comme Pastoureau l'explique très bien dans d'autres champs) et, par exemple, il arrivait que l'on intègre certaines pierres précieuse dans la confection de remèdes car ce qui parait pur devait par analogie pouvoir purifier le corps.Edit: Après recherche l'auteur de l'Histoire des Pratiques de Santé est Vigarello et pas Corbin! Mais c'est la même perspective de recherche et si le livre que tu lis te plait je ne peux que te conseiller d'y jeter un oeil.
Je t'en prie ! Je l'ai un peu lâché ces derniers jours pour Le jour où mon père s'est tu mais je compte bien le reprendre très vite.
D'accord, je ne connaissais Vigarello que de nom, pour son Histoire du viol justement, que j'aimerais bien lire un jour. Merci de me l'avoir remis en tête ! Et merci pour le titre du bouquin.
C'est au Moyen-Âge également que s'est développée la théorie des humeurs, avec la bile noire comme cause de la dépression ? Je n'ai pas tout ça bien en tête.
La théorie des humeurs date de l'Antiquité, beaucoup de peuples ont développées des théories "humorales" au sens où la santé relevait de l'équilibre de plusieurs éléments. C'est Hippocrate et Galien qui ont popularisé l'idée en médecine (en tout cas d'après les éléments qu'on possède). Pour ce qui est de la disparition de ces idées dans la médecine occidentale je crois que ça a débuté dans le XVIème siècle mais que des idées dérivées de cette théorie avaient encore cours dans le XIXème.
Non, elle était encore très en vogue au XVIIe siècle et même au XIXe. Lorsque William Harvey découvrit la circulation sanguine dans les années 1620, en France on le traita de charlatan. Riolan le jeune et son successeur Guy Patin se foutaient ouvertement de sa gueule. Ils ont maintenu la pratique de la saignée, qui repose bien évidement sur la théorie humorale.
Au XIXe siècle, des médecins réputés, comme François Broussais continuaient de traiter leurs patients selon la théorie des humeurs, et la saignée était encore le traitement de prédilection des inflammations et donc de la phtisie qui était très courante à l'époque.
A tel point que lorsque Pierre-Charles-Alexandre Louis découvrit l’inutilité totale de la saignée, il écrivit en 1834 :
Le résultat de mes recherches sur les effets de la saignée dans les inflammations, est si peu d’accord avec l’opinion commune, que ce n’est pas sans une sorte d’hésitation que je me décide à les publier. Après avoir analysé une première fois les faits qui y sont relatifs, j’ai cru m’être trompé, et j’ai recommencé mon travail ; mais les résultats de cette nouvelle analyse restant les mêmes, il ne m’a plus été possible de mettre en doute leur exactitude ; et je vais les exposer tels que la première me les avait donnés.
Si vous voulez de plus amples détails je vous invite à consulter les œuvres du Docteur Mirko Grmek
J'ai pas dit que ça avait disparu au XVIème, mais que des idées contraires commencaient à venir attaquer cette théorie. On est d'accord sur tout je pense
. Par contre j'ai toujours eu du mal à voir où se situait la mort de la théorie et celle des pratiques associées. Je sais que les saignées et autres traitements purgatifs étaient encore largement utilisées au XIXème, mais est-ce que ses pratiquants pensaient réellement que l'efficacité supposée était sous-tendue par la théorie des humeurs antique (et médiévale)?
La saignée est intimement liée aux humeurs oui, telle qu'elle est pratiquée au XIXe siècle c'est ni plus ni moins que le procédé de Galien utilisé pour rééquilibrer les humeurs.
Broussais que j'ai cité hier, était à fond dans la théorie humorale, et c'est dans cette perspective qu'il pratiquait les saignées via des incisions ou des sangsues. Il ne tolérait que 2 traitement, les diètes où toute nourriture solide était proscrite et les saignées afin de rétablir l'équilibre humoral.
Et dans les années 1820-1830 l'incarnation de la médecine c'était Broussais. Dans la mesure où il avait participé aux guerres napoléoniennes en tant que médecin, il était le petit chouchou des Napoléoniens. A l'époque ils étaient tellement adeptes de la méthode Broussais qu'on souffrait d'une pénurie de sangsues et il fallait les importer de toute l'Europe !
Manque de pot pour lui, en 1832 éclate une pandémie de choléra à Paris, et plusieurs de ses patients célèbres sont morts entre ses mains, des généraux napoléoniens, ainsi que Casimir Perier alors Président du conseil (il faut dire que le Roi ne pouvait pas le saquer et l'envoyait visiter tous les pauvres types malades du choléra)
Or Broussais disait à qui voulait l'entendre : "Tout va bien, le choléra est lié à un déséquilibre humoral, ce n'est pas contagieux" Pour ne rien arranger il l'a attrapé.
Après sa mort, la théorie du miasme (ça tombe bien on parlait de Corbin un peu plus haut) reprend le dessus sur celle des humeurs auprès des profanes. Quant aux médecins, ils commencèrent à s'intéresser à un confère de Broussais mort dans l'indifférence totale au cours des années 1820, avant Broussais donc : René Laennec.
Il est surtout connu, pour avoir amélioré la technique de percussion créée par l'autrichien Leopold Auenbrugger, en inventant le stéthoscope et pour l'auscultation systématique de ses patients.
Donc la théorie humorale meurt réellement dans les années 1830-1840 suite à l'humiliation de Broussais, et est définitivement achevée par des gens comme Pasteur et sa pasteurisation dans les années 1860.
Au final il faut donc attendre l'arrivée de l'hygiénisme pour qu'elle soit enterrée.
Après, pour répondre à la question initiale, il y a encore le cas particulier des médecins qui ne croyaient plus aux humeurs, mais continuaient à pratiquer des saignées au XIXe : "parce qu'après tout on a toujours procédé ainsi" et puis il faut bien avouer que c'est quand même pratique d'avoir juste à poser des sangsues et se barrer. ![]()
C'est bien évidemment un rapide topo valable uniquement pour la France, dans les autres pays, la chronologie est encore différente, et la théorie humorale reste la pierre angulaire de diverses médecines traditionnelles encore pratiquées de nos jours.
Au printemps des monstres de Philippe Jaenada.
J'ai attaqué le dernier tome de la série de livres Les mystères d'Osiris - Le Grand Secret de Christian Jacq. J'ai apprécié les précédents roman. J'espère que la conclusion sera bonne.
Le 30 août 2022 à 12:45:10 :
Le 29 août 2022 à 23:52:14 :
Le 29 août 2022 à 23:04:02 :
Le 28 août 2022 à 23:54:23 :
Le 28 août 2022 à 23:31:16 :
La théorie des humeurs date de l'Antiquité, beaucoup de peuples ont développées des théories "humorales" au sens où la santé relevait de l'équilibre de plusieurs éléments. C'est Hippocrate et Galien qui ont popularisé l'idée en médecine (en tout cas d'après les éléments qu'on possède). Pour ce qui est de la disparition de ces idées dans la médecine occidentale je crois que ça a débuté dans le XVIème siècle mais que des idées dérivées de cette théorie avaient encore cours dans le XIXème.
Non, elle était encore très en vogue au XVIIe siècle et même au XIXe. Lorsque William Harvey découvrit la circulation sanguine dans les années 1620, en France on le traita de charlatan. Riolan le jeune et son successeur Guy Patin se foutaient ouvertement de sa gueule. Ils ont maintenu la pratique de la saignée, qui repose bien évidement sur la théorie humorale.
Au XIXe siècle, des médecins réputés, comme François Broussais continuaient de traiter leurs patients selon la théorie des humeurs, et la saignée était encore le traitement de prédilection des inflammations et donc de la phtisie qui était très courante à l'époque.
A tel point que lorsque Pierre-Charles-Alexandre Louis découvrit l’inutilité totale de la saignée, il écrivit en 1834 :
Le résultat de mes recherches sur les effets de la saignée dans les inflammations, est si peu d’accord avec l’opinion commune, que ce n’est pas sans une sorte d’hésitation que je me décide à les publier. Après avoir analysé une première fois les faits qui y sont relatifs, j’ai cru m’être trompé, et j’ai recommencé mon travail ; mais les résultats de cette nouvelle analyse restant les mêmes, il ne m’a plus été possible de mettre en doute leur exactitude ; et je vais les exposer tels que la première me les avait donnés.
Si vous voulez de plus amples détails je vous invite à consulter les œuvres du Docteur Mirko Grmek
J'ai pas dit que ça avait disparu au XVIème, mais que des idées contraires commencaient à venir attaquer cette théorie. On est d'accord sur tout je pense
. Par contre j'ai toujours eu du mal à voir où se situait la mort de la théorie et celle des pratiques associées. Je sais que les saignées et autres traitements purgatifs étaient encore largement utilisées au XIXème, mais est-ce que ses pratiquants pensaient réellement que l'efficacité supposée était sous-tendue par la théorie des humeurs antique (et médiévale)?
La saignée est intimement liée aux humeurs oui, telle qu'elle est pratiquée au XIXe siècle c'est ni plus ni moins que le procédé de Galien utilisé pour rééquilibrer les humeurs.
Broussais que j'ai cité hier, était à fond dans la théorie humorale, et c'est dans cette perspective qu'il pratiquait les saignées via des incisions ou des sangsues. Il ne tolérait que 2 traitement, les diètes où toute nourriture solide était proscrite et les saignées afin de rétablir l'équilibre humoral.
Et dans les années 1820-1830 l'incarnation de la médecine c'était Broussais. Dans la mesure où il avait participé aux guerres napoléoniennes en tant que médecin, il était le petit chouchou des Napoléoniens. A l'époque ils étaient tellement adeptes de la méthode Broussais qu'on souffrait d'une pénurie de sangsues et il fallait les importer de toute l'Europe !
Manque de pot pour lui, en 1832 éclate une pandémie de choléra à Paris, et plusieurs de ses patients célèbres sont morts entre ses mains, des généraux napoléoniens, ainsi que Casimir Perier alors Président du conseil (il faut dire que le Roi ne pouvait pas le saquer et l'envoyait visiter tous les pauvres types malades du choléra)
Or Broussais disait à qui voulait l'entendre : "Tout va bien, le choléra est lié à un déséquilibre humoral, ce n'est pas contagieux" Pour ne rien arranger il l'a attrapé.
Après sa mort, la théorie du miasme (ça tombe bien on parlait de Corbin un peu plus haut) reprend le dessus sur celle des humeurs auprès des profanes. Quant aux médecins, ils commencèrent à s'intéresser à un confère de Broussais mort dans l'indifférence totale au cours des années 1820, avant Broussais donc : René Laennec.
Il est surtout connu, pour avoir amélioré la technique de percussion créée par l'autrichien Leopold Auenbrugger, en inventant le stéthoscope et pour l'auscultation systématique de ses patients.
Donc la théorie humorale meurt réellement dans les années 1830-1840 suite à l'humiliation de Broussais, et est définitivement achevée par des gens comme Pasteur et sa pasteurisation dans les années 1860.
Au final il faut donc attendre l'arrivée de l'hygiénisme pour qu'elle soit enterrée.
Après, pour répondre à la question initiale, il y a encore le cas particulier des médecins qui ne croyaient plus aux humeurs, mais continuaient à pratiquer des saignées au XIXe : "parce qu'après tout on a toujours procédé ainsi" et puis il faut bien avouer que c'est quand même pratique d'avoir juste à poser des sangsues et se barrer.
C'est bien évidemment un rapide topo valable uniquement pour la France, dans les autres pays, la chronologie est encore différente, et la théorie humorale reste la pierre angulaire de diverses médecines traditionnelles encore pratiquées de nos jours.
Merci pour les précisions. Par curiosité, c'est ton domaine ou le résultat de la lecture d'un bouquin?
J'ai commencé Les Deux Poètes hier et aujourd'hui je finirai les 21 jours d'un neurasthénique (lequel j'ai trouvé très marrant). Demain, je commencerai "Les mémoires de mon ami", qui est en quelque sort un roman inachevé par Mirbeau, à ce que j'ai compris
J'ai attaqué la reine Margot de Dumas, je suis en plein dans le passage du massacre de la Saint-Barthélemy c'est très prenant.